En un peu plus d’une décennie, From Software a changé le paysage vidéoludique dans son ensemble. D’abord niche réservée aux seuls PGM, aujourd’hui, Demon’s Souls et Returnal sont de bien beaux fers de lance d’une PS5 en mal d’exclusivités. Que voulez-vous, il faut croire que la difficulté est devenue à la mode.
Mais alors, Elden Ring, avec ses promesses d’accessibilité et son monde ouvert, sera-t-il un énième jeu qui animera les débats sur la non-simplicité des jeux sur nos réseaux sociaux habituels, ou au contraire, parviendra-t-il à mettre tout le monde d’accord ? C’est ce que nous allons voir dans ce TEST !

Un anneau pour les gouverner tous !

Screenshot de Gameplay en intérieur dans Elden Ring.
ELDEN RING™

Elden Ring vous compte l’histoire d’un sans éclat (vous) qui va révolutionner et retourner tout un monde, l’entre-deux-terres. Si le pitch tient donc en un peu plus d’une ligne, ne vous y trompez pas, l’univers crée pour Elden Ring dispose d’une histoire riche et complexe. Mais, comme d’habitude dans les productions From Software, sa narration sera cryptique et demandera un effort de votre part, en lisant à peu près tout ce qui est disponible dans les menus et objets, pour faire la lumière sur tous ces évènements. Qui se sont, pour la plupart, déjà produits avant le début du jeu. Elden est malgré tout un peu plus bavard que les productions From Software habituelles. L’intervention du célèbre Georges RR Martin dans le processus de création ne devant pas y être étranger. En tous cas, quand on entend un PNJ déblatérer pendant de longues secondes sur le destin d’une des familles de l’entre deux monde dont on entend parler pour la première fois, on pense sans tortiller à la célèbre saga d’Héroïc Fantasy de l’écrivain et ses multiples intrigues à tiroirs.

Elden Ring, une œuvre unique ?

Screenshot de Gameplay avec une vue magnifique dans Elden Ring.
ELDEN RING™

À vrai dire, l’histoire comptée dans Elden Ring est si cryptique qu’elle pourrait très bien être vue par certains comme un Spin Off de Dark Souls ! Puis, de toutes façons, si votre truc c’est de taper sur des monstres sans trop calculer ce qui se fait à côté, le jeu peut très bien fonctionner comme cela : moult tableaux plus épiques et beaux les uns que les autres. Et si le design général est donc époustouflant, l’ambiance sonore ne sera pas en reste : outre la magistral thème principal pondu pour l’occasion, Elden Ring n’est pas avare avec la musique. Même si elle est moins présente que dans la plupart des jeux en général, il y en a ici un peu plus qu’à l’accoutumée que dans le reste des jeux From Software. Notez que si les textes sont en français, les voix, elles, uniquement en anglais. Demon’s Souls PS5 et sa VF nous a habitué à un peu trop de confort… Bref, si en termes de design, on reste sur quelque chose de très similaire, on trouve tout de même quelques inspiration bien particulières et propres à cet Elden Ring, qui en font une œuvre unique ! Mais rassurez-vous : sans atteindre le niveau de fan service d’Anor Londo dans Dark Souls III, les références aux précédentes productions du studio sont légion !

