JULIEN CHIÈZE

J'aime la fin d'année pour son cortège de traditions. Un moment où l'on se retrouve. Avec ses proches, avec soi et ses souvenirs aussi. A l'heure du bilan ludique, j'ai donc effectué un saut dans le passé. Direction le mois de décembre 2012. Voilà ce que j'écrivais à l'époque :

J'attends avec impatience 2013 et son cru visiblement historique. Entre les BioShock Infinite, The Last of Us, Beyond, Tomb Raider ou Metal Gear, j'espère ardemment être questionné, dérangé, étonné. Pas juste "amusé".

Douze mois plus tard, je réalise avec plaisir que mon voeu s'est, en partie du moins, réalisé. Le jeu vidéo aura en effet fourni en quantité et qualité l'une de ses plus riches années. Petit à petit, en respectant son héritage, mais en osant d'autres voies, la diversité s'est installée dans le paysage ludique avec des thèmes rarement abordés jusqu'à présent (merci Gone Home), avec des manières de raconter de vraies histoires puissantes en y intégrant les codes du jeu vidéo (chapeau The Last of Us), avec des expériences intenses et marquantes (respect Brothers) ou en maîtrisant à la perfection l'art du roller-coster et le frisson de la découverte (bravo Tomb Raider).

2013 est aussi l'année où j'aurai renoué avec les consoles portables. Entre les pépites Zelda : A Link Between Worlds et Bravely Default sur 3DS et l'envoûtant Tearaway (qu'il me tarde de retrouver) sur PS Vita, ces petites machines m'auront rappelé à leurs bons souvenirs. Cela faisait longtemps je l'avoue.

En 2013, j'ai aimé plus encore le jeu vidéo pour la sensation réaffirmée qu'il s'avait faire voyager, endosser mille et une vies, émouvoir, ... Quand le jeu vidéo ajoute des cordes à son arc, quand il peut dépasser son rang de "simple" jouet, je me réjouis. Cela n'enlève rien au jeu vidéo traditionnel, ça ne fait qu'enrichir notre média.

La diversité est une force. Et je suis persuadé que nous sommes loin d'avoir tout vu, tout vécu. En cela je me réjouis profondément de l'arrivée et de l'excellent démarrage commercial de la Next Gen. Evidemment les grands jeux exploitant ces machines ne sont pas encore là. Mais la promesse est belle et j'y crois. Celle de la réunion, au sein de même machine, des plus gros Blockbusters calibrés pour nous en mettre plein la vue... tout comme les expériences plus intimes, plus risquées, plus fascinantes grâce au boom des indés.

Oui, qu'est-ce que j'aime le jeu vidéo d'hier et d'aujourd'hui, comme j'ai foi en celui de demain !

TOP 3

  1. Brothers : A Tale of Two Sons
  2. Tomb Raider
  3. The Last of Us

J'ai également aimé : Gone Home, Zelda : A Link Between Worlds, Year Walk, Beyond : Two Souls, Assassin's Creed IV Black Flag, DMC...

FLOP 3

  1. BioShock Infinite
  2. Call of Duty : Ghosts
  3. Metal Gear Rising : Revengeance

Je vais être clair, aucun de ces trois titres ne sont fondamentalement mauvais... en revanche, oui, ils auront été loin de mes attentes. Moi qui ne suit pas un fanatique du genre FPS, je confesse que (pour des raisons très différentes) BioShock premier du nom et la série des Call of Duty m'ont fasciné. Eh bien je n'ai ressenti aucun frisson à parcourir leurs versions de 2013.

Hormis son ouverture (magistrale) et sa conclusion (cérébrale), BioShock Infinite est devenu pour moi un FPS bourrin et qui n'aura pas su me happer. La stratégie s'est évanouie, la magie aussi pour ma part. Je le confesse, je me suis ennuyé profondément et ne l'ai fini qu'à force d'acharnement et de volonté d'étoffer ma culture de gamer. La plaie (mention spéciale pour l'horripilante dernière section de gameplay).

Call of ? Je crois que je sature. Ni plus, ni moins. Je ne saurai dire si l'épisode est bon ou mauvais. Juste : je n'en peux plus. Ce qui fonctionnait si bien sur moi il y a quelques années, m'a désormais furieusement lassé. Sans parler que techniquement, je ne prends plus de claque. Il faut que la formule se réinvente si elle souhaite me retrouver.

Enfin, MGR. Vous savez combien j'aime cette licence. Combien j'ai suivi ce développement avec envie et passion. Je ne juge pas le changement de genre (j'ai beaucoup apprécié DMC cette année)... mais ce titre est trop sec, trop élitiste (dans son gameplay) pour moi, son histoire trop WTF, et j'ai trop senti les problèmes de développement, le choc entre les idées initiales et la réalité finale. Ils n'auront eu qu'un an les pauvres. Bref, je passe mon tour cette fois-ci. Cela étant, mon taux d'attente de MGS V est actuellement au summum. Vivement.