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Le succès de la Xbox est en bonne partie liée à Halo Combat Evolved. Microsoft a bien compris l'importance d'avoir une sorte de mascotte pour ses consoles. C'est ainsi que Halo, même avant sa sortie, est devenu le véritable porte-étendard de la marque Xbox. A l'initiative du studio Bungie, la saga Halo a pris un envol fulgurant dans le milieu du jeu vidéo. Applaudi par la critique alors que le public se l'arrachait dans les magasins, Halo redéfinit les bases du succès commercial avec en son centre un rouleau-compresseur marketing. Depuis 2001, les épisodes se suivent (et se ressemblent?), on en comptait cinq avant 2010.
Le sixième épisode de la série nous est arrivé en grandes pompes le 14 septembre dernier. Baptisé
Halo Reach, celui-ci se propose de faire toute la lumière sur les événements qui se sont déroulés avant Halo Combat Evolved, notamment la prise de Reach par les Covenants. C'est aussi le dernier épisode que Bungie développera, avant de partir du côté d'Activision-Blizzard développer une nouvelle propriété intellectuelle. Alors, ce Halo Reach est-il le cadeau d'adieu que les fans attendaient?


Noble Team, reporting

Dans la mythologie
Halo, Reach est toujours restée une sorte de mystère. Mentionnée dès le premier épisode, on apprend que le Pillar of Autumn est le seul vaisseau qui a pu s'échapper de la cuisante défaite de Reach avec à son bord le tout dernier Spartan. Toutefois, si l'histoire a été développée dans un roman (Halo : the Fall of Reach) elle n'a jamais été narrée dans les jeux vidéo de la série. Pour son dernier épisode, Bungie a choisi d'enfin raconter l'histoire de la chute de cette planète ô combien importante pour l'UNSC.

Reach est une colonie humaine qui s'est rapidement posée comme le coeur du pouvoir militaire et technologique de l'UNSC. Son atmosphère proche de celle de la Terre fait d'elle un monde plutôt accueillant. Toutefois, il semblerait que cette planète soit en proie aux troubles. A la suite d'une rébellion sur Reach, une escouade des forces de l'ordre est portée disparue, une équipe de Spartans : la
Noble Team est donc dépêchée sur place.

                                  

                                                                           Une partie de la Noble Team.

Le joueur incarne Noble Six, un Spartan récemment affecté à la Noble Team à la suite du décès de l'ancien Noble Six. Avec ses cinq compagnons, il découvrira vite que la disparition de l'escouade n'a rien à voir avec la rébellion sur Reach. En effet, la Noble Team tombe nez-à-nez avec des forces d'intervention Covenants. Et les super-soldats se rendent rapidement compte que les Covenants ne sont pas là pour effectuer un simple raid sur la planète. C'est toute une flotte d'invasion qui est en orbite de Reach et les troupes sont déjà au sol. La bataille pour Reach peut commencer.

Sans entrer dans les détails pour ne pas gâcher le plaisir des nombreux joueurs qui liront ce test, le scénario de ce
Halo Reach est somme toute relativement classique. Cependant, il a le mérite de nous embarquer dans une lutte épique pour le contrôle de la planète Reach. On retrouve le background qui manquait à la série Halo. Toutefois, il faut tout de même avouer qu'il reste un vide majeur dans ce scénario : Où est le Master Chief? Non pas que je souhaitais jouer de nouveau ce Spartan, mais j'aurais aimé que l'on mentionne son parcours et les événements qui l'ont mené jusqu'au Pillar of Autumn. D'où une certaine déception vis-à-vis de ce scénario qui ne fait malheureusement pas toute la lumière sur les événements de Reach. Halo Reach boucle en effet la boucle mais un maillon manque encore...


We are Spartans!

En termes de prise en main,
Halo Reach ne révolutionne en rien les bases de la série. Si bien qu'un habitué de la série retrouvera ses sensations au bout de quelques secondes. A noter toutefois que la configuration des touches a été légèrement altérée mais qu'il est tout à fait possible de jouer avec une configuration héritée de Halo 3 et Halo 3 ODST, nommée Recon dans les menus. Je conseille aux vieux de la vieille de préférer cette configuration pour se remettre dans le bain plus rapidement.

