Évoqué il y a déjà quelques années, et ayant fait forte impression grâce à son style graphique noir et blanc assez unique, Mouse PI For Hire sort donc enfin, après un développement plutôt long, ce 16 avril 2026 sur PC, PS5, Xbox Series et Nintendo Switch 2. En plus de son esthétique qui sort de l’ordinaire, il a également le mérite de se rendre disponible avec un billet d’entrée relativement abordable de 29,99 euros, ou 39,99 euros dans une édition Deluxe comprenant l’accès à un DLC à venir plus tard. Cette donnée n’est pas anodine et peut être un indice pour véritablement aller au fond de cette affaire qu’est l’aventure de Jack Pepper. Reprenons depuis le début de l’enquête pour voir où la piste nous mène.

Fondue au noir et blanc pour Jack Pepper, Mouse PI For Hire de son état

Comme son nom l’indique clairement, Mouse PI For Hire nous place dans la peau de Jack Pepper, vétéran de la guerre de tranchées dans l’Autre-Monde (soit notre Première Guerre Mondiale à nous) et ancien flic devenu détective privé à Sourisville, l’équivalent de New York dans les années 30. Il sera de prime abord chargé de retrouver Steve Bandel, un frère d’armes devenu magicien professionnel et mystérieusement disparu. Mais cette enquête très personnelle va s’avérer n’être qu’un des maillons d’une plus grande intrigue menaçant toute la ville et ses habitants.

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Jack Pepper pourra comté sur ses talents de tireur et son fidèle fromage de poche pour mener à bien son enquête... © Fumi Games

On a donc droit ici à une histoire typique des polars de l’époque, mais avec des souris, rats et musaraignes à la place de véritables êtres humains. En soi, le scénario se suit plutôt agréablement, même si les événements ont tendance à s’enchaîner de manière un peu trop simpliste. Jack va en effet souvent se retrouver à court d’indices, et un personnage secondaire aura comme par hasard la solution pour débloquer la prochaine mission. On n’a ainsi pas vraiment le sentiment d’incarner un détective, ce qui dénote quelque peu avec le titre du jeu. C’est hélas d’autant plus vrai dans les derniers segments de Mouse PI For Hire, où un littéral Deus Ex Machina psychédélique vient nous livrer le coupable derrière toute notre enquête sur un plateau (de fromage) en argent. 

Mouse PI For Hire a cela dit le mérite de proposer une histoire qui tient plutôt bien debout et colle avec le ton qu’il se donne, notamment grâce à des personnages attachants et un casting vocal de très haute volée (mais uniquement en anglais, au grand dam des anglophobes). On peut notamment citer à ce niveau l’indécrottable et toujours aussi talentueux Troy Baker (Joel dans The Last of Us, Indiana Jones dans Le Cercle Ancien) dans le rôle principal avec un délicieux accent new-yorkais des années 30. Même constat au niveau d’une bande-son proprement exceptionnelle, qui reprend également le style musical jazzy typique de cette époque pour accompagner à merveille chaque instant du jeu, dans les moments calmes comme musclés. Mention spéciale à un morceau composé par Caravan Palace, le célèbre groupe français d'électro swing, qui nous délivre encore un pur régal pour les oreilles !

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Au-delà de la présence de Troy Baker au casting, le reste ne démérite clairement pas. © Geralt de Reeves pour Gameblog

Enfin, pour rester dans l’enrobage artistique de Mouse PI For Hire, le titre brille bien sûr grâce à son style graphique unique s’inspirant des vieux cartoons des années 30. Cela prend ici la forme de décors en 3D, de personnages dessinés à la main en 2D (qui sont donc « plats » sur l’image et tournent pour rester face à notre regard), le tout dans un rendu noir et blanc savamment distillé. Il s’agit clairement de l’un des aspects les plus réussis, qui donne tout son charme rétro au jeu, et Fumi Games nous fournit sur ce point une performance impeccable. Mieux encore, le titre parvient à constamment se renouveler avec des niveaux extrêmement variés.

