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Test de The Legend of Zelda : The Wind Waker HD (Wii U)

Test : The Legend of Zelda : The Wind Waker HD

Thalasso thérapie
Par Yann Bernard - publié le
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Il y a une décennie, Link s'en allait pour la première fois voguer sur les flots. Une croisière tumultueuse à bien des égards. Dès son annonce, The Wind Waker avait déchaîné les passions, son aspect visuel encore singulier à l'époque divisant les fans, avant que le déroulement de cette odyssée ne suscite aussi des vagues. Mais contre vents et marées, Eiji Aonuma a tenu bon. Une détermination récompensée par des critiques dithyrambiques. Cela ne s'est toutefois pas reflété dans le nombre d'exemplaires écoulés, sensiblement en deçà des prétentions d'un Zelda sur console de salon, fût-il sur GameCube. Alors ce remake en haute définition, parsemé de savants ajustements, lui permettra-t-il d'asseoir définitivement son statut d'itération majeure de la saga ?

A peine Link commence-t-il à gambader sur la plage, accompagné des musiques synthétiques aux accents celtes d'antan, que l'on ressent une impression très familière, comme si l'épopée sur GameCube datait d'hier. Ces paysages en cel-shading ne semblent pas avoir vieilli, ils paraissent même plus jolis que dans nos souvenirs. Et pour cause, à l'instar des vedettes du show-biz, The Wind Waker a bénéficié d'un sérieux lifting. Celui-ci ne s'est pas limité pas à étirer l'image pour la recadrer en 1080p. Nombre d'éléments ont été redessinés afin d'exploiter le surcroît de détails que la haute définition autorise - voire requiert, au regard de quelques textures encore sommaires (notamment sur le sol) ou de jointures abruptes. Malgré ces anicroches, The Wind Waker HD se montre d'une rare beauté, et intemporelle qui plus est. Cette grâce résulte d'une netteté saisissante que seuls les effets de flou viennent volontairement troubler, de façon à souligner la portée infinie de cet horizon d'azur. Et la finesse de l'affichage ne fait que renforcer son aspect épuré, rendu encore plus éclatant par la sophistication des éclairages. Ce subtil mélange de simplicité et de modernité se manifeste tout particulièrement à travers les personnages, qui n'ont pas non plus pris une ride. Certes, les yeux de Link ont encore parfois l'air de lui sortir de la tête, cependant les traits rudimentaires qui forment son visage lui permettent d'exprimer clairement ses émotions, remplaçant ainsi des dialogues superflus. Au delà de notre héros traditionnellement muet, ou presque, la narration n'est en effet pas très bavarde, sans que cette retenue ne l'empêche de se révéler touchante. De même, le scénario n'est jamais envahissant, son déroulement laissant une grande part de liberté pour l'exploration. C'est justement là que réside l'âme aventurière de cet opus, incarnée par les voyages en mer, et le frisson de la découverte aux abords de terres inconnues...

Le mélange entre les traits épurés du cel-shading et l'usage d'effets graphiques contemporains donne un cachet classieux au graphisme.

Waterworld

D'habitude, le concept de Zelda se résume à placer le joueur dans un espace ouvert, mais relativement restreint au départ. Le terrain de jeu s'étend alors progressivement, à mesure que l'on obtient des objets qui servent à résoudre les énigmes. The Wind Waker rompt avec les coutumes de la saga, car il donne accès quasiment d'emblée à l'ensemble du monde. Celui-ci se compose d'une myriade d'îles, séparées par d'immenses étendues d'eau. Link a beau être capable de barboter sur de courtes distances dès le début, ses déplacements nécessitent l'aide d'un bateau, parlant et souvent de bon conseil d'ailleurs. En effet, il n'est pas toujours évident de savoir où aller, en voguant au gré du vent. Ce dernier constitue l'autre facteur essentiel de ces croisières, qui deviendraient infernales sans l'aide d'une baguette magique. Tout marin le sait, naviguer contre le vent n'a rien d'une sinécure. Heureusement, Link peut orienter sa direction à sa guise grâce à ce mystérieux bâton. Et pour se repérer, il s'appuie sur la cartographie, nourrir les poissons de chaque zone permettant d'établir une carte marine, en plus d'être informé des potins du coin. Car accoster sur les rives de ces archipels - quand cela est possible - ne signifie pas que l'on ait loisir d'en découvrir immédiatement les secrets. La plupart des îles comportent des puzzles, qui supposent l'usage d'outils spécifiques. Par conséquent, l'univers de cet épisode n'est fondamentalement pas si différent des autres. Ses grands espaces aquatiques s'apparentent dans l'absolu à de grandes prairies, avec des lopins de terre émergés à la place des cavernes, pour ne pas dire des îlots, du fait de leur taille très réduite, la majorité ne renfermant qu'une énigme. Et compte tenu du nombre relativement faible de véritables donjons, la quête apparaît donc diluée. Ce phénomène n'est pas forcément une mauvaise chose, à plus d'un titre.