Le seul ajout important au
gameplay de ce Halo Reach est la possibilité d'embarquer des modules sur sa combinaison. En effet, dans Halo 3, le Master Chief pouvait utiliser des modules comme la bulle de protection, le régénérateur d'énergie, le camouflage et bien d'autres. Ceux-ci n'avaient qu'une utilisation unique, il fallait donc réfléchir à deux fois avant d'en faire usage. Si bien qu'au final, on oubliait presque de les utiliser. Là où les développeurs de Bungie ont été malins, c'est qu'ils ont réintroduit le même genre de système mais avec la possibilité d'utiliser plusieurs fois votre capacité spéciale. Ainsi, vous aurez donc accès à un jetpack, un camouflage optique digne de celui des Elites, un brouilleur de radar, un hologramme pour prendre les ennemis à revers, un sprint, un régénérateur d'énergie et d'autres. Lorsque vous utiliserez cette capacité, celle-ci mettra quelques secondes à être de nouveau opérationnelle. Et finalement on les utilise bien plus que les anciens modules. Plutôt bien vu.

           


 
                                        Encore un joli trailer qui donne envie de foncer à la défence de Reach.

Sinon, on peut noter l'ajout d'un certain nombre d'armes qui varieront vos boucheries. Ces nouvelles armes ont toutes une manière différente d'être appréhendées, ce sera au joueur de s'habituer à leur maniement et de les utiliser au mieux selon la situation mais aussi de choisir lesquelles sont ses préférées. A noter que le joueur ne pourra toujours pas porter deux armes à la fois et faire feu de tout bois, une capacité mise en place dans Halo 2 et 3 mais jamais réapparue depuis. Dommage.

Notons aussi l'apparition de jolis
finish moves lorsque vous arrivez derrière l'ennemi et l'abattez en silence. Classe. Enfin, Halo Reach est fondé sur le même type de maniabilité que les fans ont pu perfectionner au long des épisodes. Les environnements ouverts que l'on parcourt aisément avec des véhicules sont toujours présents et le gameplay si particulier qui va avec. De quoi ravir les fans. Il était évident que les choses allaient rester les mêmes pour cet épisode. On ne change pas les bonnes habitudes.

Remember Reach

Côté réalisation, on peut noter un certain raffinement graphique dans
Halo Reach par rapport à Halo 3 et Halo 3 ODST. Toutefois, on ne peut s'empêcher de penser que le jeu aurait pu être encore plus beau. Halo Reach n'est en effet pas le plus beau jeu de la console. Certaines textures sont un peu crades et les visages des humains, bien qu'ils aient été grandement améliorés, ne sont toujours pas superbes. Cependant, on retrouve un univers toujours aussi séduisants, que ce soit dans les environnements en extérieurs ou en intérieurs. De plus, les personnages sont plutôt bien modélisés, surtout les Spartans de la Noble Team (si l'on excepte leur visage). De plus les effets de rayons et de lumière sont plutôt réussis et le jeu ne rame jamais.

                                    

On peut aussi remarquer le soin particulier que Bungie a apporté à la mise en scène de son histoire. Il est vrai que Bungie a toujours voulu mettre en scène les épisodes de
Halo de manière impressionnante, et ce depuis le premier épisode. Avec Halo Reach, il semblerait que leur mise en scène atteigne la consécration, grâce à la maîtrise du support Xbox360. Les cinématiques ont reçu un travail remarquable et les angles de caméra n'ont rien à envier au cinéma. Tout ceci donne au jeu une qualité narrative inattendue. Certains passages en demeurent assez bouleversants grâce à ces procédés.

