Entre The Blood of Dawnwalker, Onimusha: Way of the Sword, Marvel’s Wolverine ou encore Silent Hill Townfall, le mois de septembre 2026 n’aura pas manqué de nouvelles aventures croustillantes à découvrir. Mais une chose est sûre : aucune n’aura été aussi singulière que CONTROL Resonant, le nouveau titre signé Remedy Entertainment. Sept ans après nous avoir ouvert les portes de sa nouvelle franchise en nous confinant à l’intérieur de son étrange Bureau Fédéral de Contrôle (BFC), le studio finlandais nous y replonge aujourd’hui avec une suite encore plus ambitieuse, qui nous confine cette fois-ci au dehors de la bâtisse… dans une version altérée de la ville de Manhattan. Et à l’instar de Resonance: A Plague Tale Legacy dernièrement, CONTROL Resonant est une expérience qui risque de résonner pendant longtemps en nous.

Remedy reprend le contrôle

Nous voici donc de retour à New York, sept ans après les étranges événements que nous y avons vécus en compagnie de Jesse Faden en 2019. Car comme dans notre réalité, le temps a passé dans l’univers de CONTROL, et beaucoup de choses ont changé. À commencer par le protagoniste de la série. Et pour cause, la directrice du BFC ayant disparu, c’est désormais aux commandes de Dylan, son frère, que nous partons à sa recherche dans cette seconde aventure bien décidée à repousser toutes les limites de son aînée. Et surtout à le faire de la meilleure des façons. Car là où le premier opus avait tendance à pécher par une narration aussi plate que nébuleuse, malgré la profondeur vertigineuse de son univers, CONTROL Resonant, lui, vient perfectionner sa copie avec une écriture bien plus maîtrisée, et surtout beaucoup plus intense.

CONTROL Resonant
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Du début à la fin, le nouveau titre de Remedy ne cesse d’aller crescendo dans sa façon de nous dépeindre les événements, avec une patte dont seul le studio a le secret. Si vous avez aimé Alan Wake 2, vous devriez ainsi sans aucun doute être séduit par cette nouvelle proposition, en sachant que les deux jeux appartiennent de toute façon à un même univers. Mais nous nous devons de le dire, ce qui nous a le plus marqué dans CONTROL Resonant, c’est le soin apporté à l’écriture des personnages, complètement aux antipodes de ce qu’on avait pu voir dans le premier opus. Là où Jesse s’avérait malheureusement être une triste coquille vide – en tout cas dans l’exécution, Dylan s’impose au contraire comme un personnage terriblement attachant, en quête d’une rédemption amenée avec beaucoup de finesse.

Ses interactions avec les différents personnages qui l’entourent, et la façon dont certaines quêtes nous amènent progressivement à découvrir son histoire donnent tout de suite plus de corps à cette figure, que l’on avait rencontrée sous un jour très différent dans le premier volet. Mieux encore, cela a des répercussions positives sur le personnage de Jesse, qui n’est peut-être plus la figure de proue dans CONTROL Resonant, mais qui reste quand même très présente au sein du récit par ses liens avec Dylan. En sachant que les deux héros sont loin d’être les seuls à avoir bénéficié d’un tel soin. Bon nombre de personnages secondaires, et en particulier Zoe, une petite nouvelle, s’avèrent être des éléments forts de cette suite, et contribuent à leur manière à lui offrir les fulgurances qui manquaient cruellement au jeu de 2019.

D’autant qu’en optant pour une expérience de type action-RPG, Remedy nous offre une opportunité supplémentaire de nous immerger dans l’histoire de Dylan avec de nombreux dialogues à choix dont la portée est peut-être très limitée, mais qui permettent néanmoins de s’investir davantage dans la narration en affinant la personnalité déjà très marquée du personnage à notre image. Dommage, en revanche, que CONTROL Resonant ait encore une fois eu la main très lourde sur les documents à ramasser dans le monde, qui nous invite régulièrement à faire des pauses lecture avec plus de 300 collectibles à récupérer. Certes, l’intention est louable et traduit une nouvelle fois le soin extraordinaire apporté par le studio à son world-building, mais force est de constater que cela alourdit aussi profondément l’expérience.