La légende de Wind Waker revisitée en HD...

L'appel du large

The Wind Waker surfe beaucoup sur les principes des épisodes N64, mais les développe davantage, cimentant du même coup les piliers du gameplay en trois dimensions pour la suite de sa lignée. En témoignent les expériences aériennes offertes par la feuille Mojo, à la fois prolongement des fleurs de Majora's Mask et prélude de la cape dans Skyward Sword. Naturellement, l'ingénieux level design des donjons ne pallie pas le manque d'ustensiles véritablement neufs avec lesquels fonctionnent ces mécaniques. Cette vague d'évolutions suffit pourtant à ce que l'épopée garde sa fraîcheur, y compris avec le recul que l'on a aujourd'hui. Dans cette logique, Link dispose d'une palette de mouvements étoffée en matière de furtivité, des manoeuvres facilitées par le contrôle de la caméra via le stick droit. Idem pour les combats, qui ne se déroulent pas que sur la terre ferme. Les voyages sont ainsi ponctués de batailles navales, la présence d'ennemis et autres postes de surveillance évitant que le vide inhérent à cet environnement marin ne se fasse trop sentir. Cela dit, ces moments à voguer la nuit sous un ciel étoilé, ou à lutter avec le vent sous une pluie battante, avant d'admirer le soleil levant, ont indubitablement un côté poétique. En outre, le temps passé en mer contribue à percevoir les distances qui séparent les îles, soulignant l'envergure de cet univers. Revers de la médaille : les multiples allers et retours qu'engendre l'aventure tendent à devenir soporifiques, notamment dans la seconde partie du jeu. Des ennuis que ce cru Wii U vise à effacer avec l'ajout d'une voile rapide, qui permet de se déplacer deux fois plus vite sans se soucier du vent, et ce quand on le souhaite. Comme il faut patienter un peu avant de l'acquérir, le caractère contemplatif de Wind Waker est préservé, tandis que les plus pressés n'auront plus à supporter ces longues traversées pour profiter de ce qui distingue cette odyssée de toutes les autres, sa quasi absence de linéarité.

Plus causant qu'Epona, le Lion Rouge constitue un fabuleux moyen de locomotion, bien que le célestrier de Skyward Sword lui fasse aujourd'hui un peu d'ombre.

Tous à bord de la Calypso !

Bien sûr, les grandes étapes passent classiquement par les donjons, et les outils que l'on y trouve pour avancer. Toutefois, un écosystème vit tout autour, au rythme des journées et des phases de lunes. Cela comprend le petit train-train quotidien des habitants, qui demandent évidemment à Link de leur rendre toutes sortes de services, de même que les légendes murmurées par les vents marins, synonymes de quêtes plus ou moins annexes. De ce fait, notre héros dispose d'une panoplie de sacs pour stocker les denrées issues de contrées lointaines, et transmettre certains objets, éventuellement par voie postale. En dépit de sa structure éclatée, ce monde demeure interconnecté grâce aux boites aux lettres, sans compter les services du bon vieux Tingle. Sur la version GameCube, son Tuner servait à appeler notre omniscient énergumène à la rescousse. Ces coups de pouces sont désormais fournis par la communauté du Miiverse par l'intermédiaire des bouteilles de Tingle jetées à la mer, sous forme de messages accompagnés de photos si nécessaire. Les clichés peuvent être pris avec le concours du gyroscope, qu'exploite également la visée en vue subjective d'autres outils comme le grappin ou l'arc. Ces manipulations s'avèrent anecdotiques, à l'image des notes jouées avec la baguette du vent par le biais de l'écran tactile. Les méthodes traditionnelles usant du second stick restent plus efficaces, mis à part pour la navigation et la gestion de l'inventaire en temps réel, où le GamePad démontre sa supériorité par rapport à la manette Wii U Pro. Il est ainsi facile d'être submergé par ce raz de marée de tâches, un foisonnement de préoccupations qui encouragent le vagabondage. Car en plus des montagnes de rubis et des quarts de coeurs, les trésors dénichés dans les profondeurs recèlent des cartes. Et celles-ci dévoilent souvent la position d'autres cartes, ce qui nous mène à la tristement fameuse - gare au spoiler - Quête de la Triforce, agréablement simplifiée dans ce remake. Seules quelques cartes doivent ici être traduites par cet usurier de Tingle pour localiser les fragments, la cachette des autres étant directement indiquée. Le périple maintient donc son rythme de croisière, sachant que la voile rapide évacue là encore toute présomption d'allongement artificiel de la durée de vie. Surtout que The Wind Waker HD n'en a aucunement besoin, puisqu'en plus des surprises que recèle la fin, le mode Héroïque rehausse le challenge, il est vrai très abordable pour les joueurs aguerris. Dans cet héritier de l'illustre "Master Quest" d'Ocarina of Time (sélectionnable à chaque début de partie), les blessures infligées par les ennemis sont doublées. En outre, on doit se passer des petits coeurs, seuls les conteneurs, les potions et les fées redonnant de la santé. De quoi redécouvrir The Wind Waker sous un nouveau jour, encore plus épique, et c'est précisément l'aspiration que poursuit ce remake dans son ensemble avec brio, celui de l'aventure avec un grand (Zeld)A.

