Après le succès critique du manga L’Atelier des sorciers de Kamome Shirahama, l’anime voit enfin le jour sur nos écrans 10 ans après le début de sa publication. Baptisée Witch Hat Atelier, cette adaptation nous plonge dans un monde où la découverte d’un secret par une petite fille pourrait bien bouleverser l’ordre des sorciers. Nous avons pu voir en avance les trois premiers épisodes de la série et autant vous dire qu’on a été ensorcelés. Alors que la diffusion vient de débuter sur Crunchyroll, voici ce que nous avons pensé de ce qui pourrait devenir l’un des titres les plus prometteurs de ces prochaines années.

Un début absolument magique à l’atelier des sorciers

Au départ, les règles sont claires : dans le monde de Witch Hat Atelier, la magie n’est réservée qu’à de rares élus doués d’une sensibilité unique depuis la naissance. Du moins, c’est ce qui se raconte depuis des décennies. Mais quand la jeune Coco, motivée par une curiosité sans bornes quand il s’agit de sorcellerie, découvre que la réalité est loin de ce qu’on lui a toujours dit, sa vie prend un tournant aussi tragique que merveilleux. Une histoire à la Harry Potter qui nous procure dès les premiers instants une sensation aussi enchanteresse que l’œuvre de J. K. Rowling.

Puisant son inspiration çà et là, l’histoire de Witch Hat Atelier évoque forcément tant d’autres œuvres qui tournent autour de la magie. Mais ces trois premiers épisodes témoignent aussi de toute sa singularité. Loin de tomber dans le simulacre, elle fait au contraire souffler un vent de fraîcheur sur le genre. Typiquement, la magie ici ne se pratique pas à coup de formules magiques et de baguettes. Au lieu de cela, elle s’observe dans la nature et se canalise au travers de dessins bien précis pour se muer en sortilèges de toutes sortes. On reconnaît notamment où The Owl House, le dessin animé sorti en 2020 sur Disney+, a pu puiser son inspiration. Ce modèle propose une autre manière d’appréhender les incantations et ça lui réussit très bien, car ainsi on ne tombe pas dans le comparatif avec tant d’autres œuvres sur les sorciers.

Kieffrey trace un sort dans le premier épisode de L'Atelier des sorciers.
© Kōdansha / Bug Films.

Mais cette histoire ne serait pas ce qu’elle est sans une héroïne pleine de promesses. Lorsque Coco fait la rencontre du sorcier Kieffey, elle est alors apprentie couturière. Avant même qu’elle ne puisse espérer devenir sa disciple, le regard du maître nous indique tout de suite qu’il y a quelque chose dans sa rigueur d’exécution qui la prédestine à la magie. Et ce n’est là qu’un premier indice quant au fait que ces deux êtres ne sont pas aussi opposés qu’il y paraît. L’impétuosité et l’envie d’apprendre de la petite fille la rendent tout de suite attachante, aussi bien à nos yeux qu’à ceux de son futur maître. Aussi, bien qu’ils passent moins de temps ensemble dans ces premiers épisodes qu’on ne l’aurait pensé, une alchimie certaine naît entre eux. Et même au-delà.

Car Witch Hat Atelier, c’est aussi une histoire d’apprentissage. Comme le jeune Harry a fait ses premiers pas à Poudlard, Coco fait, quant à elle, son entrée dans l’atelier où Kieffrey enseigne à plusieurs disciples. Pour l’heure, les différentes sorcières aspirantes restent en retrait, mais le générique d’ouverture nous laisse déjà envisager qu’elles auront un rôle plus grand à l’avenir.

Seule l’une d’elles, Agathe, sort vraiment du lot pour l’instant. Et pour cause, la série tombe dans l’éternel schéma de la rivale qui s’oppose à la nouvelle venue. Même si on peut souligner ce cliché qui paraît inévitable, qui nous rappellera encore The Owl House ou même Little Witch Academia, cela nourrit une dynamique qui permet à notre héroïne de se dépasser dès le départ. Coco n’était peut-être pas faite pour être sorcière si on suit le modèle le plus traditionnel, mais son regard neuf montre qu’elle est pleine de ressources et prête à nous surprendre à tout moment.

