Castlevania, une lignée de sang


La première pierre de l'édifice Castlevania est posée en 1986 par Konami. C'est au Japon, sur MSX 2 et Famicom Disk System qu'apparaît pour la première fois le château du comte Dracula. Cette forteresse maudite sera, à peu de chose près, le théâtre des aventures de tous les épisodes qui constitueront la saga. Ce Castlevania originel, disponible sur NES dès 1988 en Europe, séduit alors par son gameplay mais surtout par ses mélodies et son ambiance horrifique. En effet, à cette époque, le genre plate-forme/action est dominé par des personnages aux univers colorés et enfantins. Autant dire que manier un tueur de vampires, confronté à des hordes de zombies, des nuées des chauves-souris ou encore des pommes têtes de Méduse volantes redonne un sérieux coup de fouet au genre et aux joueurs !

Tout est dans le coup de fouet

Le fouet, justement, deviendra l'arme emblématique de la série et ne sera abandonné que dans quelques rares épisodes. Dans ce tout premier volet, c'est le musculeux Simon, descendant du clan Belmont, qui jouera les Indiana Jones des Carpates. L'action prend place en 1691 et Simon Belmont est bien décidé à débarrasser les terres de Transylvanie de l'occulte saigneur, comme s'évertue à le faire ses aïeuls, chaque centaine d'années, alors que le château du vampire réapparaît inlassablement.

Finalement, le premier Castlevania instaurera des principes qu'aucun épisode de la saga ne reniera par la suite : une difficulté soutenue, l'utilisation d'armes de jet secondaires tel que l'eau bénite ou les crucifix, à côté d'une arme principale, par la suite upgradable, et évidemment des pérégrinations dans une atmosphère gothique, face au bestiaire du folklore européen. Autre petite particularité que conservera le titre par rapport aux codes classiques du jeu vidéo : si dans la plupart des jeux, le fait de ramasser un cœur remplit la jauge de vie du héros, ce n'est pas le cas dans Castlevania. En effet, récupérer des cœurs en terrassant vos ennemis ou en brisant les fameux chandeliers, vous permet d'accroître le nombre de vos armes de jet. Pour remplir votre jauge de vie, il faudra débusquer des pièces de viande, cachés dans les murs du château... Le comte Dracula, en plus d'avoir les dents longues, est sans aucun doute un architecte facétieux.


Akumajô Dracula aka Castlevania

Si le nom Castlevania ne doit pas être inconnu à quiconque s'intéresse un minimum au jeu vidéo, celui-ci n'est pas l'appellation d'origine de la saga. En effet, au Japon, la licence se nomme Akumajô Dracula ("Le château démoniaque de Dracula"). Le premier épisode de la série, également sorti sur MSX 2 en 1986, une plate-forme chérie par Konami (le premier Metal Gear y a vu le jour), était quant à lui baptisé Vampire Killer (du nom du fouet des Belmont) et proposait une aventure assez différente. Il fallait ainsi récupérer une clé à la fin de chaque niveau pour progresser. Ci-dessus, le boîtier FDS de Castlevania.

Le Famicom Disk System

Disponible à la vente en 1986, uniquement au Japon, le Famicom Disk System (ou FDS) est un périphérique à placer sous la Famicom (la NES nippone) afin de permettre à cette dernière de lire des disquettes. La capacité en mémoire de ce support ainsi que le fait qu'il soit réinscriptible (ce qui permet de sauvegarder !) le rendent alors très attractif. Si les versions occidentales de Castlevania sortiront directement sur cartouche, au Japon, la version du tout premier épisode dans ce format, n'apparaîtra qu'en 1993.