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Test de Gravity Rush Remastered (PS4)

TEST de Gravity Rush Remastered (PS4) : Entre légèreté et gravité

Par Yann Bernard - publié le

La resplendissante ambassadrice de la PS Vita revient sur PS4, parée entre autres d'une résolution et d'un frame-rate revus à la hausse grâce aux talents de Bluepoint Games. Mais en changeant de support et de taille d'écran, Kat ne perd-elle pas un peu de sa superbe ?

Aider une pomme à tomber de l'arbre du bout du doigt (ou par l'intermédiaire d'un bouton cette fois) en guise d'introduction, voilà un hommage malicieux à Isaac Newton pour une oeuvre qui défie constamment les lois de la gravité ! Et c'est la blonde chevelure de Kat que ce fruit défendu vient effleurer, sortant ainsi notre héroïne de sa torpeur. A peine le temps de reprendre ses esprits - elle est amnésique de toute façon - qu'un pauvre homme l'appelle à la rescousse. Une mystérieuse tornade menace en effet d'engloutir Hexa Ville, cette cité flottante aux airs de vieille Europe, qui commence à se disloquer sous l'aspiration du vortex... La tempête passée, Kat décide de remettre de l'ordre dans ce monde brisé, et du même coup dans sa tête, histoire de retrouver la mémoire. Autant cette entrée en matière se veut simple, autant sa présentation s'avère raffinée. En parallèle des cinématiques, les dialogues importants se déroulent sous forme de bande dessinée sur plusieurs plans qu'il demeure possible de déplacer légèrement avec le capteur de mouvements, à l'instar de la carte dans cette remasterisation (le recueil d'illustrations bonus dispose en revanche d'une interface plus classique).

Plus question ici de tourner les pages ou de chatouiller Kat en effleurant l'écran.

"Katartistique"

Cette fioriture technologique donne davantage de relief à ces magnifiques planches, issues d'une direction artistique très inspirée. Les lignes épurées des protagonistes se détachent de ces foisonnants décors, nettement plus détaillés grâce au surcroît de résolution, comme un composite des mangas nippons traditionnels et des romans graphiques occidentaux. Surtout que l'aspect cartoon s'affirme encore, l'anti-aliasing lissant les contours tout en atténuant la grossièreté de certaines textures restées sommaires. L'usage d'un cel-shading si particulier ne doit décidément rien au hasard, de l'aveu même de Keiichiro Toyama qui ne cache pas son admiration pour Moebius. D'ailleurs comment ne pas penser aux dessins du regretté Jean Giraud, au regard du contraste saisissant entre les couleurs unies de ce théâtre industrialo-urbain et les teintes vives des cieux, où planent de curieux aéronefs ? Les bâtisses au loin ne ressemblent qu'à des esquisses, toutefois en s'approchant, on s'aperçoit qu'elles font partie de cet immense univers, ouvert dans tous les sens du terme.

Les compositions de Kohei Tanaka invitent à la contemplation...

Les lignes aériennes...

La notion de terre ferme se révèle ici fort relative, car il suffit d'un coup de patte magique du matou qui l'accompagne pour que Kat s'affranchisse provisoirement de la pesanteur. Ce don lui permet de s'envoler dans toutes les directions, qu'il s'agisse de planer en rase-motte sur les toits ou de plonger en piqué à travers les catacombes. La trajectoire, déterminée par le biais du stick droit - ou toujours très accessoirement du gyroscope - sert aussi à définir n'importe quelle paroi comme "son" sol, de sorte qu'elle gambade sur les murs, voire au plafond. Notre féline donzelle n'échappe pourtant pas totalement aux principes de la gravité, alors appliqués au versant sur lequel elle se trouve, au point de carrément chuter vers le ciel ! Évidemment ces séances de voltige sont susceptibles de donner le tournis, y compris à la caméra parfois déboussolée, si bien que leur maîtrise nécessite un sérieux entraînement. Idem pour les glissades vertigineuses guidées par l'inclinaison de la manette, en maintenant les deux pouces appuyés sur le pavé tactile au lieu de l'écran jadis.

Le haut parleur de la manette émet un son lors de la collecte des gemmes (en option).