Elden Soul’s

Screenshot de Gameplay à pieds  Elden Ring.
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On ne change pas une formule qui gagne. Au mieux, on la fait évoluer. C’est ce qui s’est passé avec la saga Dark Souls, mais aussi Bloodborne, et dans une bien moindre mesure, Sekiro. Elden Ring reprendra donc à peu près tout ce qui fait le sel d’un Souls : Perte de l’expérience à la mort avec une seule chance de la récupérer, monde obscur et vaste ou vous ne savez pas vraiment ou vous devez aller ni ce que vous devez faire, feux de camps qui servent de point de sauvegarde et qui réinitialisent le monde et ses ennemis, composantes RPG complexes qui permettent des builds de héros ultra différents … Tout est là ! On retrouve même quelques assets des anciens jeux, comme certains modèles 3D d’ennemis ou d’animations, comme si le jeu était une synthèse des précédents. Les fantômes blancs, les messages au sol, bien souvent trolesques (certains joueurs d’Elden Ring bavards semblent avoir un lien « particulier » avec le « postérieur »), et des composantes coopératives – qui peuvent bien simplifier votre aventure - ou compétitives.
Manette en mains, le feeling est identique à celui d’un Souls, et les commandes, elles aussi quasiment les mêmes ! On commence bien évidemment l’aventure par la création de son héros, et si on note que des efforts ont étés faits depuis Dark Souls III, l’éditeur d’Elden Ring souffre terriblement de la comparaison avec celui du remake de Demon’s Souls, avec une technique clairement inférieure, et l’impossibilité de se créer un « beau » héros. Il sera forcément un peu moche, et pas très bien modélisé… Plusieurs classes sont disponibles, et vous pourrez opter pour un chevalier, un mage ou un sorcier, mais en vérité, peu importe, car vous pourrez faire évoluer votre héros comme bon vous semble. Mentions spéciales au samurai, avec son armure et son katana, et au prisonnier, qui semble tout droit sorti du manga Berserk.

Un revêtement neuf pour une vieille casserole

Screenshot de Gameplay  à cheval (Torrent) dans Elden Ring.
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Quelques nouveautés sont bien évidemment au programme. Avec parmi les plus notables, la possibilité de s’accroupir et de la jouer ninja à la Sekiro, un bouton de saut, qui va ouvrir la voie pour des phases de plateforme aux sauts hasardeux et des attaques sautées, des runes pour vos armes qui débloquent des coups spéciaux, d’autres pour votre héros… Notons aussi que les dégâts de chute sont plus permissifs que jamais (on a cru mourir un bon paquet de fois !), et que le lock est complètement pété, et permet de repérer ses ennemis depuis une distance inédite et importante. Aussi, dans notre TEST de Demon’s Souls, on pestait contre le fait de devoir farmer ses potions. Ici, c’est tout l’inverse, puisque qu’elles se rechargent toutes seules après certains affrontements ! Un vrai gain de temps et de praticité, puisque dans un vieux Souls, on serait quoi qu’il arrive repassé par le feu de camp…
Et si on pourra toujours jouer l’aventure comme un PGM, bas niveau, ou tenter un speedrun, les joueurs les plus pleutres dont font partie votre serviteur pourront tricher à gogo en exploitant les diverses failles du jeu, comme un ennemi trop gros pour passer une porte ou qui ne veut pas sortir de « sa » zone, ou encore, se créer un improbable tank magicien ou faire appel à d’autres joueurs pour enfin parvenir à vaincre ces boss si coriaces ! Quelle que soit votre façon de vaincre, et Elden Ring en propose plusieurs, la joie intense et la satisfaction d’avoir triomphé de la machine font toujours partie de cette recette qui font des jeux From Software de terribles addictions. Et si c’est globalement plus accessible, ce n’en est pas moins plus facile…

Le jardin d’elden ?

Screenshot de Gameplay lorsque l'on péri  Elden Ring.
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Mais il faut bien le dire, la principale innovation apportée par Elden Ring à la recette Dark Souls, c’est une architecture en monde ouvert sans temps de chargement visible. Exit les couloirs de Demon’s Souls, exit les mondes enchevêtrés verticalement de BloodBorne et de Dark Souls, exit les vastes niveaux successifs de Dark Souls III. Ici, ce qui impressionnant, c’est l’étendue de la carte. On peut aller quasiment partout dès le départ. Et si au final la progression est plutôt linéaire, vos choix ne le sont pas, et que certains combats sont requis pour avancer, on prend un vrai plaisir à se balader dans l’entre-deux terres. La variété des décors y est surprenante, et les activités proposées, sorties des bandits de chemins, sont toues passionnantes, épiques, impressionnantes. On nous montre toujours une grande tour, une montagne ou un château au loin, et plus tard, on visitera cet édifice. Aussi, on sent bien que des jeux comme Zelda Breath of the Wild ou Monster Hunter sont passés par là, et que les équipes de From Software y ont joué : le monde est empli de vie. Les affrontements peuvent être abordés de bien des façons, des ressources pullulent ici et là et nombre d’actions contextuelles ont étés grandement simplifiées. On ne perd pas d’endurance en dehors des combats, par exemple ! On dispose même d’un cheval au dos duquel on pourra parcourir de grandes étendues, mais aussi se battre ! Les pièges, les embuscades et les mobs géants sont partout, le bestiaire très varié, les zones secrètes nombreuses.

