TEST de Onrush : Les Fous Fighters déboulent

Par Vincent Elmer-Haerrig - publié le

Être annoncé comme le digne hériter de la série des MotorStorm (des anciens d'Evolution Studios ont bossé dessus il est vrai) suscite forcément un vif intérêt de la part de ceux qui aiment les jeux de courses typés arcade. Surtout quand le développeur s'appelle Codemasters et a produit aussi bien des titres "simu" comme les Colin McRae, les Dirt, la série F1 ou Fuel et Micro Machines pour reverser dans l'arcade pure. Onrush  peut-il faire honneur aux fondus de délires mécaniques ? La réponse tout de suite.

Oubliez les stands bien proprets de la Formule 1, laissez de côté le sérieux des courses qui se prennent pour des simulations. Ici, on est dans le délire le plus pur, avec une palette de couleurs directement importée des années 90. Des pilotes tous plus allumés les uns que les autres, des danses de victoire ridicules mais populaires. Un ton résolument kitch et décalé. Pour résumer l'ambiance, dites-vous que tous les dérangés du bocal se sont rassemblés pour faire la course. C'est loufoque, c'est barré, mais attention, cela n'excuse pas tout.

Pour bien commencer, le mode solo approche toute la palette de possibilités du jeu.

Que le show commence !

Onrush possède une interface on ne peut plus simple et réduite. Elle témoigne du plaisir immédiat que doit procurer le jeu. L'aventure est tout d'abord présentée comme une expérimentation entre potes, avant de gagner une notoriété mondiale. Cette évolution est prétexte à proposer des épreuves toujours plus longues et difficiles. Ces dernières se déclinent dans le mode solo qui compte 6 tournois (aux multiples épreuves).

Dans chaque épreuve, il faut remplir les conditions de défis plus ou moins complexes qui vont donner droit à encore plus de courses. Cette accumulation d'étoiles ne sert pas seulement à donner une échelle de progression qui serait totalement artificielle. Elle permet également de découvrir les possibilités des six voitures et deux motos qui sont proposées à la conduite.

Chaque engin possède des caractéristiques originales qu'il faudra savoir exploiter afin de gagner les parties. Si vous êtes plutôt sur le versant soutien et altruisme, vous allez vous diriger vers une voiture qui va pomper le boost des adversaires ou au contraire en donner à vos coéquipiers. Dans cette catégorie, vous pourrez également donner des boucliers ou empêcher un véhicule touché d'utiliser son boost. D'autres, plus offensifs augmentent la puissance d'attaque, laissent des traînées fatales derrière eux , ralentissent ou perturbent les trajectoires des autres. Il y a largement de quoi satisfaire tous les styles et un joueur peut faire toute la différence dans son équipe, s'il utilise correctement les capacités de son véhicule.

Seule différence notable au niveau de la conduite, les motos, plus réactives et moins sujettes à l'inertie qu'impose le poids des gros 4x4 par exemple. Évidemment, elles sont aussi plus vulnérables aux chocs. Mais la conduite et le fun générés, c'est précisément ce qui doit être le point fort du jeu.

Onrush, c'est juste un gros délire permanent.

Bourrin... mais pas que

On pourrait croire à regarder les vidéos qui concernent le jeu, qu'il s'agit d'y aller franco de port et de foncer dans tout ce qui bouge. Les premiers tours de roues de la version de démonstration, disponible quelques jours avant la sortie officielle, allaient également dans ce sens. Mais après quelques heures de jeu, Onrush dévoile quelques subtilités intéressantes.

Pour faire exploser une voiture, il faut soit l'attaquer sur le flanc, soit procéder en deux temps avec un premier choc modéré sur l'arrière et un second dans les quelques secondes qui suivent. Le différentiel de vitesse doit être suffisant. Être simplement au contact ne peut que déclencher des fonctions secondaires (voler du boost, ou donner un bouclier si c'est un partenaire qui est touché). Cela donne une dimension tactique intéressante car dans un virage, vous aurez envie de prendre l'intérieur pour aller toucher une autre voiture en braquant subitement vers l'extérieur du virage. Ce faisant si vous ratez votre coup, vous prenez le risque d'être contré par les autres joueurs, ou même carrément d'aller vous encastrer dans le mur du virage.

Pouvoir utiliser le turbo est également essentiel. Car c'est lui qui à force d'être dépensé, va augmenter la jauge de "Rush", afin de pouvoir déclencher la capacité spéciale. Pour gagner du turbo, il faut détruire les voitures des poseurs (des bots qui ne sont présents que pour cela et qui roulent bien moins vite), faire des sauts et des figures si vous êtes à moto. Le jeu vous pousse donc à aller toujours plus vite. C'est une course effrénée vers l'avant.

Une attaque plus sûre consiste à retomber sur l'adversaire à la suite d'un saut. Pour ce faire, il faut pondérer la vitesse de chute avec le turbo. En le maintenant, la voiture retombe plus rapidement. Au contraire, sans turbo, elle va "planer" plus loin. On joue ainsi au chat et à la souris afin de prendre assez de vitesse à l'abord d'un tremplin pour écraser la voiture visée.