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Le mélange de décors en 3D et personnages en 2D dessinés à la main, le tout en noir et blanc donne un cachet unique au jeu. © Geralt de Reeves pour Gameblog

On va ainsi mener notre enquête dans les rues enfumées de Sourisville, dans des lieux plus huppés comme un opéra ou un studio de cinéma, ou encore dans des endroits bien crasseux comme un marais ou des égouts. Jack Pepper va définitivement voir du pays et nous emporte avec grand plaisir dans cette ballade psychédélique « à l’ancienne ». Un tel style visuel a également le mérite d’être extrêmement peu gourmand, ce qui permet au jeu de tourner à la perfection, sans quasiment aucun bug à déplorer de notre côté, même sur une configuration PC modeste, sur le Steam Deck, ou appareil équivalents, et sur consoles. Il s’avère ainsi particulièrement accessible, surtout à son prix d’entrée plutôt abordable. 

On ne fait pas DOOMelette du fromage sans casser des œufs de souris

Si Mouse PI For Hire nous fait techniquement jouer un détective privé, Jack Pepper a une façon assez singulière d’exercer son métier : avec violence, en transformant ses adversaires en gruyère, puis en posant les questions ensuite. Ne vous attendez donc pas à des phases d’enquête d’une grande profondeur. Comme son histoire est un pur cliché des films noirs de l’époque, son gameplay est un véritable cas d’école de ce qu’on appelle affectueusement un boomer shooter. On aura ainsi majoritairement droit à des niveaux « couloir » globalement linéaires, mais avec un peu d’exploration pour trouver des objets de soin, de l’armure, des munitions, de l’argent et divers secrets cachés ou stockés dans des coffres à crocheter, ainsi que des phases d’arènes avec des hordes d’ennemis à dézinguer. 

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Malgré son côté cartoon, le jeu n'oublie pas non plus ses racines de boom shooter, loin de là. © Geralt de Reeves pour Gameblog

Si Mouse PI For Hire ne vient clairement pas révolutionner le genre, l’expérience reste tout à fait grisante et nous encourage à toujours rester en mouvement et à changer constamment d’arme parmi notre dizaine de pétoires disponibles (du pistolet au fusil à pompe en passant par l’iconique Tommy... Johnny Gun, au lanceur de boulets de canon ou à des armes expérimentales comme un lanceur d’acide). Si au départ on ne disposera que d’un saut simple et d’un dash, le panel d’options de déplacements de Jack va ensuite s’étoffer d’un double saut ou encore d’un grappin, entre autres exemples. Plus on progresse dans le jeu, plus l’influence de canons du genre, comme l’excellent DOOM Eternal, se fait ressentir, et ce n’est définitivement pas pour nous déplaire.

L’héritage de l’avant-dernier titre d’id Software sur Mouse PI For Hire est d’autant plus remarquable que l’ensemble de nos armes est améliorable grâce à des plans à découvrir en fouillant les niveaux, ce qui augmentera leurs dégâts, leur total de munitions et leur efficacité, et débloquera aussi un tir secondaire unique. On retrouve donc ici en quelque sorte l’aspect « tactique » des reboots du papa des FPS, où une arme donnée sera plus efficace contre un type d’ennemi spécifique. On peut toutefois relever un petit bémol sur ce point : une diversité d’ennemis assez chiche, avec au total moins d’une dizaine d'archétypes. Dans la majeure partie des cas, il s’avère par ailleurs que le fusil à pompe est notre meilleur ami contre des adversaires à courte portée ou au corps à corps, tandis que le Tommy Gun est inégalable contre les tireurs à distance. 

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Grâce à des plans à collecter, on peut améliorer ses armes pour les rendre encore plus puissantes et polyvalentes. © Geralt de Reeves pour Gameblog

Cela fait toutefois de Mouse PI For Hire un jeu qui n’est pas aussi difficile d’accès qu’un boomer shooter traditionnel. Pour avoir fait toute l’aventure en difficulté maximale, je peux compter mon nombre de morts sur mes dix doigts. Même si beaucoup d’arènes ou combats de boss sont définitivement frénétiques et peuvent mettre les réflexes de Jack à rude épreuve, on trouve assez facilement des « potions » et des points d’armure pour survivre. En cas d’urgence, on peut également prendre un morceau de fromage dans sa réserve pour se soigner. Enfin, les iconiques power-ups à durée limitée propres à tout FPS à l’ancienne sont évidemment de la partie. On a par exemple du piment pour mettre le feu à nos adversaires ; une tasse de thé qui est un clin d’œil direct à Cuphead alors qu’on se met à tirer avec notre doigt en infligeant de lourds dégâts ; ou encore une boîte d’épinards pour distribuer d’énormes mandales comme Popeye. D’un point de vue gameplay, le titre se montre donc une fois encore très classique, mais définitivement efficace et agréable à parcourir. 

