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Test de Bravely Second : End Layer (Nintendo 3DS)

TEST de Bravely Second End Layer : Dégénérescence programmée

Par Yann Bernard - publié le

Si beaucoup d'adeptes du JRPG à l'ancienne vénèrent Bravely Default comme le vestige d'une discipline ainsi ressuscitée, certains fustigent la redondance de son scénario qui n'en finit pas de se terminer, histoire notamment de préparer sa suite. Bravely Second : End Layer vient-il le justifier une bonne fois pour toutes ?

Ce test a été initialement publié le 18 février 2016


Sans détour, il est vivement conseillé à ceux qui n'auraient pas goûté à Bravely Default d'arrêter de lire à la seconde, afin d'achever d'abord ce premier épisode, et ce jusqu'à sa véritable conclusion. En effet, l'introduction de Bravely Second en résume méticuleusement les évènements majeurs, cependant plutôt flous, voire incompréhensibles pour les non initiés en raison de leurs ramifications multi dimensionnelles. Et quel dommage de découvrir ainsi ces faramineux coups de théâtre, racontés à la seconde personne.

Ce préambule ne vise donc qu'à rafraîchir les mémoires, un rappel salutaire, à l'instar d'ailleurs de la consultation de notre critique de Bravely Default. D'autant que Bravely Second conserve bon nombre d'éléments de son prédécesseur qui ne seront pas représentés à travers ces lignes. Accessoirement, la démo aide à assimiler les fameuses mécaniques de combat dont sont malicieusement issus les titres de ces deux opus, tout en développant le background des Trois Cavaliers. Cette confrérie de mousquetaires passe hélas rapidement au second plan au cours de l'histoire, située deux années et demi après l'épilogue de Bravely Default.

L'imposant siège de la garde cristalline, sublimé par l'effet de profondeur.

Un pour tous, et tous pour Yew

Agnès Oblige, promue papesse, s'apprête alors à mettre fin au conflit séculaire entre l'orthodoxie cristalline et le duché d'Eternia. Mais la cérémonie est brutalement troublée par l'intrusion du Kaiser Oblivion, secondé par une sombre fée aux airs familiers. Ce mystérieux empereur kidnappe Agnès, en dépit de la résistance de son dévoué serviteur Yew Généolgia, terrassé en un éclair. A peine remis sur pieds, notre héros part à la rescousse de "Sa Sainteté" avec qui il communique grâce à un fragment de son pendentif, si bien qu'elle hérite du rôle joué jadis par la fée Airy en donnant des conseils sur la marche à suivre.

Cette quête le mène à la rencontre d'Edea et Tiz, deux des principaux protagonistes de Bravely Default, sans oublier Magnolia (qui l'eût pu ?) originaire de la lune, dévastée par les Ba'als. La reconstruction en temps réel de sa base s'effectue de la même façon que celle de Norende, mis à part le renfort d'astronefs évolutifs pour affaiblir préalablement ces démons remplaçant les colosses d'autrefois. Inexorablement, une impression de déjà vu s'installe, dès que l'on (re)commence à arpenter les contrées de Luxendarc.

N'auriez-vous pas déjà vu cette belle plante quelque part ?

Bis repetita

Si l'atmosphère mélancolique du bosquet du pèlerin rappelle sans doute délibérément la forêt fantôme de Final Fantasy VI - ainsi que cette lointaine parenté par la même occasion - de nombreux lieux ont déjà été visités dans Bravely Default, et ils n'ont guère changé. Heureusement, l'apparition de nouvelles cités suscite une once de dépaysement, la beauté de ces décors soulignant les subtils progrès du moteur de Silicon Studio, tantôt par leur architecture vertigineuse, tantôt par leurs touches exotiques.

Idem pour les musiques reprises pour certaines du précédent opus auxquelles s'ajoutent celles de Ryo. Le leader du groupe de J-Pop supercell ne parvient pas à rivaliser avec Revo, en terme de qualité comme de quantité de ses compositions, au point qu'elles en deviennent répétitives. Quelques mélodies se distinguent toutefois par leurs instrumentalisations originales, en particulier via l'usage de voix. A ce sujet les doublages en anglais, toujours soigneusement sous-titrés dans la langue de Molière, témoignent d'une verve encore plus surprenante. Les similitudes avec le premier volet sont régulièrement tournées en dérision, de même que l'absurdité de moult situations.

