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    Test de Persona 5 Strikers (PS4, Nintendo Switch, PC)

TEST de Persona 5 Strikers : La dernière surprise ?

Par Thomas Pillon - publié le
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Qui l'eût cru ? Autrefois synonyme d'une admiration sans borne pour d'obscures productions vidéoludiques venues d'un lointain archipel, la série des Musō est parvenue à progressivement s'imposer chez nous autres gaijins. Après avoir fait un sort à Hokuto no Ken, Fire Emblem ou The Legend of Zelda, voilà qu'Omega Force s'occupe de notre palpitant, avec une suite à Persona 5 que l'on espère du même acabit.

Vous en reprendrez bien encore un peu ? Pour ceux qui n'auraient pas réussi à se lasser des Phantom Thieves après avoir parcouru le meilleur RPG de l'année 2017 et sa royale réédition, Koei Tecmo prolonge donc les aventures hautes en couleurs des Voleurs de Coeurs, dans un beat'em all qui tente, à l'instar de L'Ère du Fléau, de reprendre à son compte les spécificités de l'original, histoire de ne pas ajouter "un Musō de plus" sur une pile qui risque de s'écrouler à tout moment sous son propre poids.

Purple Ren

Ceux qui auraient découvert avec plaisir les événements inédits d'un certain trimestre bonus avec Persona 5 Royal sont ici priés de faire comme si de rien n'était : annoncé de longue date, Persona 5 Strikers entend prendre la suite de l'original, et c'est après une séparation de quelques mois seulement que la joyeuse troupe se réunit au Café Leblanc, alors que Joker espère profiter d'une parenthèse estivale pour se la couler douce. Et si les premières minutes en forme de joyeuses retrouvailles permet de raccrocher les wagons, et de découvrir que Makoto et Haru profitent comme il se doit de leur nouveau statut d'étudiantes du supérieur, la réalité rattrape bien vite nos justiciers, validant l'adage qui veut que le crime ne prenne pas de vacances, même avec un tel taux d'humidité. 

Si l'Archipel fut effectivement sauvé d'une emprise psychologique au printemps, tout est pour ainsi dire à refaire, alors que l'ouverture d'un corner au sein du très prisé Shibuya 705 permet de relancer l'intrigue, quitte à forcer un peu le trait. Bien sûr, la menace prend une nouvelle forme : exit les Palais et autres Ombres, cette fois, l'univers parallèle qu'il faudra infiltrer prend la forme de Prisons, tenues par des Monarques, qui volent les Désirs des esprits faibles, prêts à tout pour exister aux yeux de quelques élus grâce à une nouvelle application baptisée EMMA. En modifiant à minima son univers pour opérer une variation sur un même thème, la redite pointe évidemment le bout de son nez, mais la critique du système, elle, demeure. On a failli avoir peur.

Akiba's (Road) Trip

Les Fantômes Voleurs de Coeurs vont profiter de l'arrivée d'une petite nouvelle, Sophia, une I.A. qui maîtrise les arcanes d'EMMA et rattrape telle Leeloo plusieurs siècles de culture sapiens en deux temps trois mouvements. En plus de permettre d'expliciter les relations qui unissent Ren, Ann, Riyuji & co. pour les nouveaux venus qui ignoreraient tout de leurs aventures passées, elle jouera également le rôle de boutique en ligne, encyclopédie interactive et même, GPS. Car si la première Monarque avide de pouvoir et de célébrité s'affiche en plein coeur de la capitale, nos héros vont rapidement devoir prendre la route pour traquer ses congénères à travers tout le Japon, et transformer l'oisiveté estivale en road trip de la même saisonnalité. 

Cette aventure sur les routes à la poursuite d'un sextet qui s'ignore sera donc le prétexte à faire entre deux infiltrations un peu de tourisme local, une activité que l'on sait si chère au coeur des japonais, amoureux des spécialités de leur archipel. Les passages par Sapporo, Osaka ou l'incontournable capitale impériale seront ainsi autant de prétexte à enrichir des dialogues déjà très présents, fidèles à Persona 5, alors qu'Ann n'aura de cesse de s'empiffrer de chaque douceur inédite, pendant que Yusuke tombera d'admiration pour une production du coin, tandis que Ryuji se fera, systématiquement, rabrouer par le collectif. C'est son destin.

Allez directement en Prison

Avant d'espérer pénétrer l'une des Prisons de l'aventure, les Fantômes devront prendre la température des lieux, enquêter en laissant traîner ici et là leurs oreilles, pour cibler le monstre de narcissisme qui vide avec le sourire le compte en banque de ses fans. Toute ressemblance avec une figure bien connu des Internets ne saurait être que purement fortuite. Cette phase d'exploration obligatoire permet de profiter de nouveaux décors, très balisés, mais qui tranchent avec les quartiers de Tokyo auxquels nous étions habitués, et offrent un peu de respiration, malgré une liste d'activités très réduites.