CONTROL Resonant est une œuvre d’art

Et parlons-en, justement, du monde de CONTROL Resonant. Car au-delà d’introduire un nouveau protagoniste, cette suite s’accompagne également d’un nouveau terrain de jeu qui, disons-le sans détour, est l’un des plus impressionnants qu’il nous ait été donné de voir sur cette génération de consoles. Loin des murs froids et étouffants du Bureau Fédéral de Contrôle où nous étions enfermés en 2019, le nouveau jeu de Remedy ouvre drastiquement son univers avec un monde plus ouvert prenant cette fois-ci place en plein cœur de Manhattan, où le Hiss s’est propagé. Et cela change drastiquement l’expérience que l’on vit manette en main. C’est vrai, le côté claustrophobique de l’Ancienne Maison avait son charme, mais pouvoir léviter de toit en toit tout en jouant la gravité multidimensionnelle des lieux est ici définitivement grisant.

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D’abord parce que cela permet naturellement de renouveler l’expérience de jeu en évitant de nous enfermer dans le même endroit que CONTROL, dont on retrouve tout de même certains des environnements. Mais aussi parce que cela permet au passage de varier comme il se doit la direction artistique du jeu qui, comme dans toutes les productions Remedy, est une véritable œuvre d’art. Chaque lieu que l’on traverse arrive avec son ambiance et ses défis dédiés, qui permettent non seulement de renouveler le gameplay tout au long de la grosse vingtaine d’heures que dure l’histoire principale, mais aussi de nous en mettre plein les yeux avec des environnements à nul autre pareil. Du centre-ville et ses larges buildings au parc envahi par la mousse, en passant par ses zones tout droit sorties d’Inception, la claque est permanente.

Qu’il s’agisse de l’échelle des environnements, tout simplement colossale ; de l’ampleur qui se dégage du design de chaque zone ; mais aussi de la verticalité offerte par le gameplay de CONTROL Resonant, tout hurle la production qui sait exploiter les technologies modernes comme il se doit, avec un sens artistique comme on les aime. D’ailleurs, l’évolution technique par rapport au premier opus est notable à tous les niveaux. Fini la désynchronisation labiale et la VF désastreuse qui l’accompagne, fini les visages inexpressifs, fini les chutes de framerate à deux doigts de faire freezer le jeu. Sans forcément atteindre l’excellence offerte par un Alan Wake 2 en la matière, le nouveau Remedy s’avère désormais bien plus convaincant. Et ce en mode Qualité comme en mode Performances, où quelques légers ralentissements restent parfois présents.

Résonant jusqu’au creux de la main

Quitte à s’arrêter quelques instants sur la partie technique, profitons-en d’ailleurs pour souligner que la version PS5 du jeu, sur laquelle nous avons réalisé ce test, bénéficie d’un sacré avantage par rapport à ses consœurs : la DualSense. Bien décidé à nous faire ressentir son art jusqu’au bout des doigts, Remedy a en effet exploité la manette de la console de Sony d’une façon dont trop peu de studios tendent malheureusement à le faire. Et cela n’en rend l’expérience que meilleure. Que l’on parle des retours haptiques dans le feu de l’action, des gâchettes adaptatives durant les combats, ou même du haut-parleur intégré pour toutes les communications radio, CONTROL Resonant a le mérite de jouer le jeu de PlayStation jusqu’au bout.

De la suite dans les idées

Mais le titre de Remedy n’est pas seulement une belle gueule. C’est une claque artistique, certes, mais aussi vidéoludique. L’idée d’ouvrir le terrain de jeu aux rues de Manhattan dans un simili monde ouvert aurait pu être relativement casse-cou de la part du studio, mais ce dernier a heureusement évité l’écueil de produire du contenu juste pour le remplir. À la place, CONTROL Resonant propose une quantité relativement limitée de quêtes secondaires et autres objectifs annexes qui incarnent non seulement à merveille l’identité du studio, mais qui exploitent aussi brillamment l’univers de la franchise. Qu’il s’agisse de courir après des objets altérés, de mettre un terme à un karaoké mortel, de résoudre des énigmes inattendues ou de percer les mystères d’un taxi fantôme, on ne sait jamais vraiment sur quoi on va bien pouvoir tomber.

