Resident Evil Code : Veronica X sur GameCube, le test de seblecaribou

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seblecaribou
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seblecaribou GC

L'un des meilleurs de la série? Vraiment?

 

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Cette fois ci c’est pour de bon, entre Resident Evil: Code Veronica et moi ce ne sera qu’une histoire de frustration et de déception. J’ai enfin finis cet épisode réputé pour être l’un des meilleurs. L’un des meilleurs, vous êtes sérieux?

Bon quand on commence un test avec ce genre de phrase, le lectorat sent une entreprise de démolition sans faille qui s’annonce. Ce ne sera pas le cas. Je ne vais pas démolir Code Veronica, ou plus précisément Code Veronica X, puisque c’est sur PlayStation 2 que j’ai enfin terminé ce jeu. Je vais juste vous faire part de l’incrédulité qui pourrait être la mienne si jamais on s’avisait de me parler de jeu culte.

 

 

Tout était pourtant réuni pour qu’une histoire d’amour s’installe entre moi et ce jeu. En laissant de côté le fabuleux remake du premier volet sorti sur GameCube, Resident Evil: Code Veronica est l’avant dernier épisode de la saga de Capcom à être un survival/horror suivant les principes posés par le premier volet. Gameplay identique, angles de caméra fixes (ou presque je vais revenir dessus), des zombies qui marchent en bêlant comme des moutons de Tchernobyl, des hunters qui décapitent en un coup. Le tout porté par l’un de mes personnages préféré de la série, Claire Redfield. Et pourtant c’est pour moi l’un des moins bons épisodes.

Commençons de manière prosaïque par l’aspect purement visuel des choses. L’une des caractéristique de la série pour les premiers épisodes, c’est le mélange entre personnages 3D, et décors 3D précalculée, avec caméras fixes par conséquent, qui permettait une qualité visuelle hallucinante pour l’époque. Bien sûr à voir maintenant le premier volet surtout semble franchement ridicule avec son moteur graphique pourris et ses décors pixélisés. Mais à y regarder de plus près la solution était juste brillante. Le soucis c’est qu’avec la puissance d’une Dreamcast puis d’une PlayStation 2, les développeurs se sont dit que l’utilisation d’un moteur 3D pour l’ensemble du jeu était enfin possible. Sans ces limitations techniques, ils nous ont livrés un jeu entièrement en 3D et il n’y a pas tortiller de la croupe pour déféquer droit, ça a nettement moins de charme que les premiers volets de la série.

 

 

On note d’ailleurs qu’ils se sont rendu compte qu’ils s’étaient planté puisqu’au final, Resident Evil et Resident Evil Zero sur GameCube seront eux de nouveau en 3D précalculée. Je pousse un peu le truc, puisque le jeu encore aujourd’hui n’est pas à jeter graphiquement et demeure très correct. En vérité ce n’est pas tant la forme qui est mal exécuté dans Resident Evil: Code Veronica, qu’une bonne partie du fond. J’en parlais récemment dans un article, Resident Evil Code Veronica est devenu aussi une petite légende parmi les jeux game designés avec les pieds sur certains passages. Je peux vous le dire aujourd’hui puisque j’en suis enfin venu à bout, le Tyran de l’avion n’est que la face visible d’un iceberg de problèmes de cohérence.

Pour commencer, Code Veronica (X) est l’épisode le plus long de la série. Et s’il ne l’est pas, c’est qu’il paraît l’être et c’est encore pire. Je vais légèrement vous spoiler le déroulement du jeu mais 10 ans après, il y a prescription. Le jeu commence sur une île, où l’on dirige Claire Redfield (héroïne du 2ème opus donc). A la recherche de son frère, elle s’est faite capturée et emmenée ici, où elle espère que désormais ce soit lui qui vienne la chercher. Une chose en amenant une autre, elle finis par se barrer en avion (le fameux avion de mes cojones) avec Steve Burnside, un rouquin qui criait quelques minutes auparavant le « Fatheeeeeeeeeeeeur » qui provoqua les pleurs d’un certain JulienC. L’avion se plante dans un complexe militaire en Antarctique, lui aussi truffé de personnes ayant des problèmes pour se déplacer autrement qu’en tendant les bras. Après une tentative d’escapade en trouant un mur avec une foreuse géante, on se retrouve…sur l’île, encore.

 

 

Cette fois on incarne Chris Redfield (héros du 1er opus donc) qui est venu cherché sa sœur sur les conseils de Leon (l’autre héros du 2ème opus). Le mec fait son entrée en scène façon Tom Cruise dans Mission Impossible 2. Sauf que lui fait tomber son sac dans la flotte dès les premières images, histoire de dire, «je suis venu les mains vides pour sauver Claire, j’espère que t’as pas gâché toutes tes balles en tuant le dernier Boss». Par la suite on revisite encore une fois cette maudite île donc, avec Chris (la version non body-buildé de Resident Evil). La seule différence notable c’est qu’on ne peut pas tout voir étant donné qu’une explosion censée avoir détruit l’île à mis le feu à certaines portes inaccessibles désormais. Au final, Chris lui aussi se barre en avion. Il est d’ailleurs sympathique de noter que dans le jeu de Capcom tout le monde sait piloter, du troufion de prisonnier de base, au membre du Swat local…enfin bref. Après un court vol en Harrier et un atterrissage au poil de postérieur, on se retrouve…au complexe militaire en Antarctique, encore. Bon comme c’est pour Chris on a une fois de plus une version altérée du complexe. Et à ce moment précis, je vous jure que j’ai commencé à en avoir marre.

