Il aura fallu prendre son mal en patience avant de voir Wolverine sortir les griffes, mais le moment tant attendu par les fans de Marvel est enfin arrivé. Cinq ans après avoir été annoncé aux côtés d’un certain Marvel’s Spider-Man 2, disponible depuis 2023, Marvel’s Wolverine se trouve désormais à son tour aux portes de sa sortie, attendue pour le 15 septembre 2026 en exclusivité sur PS5. Et au-delà de faire d’Insomniac Games le véritable porte-étendard de la console de Sony, qu’il aura soutenue avec rigueur tout au long de la génération, ce nouveau titre semble aussi et surtout confirmer la position du studio comme un talentueux représentant de l’écurie Marvel dans le monde du jeu vidéo.

Le retour de Wolverine

C’est que du chemin a été parcouru depuis l’arrivée fracassante du premier Marvel’s Spider-Man sur PS4, qui aura véritablement marqué un grand tournant pour la marque préférée des amateurs de super-héros. Cela a commencé avec les aventures de Peter Parker en 2018, a continué dans le même univers avec celles de Miles Morales en 2020, et se poursuit maintenant à travers les péripéties d’un autre personnage, James Logan Howlett, qui marque le grand retour des X-Men sur console. Enfin, d’une certaine manière. Car dans Marvel’s Wolverine, ces derniers n’existent pas encore. À la place, c’est au sein de la fameuse Team X, force d’intervention mutante qu’il a pendant un temps abandonnée, que l’on retrouve le héros tout fait d’adamantium.

Wolverine
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Et il n’arrive pas seul. À ses côtés sont également présents l’inarrêtable Jean Grey, l’inimitable Mystique ou encore l’impitoyable Dents-de-sabre, tous réunis sous la direction de Nathaniel Essex dans un seul objectif : faire valoir les droits des mutants dans un monde qui peine encore à accepter leur existence ; menacée par Bolivar Trask, un multimilliardaire convaincu de la supériorité de la race humaine. Et ce dernier est loin d’être le seul danger présent dans Marvel’s Wolverine. D’Omega Red à Lady Deathstrike, en passant par les Reavers, la Main ou encore les Sentinelles, Insomniac a une nouvelle fois puisé dans la riche source d’inspiration que sont les comics Marvel pour nous livrer sa propre vision des aventures de Wolverine.

Un blockbuster d’Insomniac dans toute sa splendeur

Et sur le papier, force est de constater que cela fonctionne plutôt bien. Dans l’ensemble, le récit est accrocheur et nous embarque au cœur d’une expérience d’une quinzaine d’heures digne d’un véritable blockbuster cinématographique. L’action y est explosive, le rythme effréné, et les références à l’univers du super-héros y sont tellement nombreuses que les fans de Marvel n’auront aucun mal à y trouver leur compte. Pour les autres, en revanche, la formule risque sans doute d’avoir un peu plus de mal à convaincre dans le sens où Marvel’s Wolverine ne semble pas vraiment chercher – ou du moins réussir – à dépasser son statut de blockbuster par excellence. Un peu à l’instar de Marvel’s Spider-Man 2, finalement.

Car Insomniac a peut-être cherché à apporter un minimum de profondeur à son histoire, en se laissant parfois aller à des séquences plus calmes et émotionnelles pour approfondir la psychologie de ses personnages, mais cela reste trop souvent vite expédié et traité en surface. Ce qui est tout de même dommage quand on sait que cette finesse d’écriture était justement l’une des plus grandes forces de Marvel’s Spider-Man en 2018. D’autant plus que dans le cas présent, la direction prise par le récit est très vite prévisible. Alors oui, Marvel’s Wolverine n’a aucun mal à nous embarquer dans ce voyage viscéral et frénétique superbement interprété, en VO comme en VF, mais il aura sans doute un peu plus de mal à marquer les esprits grâce à son écriture.

Cela étant dit, le jeu peut une nouvelle fois compter sur les talents de réalisation du studio pour compenser, en nous livrant une performance impressionnante à plus d’un titre. Même en mode Qualité sur PS5 standard, Marvel’s Wolverine brille par sa capacité à nous plonger dans des environnements d’une grande beauté et, surtout, beaucoup plus variés que dans les aventures de l’homme araignée ou même d’un certain Batman. Des contrées enneigées du Canada aux rues pluvieuses de Tokyo, en passant par les toits de Madripoor et la jungle de Telambang, le dépaysement est largement au rendez-vous. De quoi conférer à l’expérience un côté globe-trotteur fort agréable, donc… qui dévoile toutefois certaines limites du moteur d’Insomniac.

Un affûtage en dents de scie

Car oui, Marvel’s Wolverine est aussi fluide et spectaculaire (effets visuels, éclairages, ray-tracing) qu’il est imparfait. Certains décors, par exemple, nous ont semblé un peu inégaux en termes de qualité. De même, en faisant de Logan un personnage modélisé et animé avec une grande subtilité, en particulier pour tout ce qui touche aux animations faciales et à la pilosité, le studio n’a fait que creuser l’écart de rendu qu’il peut parfois y avoir entre ce dernier et certains autres personnages. Notamment les PNJ présents dans certaines scènes. Ce qui n’a rien de dramatique en soi, mais qui se remarque forcément davantage lorsque l’on parle d’une production PlayStation. Au même titre, d’ailleurs, que les petits bugs – sans gravité – que l’on a pu croiser ici et là.