Les capacités spéciales sont également à mettre au crédit d'un aspect stratégique. Il est souvent possible de changer de véhicule après avoir été mis hors jeu. Dans une épreuve où il s'agit de passer des portes pour remporter la victoire, il peut être utile de passer sur une moto qui laisse un sillage mortel derrière elle. Car il est évident que tout le monde va prendre une trajectoire menant à la porte suivante. Passer devant et déclencher le Rush "sillage" peut faire gagner la partie en éliminant d'un coup presque toute l'équipe adverse.

L'attaque éclair consiste à retomber pile sur l'adversaire.

Pas tout à fait prêt ?

Arriver à gérer les collisions avec une action qui part dans tous les sens, n'est pas chose aisée. Codemasters s'en sort globalement correctement, mais le jeu a encore des carences qui seront, on l'espère, comblées avec de prochains patchs. Cependant, difficile de passer l'éponge même si l'ambiance est légère. La gestion des collisions notamment risque de provoquer quelques coups de sang. Vos manettes sont elles solides ?

Il arrive qu'il soit difficile de comprendre pourquoi une attaque ne réussit pas à faire mouche et même qu'on se retrouve perdant (NDTraz : tout à fait d'accord !). En effet, la marge est mince et lorsque la machine considère que c'est votre voiture et non une autre qui est touchée, alors que c'est vous qui portez l'attaque, il y a de quoi perdre son sang-froid. Même constat sur certaines attaques aériennes où, au dessus et en phase de descente rapide pour attaquer, vous passez soudain juste en dessous et en arrière et perdez le point... !

Sur le plan du réseau et des parties en ligne, pas de soucis de lag (le jeu sortant aujourd'hui la charge des serveurs était légère pendant le test), les parties s'enchaînent rapidement. Mais un bug a été observé sur une partie "Lockdown" qui consiste à tenter de s'emparer d'une zone en y restant suffisamment longtemps seul ou avec ses équipiers. Il est arrivé que la zone soit capturée par l'équipe adverse aussitôt qu'elle apparaissait sans que personne ne s'y trouve. La partie a donc été perdue sans qu'on puisse y changer quoi que ce soit. C'est un bug isolé et presque drôle, mais qui risque de mal passer pour ceux qui veulent progresser en parties avec classement. Certes, Onrush, c'est du fun avant tout, mais ce n'est pas non plus Mario Kart.

Dans ce cas, difficile aussi de ne pas lui reprocher des replacements hasardeux de retour en partie. Il est en effet arrivé plus d'une fois que l'engin réapparaisse pile devant un mur. Au mieux, c'est être bloqué quelques secondes et au pire, c'est un nouveau choc qui vous éjecte encore de la partie. 

Une attaque en Rush, c'est être à fond tout le temps.

Un succès à attendre en ligne

Le mode solo se bouclera pour la plupart en une vingtaine d'heures. Le temps de faire le tour des diverses capacités des voitures et de comprendre les enjeux des différents types de parties. Qu'il s'agisse d'engranger plus de temps que l'autre équipe en passant des portes, de capturer des zones, d'engranger des points en utilisant un maximum de boost, d'éliminer les autres joueurs, il y a assez de variété pour que l'ennui ne s'installe pas trop vite sur des sessions d'une à deux heures de jeu.

La "collectionnite" pourra s'installer avec des attitudes de victoire, et des skins pour les véhicules et les personnages qui sont plus ou moins rares et donc chères en monnaie du jeu. A chaque niveau d'expérience atteint, une caisse est gagnée et son ouverture répond aux principes de la loterie pour acquérir de nouveaux "goodies". Tout cela ne change en revanche absolument rien aux performances en jeu (et heureusement). C'est pour le fun et l'esbroufe.

Malgré les soucis pré-cités, Onrsuh possède suffisamment de qualités pour que les amateurs de courses arcade s'y intéressent. Mais les attentes étaient peut-être trop élevées au regard du passé prestigieux de Motorstorm.

Son succès sera donc sans doute corrélé au fun qu'il pourra générer si vous avez des amis avec lesquels rouler en ligne. Dans ce cas, Onrush pourrait même se faire une place en eSport si chacun remplit correctement son rôle. Ces rôles sont d'ailleurs bien mis en avant en fin de partie, avec le meilleur joueur désigné et quelques statistiques notables. Voudrez-vous devenir le MVP (Most Valued Player) ?

Bon
7
Onrush est un jeu de course rapide, fun et amusant. En grattant un peu sa surface, on découvre qu'il est plus subtil qu'il n'y paraît et dispose donc de plus de profondeur qu'on pourrait le penser. La palette d'action est assez large pour que chacun y trouve son compte. Mais il subsiste quelques bugs qui viennent entacher le tableau, sans qu'ils soient toutefois rédhibitoires. Espérons que de futurs patchs viendront à la fois les corriger et faire évoluer le jeu pour qu'on puisse continuer de rouler encore longtemps.
par
+ On aime
  • Une ambiance survoltée et légère
  • Un bariolage façon années 90
  • Des défis spécifiques pour découvrir tous les aspects du jeu
  • Le Online qui démarre rapidement
  • Une action trépidante
  • Une animation sans faille
- On n'aime pas
  • Des tests de collisions discutables
  • Des bugs en ligne
  • Une IA de replacement hasardeuse
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Pour bien commencer, le mode solo approche toute la palette de possibilités du jeu. Onrush, c'est juste un gros délire permanent. L'attaque éclair consiste à retomber pile sur l'adversaire. Une attaque en Rush, c'est être à fond tout le temps.

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