13 ans nous séparent de Tomodachi Life sur Nintendo 3DS. Un titre si singulier dans sa proposition que les joueuses et joueurs de l’époque n’ont jamais pu l’oublier. C’est donc avec beaucoup de curiosité que nous attendons Tomodachi Life Une vie de rêve, le nouvel épisode à sortir le 16 avril 2026 sur Nintendo Switch (et rétrocompatible avec la Nintendo Switch 2). Une démo gratuite a pu donner un aperçu de l’humour toujours aussi saugrenu de la licence, mais tient-il la route sur la durée ? Les nouvelles fonctionnalités valent-elles la peine de tenter l’aventure ? Nous avons pu tester le jeu un mois entier. C’est l’heure du verdict.

La vie est belle sur l’île de Tomodachi Life

Les îles virtuelles ont décidément la cote auprès des développeurs ces dernières années. Après Animal Crossing New Horizons et un tas de jeux du genre, c’est au tour de Tomodachi Life d’embarquer pour une vie pleinement insulaire cette, nous laissant les commandes pour peupler et agencer cet espace paradisiaque. La petite île qui rassemblait tous les Mii dans un seul immeuble, cette fois chacun a sa maison ou peut vivre en collocation jusqu’à 8 avec ses personnages préférés. Nintendo fait ainsi revenir ses célèbres avatars pour une expérience aussi amusante qu’atypique, avec plus de liberté qu’auparavant.

La plage de Tomodachi Life Une vie de rêve.
© Nintendo.

Mais d’abord, tout commence par la création de Mii dans Tomodachi Life Une vie de rêve. Et 13 ans après, les fans ne seront pas dépaysés. Si la personnalisation de la silhouette s’arrête à la taille et à la corpulence, on se focalise bien plus sur le visage. On a d’ailleurs la bonne surprise d’avoir un peu plus de choix dans les éléments de personnalisation, des yeux à la coiffure. La palette de couleurs est assez large, bien que quelques nuances de plus n’auraient pas fait de même, ne serait-ce que pour la carnation. On regrette aussi d’être plus limité dans le placement des éléments que ce qu’on pouvait faire avec les avatars de la Wii par exemple. À défaut, la nouvelle option de peinture de visage permet de dessiner nous-même des détails. Il faut prendre le coup de main, mais ça laisse vraiment place à l’imagination.

Tomodachi Life Une vie de rêve reprend la formule des deux précédents volets : on a carte blanche sur l’apparence pour la création des Mii. On peut même adapter le curseur sur certains traits de caractère pour déterminer quel tempérament chacun aura. On retrouve à nouveau plusieurs profils de personnalités qui influent directement sur les attitudes des personnages. Ça veut dire que dans une même situation, deux Mii n’auront pas la même réaction. Non seulement ça rend l’expérience plus crédible, mais les avatars en sont plus vivants. Ça attise même notre curiosité, parce qu’on a envie de connaître toute la palette de variations proposée.

Ensuite, il ne nous reste plus qu’à choisir où placer sa maison sur cette fameuse île. Mais notre mission va bien plus loin. Le cœur du jeu consiste vraiment à prendre soin des Mii, répondre à leurs besoins et à leur permettre de vivre un tas d’aventures en créant des liens avec les autres insulaires. Un sacré programme !

Et même si, au départ, Tomodachi Life Une vie de rêve surprend avec un humour décalé et un gameplay passif, on prend vite le coup. En fait, à partir du moment où on adhère au ton de la licence, on comprend que même si on ne contrôle pas les Mii à proprement parler, notre rôle est essentiel. On devient moins un acteur du jeu que son metteur en scène. Les habitants de l’île attendent notre retour chaque jour, heureux qu’on leur rende visite, qu’on les nourrisse, qu’on refasse leur déco et même qu’on les écoute et qu’on fasse quelques mini-jeux avec eux. Ce faisant, on dresse le décor de cette expérience si unique en son genre.

Rêve d'un Mii géant dans Tomodachi Life Une vie de rêve.
© Nintendo.

En plus de dorloter nos Mii, Tomodachi Life Une vie de rêve fait de nous un vrai coach de vie. Devraient-ils devenir amis avec tel voisin ? Est-ce une bonne idée d’emménager avec tel autre ? Y a-t-il une chance pour que leurs sentiments envers ce Mii croisé deux jours plus tôt soient réciproques ? Loin d’être autonomes, c’est à nous d’orienter l’existence de tous nos insulaires. Mais une fois qu’on les a encouragés ou dissuadés, à eux de jouer. L’avantage est que tout n’est pas cousu de fil blanc. Nous décidons certes de les faire passer à l’action, mais le résultat espéré n’est pas garanti. Chaque échange crée la surprise, donnant parfois lieu à des situations mémorables.