Un bon bain fera du bien à nos valeureux "Ba'al Busters".

Pour la bonne cause(tte) ?

Nos ouailles dilettantes paraissent presque plus intéressées par les bavardages sur les spécialités culinaires et autres occupations touristiques que par le destin de ce monde. Sans parler de la confection de jouets, une sorte de mini jeu inédit auquel ils se livrent quand on garde la console allumée à proximité afin de débloquer les morceaux de la bande son. De là à dire que l'on nous ballade gaillardement dans le même jeu déguisé à la manière d'un Final Fantasy X-2, il n'y a qu'un pas.

Surtout que les quêtes, a fortiori secondaires, ne servent que de prétextes pour retourner dans des dédales pour la plupart identiques. Bien entendu, ce recyclage résolument pratique pour les développeurs (et économique pour l'éditeur) se justifie encore d'un point de vue narratif, ne serait-ce que par l'exploration de cet univers plus en profondeur, comme l'illustrent ces villes jusqu'alors absentes de la carte. Pareil pour les protagonistes, puisqu'au delà de dévoiler d'autres facettes de leur personnalité, ou simplement leur parcours depuis le dernier épisode, le récit semble avant tout voué à s'adresser directement au joueur, ironie à l'appui.

Cette cité ne se dressait pas là auparavant...

Une histoire à dormir de choux

La question leitmotiv de la conteuse l'assume avec espièglerie : "Par quel étrange caprice du destin vos chemins se croisent-ils de nouveau ?". Retrouver ces vieilles connaissances permet évidemment de récupérer les différents jobs par le biais des porteurs d'astérisques, souvent synonymes de choix cornéliens quand il faut trancher pour l'un ou l'autre, du moins dans un premier temps.

Dans la lignée de son prédécesseur, Bravely Second tend vers la récurrence, mais celle-ci se révèle nettement mieux intégrée au déroulement du périple, jusqu'à nous emmener vers des expériences "métaludiques" où seuls des chefs d'oeuvres du genre tels que Chrono Trigger et Chrono Cross se sont aventurés. "Quel culot !" rétorquerait la pétulante Magnolia, francophone à ses heures, dont les tirades délicieusement naïves cachent un propos autrement plus mature et ambitieux. Les classes supplémentaires s'inscrivent dans la même philosophie derrière leur nature humoristique, entre l'aurige transi qui n'a de cesse que de se sacrifier, la sorcière ventriloque responsable de sa malencontreuse résurrection et le pâtissier séducteur de ces dames.

Remettons-en une couche, c'est tellement chou !

Pluie de tartes (pas qu'à la crème)

Si certaines s'apparentent à des déclinaisons de carrières existantes, à l'image de la félinomancienne, plus sexy que les vampires (et donnant le pouvoir de papoter avec les chats), d'autres se montrent vraiment singulières comme le préventif astrologue. Et toutes élargissent encore la polyvalence des aptitudes, notamment dans la gestion du temps, comme l'exorciste pour revenir en arrière. Il en émerge des combinaisons plus dégénérées que jamais, grâce à la complémentarité et aux effets de synergies entre ces compétences. Quelques-unes vont carrément jusqu'à bouleverser les règles, tels que les tirs de condor de l'oeil d'aigle, capable de percer la garde Default et d'infliger un surcroît de dégâts.

On croyait pourtant le système de combat de Bravely Default inattaquable, mais Bravely Second ose l'aiguiser davantage par l'intermédiaire d'affrontements bonus proposés (ou imposés) à l'issue d'une bataille remportée dès le premier tour. L'enchaînement des joutes renforce la notion de risque, car si chaque victoire vient multiplier la récompense, la réserve d'actions n'est pas régénérée entre les rounds, laissant à terme l'équipe à la merci d'un challenger a priori modeste.