Gravure d'Agathe et Coco de Witch Hat Atelier.
© Kōdansha / Bug Films.

Et il n’en faudra pas moins pour que Coco affronte les défis qui l’attendent. Si Agathe est une petite mise en bouche, un plus gros danger plane. Malgré tout l’émerveillement que nous insufflent ces trois premiers épisodes, une tension plane. Si Kieffrey se montre attentif à sa nouvelle protégée, le découpage et le cadre de certaines scènes interrogent. Joue-t-il un double jeu ? À quoi son apprentie est-elle mêlée sans en avoir pleinement conscience ? Il nous tarde déjà de voir ce que la suite de Witch Hat Atelier réserve à notre héroïne. D'autant plus quand on est face à une œuvre aussi finement réalisée.

Une réalisation aussi merveilleuse que l’histoire

Même si l’histoire de Witch Hat Atelier est intelligemment construite, la magie n’opèrerait pas si bien sans le travail d’animation Bug Films. Tout respire la fantasy et la sorcellerie dans ces premiers épisodes. Le trait est précis, tandis que les jeux de couleurs nous éblouissent, traduisant autant la joie de Coco que ses moments d’effroi. Par sa maîtrise de l’ambiance, le studio nous emporte entièrement dans ce qu’il veut raconter. Dans les pas de notre héroïne, la banalité du quotidien est pétillante, tout à son image. En contrepartie, l’essor de la magie prend des élans épiques et on en prend plein la vue. Les équipes prouvent d’autant plus sa maîtrise que Bug Films varie les styles et les techniques. Même en 2026, on a rarement vu une série animée aussi magnifique et impressionnante visuellement.

Coco dans Witch Hat Atelier.
© Kōdansha / Bug Films.

Mais la magie de Witch Hat Atelier ne tient pas qu’à ses visuels. Il faut également salué la bande-son qui nous immerge pleinement dans cet univers de fantasy. Les thèmes folkloriques s’ajustent à merveille aux paysages naturels et à l’ambiance médiévales de la série. Puis, il suffit d’un rien pour que la féérie du moment s’imprègne d’un sentiment d’inquiétude. Des sonorités plus ésotériques accompagnent le dessin des sortilèges et leurs effets. Il n’en faut pas plus pour que l’atmosphère se refroidisse et qu’on sente le danger s’installer.

Enfin, Witch Hat Atelier achève de nous ensorceler avec une myriade de références. On pense forcément aux premières années de Harry Potter à Poudlard quand Coco prend ses marques à l’atelier. On a aussi évoqué The Owl House et Little Witch Academia. Mais comment ne pas songer non plus aux films Ghibli ? Du Château ambulant à Totoro, en passant par Le Château dans le ciel, bien des éléments de l’anime rappellent les mondes merveilleux mis en scène par le célèbre studio japonais, mais sans jamais le singer. Tout comme on retrouve des clins d’œil à certains contes européens, comme Le Petit Chaperon rouge, l’œuvre de Kamome Shirahama parvient avant tout à nous rappeler ce qui nous avait séduit dans toutes ces fictions. Et autant dire que le charme opère totalement.

Witch Hat Atelier nous a ensorcelé, on en redemande

L’année 2026 sera décidément placée sous le signe de la magie. Cela dit, Harry Potter ne s’attendait certainement pas à ce qu’une jeune passionnée de magie ne lui vole la vedette avant son retour. L’enthousiasme et le destin de Coco a un effet véritablement enchanteur sur le public. Alors que sa rencontre avec Kieffrey offre un nouveau tournant à son existence, on redoute déjà ce que le sort pourrait lui réserver. Mais il nous tarde en même temps de savoir comment elle parviendra à relever tous les défis à venir. De plus, si on pouvait se demander si Bug Films était le mieux désigné pour adapter un manga comme L’Atelier des sorciers, ces trois premiers épisodes balaient tous les doutes. Qu’on se le dise, il faudra compter à l’avenir avec Witch Hat Atelier sur la scène des anime.