Une carte très utile

Screenshot de la carte de Elden Ring.
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La carte est composée de multiples zones, et même certaines sous-terraines, et on ne soupçonne pas son étendue avant de l’avoir vue en entier ! Des donjons plus classiques sont au programme, et c’est en eux que l’on retrouvera un level design plus classique à la sauce Dark Souls, avec de l’enchevêtrement, de la verticalité, des ascenseurs et des raccourcis, dans une étendue plus modeste bien évidemment. Le cycle jour nuit apporte son lot de variété dans le design et les monstres présents sur la carte, et s’il est facile de passer à côté d’un feu de camp (il y en a tellement !), le boss n’est jamais très loin, contrairement à Demon’s Souls… La carte disponible dans le menu est claire et concise – sauf pour les donjons – et son utilisation est assez plaisante. Enfin, sachez qu’il vous faudra un certain temps pour tout voir et tenter le 100% : plus de cent heures pour un premier run classique complet, une durée qui est plus ou moins la norme depuis Dark Souls.

Sans maitrise, la puissance n’est rien

Screenshot de gameplay lors d'un combat de boss dans Elden Ring.
ELDEN RING™

Par contre, et c’est un gros point noir qui va occuper un bon cinquième du corps de ce test (ndr : on lui enlève un cinquième de la note ?) : la technique est clairement perfectible. Sur PC, les joueurs râlent – à raison – depuis la sortie. Sur consoles, ce n’est pas fameux non plus : on y a joué sur PS5 et PS4, un des premiers modèles. Si le design démentiel rattrape bien évidemment toute carence technique, elles sont bel et bien là et il va falloir les détailler. Commençons par ce qui fonctionne : les chargements, d’à peine 5-6 secondes avec un SSD dans sa machine. Sur PS4, c’est aussi très raisonnable puisqu’ils n’excèdent pas 25 secondes. Souvent, quand on prend un grand ascenseur central type « sanctuaire de lige-feu » il est plus rapide d’utiliser la téléportation depuis la carte que d’attendre la fin de l’ascension ! Par contre, on a l’habitude avec From Software, si tout reste beau artistiquement, on est sur des standards techniques inférieurs à ceux des autres productions AAA.

Elden Ring, une technique faillible

Screenshot de gameplay lors d'un combat de boss dans Elden Ring.
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Sur PS5, le mode « graphismes » offre une expérience en 12 FPS, encore pire que celle d’une PS4 FAT … Sur la vieille console de Sony, qui n’offre aucun réglage, ce n’est pas injouable, mais on pense que vous allez tout de même parfois rager contre certaines frames d’actions qui vous ont fait rater un timing spécifique ! Avec le mode performances, tout devient plus fluide, mais les chutes sont encore nombreuses, et on n’est clairement pas à 60 FPS, mais plutôt un 30 qui toussote. Le popping d’élément au loin ou près, tout comme les textures et les éclairages est un grand classique des jeux qui déconnent, et notons encore un ragdoll au mieux amusant, ainsi qu’une IA en mousse qui vous oublie quand vous jouez l’infiltration et se coince dans une porte quand elle vous pourchasse. Enfin, sachez que s’il n’y a pas de cross play. Vous pourrez continuer votre partie indistinctement sur Xbox One ou Series mais vous ne pourrez passer d’une mouture PS4 vers une copie PS5 chez Sony. Du coup, si vous avez, comme votre humble serviteur, commencé sur PS5, vous pourrez refaire le jeu un peu plus tard sur PS4 et déverrouiller à nouveau les trophées !