Pour marquer des points, le studio avait besoin de faire le vide en s’émancipant de la plupart des nouveautés amenées par les derniers épisodes pour nous offrir un retour aux sources ardemment demandé par les joueurs. Une source pas très ancienne, cela dit, puisqu’on parle ici de Modern Warfare 2019 et MW2 sorti l’année suivante. Dans Call of Duty Modern Wafare 4, l’heure est donc au gameplay plus terre à terre, au feeling plus brut et viscéral et à un vrai travail sur le gunplay et le sound design. Ça passe aussi par une campagne plus ancrée dans le réel que jamais, un mode DMZ qui a enfin eu droit au traitement qu’il mérite, et un multijoueur qui pourrait bien être l’un des meilleurs de la licence depuis près d’une décennie. Oui, le résultat est des plus surprenants et je ne m’attendais même plus à l’être de la part d’un Call of. Et pourtant.

Une campagne efficace et spectaculaire

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©Jérémy H. "KiKiToes" pour Gameblog

Le mode solo des Call of Duty a toujours été quelque peu mis de côté par la plupart des joueurs, tout du moins depuis l’explosion du multi avec COD 4. Les chiffres sont très parlants et ça a même poussé Activision à ne pas faire de campagne dans Black Ops 4 à l’époque. Grossière erreur. Mais depuis plusieurs années, les différents studios tentent tant bien que mal d’insuffler du neuf dans leur campagne. Chacun y va de sa tentative de sortir du lot pour le meilleur comme pour le pire. Modern Warfare 4 reprend juste après les évènements de MW3 qui, même si la campagne n’est clairement pas l’une des meilleures, se termine sur une séquence choc.

De nouveaux conflits éclatent aux quatre coins du monde désormais devenu une véritable poudrière. En parallèle, John Price, icône des Modern Warfare, est en pleine vendetta, après s’être dangereusement libéré de toute morale.
Cette campagne de Call of Duty Modern Warfare 4 est intense, non seulement de par son excellente réalisation qui enchaîne les séquences explosives et pour certaines mémorables, mais aussi de par son contexte effroyablement ancré dans une réalité alternative qui n’a jamais semblé si probable. Un conflit de grande envergure éclate entre la Corée du Nord et du Sud, appuyé par un Mads Mikkelsen dans la peau d’un sombre agent russe. Une annexion par la violence, saupoudrée d’ingérences et de missions secrètes qui vont nous conduire à incarner différents visages de cette nouvelle guerre. Des victimes, des acteurs et parfois même des bourreaux. La campagne de Call of Duty Modern Warfare 4 se trouve quelque part entre celle de Black Ops 6 et Modern Warfare 2019. Elle n’oublie jamais d’être spectaculaire et s’inspire énormément du cinéma d’action et du thriller d’espionnage, mais elle sait aussi nous scotcher avec quelques séquences plus brutales à l’instar de ce que pouvait proposer MW 2019. Elle reste toutefois bien plus édulcorée que cette dernière, peut-être même un peu trop sage, mais ce n’est pas si mal.

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©Jérémy H. "KiKiToes" pour Gameblog

La narration, somme toute classique, devient un peu plus dramatique et cinématographique que ce à quoi nous avons été habitués dernièrement. De nombreux visages connus font évidemment leur retour tandis que de nouveaux font leur arrivée, mais l’on aura du mal à vraiment s’y attacher d’une quelconque manière puisque souvent ce sont d’illustres inconnus qui ne cherchent même pas à se découvrir. Définitivement, la seule et unique star de ce MW4 reste Price, même si ce dernier aurait sans doute mérité un poil plus d’attention, d’autant que le jeu essaye bel et bien de nous raconter quelque chose, et que tout ce qui se passe à l’écran n’est pas inintéressant. En tout cas, la campagne remplit largement son office. On ne voit clairement pas passer les quelques 6 à 8 heures nécessaires pour la boucler. C’est mené tambour battant et on en prend plein les mirettes, d’autant plus que visuellement, ce Call of Duty Modern Warfare 4 s’en sort pas mal du tout et c’est aussi valable pour ses autres modes de jeu. Ce n’est pas non plus un maître étalon et il y a eu bien plus impressionnant cette année, mais c’est particulièrement propre, immersif et très généreux en termes d’effets pyrotechniques. Mention spéciale aux animations particulièrement naturelles, qui viennent ajouter encore plus de vie là où on ne l’attendait pas spécialement. Un simple rechargement qui s’adapte à notre position (mire ou visée à la hanche), une légère inclinaison à l’approche d’un angle ou d’un rebord… ça fait toute la différence et la campagne en profite pour gagner en immersion.

