Thomas Pillon

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1. The Legend of Zelda : Breath of the Wild

Incroyable. Jamais ne pensais-je être à nouveau surpris par un nouveau Zelda de mon vivant. Autrefois complètement dingue de la licence, je la voyais de plus en plus sombrer dans un refus total de se réinventer, à mon grand désarroi. Depuis The Wind Waker, quelque chose semblait s'être brisé entre nous : la passion brulante des débuts avait laissé place à une monotone routine qui ne me faisait clairement plus rêver. Alors, après un horripilant Skyward Sword plantant le dernier clou dans le cercueil de la Wii et son motion gaming approximatif, je n'avais que peu d'espoir de voir Nintendo réussir son pari de l'open world.

Et je suis obligé de le reconnaître : il y a des moments dans l'existence où l'on est ravi d'avoir tort. Je n'aurais pas pu mieux me tromper : par je ne sais quel miracle, Aonuma et ses équipes furent touchés par la grâce divine. Méticuleusement systémique, Breath of the Wild parvient pour la première fois en quinze ans à réinventer avec brio la formule Zelda. A bien y réfléchir, Breath of the Wild incarnerait même l'anti-Skyward Sword, le fossoyeur de l'ancien monde, une sorte de Macron hylien. Ouvert, généreux, surprenant, riche : cet épisode réussit à surprendre en permanence sans jamais lasser. Pour la première fois, les clés de la baraque vous sont confiées dès le début de l'aventure, comme une preuve de confiance après tant d'années passées à essuyer le même didacticiel relou au possible. Et quel régal mes amis ! Libre comme l'air, le joueur familier de la saga peut enfin se prétendre explorateur, se forgeant progressivement une expérience où jamais la sensation de progression n'avait été si forte. C'est bien simple : durant des dizaines d'heures, j'ai complètement oublié qu'il fallait faire avancer le scénario, trop accaparé par la richesse de ce fantastique univers. Et tout ça sur WiiU les enfants !

2. Persona 5

Alors, il faut que je vous explique : ce n'était vraiment pas évident. Tout le monde avait beau chanter ses louanges lors de sa sortie nippone, rien n'y faisait. En même temps, Persona et moi avions passé nos vies à nous rater : Persona 3 avait eu raison de moi dû à sa rigidité, et la fameuse version Vita Persona 4 : Golden qui devait me faire voir la lumière m'est tombée des mains au bout de cinq petites heures tellement le jeu n'en finissait pas de ne pas commencer. C'est dire si je regardais de très loin la bête. Plus la planète jeu vidéo s'extasiait devant son nouveau messie, plus je m'imaginais une fois de plus passer à côté d'un J-RPG essentiel. Allez savoir pourquoi, mon côté masochiste m'a néanmoins poussé à choper la galette tant attendu le jour de sa sortie, Steelbook oblige. A peine avais-je donc bouclé le nouvel épisode de Zelda dont il vient d'être question dans ce top que je me retrouvais à lancer celui qui devait enfin me réconcilier avec la franchise.

Et là, le miracle se produisit. A l'heure où j'écris ces lignes, je suis encore bien loin d'avoir atteint la moitié de l'aventure, avec mes « pauvres » 40 heures de jeu au compteur, mais p****n quel pied ! Est-ce le fait de l'avoir démarré par hasard le même jour que cette rentrée des classes nippone qui m'a fait entrer en symbiose avec le jeu ? Ou bien le génie troublant avec lequel il parvient à nous faire accepter cette routine tokyoïte ? Ou encore cette bande-son complètement dingue qui parvient à nous faire danser lors de chaque affrontement ? Toujours est-il que Persona 5 et moi sommes enfin entrés en résonance, et telle une histoire d'amour romancée où deux amants se seraient toujours désirés sans jamais se l'avouer, nous roucoulons tranquillement depuis le jour de notre rencontre. Bon, par contre je suis un peu jaloux, puisque l'un des personnages du jeu porte le même prénom que mon avatar... Il va me falloir être vigilant !

3. Mario Kart 8 Deluxe

Pardon ? Mario Kart 8 ? Parfaitement. Ayant failli être amputé des dix doigts à force de ne pas lâcher la version d'origine sortie sur WiiU, ce n'était franchement pas dit que je replongerais aussi violemment dans cette drogue dure, et pourtant. Le retour des deux items cumulables, la portabilité du jeu à plusieurs, les nouveaux modes étonnants et surtout l'appel d'air de nouveaux joueurs venus grossir les rangs en ligne ne m'auront pas fait hésiter bien longtemps. Alors au diable le kart full gold et le score patiemment grindé soir après soir : avec Mario Kart 8 Deluxe, je me refais une virginité, et avec le sourire s'il vous plaît.

FLOP :

1. RiME

Avec ses visuels enchanteurs et sa patte graphique chatoyante, j'attendais RiME avec une certaine impatience, et tant pis si ses influences débordent de tous les côtés. Persuadé de vivre un vrai moment de jeu vidéo, je m'élançais vaillamment dans cette épopée solitaire à la poursuite d'une chimère qui m'échappe encore aujourd'hui. Dans une autre vie où je serais capable de synthétiser ma pensée, je me serais sûrement contenté de dire que RiME m'a paru long et chiant. Cet implacable constat s'est imposé à moi au fur et à mesure que le jeu pourtant court n'en finissait pas d'étaler encore et toujours son propos, finissant par ressembler à une crêpe que l'on aurait vainement essayé de garnir avec une simple larmichette de Nutella raclée au fond du pot. Et que dire ces compositions tire-larmes au possible, qui n'auront de cesse de vous enjoindre à la mélancolie... Je vous attends désormais au tournant, Tequila Works !

2. ARMS

Une autre jeu en quatre lettres m'aura bien vite fait passer à autre chose en ce début d'année : annoncé comme le nouveau champion du fun à la sauce kyotoïte, ARMS m'aura distrait quelques heures, le temps de me rendre compte que je n'y trouverai pas le mien (de compte). Le jeu n'est pas spécialement mauvais, mais il n'est sans aucun doute pas fait pour moi. La preuve : j'ai passé bien plus de temps sur la dernière-on-vous-promet-cette-fois-c'est-juré version de Street Fighter II que sur le rejeton trop propret de Nintendo. Tant mieux si les aficionados où les encartés y trouvent leur compte, mais je continuerais à balancer avec justesse des carapaces dans la tronche de mes adversaires plutôt que ces poings extensibles de Nameks robotisés.

3. Pinstripe

Quand j'étais jeune et scolarisé, j'entendais souvent mes professeurs me dire que je n'exploitais pas mon potentiel. Tel un Son Gohan qui s'ignore, ils étaient persuadés que je pouvais bien mieux faire que m'en sortir sans jamais bosser à la maison. C'est rétrospectivement cette sensation de gâchis (Parmentier) que j'ai pu expérimenter avec Pinstripe : sa subtile narration et son sujet remarquablement bien traité ne parviennent jamais à faire oublier à quel point le jeu s'avère rigide et chiche en interactions. Amputé de sa dimension ludique, Pinstripe aurait sans doute réussi à devenir un joli conte interactif, mais le destin en aura décidé autrement...