Longtemps cantonné à l’écosystème PlayStation, avant de s’émanciper sur PC, FF7 Remake s’apprête enfin à poser ses valises sur toutes les plateformes, Nintendo Switch 2 comprise. Si la version Xbox Series ne surprendra pas, celle de la console hybride était attendue au tournant. Plusieurs portages natifs, sortis ou à venir, celui d’Elden Ring repoussé face à l'indignation générale en tête, ont récemment interrogé sur la viabilité du AAA nomade. Mais Square Enix joue une autre partition, plus appliquée, plus minutieuse et diablement convaincante. Tout a été pensé pour que l’expérience soit fluide et immersive, que vous soyez sur canapé ou en pleine session dans le métro.

Une version Nintendo Switch 2 qui tient la route ?

2020, FF7 Remake venait réécrire la légende avec une aventure passionnante, au système de combat hybride surprenant. FF7 Remake c’est un jeu qui se réinvente là où on ne l’attendait pas. Qui 25 ans plus tard dissèque Midgar, l’enrichit, tout comme ses personnages, qui gagnent une profondeur et en justesse, au détriment souvent d’un rythme inégal, multipliant les lenteurs, les scènes à rallonge et les détours superflus. C’est aussi une réalisation spectaculaire, des cinématiques qui en mettent plein les yeux. La version Nintendo Switch 2, c’est tout ça dans le creux de votre main, au prix de concessions qui se font vite oublier.

Dès la cinématique d’intro, le ton est donné : textures propres, noirs profonds, lumière travaillée et HDR qui sublime l’écran, qu’il soit petit ou grand. L’aliasing est assez discret, mais toujours présent par moments, les visages font moins plastiques, le brouillard caractéristique des bas-fonds de Midgar apporte un véritable cachet. Oui, sur le papier, le combo 1080p/30 fps (en nomade comme docké, pas de jaloux) de la version Nintendo Switch 2 est moins bien que les 1620p d’une PS4 Pro, mais dans les faits, le portage surclasse largement le jeu d’origine. Il hérite en réalité de tous les raffinements apportés par la version PS5. Les textures sont plus fines, la fameuse porte n’est pas pixélisée, les éclairages sont plus vibrants, les ombres plus affinées, les assets ont été retravaillés… bref elle n’a clairement pas à rougir face à la PS5 et la Xbox Series.

La version Nintendo Switch 2 hérite malgré tout, et fatalement, des faiblesses des autres versions, comme les discussions scriptées où les détails du visage sont plus flous. Mais rarement elle est prise à défaut, même dans les environnements lumineux et colorés comme le jardin d’Aerith, qui en met toujours plein les yeux. Plus que sa jolie bouille, le portage Nintendo Switch 2 de FF7 Remake impressionne aussi sur le plan technique.

Un portage impressionnant

À part quelques rares chutes de framerate, et mes abus coupables de la fonction pour accélérer les cinématiques d’un simple coup de gâchette (faut bien séduire la génération TikTok), le jeu n’a jamais bronché durant ma vingtaine d’heures passée à arpenter Midgar avec Cloud. La ville grouille ? Aucun souci. Les ennemis affluent ? Toujours fluide. Ifrit s’invite et ravage l’écran de ses flammes, effets pyrotechniques à gogo ? Même pas peur. Le DLC Intermission, un peu plus gourmand et qui avait snobé la PS4 pour se poser en exclusivité PS5, ne fait pas plier la Nintendo Switch 2 pendant les 5h nécessaires pour en venir à bout. Ce portage de FF7 Remake est presque fluide en toute circonstance.

Tout n’est pas parfait, évidemment. Quelques compromis sont nécessaires. Certaines textures se chargent sous nos yeux, parfois un peu grossières, quelques visages se font charcuter… mais ces petits ratés sont rares et s’oublient vite grâce à la prise en main impeccable, le gameplay vif comme à l’origine, la lecture de l’action et des textes agréable en nomade, et des temps de chargement sont rapides, même lorsqu’on essaie de pousser le jeu dans ses derniers retranchements. Sur Nintendo Switch 2, comptez 6 à 8 secondes, que vous soyez docké ou en nomade, contre 2-3 secondes sur PS5, 39 secondes sur PS4 Pro et 43 secondes sur PS4 fat. Ça fait déjà passer ces petites concessions au second plan.

FF7 Remake en mode portable, ça donne quoi ?

Le vrai tour de force de cette version, c’est sa flexibilité. Square Enix ne propose aucun mode graphique, aucun réglage, et pourtant le pari est réussi. Que vous soyez en mode docké ou nomade, l’expérience reste quasiment identique. Du canapé devant la TV ou depuis votre lit, FF7 Remake offre la même richesse et ne le fait pas au prix de sacrifices. Pour comparer grossièrement (on sait que vous aimez ça), le rendu de la version dockée flirte davantage avec la PS5, même si en-deça notamment en termes de framerate, tandis que la nomade se situe entre la PS5 et la PS4 Pro. Et cette dernière surclasse facilement le Steam Deck qui, pour maintenir 40 fps, doit sacrifier la résolution à 720p. L’écran de la Nintendo Switch 2 met la direction artistique du jeu en valeur, la console ne chauffe pas, et on peut enchainer deux heures de jeu en portable. La prise en main avec les Joy-Con est également impeccable, même si l’impossibilité de naviguer dans les menus au joystick demande un petit temps d’adaptation. Certes ce n’est peut-être pas la plus belle des versions ni la plus fluide, mais c’est clairement l’une des plus confortables et versatiles à ce jour. Et si l’on ajoute le nouveau mode « Avantagé », permettant de paramétrer l’expérience à la carte (PV et MP infinis, matérias boostées au max, dégâts à 9999, expérience accélérée etc), on obtient le portage idéal pour refaire le jeu ou le découvrir.