 

D’un point de vue de la durée de vie certes on peut penser que c’est un gros plus cette rallonge. Même si l’on visite de lieux déjà vu, on change de personnage, de point de vu et le cheminement varie et bla et bla. Le problème c’est que Resident Evil n’est pas une série qui est connue pour sa cohérence à la base. Le manoir de Resident Evil premier du nom avait pour lui l’unité de lieu et la durée de vie courte. Oui c’était un point positif, car cela empêchait que l’on ne fasse trop attention au caractère purement foutraque du concierge. Les clés rangées n’importe comment, des portes qui se déverrouillent en en verrouillant d’autres, les rubis qui ouvrent des passages cachés. Tout cela allait dans le sens de l’exploration. Dans Code Veronica, ce n’est rien d’autre qu’une putain de perte de temps. Pour commencer il y a trop d’objet à collecter, trop de lieux à voir et une zone trop étendue ou mal foutue. On passe son temps à faire des allers-retours incessant et fatigant pour se rendre compte qu’on a oublié un truc à l’autre bout du niveau. De plus le jeu est partiellement non-linéaire, à savoir qu’on peut avoir certains objets avant d’autres ce qui nous donne le constant sentiment d’avancer, alors que l’on va être bloqué dans dix minutes pour une porte oublié là où on a trouvé la clé plus tôt…un bordel innommable.

 

 

 

Au final cela gâche à la fois le plaisir de jeu tout en sapant une partie de l’angoisse. A force d’esquiver quinze fois les deux mêmes chiens dans une cour parce qu’on a pas pris un truc de l’autre côté on finit par ne même plus y faire attention. De la même manière j’ai trouvé que le jeu était le moins inventif de la série pour nous faire des bons gros BOUH, et carrément le plus cruel niveau challenge. En reprenant par exemple les trois premiers, on avait déjà un choix de difficulté (dans le premier Jill = normal et Chris = Tu vas mourir) de plus le tout était assez bien échelonné En faisant bien gaffe aux munitions en priorité, il y avait peu de chance de vraiment bloquer.



Code Veronica est facile pour sa première partie, puis vous balance un mec increvable sans au moins deux soins (ce n’est même pas une histoire de munitions au final) et de même vers la fin du passage avec Claire on a un endroit précis où il est impossible de ne pas prendre au moins trois coups (sachant qu’un seul met en état critique direct) avant d’arriver à fuir. C’est alors que je me rend compte que Capcom a créé le seul jeu qu’il faut connaître avant de pouvoir y jouer…sans savoir où le challenge va se relever d’un coup, on est condamné à recommencer le jeu deux ou trois fois alors que globalement pas de soucis du tout. Le plus rageant c’est que c’est le premier Resident Evil que je finis avec un coffre blindé d’arsenal, mais vide niveau soin et qui plus est face à un boss absolument ridicule qu’on se contente de spamer en encaissant les coup et qu’on finit avec un coup à la première personne loin d’être épique.

 

 

Si je devais ajouter une chose, la mise en scène fait parfois un peu pitié, même si ceci est plus du à l’âge du jeu qu’à une quelconque mauvais volonté. On a dit des tonnes de choses négatives sur Resident Evil 5, la plupart avec lesquelles je ne suis pas d’accord, mais en tout cas visuellement les cinématiques en jettent sévèrement. Du coup revoir un combat de Wesker contre Chris dans Code Veronica…ça passe beaucoup moins bien.

Je ne voudrais pas vous faire croire que ce Resident Evil est une plaie, ce serait faux. Me concernant le déroulement du jeu reste génial dans le principe. On apprend le plus gros par les cinématique, mais les documents laissés ça et là ponctuent notre réflexion sur l’intrigue principale, ou secondaire, le classique du survival en somme. Qui est qui, qui fait quoi. De plus Code Veronica bénéficie d’un des plus beaux twist que j’ai vu dans un jeu, et la première partie est d’ailleurs exemplaire en terme de déroulement. Le plus formidable c’est que c’est très joliment amené. L’histoire de la famille Ashford vaut le coup d’être suivie, et pour les fan c’est aussi assez indispensable pour en savoir plus sur Umbrella Corp.

De plus les bases restent solides, même si cet épisode est le moins bien foutu en terme de décors, la jouabilité reste bonne pour peu que l’on soit un habitué et le délire de ne pas pouvoir faire n’importe quoi avec le rationnement de balles tout cela est encore efficace. Je finis juste sur l’aspect sonore pas forcément au top (certaines armes ont un bruit vraiment mou) mais qui donne la place à quelques thèmes musicaux pas mauvais.

 



Je ne vais pas dire que j’ai détesté Resident Evil: Code Veronica X ou que c’est un mauvais jeu. Cela dit, il est très loin de satisfaire sa réputation que je vois aujourd’hui comme totalement surfaite. Si on se basait uniquement sur la première partie du jeu, celle qui nous met dans la peau de Claire Redfield, pas de doute, on aurait affaire à un bon titre qui plus est, soutenu par un très beau twist. Mais Code Veronica ne s’en contente pas et rallonge à outrance l’exploration qui prend la flotte avec son game design complètement anarchique. De plus avec un pique de difficulté que seuls les avertis ont pu passer, et un boss final d’une nullité affligeante, je ne garderais pas forcément les bons côtés du jeu en mémoire avant les fautes…à choisir, il vaut mieux privilégier le légendaire (à juste titre) remake, ou le 2 qui eux sont des master of horror.

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