A certains moments, les cinématiques prennent l'angle de vue d'un Spartan avant de passer directement au jeu, après un écran noir. Il est dommage de trouver cet écran noir là où on aurait aimé une meilleure fluidité pour être encore mieux immergé dans l'action. En jeu, le joueur sera souvent surpris par l'abondance de détails qui parsème les niveaux. En effet, la distance d'affichage est tout bonnement impressionnante et permet de mieux toucher du doigt la guerre totale qui s'est emparé de Reach. Alors que vous combattez au sol, il vous arrivera de regarder en l'air et de vous rendre compte que le combat est tout aussi acharné dans le ciel qu'au sol.

Tous ces éléments immergent encore plus le joueur dans cette ambiance si particulière que fut la bataille pour Reach. On peut affirmer que Bungie a livré son histoire sur un véritable plateau d'argent même si les qualités graphiques sont bonnes sans être impressionnantes.

Of Elites and Spartans.

En difficulté Héroïque, il vous faudra au moins 10 heures pour terminer
Halo Reach. Ne parlons même pas du mode Légendaire. Notons d'ailleurs que l'intelligence artificielle des ennemis est de très bonne facture. Il n'est pas rare de les voir éviter prestement vos grenades ou tenter de vous prendre à revers. Un excellent point.
Bien sûr, la durée de vie d'un
Halo est surtout liée aux modes multijoueur qu'il propose. Commençons par le mode coopératif qui est accessible sur une même console jusqu'à quatre joueurs (pour la première fois depuis le début de la série) mais aussi en ligne, pour vivre la Campagne entre amis. Le mode Baptême du Feu, où des vagues d'ennemis toujours plus grandes s'en prennent au(x) joueur(s), fait son grand retour après sa naissance dans Halo 3 ODST, là aussi vous pourrez y jouer en ligne avec d'autres joueurs mais aussi sur la même console.

Et les modes compétitifs en ligne foisonnent toujours autant. Au côté des Slayers, Team Slayer, Team Objective et bien d'autres, apparaissent de nouveaux modes de jeu. Le
mode Invasion voit s'affronter deux équipes de 6 joueurs, Spartans contre Elites, pour le contrôle de points sur la carte. Lors de la première phase, une équipe défend ces points contre l'autre qui tente de les capturer. Après en avoir capturer deux les attaquants devront s'emparer d'un module en plein coeur du camp ennemi et l'extraire de la carte pour remporter la partie. La deuxième phase du jeu inverse les rôles, le vainqueur étant déterminé par le taux de capture de l'équipe. Un mode franchement addictif auquel il est préférable de jouer en équipe bien organisée qui a établi des stratégies pour chaque carte du mode.


Ensuite, vous pourrez jouer au
mode Headhunter qui est une lutte pour collectionner des crânes. Chaque joueur doit rechercher les crânes sur la carte et les ramener à certains points de la carte. En tuant un porteur de crânes, ses crânes durement acquis vous seront accessibles et vous pourrez lui voler ses points si vous parvenez à les ramener à bon port. Là encore, ce mode se révèle assez fun tant la lutte est âpre. A essayer.

                                 

                                  Comme toujours les modes multijoueurs rallongeront la durée de vie du jeu.

Les cartes et les modes de jeu sont soumis au vote des joueurs, une fois qu'ils ont tous été trouvés par le système de matchmaking. Trois cartes vous seront proposées auxquelles vous donnerez votre vote ou non. La carte qui a remporté le plus de votes est jouée. Il est aussi possible de voter pour avoir un autre choix de cartes. Notons tout de même que ce système, aussi démocratique soit-il, ne permet pas forcément de jouer au mode de jeu que vous souhaitez.

Enfin, Bungie a mis en place un système d'expérience pour rendre le mode multijoueur encore plus addictif. A chaque partie multijoueur, selon vos performances, vous remporterez des crédits qui correspondent à des points d'expérience (qui vous permettront de monter en grade) et vous permettront d'acheter des parties d'armures pour votre personnage. Notons que ces achats sont purement cosmétiques, ils n'auront aucune incidence sur le jeu en lui-même, c'est simplement pour tenter de vous différencier un peu des autres joueurs. De plus, ces crédits sont aussi accessibles dans le mode solo, vous en gagnerez en terminant des missions.

