Gianni "Plume" Molinaro

En ce qui me concerne, j'aurais bien rajouté des jours à cette année 2019. Des jours pour avoir le temps de me mettre sérieusement à davantage de jeux. On peut parler d'année de transition si vous voulez, ça n'empêche que le débit a été soutenu, une fois de plus et qu'il y avait du lourd. C'est toujours avec beaucoup de regrets, en tant que joueur, que l'on se force à faire des choix. Et, en tant que critique, qu'on est obligé, parfois, de se résigner à dire honnêtement qu'on ne peut pas tout tester et ni avoir un avis éclairé sur tout. Alors oui, je peux tout de même compter à mon tableau de chasse ce Bloodstained clairement fait pour moi, Zelda : Link's Awakening, Luigi's Mansion 3, A Plague Tale : Innocence, Katana ZERO, My Friend Pedro, Arise : A Simple Story,Night Call, Star Wars : Jedi Fallen Order, la fin de la dernière saison de The Walking Dead, celle de Life is Strange 2, Blair Witch, affirmer que Capcom tient la méga-forme avec des Devil May Cry 5 et Resident Evil 2 solides, pester que Devotion ait disparu de Steam tant il pourrait figurer dans mon top... Mais malgré ma bonne volonté, inattaquable quand on sait que je m'entraîne quotidiennement sur Ring Fit Adventure, j'ai dû lâcher en route les Wargroove, Metro Exodus, Ape Out, Baba is You, Sekiro : Shadows Die Twice, Collection of Mana, Outer Wilds, The Outer Worlds, Astral Chain, Gears 5, Ancestors : The Humankind Odyssey, Borderlands 3, Untitled Goose Game et Death Stranding (mais là, on va dire que c'est voulu). Bordel, je n'ai même pas eu le temps de m'investir un mininum dans eFootball PES 2020. J'ai déjà peur pour l'an prochain !

TOP

1. Disco Elysium

Si l'on m'avait dit, avant cette année, que des estoniens seraient à l'origine du CRPG le plus fou qu'il m'ait été donné de jouer durant ma courte existence, que celui-ci me ferait presque oublier mes parties de Baldur's Gate, Fallout 2 et autres Vampire : The Masquerade - Bloodlines, j'aurais ri. À gorge déployée. Non pas que j'aie le moindre dédain envers cette contrée magnifique et accueillante dont je garde un excellent souvenir, mais je subodorais un projet n'ayant pas les moyens de ses ambitions. Alors oui, je me suis poilé avec Disco Elysium. Jamais à ses dépends. Coupable de la tension presque douloureuse de mes zygomatiques pendant une trentaine d'heures : une écriture d'une précision et d'une finesse jamais vues. Et comment imaginer que ZA/UM allait retranscrire avec autant de maestria ce qui fait l'essence d'un JdR sur table : l'abondance de possibilités au niveau du roleplay ? Exceptionnel. Vivement que le plus grand nombre (anglophobes et consoleux) y ait accès.

2. Telling Lies

C'est peu de dire que j'attendais énormément la nouvelle expérience en Full Motion Video de Sam Barlow, lui qui m'avait - grandement aidé par Viva Seifert - carrément chamboulé avec son Her Story en 2015. Plus de moyens, de comédiens impliqués et talentueux, une narration fracturée encore plus dense... Cela n'a pas loupé : voilà encore un jeu d'enquête merveilleux qu'il est, à mon sens, interdit de manquer. Sans mentir.

3. Control

C'est un fait, Remedy ne m'a jamais déçu. Même avec une tentative plus grand public qu'à l'accoutumée comme Quantum Break, le studio finlandais a toujours su comment me mettre dans sa popoche. Le retour à une atmosphère plus bizarre, plus lynchienne, une direction artistique fabuleuse, et un système de combat qui en font peut-être un meilleur jeu Star Wars que Jedi Fallen Order, sont autant d'atouts qui permettent à Control de figurer ici dans mon top annuel sans être inquiété par autre chose que son système de checkpoint d'un autre âge.

FLOP

1. Le départ de Julo

Oh, je suis content pour lui. Il s'épanouit dans son nouveau métier et a bien mérité de ne plus voir nos gueules de cons quotidiennement - et de ne plus mourir de ma main dans des vidéos débiles. Reste que cela a été, me concernant, un choc de le voir partir alors que j'étais plutôt heureux de l'avoir comme chef. Cela fait deux fois. Après Joypad en 2004, Gameblog en 2019... Je vais finir par penser que j'y suis pour quelque chose. On verra ce qu'en dit mon psy. Quant aux gens qui se prétendent fans et qui prennent la poudre d'escampette avant la sortie de Shenmue III...

2. AWAY : Journey to the Unexpected

Mes espoirs concernant le nouveau projet d'Aurélien Regard, ex-Arkedo, étaient à la hauteur de son design tout mignon et de sa supposée débilité. Bien que très saoulé par la formule "Rogue-like procédural" servie à toutes les sauces depuis tant d'années, je pensais néanmoins trouver là un jeu brillant, sachant se distinguer. Perdu. Après un première heure prometteuse et farfelue, le concept finit par s'effondrer sous le poids de sa redondance et de sa vacuité. La déception a été totale. Tristesse.

3. Erica

Son annonce à la Paris Games Week 2017 et sa présentation en petit comité à la même période m'avaient mis des étoiles plein les mirettes. Tout, à commencer par son moteur, avait l'air parfaitement calé pour un jeu d'aventure en FMV sans fausse note. Sortie surprise, test en compagnie de mon épouse et c'est... une immense déception. Juste un thriller interactif banal et générateur de facepalms.


JEU LE PLUS ATTENDU DE 2020

Final Fantasy VII Remake

Désolé The Wolf Among Us 2. Pardon, Cyberpunk 2077. Toutes mes confuses, Resident Evil 3. Mais je ne peux plus m'empêcher de regarder ailleurs. Et pourtant. S'il y a quelqu'un qui se foutait royalement de l'annonce de ce remake, c'était bibi. Puis l'E3 2019 est arrivé, avec sa nouvelle présentation, en profondeur. À ce moment-là, une connexion qui semblait rompue s'est rétablie. Comme un rappel que, oui, même si je demeure attaché pour la vie à Final Fantasy VI, l'univers de Final Fantasy VII m'a passionné ; oui, j'ai aimé ses personnages et son histoire ; oui, j'ai toujours rêvé d'avoir Advent Children entre les paluches. Et c'est bientôt, là. À voir sa réalisation et l'efficacité de son système de combat, à écouter les arrangements modernisés de la B.O., je ne devrais pas être déçu. Prochaines vacances : mars 2020.