Ce côté imprévisible vaut d’ailleurs pour toutes les interactions. Que ce soit pendant les dialogues entre deux Mii ou pour nourrir l’un d’eux, on n’est jamais sûr que ce sera une réussite. On a alors envie de découvrir toutes les possibilités permises et tout devient prétexte à un test : changer une tenue, proposer un en-cas, aller parler à untel, etc. Et on fait bien d’essayer plein de choses, car le jeu nous récompense systématiquement avec des cinématiques dont il a le secret. Même s’il faut admettre que certaines scènes ont tendance à se répéter, on a toujours autant de plaisir à en voir de nouvelles.

Nourrir un Mii dans Tomodachi Life Une vie de rêve.
© Nintendo.

C’est sûr qu’une telle formule ne plaira pas à tout le monde. Il faut à la fois accepter une certaine redondance et adhérer à des blagues parfois très bas de plafond ou particulièrement perchées. Mais la liberté laissée dans la création des Mii et les interactions improbables qui se jouent devant nos yeux rendent vite l’expérience irrésistible. C’est tout simplement génial de tirer les ficelles de ce théâtre où les dramas, les moments de joie, les amitiés durables et autres romances excentriques n’attendent que de voir le jour.

Tout le bonheur du monde sur une île

Nintendo ne manque pas d’imagination pour ce nouveau Tomodachi Life. Dans la pratique, le jeu reste proche de ce que les fans ont connu sur 3DS. On dispose de différentes boutiques pour acheter à manger, de la déco ou encore des tenues aux Mii. D’autres vont même se débloquer à mesure que la population de l’île augmente ou que la vie des habitants s’améliore. Mais ce qui différencie réellement cette expérience des précédentes, c’est justement de jouer sur une île. On n’est plus cloisonné dans un immeuble ; maintenant, on voit tous nos personnages se balader dans un décor qu’on a personnalisé à notre façon ou selon leurs suggestions. L’aventure devient encore plus personnelle et on ne sait jamais à quoi s’attendre en observant les Mii faire leurs activités chez eux ou à l’air libre.

Mais pour profiter au mieux de cette vie de rêve offerte par le nouveau Tomodachi Life, il va falloir s’armer de patience. Que ce soit la personnalité des Mii ou les éléments de décoration, on en aura de plus en plus à disposition à mesure qu’on rend heureux nos personnages. Chacun dispose d’un niveau de bonheur qui grimpe dès qu’ils sont contents, aussi bien en mangeant quelque chose qu’ils aiment qu’en ayant une discussion sympa avec quelqu’un. Et justement, plus on contribue à leur bien-être, plus leur niveau augmente, ce qui permet de leur donner des manies supplémentaires ou des expressions typiques, ce qui les rend de plus en plus vivants. Mais il y a aussi un tout autre intérêt à prendre soin d’eux : exaucer des vœux via la fontaine de l’île, ce qui permet de débloquer encore plus de ces manies, d’éléments de personnalisation et d’autres surprises.

Un Mii livre un roman d'horreur dans Tomodachi Life Une vie de rêve.
© Nintendo.

L’aventure devient alors de plus en plus riche et, forcément, pleine de surprises. On découvre des interactions supplémentaires, nos Mii nous proposent même de jouer avec eux à de plus en plus de mini-jeux différents. D’ailleurs, certains de la 3DS font leur retour et d’autres sont totalement inédits, mais il faut y jouer sur la durée pour vraiment s’en rendre compte. Car Tomodachi Life Une vie de rêve est de ces jeux qui se picorent par-ci par-là. Outre le fait de proposer un cycle jour/nuit sur 24 heures, ce n’est qu’en revenant jour après jour que le stock des boutiques se met à jour, mais aussi et surtout que certaines relations évoluent. Il ne faut pas s’attendre à assister à un mariage et une naissance en try hardant en une seule journée. C’est en sachant prendre le temps qu’on apprécie le mieux ce que le jeu a à nous offrir.

Qui plus est, ce Tomodachi Life risque de paraître très vide en jouant trop longtemps, en particulier si on a peu de Mii installés. Une part des fans sera sans doute déçue de voir le nombre de personnages total baisser de 100 à 70 par rapport à 2013. Malgré tout, ça reste une quantité très correcte. D’autant plus que dès qu’on passe la barre des 20, on a l’impression que certains Mii passent au second plan. Un peu comme si vous suiviez une téléréalité mais que l’épisode du jour mettait de côté certains candidats. Difficile de trouver l’équilibre entre abondance et capacité à garder un intérêt équivalent pour à peu près tous les personnages. En tout cas, même si on peut avoir envie d’aller toujours plus loin, rester en-dessous de la centaine ne nous a vraiment pas gênés en jouant.

Tomodachi Life Une vie de rêve peut avoir des maisons comptant jusqu'à 8 chambres.
© Nintendo.

