Presque 10 ans après sa sortie, Resident Evil 7 Biohazard hante encore la mémoire des joueurs. Épisode du renouveau pour une licence qui peinait à retrouver sa saveur d’antan, il offrait une remise à zéro risquée mais finalement salutaire de la part de Capcom. Le jeu revient à présent sur Nintendo Switch 2 dans une version qui doit parvenir à faire justice à l’expérience de 2017.
Resident Evil 9 Requiem n’est pas le seul opus de la saga a avoir créé l’événement ces derniers jours. Resident Evil 7 a fait son grand retour sur Nintendo Switch 2 le 27 février dernier, dans son édition complète Gold qui comprend tous les DLC. C’est l’occasion idéale pour se replonger dans l’enfer de la Louisiane chez les Baker et voir si l’expérience à la première personne est toujours aussi horrifiante en 2026. Plus encore, Capcom est-il parvenu à optimiser son jeu pour la nouvelle console hybride et ainsi préserver l’immersion de bout en bout ? Voici notre verdict.
Resident Evil 7, une histoire de famille
Les Baker nous ouvrent à nouveau les portes de leur demeure perdue au fin fond de la Louisiane pour la version Nintendo Switch 2 de Resident Evil 7. Une réunion qui réserve toujours autant de sueurs froides en 2026. Ethan Winters est toujours à la recherche de sa femme disparue, Mia. Sauf que cet homme, le gars banal par excellence, ne s’attend clairement pas à tomber sur une famille plus qu’étrange dans un des coins les plus reculés des États-Unis.

L’histoire de Resident Evil 7 se résume moins en un récit complexe qu’en plusieurs portraits de personnages. Ethan se retrouve embarqué dans une affaire qui le dépasse, mais dont il comprend peu à peu les tenants et aboutissants à mesure qu’il affronte chacun des Baker, du père à la mère, sans oublier le fils et la fameuse Evelyn. Certes, la peinture de cette famille de rednecks typique verse souvent dans la caricature. Pour autant, un charme indéniable se dégage de ce portrait arriéré et dérangeant.
En moins d’une dizaine d’heures de jeu, on a encore autant de plaisir à comprendre cette famille et ce qui lui est arrivé. Ce qui prend d’ailleurs vite le pas sur la quête initiale. Il faut dire que le personnage de Mia est finalement bien moins captivant que les membres de la famille Baker. D’autant plus que Capcom propose directement la Gold Edition de Resident Evil 7 sur Nintendo Switch 2, ce qui inclut tous les DLC. On a ainsi accès à l’histoire complète du jeu, nous permettant de percer les secrets derrière cette infection qui s’est propagée à l’échelle familiale et de vivre quelques aventures supplémentaires qui valent vraiment le détour.

Jouer à nouveau dans la peau d’Ethan Winters
Resident Evil 7 avait marqué un tournant pour la saga Resident Evil en changeant littéralement le point de vue. Pour la première fois, on se retrouvait donc à jouer en vue subjective dans la peau d’un personnage inédit et très peu caractérisé. Ce parti pris va de pair avec la volonté de revenir aux racines du survival horror, entre sentiment de danger permanent, mise en scène sous tension et ressources rares.
Ainsi, Resident Evil 7 prend la forme d’un FPS horrifique linéaire, dont la progression se fait par zone. On évolue chez les Baker petit à petit, déverrouillant les portes et autres bâtiments à explorer au fil de nos découvertes et affrontements avec les boss. Des énigmes sont évidemment semées sur notre passage, que ce soit pour ouvrir un passage secret ou trouver comment obtenir une nouvelle arme. La formule relativement classique dans la licence. Pour autant, elle est quelque peu rafraîchie par le passage à la première personne. Et en fin compte, elle se montre toujours aussi efficace aujourd’hui.

D’autant plus que l’arrivée sur Nintendo Switch 2 n’entache presque pas l’expérience originale. Les mécaniques de gameplay n’ont pas bougé depuis 2017 et s’adaptent parfaitement à la console hybride de Big N. Même en mode portable, l’interface est suffisamment lisible. On navigue d’une pièce à l’autre avec toujours autant d’appréhension sur ce qui nous y attend.
Le seul véritable point noir en termes de prise en main avec ce portage de Resident Evil 7 se rapporte aux manettes. Il faut un certain temps pour composer avec une précision plus difficile qu’autrefois avec les Joy-Con 2. Que ce soit pour tirer ou interagir dans le feu de l’action avec un élément, il faut parfois s’y reprendre à plusieurs fois dans les premiers temps de jeu. D’ailleurs, on se dit que le mode souris de la console n’aurait pas fait de mal ici. Malheureusement, il n’est pas du tout pris en charge. C’est pourquoi on ne pourra que conseiller d’y jouer avec le grip qui relie les Joy-Con. Toutefois, le mieux serait encore une manette pro ou filaire. C’est en tout cas préférable pour profiter d’un plus grand confort.

Le comble de l’horreur sur Nintendo Switch 2
Du côté des performances, Resident Evil 7 n’a véritablement pas à rougir de son portage sur Nintendo Switch 2. Visuellement, on se rend bien compte que le jeu s’apprête à fêter ses 10 ans. Les textures et autres détails ne peuvent pas revendiquer une finesse équivalente à un Resident Evil 9 Requiem. Pour autant, c’est franchement convainquant sur le plan graphique. Certes, on remarquera un très léger downgrade sur portable, mais rien de suffisamment notable pour que ce soit vraiment flagrant. En revanche, le manque de profondeur des noir ne fait pas toujours honneur au jeu. Le mieux est évidemment de jouer sur un bon écran. Mais, là aussi, cela tient presque de l’anecdotique.

Qui plus est, malgré des capacités de la Nintendo Switch 2 forcément en deçà des autres consoles actuelles, elle parvient à faire tourner le jeu en 60 images par seconde constantes. La prouesse se vérifie d’ailleurs aussi bien en mode docké, branché au téléviseur, qu’en mode portable. Nous n’avons repéré des ralentissements momentanés qu’à de très rares occasions. En l’occurrence, cela n’est survenu qu’en nomade et à l’approche d’une nouvelle zone à charger. Une bagatelle, donc.
Avec une copie Nintendo Switch 2 solide techniquement, Capcom propose ici une expérience aussi tendue qu’à l’époque. L’immersion n’est jamais écourtée par un problème de performance. On se plonge alors à corps perdu dans cette histoire lugubre. Grâce à cela, on mesure à nouveau l’intelligence des développeurs et des artistes dans la conception des décors. Presque 10 ans après, Resident Evil 7 reste un petit bijou dans l’agencement de ses environnements, où chaque détail (un porte-manteau, une ombre, un portrait au mur…) a été pensé pour nous faire trembler. Et cela n’est possible que parce que le jeu tourne parfaitement.