En 2019, Bandai Namco sortait le premier Code Vein, un Souls-like sympathique qui voulait apporter un peu de sang frais au genre avec un univers mélangeant anime et vampires dans une ambiance post-apocalyptique. Sept ans plus tard, le géant japonais décide de lui offrir une suite, sobrement baptisée Code Vein 2, qui traite cette fois en prime de voyage spatio-temporel. Un jeu dans la même veine que son aîné et qui sait montrer les crocs en qualité de l’une des premières sorties vidéoludiques majeures de 2026 ? On aurait aimé dire que cette histoire d’excursion dans le temps allait vraiment sauver le monde de l’apocalypse, mais la réalité est hélas plus triste que ce à quoi on s’attendait.
Code Vein 2 sort quoi qu’il en soit ce 30 janvier 2026 sur PC, PS5 et Xbox Series dans sa version standard, mais est disponible avec un accès anticipé de trois jours, soit le 27 janvier, à condition de faire l’acquisition de l’édition Deluxe ou Standard, moyennant donc une allonge de 20 ou 30 euros supplémentaires. Nous avons de notre côté testé le jeu dans sa version PS5. En préambule de ce test, on serait enclin à vous conseiller d’attendre plutôt sa sortie officielle, voire même un peu plus longtemps encore, à moins que vous soyez un fan absolu de Code Vein premier du nom. Mais préparez-vous tout de même à un certain dépaysement, et pas nécessairement dans le bon sens du terme.
Code Vein 2 et son voyage dans le temps qui l’a coincé dans le passé
Comme sur le premier épisode, l’aventure de Code Vein 2 commence tout d’abord par la création de son personnage. Pas question cependant ici d’incarner un Revenant, les vampires dans l’univers de la licence, mais un humain. Toujours est-il que l’outil pour créer son avatar s’avère là encore bien complet pour créer un husbando ou une waifu à son goût, avec un tas d’options en ce sens. Vous pourrez ainsi passer pas mal de temps dans ce menu pour bien vous faire plaisir. Une fois cette étape importante terminée, on se réveille aux côtés de Lou, une Revenante qui nous fait un peu le topo de ce qui nous attend depuis MagMell, le complexe qui servira de hub central dans le jeu.

Code Vein 2 place ainsi son récit dans une Terre alternative au 23ème siècle, alors qu’une seconde Résurgence, l’événement qui avait déjà semé l’apocalypse dans le premier jeu, est sur le point d’éclater. Pour empêcher cette catastrophe d’arriver, nous devrons éliminer cinq héros enfermés dans des cocons, qui ont servi à sceller le cataclysme, mais qui deviennent de plus en plus corrompus. Il faudra donc les libérer pour les abattre et prévenir la disparition autrement inéluctable de tout être vivant. À cette fin, Lou devra nous envoyer dans le passé afin de rencontrer lesdits héros et trouver le moyen d’ouvrir leur cage dans le présent. De prime abord, le synopsis du jeu a l’air pour le moins alambiqué, mais prend finalement un peu de sens tandis qu’on progresse et qu’on fait la connaissance de ses protagonistes. Ceux-ci sont globalement bien écrits et attachants, ce qui rend donc le récit plutôt sympathique à suivre. Il faut cela dit bien avoir conscience que le titre affiche clairement son influence du côté des anime. Cela implique donc quelques poncifs éculés du genre comme « le pouvoir de l’amitié » et autres thèmes du même acabit.

En parlant de voyage dans le passé, autant endiguer l’hémorragie tout de suite et évoquer la première chose qui nous a littéralement sauté aux yeux après avoir créé notre personnage : Code Vein 2 est tant artistiquement que graphiquement plutôt disgracieux. Qu’il s’agisse des effets visuels/de lumière ou des textures, le titre a, sans exagérer, une génération de consoles de retard. L’ambiance post-apocalyptique du jeu n’arrange clairement pas les choses, car on évolue dans 90% des cas dans un monde d’un gris franchement sinistre où il pleut tout le temps.

