Bandai Namco a bien choisi son moment pour nous faire chausser nos crampons virtuels. Captain Tsubasa 2 World Fighters est sorti le 27 août dernier sur PC, PS5, Xbox Series et Nintendo Switch, à peine un mois après la finale de la Coupe du monde de football. Les fans du ballon rond n’auront pas eu longtemps à attendre pour se replonger dans une compétition internationale, qui plus est aux côtés de personnages absolument cultes. Mais si le plaisir de repartir sur le terrain avec  Tsubasa, Hyūga ou encore Misaki est toujours là, on peine à retrouver dans le gameplay toute la ferveur de l’anime et du manga. Après l’avoir essoré sur PS5, voici notre verdict.

Captain Tsubasa 2 a encore plus de choses à raconter

Tamsoft poursuit son travail sur Captain Tsubasa après un Rise of New Champions qui n’avait su convaincre que partiellement une partie des fans. Ce deuxième volet, World Fighters, ne manque pas d'arguments pour leur plaire, surtout par sa fidélité à l’univers. Le jeu nous plonge dans l’arc World Youth, l’un des meilleurs du manga. On suit alors Tsubasa et l’équipe junior du Japon dans une compétition mondiale avec des personnages emblématiques et des équipes au mieux de leur forme.

La bio de Tsubasa Ozora dans le jeu World Fighters.
© AUR pour Gameblog

Le mode histoire de Captain Tsubasa 2 nous permet de prendre part à la compétition avec notre propre héros à personnaliser via un créateur de personnage plutôt complet. Notre rôle est assez anecdotique, mais le fait de pouvoir créer son profil avec des techniques cultes inspirées d’autres joueurs ajoute un peu de piment. Ainsi, on peut devenir l’homme du match selon le rôle qu’on souhaite se donner en jeu. À moins qu’on laisse davantage de place aux autres athlètes, notamment pour accomplir des objectifs annexes pour obtenir quelques récompenses, comme des attaques spéciales ou des scènes exclusives. Ça apporte un petit plus qui nous pousse à tenter des choses sur le terrain et à prendre vraiment le jeu en main.

Après tout, le mode histoire est aussi là pour nous apprendre les mécaniques du jeu. Même si un petit tour par le tuto n’est pas de refus pour vraiment maîtriser certains coups, on a une courbe de progression scénarisée au fil des matchs, avec des rencontres de plus en plus ardues à mesure que la compétition s’intensifie. Il y a d’ailleurs quelque chose de stimulant à voir notre équipe avancer, surtout que l’histoire de Captain Tsubasa 2 tient bien sur une vingtaine d’heures minimum, le double de Rise of New Champions.

Captain Tsubasa 2 World Fighters.
© AUR pour Gameblog

Pour autant, le mode histoire pâtit lourdement de sa structure. Bien qu’on soit dans un jeu d’arcade, on doit faire preuve d’une grande patience face aux longues cinématiques en champ-contrechamp qui précèdent ou interrompent les rencontres. Car oui, il arrive que l’action soit coupée en plein match pour mettre en scène un but scénarisé. Même si on comprend l’envie de nous immerger dans le déroulé initial du manga, cela casse totalement le rythme déjà compliqué des matchs. Quant aux séquences annexes à débloquer, il ne s’agit quasiment que de dialogues. Certes, ça assure le fan-service avec du contenu qui vient compléter l’œuvre originale, mais Captain Tsubasa 2 est un jeu de foot bien trop bavard pour retransmettre la fièvre du sport et de l’anime.