En plus de cela, la navigation dans l’interface de Tomodachi Life Une vie de rêve peut être rude. Autant, on s’y retrouve très bien dans les boutiques, autant les différents inventaires (Mii, aliments, décorations…) deviennent un vrai casse-tête dès qu’ils commencent à être bien remplis. Alors si un personnage nous sollicite, ce qu’on identifie avec une animation colorée, il est parfois plus simple de les repérer sur la map qu’en les cherchant dans la liste. Et on ne parle même pas du lexique d’expressions, qui ne dispose même pas d’un classement par ordre alphabétique. Bon courage pour s’y retrouver quand un Mii demande qu’on lui suggère un sujet de conversation pour se lier avec un autre.

De même, l’ajout d’une fonctionnalité de dessin pour personnaliser ses Mii ou les items de décoration est une vraie bonne idée. Cependant, dans la pratique, ce n’est pas ce qu’il y a des plus accessibles. L’initiative de Nintendo nous donne l’opportunité de créer un monde à notre image, puisqu’on peut créer aussi bien des plats nous-mêmes que des animaux de compagnie, mais l’interface n’est pas si évidente à prendre en main. Sans parler du tactile, utile mais qui ne répond pas très bien. Seuls les plus patients y trouveront vraiment leur compte ici alors qu’un mode assisté avec plus de modèles aurait facilité la prise en main, en plus de l’interface simplifiée déjà proposée. Cela dit, ça n’est là qu’un aspect facultatif du jeu et la vie de rêve de Tomodachi Life n’en sera en rien gâchée si on fait l’impasse dessus.

Aperçu de l'atelier de création.
© Nintendo.

Tomodachi Life Une vie de rêve nous embarque dans un monde vraiment à part

Si Tomodachi Life retient autant l’attention depuis le premier épisode de 2009, c’est en grande partie grâce à une philosophie de jeu qui imprègne toutes ces facettes. On retrouve donc totalement le côté absurde de la licence dans Une vie de rêve sur Nintendo Switch, et c’est tant mieux. Les Mii abstraits et cartoonesques interagissent régulièrement avec des items hyper-réalistes, que ce soit des accessoires du quotidien, de la nourriture ou même une main qui nous symbolise dans certaines situations. Un choix artistique aussi radical que rafraîchissant, qui participe complètement de l’humour du titre.

En plus de cela, ce Tomodachi Life Une vie de rêve s’offre comme un vrai bond visuel à la licence. Les deux premiers volets étant sortis sur Nintendo DS et 3DS, les équipes ne disposaient que d’une résolution limitée. Maintenant, nos Mii s’animent devant nos yeux en HD sur une île qui vit au rythme de la journée. Même s’il ne faut pas s’attendre à une claque, d’autant qu’il s’agit d’un titre développé nativement pour la première Nintendo Switch et non d’une version Nintendo Switch 2. Dès lors, les textures sont plates et le niveau de détails n’est pas aussi poussé que d’autres exclusivités de la firme de Kyoto. Pour autant, l’ensemble est bien plus joli et s’offre même des effets de lumière du meilleur effet à mesure que le jour se couche.

Décor de Tomodachi Life Une vie de rêve.
© Nintendo.

On doit aussi avoir un mot pour la bande-son, toujours aussi dynamique et identifiable. Tomodachi Life Une vie de rêve ne se prive d’ailleurs pas de reprendre quelques thèmes des applications Mii de la Wii, apportant la touche de nostalgie qu’il faut pour les fans. En plus de ça, notre petite bande d’insulaires se prend parfois à pousser la chansonnette, pour un résultat aussi marrant qu’unique, puisque cela changera forcément selon les voix des personnages qui se joignent à la fête. Et même si au bout de quelques heures de jeu on ne supporte plus le thème qui célèbre la montée de niveau d’un Mii à force de l’entendre, c’est aussi un morceau qui reste en tête et dont on se souviendra avec plaisir à l’avenir.

Enfin, on doit bien souligner que Nintendo a peaufiné son nouveau bébé pour offrir des  performances bien huilées. Alors que Tomodachi Life Une vie de rêve repose sur des situations aléatoires, le jeu tourne à merveille. Même avec plusieurs dizaines d’heures de jeu au compteur, nous n’avons eu à déplorer qu’un léger bug. On aimerait évidemment un peu moins de temps de chargement, mais ils sont assez courts pour ne pas empiéter sur l’expérience.

Mais c’est aussi là qu’on se dit que ce nouveau Tomodachi Life mérite une édition Nintendo Switch 2 native. Cela permettrait assurément d’avoir un rendu encore un peu plus joli et permettrait peut-être de faire l’impasse sur certains temps de chargement. De plus, cela offrirait probablement une prise en charge du mode souris, qui collerait si bien au gameplay du jeu. Le plaisir de jeu est déjà bien là, mais il n’en serait que plus grand grâce à cela.