Bungie a même mis en place un système de défis quotidiens lancés aux joueurs. Ces défis concernent en général le mode multijoueur (par exemple, tuer 100 ennemis en matchmaking ou encore emporter 2 folies meurtrières dans une même partie de matchmaking) mais aussi le mode solo (terminer une mission en Légendaire sans mourir par exemple) et vous permettent d'acquérir un grosse quantité de crédits une fois terminés. Il existe aussi des défis hebdomadaires, bien plus longs, qui vous obligeront à jouer plusieurs fois dans la semaine. Une très bonne idée en tout cas, qui permet de rallonger un peu plus la durée de vie du jeu. Parfait.


Ce Halo Reach était le sujet d'une attente fébrile chez les fans de la série. En effet, ce jeu représente la fin d'un cycle dans la série Halo. S'il est certain que l'on reverra d'autres épisodes de Halo, nous savons aussi que Bungie Software ne s'en occupera plus. A ce titre, Halo perd ses parents avec Halo Reach mais Bungie n'a pas jeté le bébé avec l'eau du bain. Loin de là. C'est avec une certaine émotion que l'on comprend que le studio a tout donné sur ce dernier jeu qui est un véritable adieu à Halo.
Tout le travail de Bungie pour offrir à ses fans un jeu d'anthologie se voit dans
Halo Reach. Et même si, par certains endroits, on peut réussir à trouver quelques points décevants, on ne peut négliger la qualité générale de Halo Reach. On ne peut que plaindre le studio qui récupérera la licence Halo, désormais orpheline. Difficile de passer derrière l'excellence.

Mordraen

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Halo : Reach
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Commentaires

Mordraen
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Mordraen
Merci pour cette précision. Pour ma part, les deux cas que tu viens de citer ne me sont jamais arrivé pour le moment. Tant mieux remarque!
Chipster
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Chipster
J'aimerai préciser que si globalement j'ai trouvé l'IA de très bonne facture (j'ai fini en Héroïque), on est parfois confronté à pas mal de bugs, que ce soit un Covenant situé à 200m sur qui on tire et qui ne bouge pas d'un poil malgré tous les plombs qu'on lui envoie, ou encore un coéquipier agissant de manière assez étrange comme par exemple qui campe sur sa position dans une zone nettoyée et ne daigne pas nous suivre.
Sinon bon test ^^

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Par Mordraen Blog créé le 08/05/10 Mis à jour le 01/07/13 à 18h10

Itinéraire d'un jeune homme atteint de screenopathie (maladie en phase terminale causée par l'abus de biens visuels comme les jeux vidéo ou les films). Le screenopathe n'est rien d'autre qu'un amoureux de l'écran et de tout ce qui s'y passe, pour son plus grand plaisir...

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La fascination de l'écran et de tout ce que l'on peut en faire m'amène à créer ce blog. Amoureux de jeux vidéo et de cinéma depuis mon plus jeune âge, je rêve de faire partager ces passions qui m'animent quotidiennement. Etant donné que j'aime aussi écrire, l'idée d'un Gameblog était faite pour moi!

J'estime qu'une grande partie d'entre nous est atteinte d'une délicieuse maladie : la screenopathie. Tout ce qui peut être projeté sur tout type d'écran (des jeux vidéo aux films en passant par les séries télévisées...) emporte en nous un grand intérêt.

Ce blog a l'intention modeste de vous faire partager mes opinions sur tout ce qui peut passer sur mes écrans. Quand j'irai voir des films au cinéma, je vous en parlerai. Quand je jouerai à un jeu vidéo, je vous en parlerai. Tout simplement parce que j'aime parler de ces choses là et, qu'entre nous, être amoureux des petits comme des grands écrans est tout à fait compréhensible, nous ne savons que trop bien ce qui s'y passe!

Je vous invite donc à continuer un bout de chemin avec un screenopathe et fier de l'être!

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