CONTROL Resonant
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Bien sûr, action-RPG oblige, cela n’a pas empêché Remedy d’attribuer à chaque zone un certain nombre d’activités à faire, de sorte à pouvoir augmenter son niveau d’XP et débloquer toujours plus de nouvelles améliorations, de bonus supplémentaires ou encore de ressources indispensables pour faire progresser Dylan. Mais le fait est que cela se fait finalement assez naturellement au rythme de l’histoire, en tout cas si vous êtes du genre à aimer explorer un minimum pour découvrir tout ce que l’univers d’un jeu peut avoir à offrir. Et avec un titre comme CONTROL Resonant, vous avez assurément tout intérêt à le faire. Car au-delà de vous faire passer à côté d’événements ou de missions qu’il serait dommage de manquer, cela risque surtout de vous compliquer la tâche arrivé dans la dernière zone du jeu.

Prendre le Hiss à bras-le-corps

Pourquoi ? Car plus vous progressez dans l’histoire et plus le niveau des ennemis que vous affrontez est élevé. Il est donc important d’améliorer autant que possible les capacités de Dylan tout au long du jeu, ce qui nous amène à parler du dernier pilier majeur de CONTROL Resonant : les combats. Un point sur lequel, là encore, Remedy a apporté de nombreux changements. À la fameuse arme modulable de Jesse vient en effet se substituer l’Aberration, une nouvelle arme qui, là encore, est susceptible de prendre plusieurs formes selon les choix du joueur. La différence, toutefois, repose alors sur le fait qu’elle est pensée pour le corps-à-corps, ce qui renouvelle complètement l’approche de cette suite en la matière. Et on ne va pas s’en plaindre, car le résultat, qui n’est pas sans rappeler Devil May Cry, est assurément convaincant.

Tout en gardant le dynamisme de son prédécesseur au sol comme dans les airs, CONTROL Resonant offre une certaine diversité à ses combats en multipliant à la fois les formes primaires et secondaires de l’Aberration, qu’il est possible de sélectionner et de modifier à tout moment si l’envie nous en prend ; mais aussi jusqu’à six capacités spéciales obtenues au cours des missions du jeu. Que vous soyez plutôt branché doubles lames ou large glaive, ou encore coups de poing enflammés ou lanceur de projectiles, par exemple, le titre de Remedy vous laisse l’opportunité de gérer et améliorer votre arsenal comme bon vous semble. En sachant qu’à cela vient également s’ajouter une série d’artefacts, que vous pouvez vous fabriquer pour obtenir des buffs supplémentaires parfois accompagnés de malus.

Maintenant, cela suffit-il à corriger ce qui était aussi l’un des plus gros défauts de CONTROL en 2019 ? Pas forcément. Oui, CONTROL Resonant offre une diversité accrue dans son approche des combats, ainsi que dans le bestiaire auquel ces derniers nous opposent. Un bestiaire qui, soit dit en passant, est vraiment chouette dans l’ensemble. Pour autant, cela ne l’empêche pas de finir par devenir relativement répétitif en la matière, en particulier dans la dernière zone qui multiplie à n’en plus finir les arènes remplies d’ennemis sacs à PV. Et même si l’avantage de se retrouver dans un monde plus ouvert est que cela nous permet la plupart du temps de privilégier la fuite au combat, il n’en reste pas moins frustrant de devoir en passer par là alors que cela aurait facilement pu être évité.

CONTROL Resonant
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S’il y a un point sur lequel le jeu ne déçoit pas, en revanche, ce sont les combats de boss. Remedy avait confié avoir puisé une partie de son inspiration dans un jeu comme Sekiro: Shadows Die Twice, et cela se ressent profondément. Pas dans la difficulté, CONTROL Resonant n’ayant rien d’un Souls, mais plutôt dans sa façon de les introduire et de les mettre en scène. Car cette suite ne cherche peut-être pas vraiment à cacher ses multiples inspirations à différents niveaux, mais il est impossible de lui en tenir rigueur. D’abord parce que le studio a su y insuffler suffisamment de son identité pour éviter que l’ensemble ne ressemble qu’à une pâle copie, mais aussi parce que la façon dont ils ont été intégrés à l’aventure leur offre un véritable intérêt. Et ce tant au niveau de la narration que du gameplay, grâce aux capacités inédites qu’ils permettent d’obtenir.