Les nouveaux ennemis ont souvent l'air ridicule, mais ils tuent, eux.

Ad libitum

Cette formule atténue aussi le côté redondant des confrontations aléatoires, qui conduisait à lancer l'offensive machinalement avec toute l'équipe en mode quadruple Brave une fois que l'on savait l'adversité dominée. Désormais, un soupçon de réflexion est demandée selon les opposants éventuels, gare donc à ne pas trop se reposer sur l'option des tactiques automatisées. Avec la détermination de configurations d'équipes favorites, ces assistances fort judicieuses facilitent grandement la tâche. De même, la soif d'XP incite à l'éradication excessive de hordes d'ennemis d'affilée pour affoler le multiplicateur, un cercle vertueux potentiellement vicieux quand on se retrouve avec des guerriers surpuissants, malgré l'indication du niveau théoriquement requis dans les donjons. On ne s'en plaindra pas, puisque Bravely Second s'avère à son tour une épopée de longue haleine.

D'autant que son vrai New Game + et ses monstrueux sbires nécessitent le recours aux stratagèmes les plus abusifs, y compris son principe éponyme, quoiqu'il demeure un luxe dans le cadre d'une utilisation payante. D'aucuns penseront qu'à défaut de revenus engendrés par ces micro transactions, Square Enix essaye ici de vendre une extension au prix fort. Certes Silicon Studio a vraisemblablement manqué de temps et de moyens, mais a préféré en rire et pousser la plaisanterie jusqu'à son paroxysme, pour préparer bravement le terrain d'une suite, dont l'échafaudage ne fait pas le moindre doute. Et en misant sur le second degré, Bravely Second brise par-dessus tout définitivement la barrière qui le sépare du joueur, plus impliqué que jamais dans cette aventure providentielle. Rien que pour ça, elle vaut la peine d'être vécue, encore et encore, jusqu'au bout.

Très bon
8
Bravely Second constitue bel et bien une parodie de suite, mais dans le bon sens du terme. Ainsi, la narration tourne en dérision le classicisme de l'intrigue et le recyclage des éléments du précédent épisode, assumant la démarche par la même occasion. En outre, ce second degré cache un propos autrement plus sérieux et ambitieux. Les évolutions du gameplay en bouleversent les principes pour repousser ses limites que l'on croyait déjà paroxysmiques, tandis que le scénario s'aventure dans une expérience "métaludique" qui implique plus que jamais le joueur. Alors on a beau dire que les meilleures plaisanteries sont les plus courtes, cet adage ne s'applique pas à End Layer, qui mérite qu'on lui consacre beaucoup plus de temps qu'une seconde.
par Yann Bernard
+ On aime
  • L'espièglerie du récit.
  • La beauté encore plus époustouflante des destinations inédites.
  • Les nouveaux jobs, aussi décalés que potentiellement dégénérés.
  • Le système de combat, déjà inattaquable et dorénavant plus tactique.
  • Les améliorations très utiles de l'interface.
  • La durée de vie toujours démoniaque.
- On n'aime pas
  • Les séances de parlote longuettes et souvent (délibérément ?) creuses.
  • La bande son de Ryo moins variée et inspirée que celle de Revo.
  • Les nombreuses quêtes prétextes à moult allers et retours.
  • Le recyclage à outrance, même sur le ton de l'ironie.
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michel_bokushi
Sorti il y a maintenant près de deux ans, Bravely Default avait surpris son monde en ressuscitant de manière éblouissante le J-RPG sauce Super Famicom/PS-One, que l’on croyait disparu pour de bon. Attendu par les fans du premier épisode comme...
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Galerie photo Bravely Second : End Layer - 12 images (cliquez pour zoomer)

L'imposant siège de la garde cristalline, sublimé par l'effet de profondeur. N'auriez-vous pas déjà vu cette belle plante quelque part ? Un bon bain fera du bien à nos valeureux "Ba'al Busters". Cette cité ne se dressait pas là auparavant... Remettons-en une couche, c'est tellement chou ! Les nouveaux ennemis ont souvent l'air ridicule, mais ils tuent, eux.

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