Quelques mois après la sortie du décevant Valkyrie Elysium, le studio Soleil formé par des anciens de la Team Ninja (Dead or Alive, Ninja Gaiden) est déjà en mesure de nous livrer sa prochaine production avec Wanted Dead. Un laps de temps suspect ? Que reste t-il des trailers plutôt aguicheurs qui montraient des combats de mêlée à l’épée avec des finishs au flingue bien sentis façon John Wick ? On a souffert devant notre écran pour le découvrir.

Un clone de la Suicide Squad

Wanted Dead raconte l’histoire de l’Unité Zombie, une équipe d’élite de la police de Hong Kong qui a la particularité d’être constituée uniquement de prisonniers condamnés à la perpétuité. Des taulards voués à croupir en prison à qui l’on offre l’opportunité d’annuler leur peine en passant du « bon côté » de la barrière. De la chair à canon gratuite qui, de toute façon, n’a plus rien à perdre et à vrai dire tout à gagner en acceptant d’enfiler l’uniforme pour faire le ménage. On prend les commandes du lieutenant Hannah Stone, un personnage quelconque au design sauvé par son bras bionique plutôt cool. 

test Wanted Dead gameblog

Ne nous demandez surtout pas de faire une fiche de lecture sur le scénario car nous en serions incapable. Le malaise et l’ennui ont pris le dessus à partir des premières cinématiques lourdes et à la réalisation désastreuse pour celles en temps réel. Sans jamais comprendre l’intérêt de ce choix, le jeu alterne en effet entre des séquences avec le moteur du jeu réellement à la ramasse en termes de rendu et de mise en scène - plus proches d’une PS2 HD / PS3 qu’autre chose -, et des scènes animées pour le coup plus réussies visuellement. Le titre a l’art de passer du coq à l’âne et de nous perdre sans cesse avec sa structure ô combien confuse. 

avis Wanted Dead gameblog

On peut être en train de discuter avec un des personnages campé par Stefanie Joosten (Quiet de Metal Gear Solid 5) et dans la seconde, après un fondu noir bien sale, se retrouver à manger des ramens au détour d’un mini-jeu à la Yakuza. Ou encore être dans le restaurant où l’escouade se réunit pour des conversations insipides et à la fin d’un dialogue, être téléporté dans un karaoké. Ça n’a strictement aucun sens, tout comme ces interludes au commissariat qui n’ont que pour seul intérêt de pouvoir ramasser quelques documents et s’adonner aux joies des UFO catcher. Un mini-jeu bizarrement addictif mais qui nous détourne trop facilement de notre objectif : découper à la chaîne des mercenaires et autres membres de gangs. 

Wanted Dead or Alive 

À bien des égards, Wanted Dead est un jeu old-school pour le meilleur et très souvent pour le pire à commencer par les environnements. Des niveaux très linéaires - ce qui ne nous gêne aucunement vu le style - mais qui sentent la naphtaline à cause d’un level design fréquemment archaïque. Tout est déjà-vu, déjà vécu et en bien mieux. C’est ça le souci. Même si certains décors sont un peu plus inspirés que d’autres, le jeu a oublié d’avoir une direction artistique, tout est tellement générique et d’une autre époque. C’est regrettable car comme dit plus haut, les cinématiques animées - sans être exceptionnelles évidemment - sont sympathiques pour une production de cet acabit, le bras bionique d’Hannah lui confère une certaine classe… Bref, il pourrait y avoir de bonnes choses par moments mais non. Et ce n’est pas nécessairement plus joyeux vis-à-vis du gameplay.

Note Wanted Dead gameblog

À l’inverse des jeux dont il s’inspire, Wanted Dead n’est pas qu’un beat’em all. C’est aussi un TPS, et malheureusement, un mauvais. Entre le feeling des armes de piètre qualité et la résistance hors norme d’ennemis aux dégâts - même avec un lance-grenades - ces phases de tir sont un calvaire, en particulier quand le système de couverture déraille. Et vu qu’il n’est pas fiable de base, ça énerve vite même en relativisant et en se disant que ce n’est pas le cœur de l’expérience (ça en fait partie et c’est loupé). 

Critique Wanted Dead gameblog

Ici, le nerf de la guerre est plutôt d’aller en découdre avec les adversaires les yeux dans les yeux avec notre katana pour des combats qui misent essentiellement sur la parade, l’esquive - quasi pas sur les combos qui se comptent sur les doigts d’une main (et encore) - et sur les enchaînements avec le pistolet. Certains combos requièrent d’alterner entre un coup d’épée, un tir, un coup d’épée etc., ce qui donne lieu à des chorégraphiques assez satisfaisantes il faut l’admettre. Mais voilà, d’une part toute cette dimension est finalement trop survolée et d’autre part, la finition laisse encore à désirer. Alors qu’on aurait pu s’attendre à ce que les développeurs bétonnent cette partie, ce n’est pas le cas.

Review Wanted Dead gameblog

Il y a par exemple ce sentiment de flottement à l’impact et une imprécision globale qui empêchent d’être comblé par les affrontements. L’absence de lock, couplé à la caméra parfois folle qu’il faut sans arrêt recadrer soi-même, entache la lisibilité de l’action. Et lors des rencontres de boss qui nous en mettent plein les dents, on perd vite patience devant ce spectacle des années 2000 à la difficulté tantôt bien artificielle qui ne nous récompense finalement jamais. Car à quoi bon s’évertuer à venir à bout d’un mob ou d’un méchant surperformant qui fera mouche quoi qu’il arrive, pour derrière, s’en retaper un ou assister à une nouvelle cinématique sans intérêt ? On n’a rien à y gagner, si ce n’est perdre du temps face à un trip rétro qui comporte les défauts de vieux jeux sans leurs qualités.