Indispensable Gameblog
Très bon
8
Où acheter :
Le choix du cel-shading pour la version GameCube limitait déjà l'emprise du temps sur la plastique de cette oeuvre. Pourtant, son style épuré s'exprime de façon encore plus éclatante en haute définition, grâce l'usage discret d'effets sophistiqués. Le gameplay n'a pas non plus vieilli, il demeure même d'une efficacité redoutable, bien que certaines mécaniques semblent un peu rouillées, en raison du relatif manque d'outils flambant neufs. Car toute l'ambition de Wind Waker réside dans son univers immense et la liberté qu'offre la myriade d'îles qui le composent. Naturellement, cette structure tend à diluer l'odyssée, mais c'est le prix à payer pour s'éloigner de la linéarité souvent inhérente à la saga. Ce monde constitue ainsi un véritable écosystème, qui vit au rythme des journées des habitants et des légendes murmurées par les vents marins. Il en résulte de multiples quêtes toutes plus obnubilantes les unes que les autres, entre les divers services à rendre et la chasse aux trésors. Le GamePad évite d'ailleurs de se laisser submerger par ce flot de préoccupations, notamment pour la gestion de l'inventaire et la navigation, tout comme les bouteilles de Tingle aident à ne pas se sentir trop seul. Cependant, la voile rapide constitue la principale avancée de ce remake, puisqu'elle gomme les errances du cru original en conservant les aspirations contemplatives que suscitent ces croisières. Et avec le challenge rehaussé du mode Héroïque, chacun pourra redécouvrir ce voyage sous un nouveau jour.
par
+ On aime
  • Le style graphique resplendissant et intemporel.
  • La narration toute en finesse.
  • L'exploration en toute liberté.
  • Le monde immense débordant de quêtes et de trésors.
  • Le confort du GamePad pour la navigation et la gestion de l'inventaire.
  • Le lien avec le Miiverse via les bouteilles jetées à La mer.
  • La voile rapide, en option.
  • La bande son pleine de nostalgie...
- On n'aime pas
  • ... mais qui méritait peut-être une réorchestration symphonique.
  • Certaines textures encore sommaires.
  • L'univers un peu vide et fait d'îles toujours petites.
  • Ca rame parfois en mer.
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Chouppaw
Cet opus de la saga The Legend of Zelda, remasterisé en HD, n'était pas le meilleur Zelda auquel j'ai joué. Cela étant, il n'est pas non plus un mauvais jeux ! Il y a de très bon concepts qui sont fidèles à la série ! Le style graphique change...
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1 245
cf4
10 ans après, il revient, et n'a pas pris une ride. Qui ? Ben Link bien sûr, et la légende de Zelda. Les graphismes sont légèrement retouchés, plus contrastés et avec un éclairage amélioré. Mais globalement, c'est du Cell Shading chatoyeux et...
8

Galerie photo The Legend of Zelda : The Wind Waker HD - 12 images (cliquez pour zoomer)

Le mélange entre les traits épurés du cel-shading et l'usage d'effets graphiques contemporains donne un cachet classieux au graphisme. La légende de Wind Waker revisitée en HD... Plus causant qu'Epona, le Lion Rouge constitue un fabuleux moyen de locomotion, bien que le célestrier de Skyward Sword lui fasse aujourd'hui un peu d'ombre. La feuille Mojo vient exploiter la verticalité des environnements, à l'instar du pilotage de mouette par télékinésie. Il faut parfois faire preuve de furtivité pour échapper à certains ennemis ou leur subtiliser des objets. On a aussi souvent l'opportunité de récupérer les armes des ennemis, qui ne sont pas utiles qu'aux combats... La visée peut s'effectuer avec le gyroscope ou le stick droit, un peu plus précis au demeurant. Pas besoin de suivre le regard de Link pour deviner où sont les points faibles de ce boss.... A mesure que l'on apprend de nouveaux airs, la baguette du vent permet d'utiliser ce monde selon ses aspirations. En plus des trésors qui sommeillent au fond des mers, on peut ramasser les bouteilles flottant sur l'eau ou échouées sur le rivage. Certains resteront fidèles à la navigation traditionnelle, en s'appuyant sur le vent, mais la voile rapide n'empêche pas de contempler ces paysages maritimes, de même que les mystérieuses îles qu'on distingue au loin invitent à l'exploration. Les photos transmises par l'intermédiaire des bouteilles servent à partager des informations mais aussi à immortaliser certains instants de cette épopée, comme pour un voyage touristique.

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