Un mode DMZ très solide, nouveau ténor de l’extraction shooter ?

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©Jérémy H. "KiKiToes" pour Gameblog

Grosse nouveauté, si l’on peut dire, de cet opus, c’est le retour du DMZ. Le mode extraction de la licence avait vu le jour timidement avec Modern Warfare 2 mais n’avait malheureusement pas réussi à décoller comme il aurait pu (dû ?). À l’époque, le mode de jeu semblait avoir été posé là, sans trop d’effort, mais cette version Call of Duty Modern Warfare 4 n’a plus rien à voir. C’est un jeu à part entière et pas qu’un simple mode de plus sur la pile.
À l’instar d’ARC Raiders, il faudra donc gérer une petite base, remplir des missions plus ou moins scénarisées, accomplir des défis en pagaille et s’assurer d’avoir toujours le meilleur équipement possible.
Trois modes de jeu s’offrent à nous, l’un nous propose d’enchaîner des missions qui font suite aux évènements de la campagne, un autre nous envoie sur le terrain accomplir des missions dynamiques sur le pouce, tandis que le dernier mode nous permet simplement d’explorer la carte librement. C’est ce qui se rapproche le plus d’un mode extraction classique, finalement.

La carte du jeu, qui servira également de terrain pour le mode Battle Royale, est immense. Une Corée du Nord froide, où se mélangent des zones naturelles et boisées à différents espaces résidentiels et autres installations militaires. La map est vaste, dense et surtout bien agencée. En DMZ, elle est aussi et surtout très, très habitée. Les ennemis pullulent de toute part. Les forces armées prennent possession de toutes les bases militaires, de nombreuses patrouilles rôdent en ville et sur les chemins, tandis que les hélicoptères fendent le ciel et déposent des renforts au besoin. Il est impossible de se balader sans prendre une balle ou sans attirer la foule. L’IA n’est pas une fine fleur, mais elle excelle lorsqu’il s’agit de vous mettre une pression folle et surtout, elle ne lâche jamais. Si bien que lancer un conflit près d’un point d’intérêt peut rapidement se transformer en guerre ouverte avec des vagues incessantes d’ennemis.

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©Jérémy H. "KiKiToes" pour Gameblog

Infinity Ward ne voulait pas que l’on soit plombé d’ennemis comme dans le DMZ de MW2, mais là, c’est peut-être un poil trop. D’autant plus que d’autres joueurs rôdent également et sont eux aussi ici pour ramasser des ressources, remplir des missions et des objectifs qui sont parfois les mêmes que vous. Les affrontements sont inévitables dès que les joueurs se rencontrent et le gameplay ultra nerveux de Call of Duty ne laisse que peu de chance à l’inattention. Il n’est pas question de doser la situation avant d’attaquer à l’instar d’ARC Raiders ; la menace que représentent les soldats IA est réelle, mais clairement pas suffisamment punitive. Les joueurs n’hésitent donc pas une seconde à se foncer dessus comme en multi ou en Warzone. Glissade, drop shot, saut de gibbon… c’est du Call of Duty pur-sang, on aime ou on n’aime pas. L’immersion et la sensation de danger permanent sont presque inexistantes finalement, loin, très loin de ce que propose la concurrence directe comme Tarkov ou ARC Raiders. La seule tension réside dans le fait que la mort signifie que l’on perd tout son équipement définitivement mais aussi son agent de terrain. Il faudra payer une grosse somme d’argent pour remettre ce dernier sur pied, ou alors recruter une nouvelle tête. Mais lorsque l’on sait que chaque personnage monte de niveau et débloque des compétences pour se faciliter la vie sur le terrain en améliorant ses chances de survie, son taux de loot ou encore ses capacités physiques, il n’est pas vraiment intéressant de se sacrifier en permanence.