...d'un monde sens dessus dessous

Ainsi les fonctionnalités de la PlayStation Vita se transposent avec un naturel édifiant sur la DualShock 4, et heureusement eu égard à cette prise en main "déliKat". La marque d'un gameplay audacieux et profond, rendu plus réactif par un affichage quasi imperturbable en 60 images par seconde. En outre cette marge de progression s'inscrit dans la logique d'évolution des aptitudes de Kat, assez limitées au départ. D'où l'intérêt de rendre des services aux autochtones, tout en rafistolant les infrastructures de la ville, puisque les joyaux récoltés en récompense sont utilisés pour l'amélioration de ses talents. Les missions principales et par conséquent scénarisées se montrent les plus imaginatives dans l'art de manipuler la gravité, tandis que les tâches optionnelles se résument essentiellement à des courses contre la montre afin de réaliser le meilleur score. Mais contrairement aux apparences, ces activités annexes ne constituent pas seulement d'excellents prétextes aux challenges et autres DLC dorénavant inclus d'emblée. Chaque épreuve contribue à parfaire le contrôle de certaines aptitudes, que l'on développe par la même occasion avec l'expérience acquise.

Le champ d'apesanteur sert à transporter des objets, ou les gens, toujours aussi peu loquaces.

Chaotic City

Cette approche souligne l'influence assumée de Crackdown, en particulier lorsque l'on virevolte parmi les cimes à la recherche de gemmes, sans cesse plus haut, et plus longtemps. En clair, on a l'impression exaltante que cet univers s'étend à mesure que les pouvoirs de Kat grandissent. Ce sentiment grisant vaut également pour ses techniques de combat au corps à corps et surtout à distance, qui se transforment progressivement en véritables chorégraphies tourbillonnantes. La beauté du spectacle ne doit cependant pas faire oublier qu'aussi puissante soit Kat, elle n'en devient pas invincible. Une vulnérabilité que se chargent de rappeler les Nevi, ces sombres créatures globuleuses venues semer le chaos. Malgré leurs points faibles bien visibles, leurs formes se complexifient au fil de l'aventure et les vaincre requiert de plus en plus d'adresse, notamment dans le domaine de l'esquive qui s'effectue désormais alternativement et plus efficacement via le bouton "R2". Et de manière analogue, le ton léger dévoile une trame plus grave, dont l'épilogue accompli laisse sens dessus dessous. Une fois parvenu jusqu'à de si hautes sphères vidéo ludiques aux côtés de Kat, il ne sera pas facile de remettre les pieds sur le plancher des vaches, éventuellement à lait, loin de tels jeux d'auteur, ni de s'y réenvoler sur portable hélas.

Indispensable Gameblog
Fantastique
9
Où acheter :
Peu d'oeuvres peuvent se targuer d'allier une direction artistique affirmée et un gameplay aussi audacieux. C'est pourtant le tour de force renversant qu'a réalisé Gravity Rush, son utilisation novatrice de la pesanteur ne faisant que souligner sa plastique vertigineuse. Et Keiichiro Toriyama a su insuffler une narration résolument inspirée au sein de cet univers fascinant, que l'on découvre au fil des pirouettes de Kat. Les fonctionnalités de la PlayStation Vita n'étaient d'ailleurs pas toutes indispensables pour virevolter à ses côtés, comme le confirme leur transposition très naturelle sur la DualShock 4. Ainsi, la maniabilité gagne également en réactivité, affichage en 60 images par seconde à l'appui. Il aurait donc été dommage que Gravity Rush n'atterrisse pas sur PS4, d'autant que la résolution rehaussée magnifie encore ce tableau de maître. Alors au lieu de se lamenter sur la disparition de la version portable du second épisode, mieux vaut se réjouir de voir la série se poursuive de si belle manière.
par
+ On aime
  • Le trait artistique encore plus joliment marqué
  • Le soin apporté au scénario et à la bande son
  • La liberté totale de mouvement dans l'espace
  • Le dynamisme accru du contrôle
  • L'évolutivité des pouvoirs de Kat
  • Les nombreuses missions optionnelles, a fortiori avec les DLC inclus
- On n'aime pas
  • Les textures parfois trop rudimentaires
  • Les décrochages toujours récurrents de la caméra
  • Les temps de chargement réduits mais encore longuets
  • La répétitivité des missions annexes
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