De l’arcade au chaos en versus

Bandai avait mis en avant le roster pléthorique de ce Captain Tsubasa 2 et sur ce point, on peut dire qu’on n’a pas été déçu. Le jeu rassemble 22 équipes nationales et clubs japonais qu’on débloque grâce au mode histoire pour ensuite les incarner lors des matchs versus en ligne ou en local. On a alors l’embarras du choix entre les équipes lycéennes de Nankatasu ou du Real Japan, et les nombreuses équipes nationales de cette Coupe du monde. Mais plus que les équipes, ce sont les footballeurs qu’on est heureux de retrouver, tant certains ont marqué notre imaginaire quand on était enfant. C’est donc un vrai plaisir de les incarner sur le terrain, même si on aurait juste aimé des tenues alternatives pour différencier plus facilement les camps lorsque les maillots ont des couleurs trop similaires, simplement pour avoir un peu plus de confort.

Equipe Japon junior dans Captain Tsubasa 2 World Fighters.
© Bandai Namco / Tamsoft

Pour ce qui est du gameplay, on profite d’un système proche de celui de Rise of New Champions mais davantage typé arcade. Les joueurs de champ bénéficient d’une jauge d’endurance pour gérer leur course sur le terrain et une deuxième qui pour leur attaque spéciale. Le gardien, lui, dispose d’une barre de vie à faire baisser pour marquer. L’enjeu est donc d’enchaîner les dribbles et les tirs au but pour remplir les jauges d’attaque et espérer faire rentrer le ballon. Si en mode histoire on s’en accommode bien, en versus ça devient vite un piège à nous faire tourner en rond sur le terrain pour débloquer les techniques spéciales. Si on retrouve ce quelque chose à la Mario Soccer avec cette mécanique, elle manque d’équilibre dans la pratique pour en tirer le meilleur. Certains matchs se transforment en valse entre les joueurs plutôt qu’en affrontement sportif.

L’idée de départ était donc intéressante, d’autant plus que les animations des coups spéciaux ont du panache. Seulement, le chaos s’invite rapidement en jeu. C’est à la fois grisant et déroutant. D’ailleurs, on ne peut qu’encourager les joueurs débutants à s’accrocher un peu au début pour prendre vraiment en main les mécaniques, pouvoir tirer profit de cette dynamique en deux temps et parvenir au moment où on ressent vraiment le fun du jeu. Malgré ça, le manque de construction de jeu au sein de l’équipe aboutit à un rythme irrégulier et des actions souvent brouillonnes. Même si on a bien conscience de ne pas être devant une simulation, on aurait aimé retrouver ce flow de l’arcade qui rend les affrontements vraiment intenses. Les bases sont bonnes en somme, mais la formule n’est clairement pas à son plein potentiel.

Gameplay d'un match de Captain Tsubasa 2 World Fighters.
© AUR pour Gameblog

Un jeu bloqué dans les années 1990

Captain Tsubasa 2 n’est pas non plus très aidé par sa réalisation. Certes, le jeu tourne très bien sur PS5, mais il rencontre tout de même quelques problèmes d’optimisation. Les super techniques de passe mettent généralement la caméra dans le vent, tandis que les dribbles peuvent téléporter les joueurs de quelques mètres selon les circonstances. Dans le feu de l’action, c’est le genre de manque de polish qui contribue au chaos sur le terrain. Heureusement, le mode en ligne ne souffre pas de latence particulière, là-dessus on peut au moins saluer Tamsoft.

Captain Tsubasa 2 World Fighters.
© Bandai Namco / Tamsoft

En revanche, on a du mal à croire qu’un jeu tiré d’un anime soit si peu vivant à l’écran. Même si le cel-shading fonctionne toujours, il reste vraiment limité là où la concurrence a redoublé d’efforts pour le sublimer ces dernières années, ne serait-ce que si on regarde du côté de jeux de foot comme Rematch ou Inazuma Eleven Victory Road. Captain Tsubasa 2, lui, reproduit certes les personnages très fidèlement, mais le rendu manque de relief et les dialogues manquent cruellement d’action. Seules les cinématiques des techniques spéciales se démarquent, prouvant en plus que Tamsoft est capable de faire le spectacle quand il le veut. Sauf que nous, on en voulait plus.