De l’action brutalement satisfaisante

Mais cela suffit-il pour autant à atténuer tout le plaisir que l’on peut ressentir manette en main ? Assurément pas. À l’instar de Marvel’s Spider-Man, tout le sel de Marvel’s Wolverine repose finalement sur son gameplay, pour lequel Insomniac a encore une fois fait preuve d’une grande maîtrise. La différence étant qu’à la souplesse et à la légèreté qui caractérisent l’homme-araignée se substituent ici toute la violence et la brutalité de Wolverine, que l’on retrouve au cœur d’une expérience viscérale à jouer. Beaucoup plus mature dans son approche, le titre n’hésite pas à faire la part belle aux effusions de sang, démembrements et autres décapitations dans des combats d’un dynamisme irréprochable.

Car le héros est peut-être plus lourd et moins gracieux dans sa chorégraphie qu’un Spider-Man, mais il reste tout aussi enclin à bondir toutes griffes dehors d’un ennemi à l’autre, pour mieux les taillader avec une frénésie tout simplement jouissive. Et plus les coups sont donnés, plus la barre de rage du personnage, découpée en trois niveaux, augmente ; de sorte à lui conférer plus de puissance. Ce qui, une fois arrivé au troisième stade, rend alors le gameplay encore plus jubilatoire en permettant à Wolverine de déchaîner toute sa sauvagerie sans concession pendant une poignée de secondes. Un pur plaisir, donc, que même les problèmes de caméra dus à l’absence de verrouillage des ennemis ne peuvent venir gâcher.

Marvel's Wolverine
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Pour autant, ne croyez pas que Marvel’s Wolverine est un jeu dans lequel l’objectif est constamment de foncer dans le tas. Face à certains ennemis, l’esquive et la parade s’avèrent bien plus efficaces, en particulier pour ce qui concerne les combats de boss où le bourrinage est rarement récompensé. Et à moins d’opter pour les modes de difficulté les plus faibles, n’espérez pas non plus que la résistance à toute épreuve du héros représente votre salut. Certes, Insomniac a intelligemment joué sur cet aspect en offrant l’opportunité au joueur de jouir d’un baroud d’honneur en cas de mort lorsqu’au moins un segment de la barre de rage est plein, mais il reste très facile de se faire déborder par les ennemis.

C’est pourquoi dans certaines zones, la possibilité d’opter pour une approche plus furtive nous est également offerte, de sorte à déblayer le terrain autant que possible. Cela dit, on ne va pas se mentir : c’est loin d’être la solution la plus satisfaisante lorsque l’on parle d’un personnage comme Wolverine, dont les méthodes d’infiltration sont relativement sommaires. Heureusement, celle-ci ne nous est jamais imposée au cours de l’aventure. Elle représente cependant un excellent moyen d’illustrer la façon dont Insomniac a exploité toutes les capacités de la DualSense, pour notre plus grand plaisir. Retours haptiques, gâchettes adaptatives, haut-parleur, tout est fait pour nous faire ressentir l’expérience Marvel’s Wolverine jusqu’au bout des doigts, et on ne peut que féliciter le studio d’avoir joué le jeu de cette façon.

Marvel’s Wolverine, un jeu qui tranche du reste

De même, et bien qu’il s’agisse d’un aspect qui risque probablement de faire débat, on ne peut que saluer le fait qu’Insomniac ait préféré opter pour une aventure linéaire plutôt que de tomber dans l’écueil de produire un énième jeu en monde ouvert. Certes, cela rend chacune des missions très dirigiste et rappelle en ce sens les jeux de super-héros tels qu’ils étaient avant la grande révolution Batman Arkham, mais Marvel’s Wolverine nous prouve de cette manière qu’il s’agit d’une formule qui peut encore fonctionner, en jouant notamment – sans doute un peu malgré elle – sur un agréable sentiment de nostalgie pour les joueurs ayant connu cette époque. Et cela se ressent d’ailleurs à bien d’autres niveaux au cours de l’aventure.

Que ce soit à travers ses collectibles, composés de bouteilles de whisky et de caisses de matériaux très faciles à trouver ; ou à travers ses Portes cauchemardesques, qui offrent des défis annexes sans grande difficulté, le nouveau titre d’Insomniac n’est pas vraiment du genre à s’encombrer d’une multitude de fioritures juste pour gonfler sa durée de vie. Et le même constat s’applique à ses mécaniques light-RPG, qui vont ici droit au but et qui permettent le plus simplement du monde d’enrichir le gameplay. D’abord grâce à des points de techniques, qui servent à débloquer davantage de combos et jusqu'à six coups spéciaux pour varier les attaques. Puis grâce à des points d’adaptation, qui modifient l’ADN de Logan pour peaufiner légèrement son style de jeu selon ses goûts.

Marvel
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Même la ribambelle de costumes alternatifs que le jeu propose se débloque naturellement au rythme de l’histoire, chacun pouvant alors être acheté en échange de matériaux trouvés pour augmenter progressivement la barre de vie du héros. Oui, Marvel’s Wolverine est aussi simple que cela, et il faut le dire, cela peut faire beaucoup de bien. En tout cas quand cela ne tend pas à se retourner contre lui. Car qu’il s’agisse de ses phases de plateforme, amusantes à jouer mais dénuées du moindre challenge ; de ses phases d’enquête, consistant à suivre bêtement des traces de pas ou des odeurs entre deux combats ; ou de ses phases à moto, à la maniabilité douteuse, le titre d’Insomniac aurait parfois gagné à retranscrire davantage la maturité de son univers dans son gameplay.