A la suite d'un incident malencontreux dans le métro londonien, John et son voisin Jack ont la désagréable surprise de voir que leurs corps ont été échangés durant la nuit. OEuvrant pour une entreprise aux objectifs obscurs, Meena doit choisir entre son travail et sa vie de famille, qu'elle tend à délaisser. Passant du bon temps avec ses amis, Donna quant à elle voit son existence bouleversée après sa rencontre avec un mystérieux étranger.

Plan-plan

Passée la séquence introductive se déroulant en 1982, le joueur devra choisir entre les chapitres consacrés à John, Meena ou Donna. A chaque personnage étant dévolus six chapitres, il faudra néanmoins clore tous ceux proposés avant de passer aux suivants : impossible par exemple de faire le chapitre 3 de Meena avant de faire les chapitres 2 de John et Donna. Chacun d'entre eux dure entre dix à vingt minutes, si l'on excepte le chapitre final, un peu plus long. Les séquences sont donc très courtes et s'enchaînent à un rythme trop rapide, où l'on a parfois l'impression qu'elles s'achèvent plus tôt que prévu.

Cette dynamique du récit se prête néanmoins plutôt bien aux chapitres consacrés à John, plus légers que les autres, et dans lesquels les différents cuts sont l'occasion de créer des décalages comiques. Dans l'ensemble, Last Stop bénéficie d'une vraie variété de tons : comédie absurde pour John, drame familial pour Meena et aventurette adolescente pour Donna. Le fait de basculer régulièrement d'un chapitre à l'autre permet en fin de compte au joueur d'éviter ce sentiment de lassitude. Les premiers chapitres auraient malgré tout gagné à être un poil plus captivants : il faut bien un bon tiers du jeu pour commencer à s'intéresser aux enjeux proposés par chaque histoire.

La mise en scène en elle-même se révèle assez audacieuse car même si les environnements (quasi tous urbains) ne se renouvellent que très peu au fil des chapitres, le jeu propose à chaque fois des plans très différents, que ce soit en intérieur ou en extérieur. A tel point que ça peut en être déstabilisant, le joueur se demandant lors d'un changement de plan où se trouve son personnage et dans quelle direction il doit se rendre. A noter que les séquences de déambulation dans la ville sont très balisées : les personnages ne peuvent emprunter qu'un seul et unique chemin durant tout le jeu.

Terminus

Outre les déplacements de son personnage, le joueur devra se coltiner des phases en QTE mollassonnes et d'un intérêt franchement discutable tant elles interviennent de façon sporadique. C'est vrai qu'intégrer un QTE uniquement pour que John boive son café, c'était utile. On sent que les développeurs cherchaient à faire de ce titre narratif une expérience davantage interactive, mais le fait est que l'on a juste l'impression que cela tombe comme un cheveu sur la soupe.

Le coeur du jeu se trouve donc dans les dialogues, plutôt bien écrits et interprétés, même si certains comédiens de doublage semblent parfois manquer de conviction dans leur jeu. Last Stop nous impose parfois d'effectuer des choix mais ces derniers n'ont malheureusement aucun impact sur la suite de l'histoire, si l'on excepte ceux de l'ultime chapitre. Tant pis pour la rejouabilité du titre. On pourra pester également contre la formulation de certains choix, peu clairs et qui ne semblent pas en adéquation avec la réponse du personnage qui suit.

Concernant l'aspect visuel, disons que c'est minimaliste. Les expressions faciales ne sont pas dégueues mais les environnements manquent cruellement de détail et les textures donnent l'impression de baver sur Switch. Pour finir sur une note positive, relevons que la bande son est d'excellente facture, les pistes accompagnant bien certaines scènes comiques notamment.