Call of Duty Modern Warfare 4 propose quelque chose de différent, un extraction shooter bien plus vif et instantané, qui fait la part belle à l’action au détriment, peut-être, d’une certaine immersion que l’on aurait pourtant adoré retrouver. En définitive, les sensations seront presque identiques à ce que vous retrouverez en multi ou sur Warzone. Ce qui change réellement ici, c’est le contenu inhérent au mode Extraction. Chaque coin de la carte peut être fouillé, les ressources pullulent et sont toutes importantes puisqu’elles vont vous permettre d’améliorer votre campement et votre matériel. Les armes et l’équipement s’achètent ou se fabriquent et il faut évidemment gérer l’espace de son inventaire, ce qui oblige à prendre des décisions sur le terrain et à prioriser ses objectifs.Ce n’est clairement pas inintéressant, c’est même rapidement addictif. Infinity Ward a également eu la bonne idée d’ajouter un système de Prime pour les joueurs qui tuent trop d’autres joueurs. Ces derniers deviennent alors des cibles prioritaires que tout le monde peut décider de traquer pour rafler une jolie récompense.

Le meilleur multi depuis 2019 ?

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©Jérémy H. "KiKiToes" pour Gameblog

Évidemment, Call of Duty ne serait pas un Call of sans son fameux mode multijoueur. C’est une véritable institution pour des millions de joueurs qui achètent presque aveuglément chaque épisode rien que pour ça. La bonne nouvelle, c’est que cette année, Modern Warfare 4 est un excellent cru, et je n’ai même pas peur de dire que c’est certainement le meilleur multijoueur depuis Modern Warfare 2019. MW4 se secoue les puces et fait table rase du superflu. Il n’est plus question de faire monter de niveau ses gadgets ou ses scorestreaks comme dans BO7 et on revient aux sources en ce qui concerne les atouts également, avec des bonus simples, lisibles et complémentaires. Même le Gunsmith, ou l’armurerie pour les francophones, a été revisité et enfin simplifié. On oublie les histoires de bloc d’armes et les déblocages compliqués. L’idée, c’est de vraiment rendre la progression plus fluide et cohérente, et c’est parfaitement réussi.

En jeu, on est de retour à la maison. Call of Duty Modern Warfare 4 tire un trait sur l’omnimovement amené par Black Ops 6 (qu’on aime ou qu’on n’aime pas) et nous propose plutôt une forme hybride. C’est donc toujours du fast FPS, il est possible de glisser comme un pingouin sur sa banquise, de sauter comme un lapin et de faire des quickshots au sniper, mais sans abus. Il y aura toujours quelques énergumènes pour tester les limites, mais globalement, le gameplay est un peu plus terre à terre que les précédents titres. Les sauts muraux de Black Ops 7 sont aussi passés à la trappe au profit d’un système de parkour plus crédible, fluide et cohérent. Notre bidasse peut se lever facilement à bout de bras pour se hisser sur des plateformes, enchaîner la grimpette sur les caisses ou les voitures, et même s’accrocher aux rebords et aux tuyaux tout en tirant avec son arme de poing. Les déplacements sont hyper agréables, bien que l’absence de sprint tactique natif fasse déjà saigner du nez les puristes. Le studio a fait le choix d’en faire un atout cette fois, au grand dam des amateurs de gameplay survitaminé, voire épileptique. Le vieux briscard que je suis est plutôt satisfait de la démarche qui va obliger chacun à faire ses choix tout en laissant un peu de marge aux moins nerveux d’entre nous. Nous ne sommes pas tous de fines gâchettes et les plus anciens joueurs de Call of Duty commencent doucement à prendre de l’âge. Laissez-nous respirer, bon sang !

Le gunplay a, quant à lui, pris du galon. On a enfin l’impression de tirer avec de vraies armes. c’est Terminé cette sensation de faire de l’airsoft avec des armes sans peps et sans recul. Call of Duty Modern Warfare 4 a fait le choix de rendre le gameplay plus viscéral. Les armes tremblent, les chocs secouent, nos tirs ont de l’impact et les particules font le reste pour rendre chaque échange intense, voire même spectaculaire lorsque ça explose dans tous les sens. Et pour compléter le tableau, le sound design vient habilement habiller l’ensemble avec des tonalités très justes, des claquements métalliques criants de réalisme et même plus globalement une très bonne ambiance générale. Et malgré tous ces changements, le feeling à la Call of Duty est intact. Le TTK, où le temps que l'on va mettre pour éliminer un ennemi, est relativement correct bien que peut-être un poil surévalué. Quoi qu'il en soit, on prend un réel plaisir entre nouveautés et retour aux sources, tout en continuant de balancer quelques injures lorsque le pire revient au galop.