Pire encore : malgré des graphismes qui ont assez peu évolué par rapport à son aîné sorti pourtant sept ans plus tôt, l’ensemble souffrait sur notre PS5 fat de gros problèmes de performance. On a en effet régulièrement déploré de fortes chutes de framerate, qui peinait à atteindre les 60 fps constants, même en mode « Fluidité ». Dès les premières minutes, et jusqu’à la fin, on aura ainsi eu l’impression de jouer à un jeu vieux de plus d’une décennie avec les performances qui vont avec. Bien malheureusement, c’est loin d’être le seul point sur lequel Code Vein 2 nous a beaucoup déçu.
Un nouveau code sanguin un peu anémique sur les bords
Même quand un jeu s’avère décevant sur le plan artistique et technique, il peut encore se rattraper en proposant un gameplay amusant et prenant qui arrive à nous tenir en haleine jusqu’au bout de l’aventure. Sauf que, même sur ce terrain, Code Vein 2 semble s’être perdu dans le passé. Cela dit, on retrouve bien la formule qui avait fait le sel du premier épisode, à savoir un système de codes sanguins à équiper. Chacun nous octroie un montant de statistiques spécifiques en Force, Dexterité, etc. et bonus passifs correspondants dictant l’équipement le plus optimal à porter pour en profiter pleinement, selon notre style de jeu de prédilection. À force de se servir du même code, on finira par le maîtriser pour en obtenir une version plus puissante ou des pouvoirs supplémentaires.

On pourra en outre porter jusqu’à deux armes issues de sept catégories différentes (épée à une main, deux mains, hallebarde, hache/marteau, double lames, lames psychiques et baïonnette) pour asséner des attaques rapides et lentes variant en fonction de l’armement utilisé. Chaque arme dispose par ailleurs de quatre emplacements de capacités, qui regroupent autant des techniques de combat spéciales que des sorts ou encore des améliorations offensives comme défensives. On retrouve également le système de cages, un équipement permettant d’extraire l’ichor de nos ennemis, l’équivalent du mana dans cet univers, pour utiliser lesdites capacités. À tout cela, Code Vein 2 ajoute enfin ce qu’on appelle les formas défensifs (bouclier ou technique d’esquive) et offensifs, des armements uniques infligeant énormément de dégâts, moyennant une certaine quantité d’ichor pour s’en servir.
On a donc sur le papier un système de construction de personnage aussi solide et complet que celui de sa création. C’est malheureusement une fois qu’on entre dans le vif du gameplay que les choses commencent à prendre une odeur de sang séché. Non content de souffrir de gros problèmes de performance, Code Vein 2 s’avère en effet d’une mollesse certaine dans ses combats. Même en utilisant des doubles lames, généralement synonyme de rapidité et d’agilité, on a l’impression de se mouvoir avec beaucoup de lenteur. En plus d’animations manquant sérieusement de panache, le sound design est également plutôt pauvre, nous donnant le sentiment de frapper avec des armes en mousse.