C'est que les dialogues et l'intrigue principale occupent déjà une bonne place (les plus pressés pourront toujours accélérer le rythme de certains échanges interminables), et que l'entrée en scène de nouveaux personnages nécessitent de se séparer de certains éléments pour ne pas trop laisser le rythme retomber. Nous laisserons évidemment aux touristes en herbe l'occasion de découvrir par eux-mêmes les Monarques et leur cour, ainsi que l'inspecteur Hasegawa, une nouvelle tête en forme de détective ambivalent, qui abat malheureusement trop vite ses cartes pour la surprise reste total. Sans aller jusqu'à imaginer l'intrigue cousue de fil blanc, pour une fois, on l'avait vu venir.

Omuretsu no chīzu

Mais vient le moment de rentrer dans le dur, et de découvrir comment Omega Force est parvenu à adapter les stratégiques affrontements au tour-par-tour à la formule plus rentre-dedans d'un beat'em all. Une fois à l'intérieur des Prisons, nos héros devront infiltrer à l'ancienne des environnements désormais ouverts, et à la structure moins linéaire, même s'il faudra pour casser la routine d'une cheminement scénarisé choisir de faire volontairement preuve d'un peu de curiosité. Fidèle à l'original, Persona 5 Strikers opte pour une approche tactique, qui permet de prendre l'initiative, mais l'ouverture des zones couplée à une caméra parfois capricieuse ne facilite pas toujours la tâche, et pousse à privilégier l'approche automatique, qui permet de sauter d'un élément à l'autre, quitte à amoindrir ce sentiment de relative liberté.

Heureusement, le temps ne presse plus, et les joueurs auront tout le loisir de faire le tour du propriétaire, un exercice parfois plus difficile qu'il n'y parait : si les nouvelles compositions du "monde réel" s'avèrent bien dans le ton de Persona 5, les reprises garage de certains thèmes ne rendent clairement pas honneur aux mélodies de Shoji Meguro. Et si l'aventure n'a pas à techniquement rougir sur PC et PS4, la version Switch s'avère un cran en dessous, surtout en mode nomade, 720p oblige. Les joueurs désireux de profiter de ce périple dans les transports se rassureront sur la présence d'une version française proposée d'emblée, et qui respecte une nouvelle fois les différents niveaux de langage de cette troupe très hétéroclite. Un bon point.

The One Where EMMA Cries

Mais pour apprécier l'expérience Persona 5 Strikers, il faudra tout de même en passer par des combats, beaucoup de combats, face à des ennemis présents par dizaines. Au-delà des différentes attaques au corps-à-corps qui permettent de tailler dans le gras, il faudra une nouvelle fois exploiter les faiblesses élémentaires à votre avantage, et dégainer les bonnes Persona au bon moment, pour générer des attaques de zones souvent bien rentables. Nouvelle appli oblige, les capacités de nos héros (re)commencent au ras des pâquerettes, mais la possibilité de changer de combattant à chaque ouvre d'emblée le champ des possibles, et certains appels du pied déclencheront comme avec le Baton Pass quelques combos bien sentis, et évidemment classieux.

Malgré de nombreux gages de fidélité, le core gameplay du jeu pèche tout de même par ses aspects encore brouillons : noyés dans la masse, nos héros ne peuvent pas toujours faire preuve de beaucoup de subtilités, et l'on se retrouve bien vite à spammer les mêmes attaques pour pouvoir avancer, malgré les quelques gaps de difficulté qui pointent, ici et là, le bout de leur nez. Fort heureusement, la nouvelle mécanique de Liens, qui remplace les statistiques sociales, offrent un éventail de bonus à dépenser : au fur et à mesure de la progression, et de l'évolution du groupe, Joker pourra offrir à tout le monde des boosts et buffs permanents, grâce à une grille très complète, qui sonnera pour certains comme un aveu de rééquilibrage. Faute avouée... à moitié pardonnée ? 

PS4
Switch
PC
Bon
7
Pour continuer à surfer sur le succès de Persona 5, Atlus s'adjoint les services d'Omega Force pour proposer de poursuivre l'aventure via un spin-off aux accents de Musō prononcés. Avec Persona 5 Strikers, les Fantômes Voleurs de Coeurs reprennent du service, dans un épisode en forme de road-trip japonisant à souhait, qui reprend la plupart des mécaniques et la classe visuelle de l'originale pour opérer un mélange des genres qui risque de contenter ceux qui espéraient juste retrouver une sacré bande de potes. Mais comme dans une suite "direct-to-DVD", tout y est un peu moins saillant, et il faudra composer avec un système de combat un peu plus chaotique, et une écriture moins enthousiasmante. Si l'on ne peut que saluer les nombreux efforts déployés par les rois du beat'em all pour coller au plus près de l'esprit de Persona 5, cet épisode Strikers, aussi sympathique soit-il, nous rappelle à quel point les bons jeux n'ont pas (forcément) besoin de suite.
par
+ On aime
  • L'esthétique de Persona 5 toujours aussi efficace.
  • Un myriade de nouveaux lieux à découvrir.
  • Une durée de vie plus raisonnable.
  • Quelques nouveaux thèmes bien dans le ton...
  • Version française présente d'office, oulalala.
- On n'aime pas
  • Un gameplay plus répétitif et parfois brouillon.
  • Le côté redondant du scénario, qui force un peu.
  • Les gaps de difficulté qui obligent à grinder.
  • ...Et d'autres complètement ratés.
  • Visuellement inégal, surtout sur Switch.
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