Mouse PI For Hire Popeye Power Up
« Mange des épinards pour être aussi fort que Popeye, qu'on disait à l'époque... ». © Geralt de Reeves pour Gameblog

Des petits boulots pour éponger les dettes de jeu de Jack 

Entre chaque niveau, Jack devra revenir à son bureau pour « recouper » les indices et preuves qu’il a accumulés. Le quartier autour de sa planque servira, à l’instar une fois encore de DOOM Eternal, de hub central dans Mouse PI For Hire. C’est là-bas qu’on pourra notamment améliorer nos armes avec les plans trouvés durant nos expéditions. On trouvera également une boutique permettant d’acheter certains collectables trouvés comme les coupures de journaux ou les cases d’une BD racontant l’histoire du jeu. Il est d’ailleurs assez contre-intuitif de devoir acheter ce qu’on a trouvé par nous-mêmes, mais admettons… 

Mouse PI For Hire Boutique Collectables
Outre des missions et des cartes à jouer, on peut aussi à la boutique pour... acheter les collectables qu'on a trouvé. © Geralt de Reeves pour Gameblog

Dans cette boutique, on pourra également acheter des cartes pour la seule autre activité de Mouse PI For Hire en-dehors du fait de défourailler tout ce qui bouge durant notre enquête : un « baseball deckbuilder ». En se rendant dans le bar d’en face, on trouvera une table permettant de lancer une partie moyennant quelques dollars, où on jouera d’abord du côté des batteurs, puis des lanceurs, pour voir qui arrive à faire traverser le terrain par le plus de joueurs. Un mini-jeu somme toute assez simple, mais qui apporte un peu de variété bienvenue, et surtout une grosse récompense après avoir gagné assez de parties et accumulé de jetons pour la débloquer.

Mouse PI For Hire Jeu Cartes Baseball Home Run
Une petite partie de jeu de cartes baseball pour se détendre entre deux enquêtes. © Geralt de Reeves pour Gameblog

Tout cela coûte toutefois beaucoup d’argent pour un Jack déjà endetté jusqu’au cou. Heureusement, la vingtaine de niveaux qui constituent Mouse PI For Hire s’accompagne de son lot de quêtes secondaires que nos compagnons nous donneront. Il faudra donc explorer minutieusement chaque recoin du jeu pour gagner quelques dollars supplémentaires ou de nouvelles cartes à jouer. Il s’agit pour la plupart de bêtes « quêtes Fedex », mais qui n'impactent pas outre mesure la progression générale et ne sont donc pas une gageure à effectuer. En essayant d’être le détective le plus scrupuleux possible et en difficulté maximale, j’ai personnellement bouclé mon enquête en une quinzaine d’heures. À noter à ce propos qu’il n’y a aucun « endgame » ou New Game+ à signaler, du moins en l’état actuel. Il s’agit ceci dit d'une durée de vie plutôt honnête pour un FPS, et j’irais même jusqu’à dire que c’est pour le mieux. 

Si la plupart des niveaux prennent en moyenne une trentaine de minutes pour les terminer en les explorant au maximum, ceux vers la fin du jeu en demandent facilement le double ou le triple. Le dernier tronçon de l’aventure s’avère donc assez pénible à parcourir, notamment à cause de boss disposant de longues phases d’invulnérabilité venant sérieusement casser le rythme d’une action autrement très bien millimétrée. De plus, le fin mot de l’histoire a quelque peu un goût d’inachevé, et le fait que Fumi Games ait prévu un DLC à venir plus tard est peut-être la raison derrière ce pressentiment qui fait frémir mes moustaches. Faute de preuve, je dois toutefois classer l’affaire… pour l’instant.