Une fois encore, on aurait pu pardonner des combats un peu mollassons, si au moins le bestiaire arrivait à nous tenir en haleine et à constamment se renouveler. Mais ici aussi, ce fut une déconvenue. Tout au long du jeu, on croisera en tout et pour tout une dizaine d’ennemis et mini-boss qu’on retrouvera tout au long de l’aventure. Leur évolution au fil du temps s’arrêtera grossièrement à des apparences différentes, mais qui effectueront toujours les mêmes deux patterns et demi, en infligeant simplement plus de dégâts et en devenant de plus grosses éponges à PV. On a de plus l’impression de n’avoir aucun échange avec nos adversaires. Même en les frappant avec les attaques lourdes d’une épée ou d’un marteau à deux mains, ils restent la plupart du temps sans réaction et continuent sempiternellement d’enchaîner leurs attaques sans réfléchir. En revanche, le moindre coup que prend notre personnage l’enverra systématiquement au sol. Même une statistique d’équilibre élevée, permettant en principe de mieux absorber les impacts, ne garantira pas de bien rester sur ses appuis. Dans ces circonstances, il est particulièrement délicat de caler des techniques puissantes impliquant des animations qui mettent un peu de temps à se lancer.
Même les boss, censés être le clou du spectacle de tout Souls-like qui se respecte, s'avèrent être globalement une déception. Malgré le fait qu’’ils disposent d’un peu plus de patterns différents que les adversaires de base, ils auront également tendance à enchaîner exactement la même suite d’attaques sans quasiment jamais dévier leur approche en réaction à notre positionnement ou nos propres actions. Il s’agira donc surtout d’une épreuve d’endurance pour supporter une expérience poussive et rarement prenante. Heureusement, nos compagnons, autre héritage bienvenu du premier épisode, sont là pour prendre quelques coups à notre place, à moins qu’on préfère fusionner avec eux pour rendre notre personnage plus puissant. Dans l’un ou l’autre scénario, ils nous permettront de revenir à la vie quand nos points de vie tombent à 0 en se « sacrifiant » pendant quelques secondes, avant de revenir pour continuer de nous prêter main forte. En temporisant suffisamment, il est ainsi techniquement possible de ne jamais mourir. Cela rend donc l’expérience d’ensemble plutôt accessible, mais enlève aussi dans le même temps le plaisir inhérent d’un Souls-like en surmontant un défi de taille, puisqu’il suffit d’être patient pour venir à bout de n’importe quoi à l’usure. Ceci étant dit, la musique des combats de boss est là pour un peu relever le niveau et ajouter un soupçon de souffle épique à l’expérience.

Elden Ring et un anime ont eu un enfant bâtard
Alors que le premier épisode proposait un level design très classique à base de niveaux à couloir labyrinthiques, Code Vein 2 est clairement passé après un certain Elden Ring et essaye d’apporter sa pierre à l’édifice des Souls-like enà monde ouvert. Sur le papier, le résultat s’avère relativement basique, mais fonctionnel. Il nous faudra ainsi explorer grossièrement trois grandes zones et divers donjons géants, les fouiller au peigne fin pour recevoir en récompenses diverses armes, capacités à leur associer, ainsi que pléthore de consommables et objets permettant de renforcer la puissance de notre équipement. On trouvera également deux catégories d’objets visant à améliorer d’une part la qualité et de l’autre la quantité des fioles d’Est… Régénérations à notre disposition. Une formule classique mais efficace du genre, en somme.

Futur post-apocalyptique oblige, dans Code Vein 2 on troque cependant l’emblématique Torrent d’Elden Ring pour une moto aux contrôles également lourdaux et qui se coince dans le moindre nid-de-poule (et il y en a étonnamment beaucoup dans une ville post-apocalyptique en ruine). Les gros problèmes de performance polluent également nos balades sur ces routes pleines de trou, puisqu’il arrive souvent qu’on se prenne un obstacle tant le framerate galère à maintenir un affichage fluide, même si notre véhicule se déplace à l'allure impressionnante de… 30 km à l’heure.

Toujours est-il qu’explorer le monde ouvert de Code Vein 2, avancer dans l’histoire principale et effectuer diverses quêtes secondaires dans le présent comme dans le passé va vous occuper entre 40 et 50 heures en essayant au maximum de tout boucler. On a donc une durée de vie plutôt généreuse, et on vous conseille même vivement, malgré les problèmes mentionnés jusqu’ici, d’essayer de tout faire et explorer au maximum si vous voulez arriver à la fin du jeu dans des conditions relativement confortables.
Si vous ne montez pas assez en niveaux et n’améliorez pas suffisamment votre Régénération et votre équipement, le dernier tronçon de l’histoire principale de Code Vein 2 risque en effet d’être une gageure. D’autant qu’il faudra en réalité enchaîner plusieurs « fins » différentes afin d’arriver vraiment au bout du jeu. Et c’est là que le recyclage du bestiaire et les combats de boss inutilement poussifs vont être à leur paroxysme. Même si j’ai à peu près réussi à « first try » quasiment tout ce qui constituait le « endgame » du jeu, l’expérience aura été une épreuve éreintante, et pas nécessairement exaltante pour faire passer la pilule. D’autant que la conclusion, qu’on avait limite vu venir dès le début du jeu, s’avère malheureusement trop convenue pour l’effort demandé afin d’y parvenir.