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Test de Save me Mr Tako! (Nintendo Switch)

TEST de Save me Mr Tako : La plate-forme monochromatique

Par Thomas Pillon - publié le

Avec ce fichu temps qui court, les générations de machines se suivent sans se ressembler, et si certaines plate-formes sont en 2018 plus célébrées que d'autres (coucou les consoles mini), la première console portable de Nintendo échappait jusqu'ici aux célébrations de rigueur.

Grâce à Save me Mr Tako, voilà qui devrait rentrer dans l'ordre. C'est en tous cas le souhait de Christophe Galati, qui tente avec cette aventure monochrome de célébrer le style graphique de la petite Game Boy, qui rendit durant les années 1990 bon nombre de trajets en voiture et d'après-midi chez des amis bien moins frustrants.

"Qui lance une guerre en devient le poulpe."

Poulpe à la provençale

Ayant sans doute un peu trop lorgné sur la révélation indépendante de l'année 2015, Save me Mr Tako s'ouvre sur un conflit naissant entre les gentils poulpes et les très méchants humains. Simple troufion parmi tant d'autres, notre héros décide in extremis de sauver de la noyade une de ces hominidés qu'il pensait pourtant détester. Malgré les railleries de ses congénères, le courage du petit Tako sera justement récompensé, puisqu'une gentille fée lui permettra de supporter la vie en surface, histoire de poursuivre son exploration du genre à raison si décrié.

Si le jeu de Christophe Galati essaye de construire un univers un brin fouillé, il s'emmêle rapidement les pinceaux en laissant le joueur relier lui-même les pièces d'un puzzle dont on ne parvient pas toujours à saisir les enjeux. Déroulé de façon un brin décousue par les différents PNJ avec lesquels on peut interagir, on se contentera de rapidement prendre Save me Mr Tako pour ce qu'il est : un jeu de plate-forme dont on se moque un peu des tenants et aboutissants.

Vous avez la ref' ?

Une dose de viande au choix

Si les différents environnements proposés tendent bien souvent à appuyer de longs clins d'oeil aux jeux qui ont fait les grandes heures de la Game Boy, Link's Awakening en tête, c'est certainement Kirby's Dream Land qui traduit la plus grande inspiration du développeur. Découpé en mondes et sous-niveaux auxquels on accède en s'engouffrant dans l'entrebâillement d'une porte sombre, Save me Mr Tako propose d'enchaîner de bien sages phases de plate-forme ô combien classiques, sans jamais parvenir à sortir la tête du lot. 

Car malgré ses dizaines de niveaux et son système de chapeaux interchangeables aux propriétés singulières, on finit après seulement une poignée d'heures à se demander ce qui justifie la progression : aussi brefs que génériques, les différents niveaux du jeu semblent bien vite souffrir d'un certain manque d'originalité. Les phases de plate-forme se contentent en effet de réciter des gammes sans y mettre la moindre conviction, et les ennemis placés ici et là finissent par complètement s'éviter, tant ils n'apportent que si peu de matière au gameplay. On saute, on ramasse des items pour gagner quelques vies, on boucle un niveau, et on recommence.

Les couleurs changent, pas les références.

On aura l'air de nouilles

Ce n'est pas pour autant que le jeu soit mauvais, mais il semble souffrir d'un très clair manque d'inspiration, et se contente de rendre un hommage à une console qui aura pourtant accueilli bon nombre de classiques. Les nostalgiques indécis pourront d'ailleurs se perdre dans les innombrables filtres colorés parmi lesquels ils trouveront forcément une paire de lunettes à leur vue, sachant que vous pouvez très librement les faire défiler en pleine partie grâce aux boutons de tranche, histoire d'exiler leurs peurs, en rouge et noir.

Les musiques entendent elles aussi nous rappeler la bonne époque ou les écouteurs noirs offerts avec la console ne quittaient plus vos esgourdes, mais sauf à vouloir s'imposer les restrictions techniques d'alors en tenant compte de la capacité réduite des petits cartouches grises, on se demande ce qui a pu passer par la tête du compositeur Marc-Antoine Archier. En effet, chaque monde se contente de recycler durant sa dizaine de niveaux le même thème ad nauseam. Immanquablement, cette mélodie que vous trouviez sympathique au début finira par vous rendre fou...

Moyen
5
Sous ses airs de sympathique hommage aux grands jeux de la Game Boy, Save me Mr Tako se contente finalement d'un minimum syndical trop peu inspiré pour rallumer la flamme des joueurs nomades d'antan. Avec son level design générique que tente de masquer un scénario que l'on laissera rapidement de côté, le jeu se contente de réciter ses gammes sans y mettre une conviction suffisante pour justifier ses dizaines de niveaux. Malgré ses sympathiques filtres et son système de chapeaux interchangeables, Save me Mr Tako ne résistera pas longtemps à la féroce concurrence qui lui fait face dans le genre de la plate-forme.
par
+ On aime
  • Les nombreux filtres graphiques qui jouent la carte de la nostalgie.
  • Des dizaines de chapeaux aux propriétés différenciées.
- On n'aime pas
  • Un level design générique et répétitif.
  • Une histoire qui ne parvient pas à s'imposer.
  • Des musiques réutilisées bien plus que de raison.
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Eyrio_
Quand Christophe Galati a commencé le développement de Save Me Mr.Tako. Il y a quatre ans, la Gameboy fêtait ses 20 ans. 4 ans plus tard Christophe Galati a pu sortir son jeu qui est son premier vrai projet en tant que développeur indépendant. Que...
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Galerie photo Save me Mr Tako! - 6 images (cliquez pour zoomer)

"Qui lance une guerre en devient le poulpe." Vous avez la ref' ? Les couleurs changent, pas les références.

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