Gestion des spawns compliquée, cartes toutes petites… les vieux démons toujours présents

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©Jérémy H. "KiKiToes" pour Gameblog

Call of Duty Modern Warfare 4 a beau faire des efforts, il se traîne encore et toujours ses vieux démons. Par exemple, la gestion des points d’apparition est toujours un enfer dans la plupart des modes de jeu. On ne compte plus le nombre de fois où l’on se fait éliminer quelques secondes après être revenu sur le champ de bataille, ou le nombre d’ennemis qui arrivent dans le dos alors que l’on vient tout juste de passer. C’est infernal, mais c’est aussi la faute à la construction de certaines cartes, clairement trop petites. C’est là aussi un autre défaut que se traîne la licence depuis la nuit des temps, mais ce n’est pas près de changer. Il faut se faire une raison. Call of Duty Modern Warfare 4 a près d’une vingtaine de cartes, certaines étant exclusives à des modes de jeu spécifiques comme les affrontements à grande échelle ou encore la fameuse arène Killblock, dont la topographie change à chaque round, dont j’ai déjà très largement parlé lors de la bêta.

Pour les modes de jeu classiques, ceux que l’on fera la plupart du temps, les cartes sont toutes soit petites, soit de taille moyenne. Certaines sont même d’ores et déjà calibrées pour favoriser les joueurs adeptes de « spawnkill », comme peut l’être notamment Shipment (qui arrivera d’ailleurs bientôt). On se retrouve ainsi avec des cartes très petites et cubiques, comme cette zone de stockage de bus proprement imbuvable pour peu que vous n’ayez pas le bon tempo ou que le premier hélicoptère ne soit sorti. Il y a aussi Mumbai, une carte étriquée dans des rues indiennes dont on fait le tour rapidement et qui fait surtout la part belle aux fusils à pompe. Des cartes toutes petites et peu inspirées, mais qui sont heureusement minoritaires. D’autres sont de taille moyenne ou suffisamment denses pour offrir davantage d’opportunités d’approche et donc de façons de jouer. Globalement, malgré ces quelques heurts, chacun devrait voir midi à sa porte. Call of Duty Modern Warfare 4 propose suffisamment de contenu pour tenir en haleine des dizaines, voire des centaines d’heures sans problème et les modes de jeu sont très nombreux.

Aux grands classiques Deathmatch et autres Domination s’ajoutent des petits nouveaux comme Pic de Donnée, qui vous poussera à capturer un objectif neutre avant de vous en servir pour pirater la base adverse, ou encore Collatéral, un mode extrêmement compétitif calqué sur Counter Strike ou encore Valorant. Les parties se déroulent en round d'attaque et de défense de sites et l'on doit acheter du matériel à chaque manche. Des nouveautés qui viennent gonfler un catalogue déjà bien fourni et qui sera évidemment agrémenté de nouveau contenu au fil des saisons.

Une note également sur les menus qui gagnent enfin en lisibilité et ce n’était pas gagné du tout. On n’est toujours pas très loin des codes du free-to-play et autres jeux mobiles, avec ses pop-up éclatantes, son déluge de récompenses et ses effets luisants qui viendront nous donner notre dose de dopamine. Tout est évidemment habilement calculé, mais ça ne ressemble plus à un énorme casino de fête foraine. Gageons que cela reste comme ça dans les mois succédant à sa sortie. Pour rappel, le studio a affirmé à plusieurs reprises ne pas vouloir transformer Call of Duty Modern Warfare 4 en carnaval. Il ne devrait donc pas y avoir d’évènements bizarres et encore moins de cosmétiques complètement What the fuck. À la sortie, c’est évidemment respecté, on en reparlera d’ici les premières semaines de la saison 1 pour confirmer la chose.