Depuis des années, c'est l'amour vache entre Call of Duty et les joueurs. Ça fait plus de 20 ans que la licence existe et que les épisodes s'enchaînent chaque année. Plusieurs générations de joueurs s'entrechoquent désormais et les attentes sont différentes pour chacune. Une chose est sûre, tout ce monde aime Call of Duty, et Modern Warfare 4 veut tout faire pour vous le rappeler.
Quitte à lâcher le jeu quelques mois après sa sortie, le jour J, les fans répondent présents. On y retourne à chaque nouvelle sortie, même si l'on a déjà une certaine amertume au fond du gosier parce qu'on sait que quelques semaines plus tard, le jeu tel qu'il est à sa sortie va disparaître pour se transformer en carnaval. Mais promis, cette année sera différente, Infinity Ward veut faire SON Call of Duty, se défaire de ce qui a été fait auparavant et proposer sa vision. Une vision claire, nette et précise, dont notre camarade Guillaume avait pu avoir un aperçu il y a quelques mois déjà, et qui semble enfin pousser la licence dans le bon sens. Entre retour aux sources, drague du jeune public et ressortie des marronniers, Call of Duty Modern Warfare 4 pourrait bien être l'épisode dont la série avait besoin pour rappeler à tous que derrière la broyeuse à dollars, il y a bien un jeu que tous les fans ont aimé au moins une fois.
Le vrai retour de Call of Duty Modern Warfare
Quelques heures en sa compagnie durant un Call of Duty Next éprouvant (on n'a pas tous le niveau de Gotaga), et une bulle d'air frais à affronter les milliers de joueurs lors de la bêta ont suffi à remettre les pendules à l'heure. Les sensations de Call of Duty Modern Warfare 4 sont instantanées et viscérales. Je vais garder les histoires d'équilibrage pour plus tard, lorsque le jeu final sera dispo, même si certaines armes semblent déjà tirer leur épingle du lot. Ce qui tombe comme une évidence en revanche, c'est qu'un très gros travail a été fait sur le gameplay, le feeling des armes et l'ambiance générale. On oublie les couleurs criardes et pseudo-futuristes de Black Ops 7, l'omnimouvement de COD Black Ops 6 ou encore le déluge indigeste de fan-service du très décevant MW3. Infinity Ward a bichonné son poulain comme il n'avait pas pris le temps de le faire depuis Modern Warfare, en 2019. Dès les premiers instants au stand de tir, on le sent. La première rafale tirée sur les mannequins détonne, l'impact est réel, le recul bien présent. Tirer au Deagle est une prouesse en soi, le pistolet lourd se redresse fièrement et violemment à chaque tir, rappelant immédiatement Modern Warfare… de 2007. Et ce n'est pas un reproche, loin de là, c'est une lettre d'amour aux fans de la première heure, les trentenaires d'aujourd'hui qui ont connu ce chef-d'œuvre qu'était Call of Duty MW4.
Modern Warfare 4 s'en rapproche d'une certaine manière avec sone feeling et certaines couleurs discrètement verdâtres des menus. Des menus enfin lisibles au demeurant, même si la bêta épure forcément les options disponibles, c'est encourageant pour la suite. On n'a plus ce sentiment d'application mobile qui tente de nous enfoncer des microtransactions dans la gorge. On arrive enfin à l'essentiel : le jeu en lui-même.

Un gunplay qui offre d'excellentes sensations
Le gunplay est certainement ce qui a reçu le plus gros du travail. C'est bien simple, je n'ai pas ressenti ça depuis le coup de frais qu'avait apporté Modern Warfare 2019 à l'époque. Il y a une réelle prise de risque, encore une fois, celle de rendre enfin toute leur brutalité et leur physique aux armes. Tirer va réellement vous demander de contrôler le recul, et ce même avec des armes complètement équipées d'accessoires. Des accessoires dont on ressent d'ailleurs bien l'impact. Que ce soit une lunette qui nous ralentit la visée, ou une crosse qui offre plus de stabilité. Là encore, je ne pourrai en voir l'équilibrage qu'avec le jeu définitif entre les mains, mais, c'est hyper encourageant, ça donne en tout cas envie d'aller sur le champ de bataille et de tester l'intégralité de l'arsenal.
Comme à chaque épisode, l'armurerie est évidemment généreuse avec ce qu'il faut en fusils mitrailleurs, fusils d'assaut, snipers, ou encore fusils à pompe et SMG. La bêta ne nous dévoile pas tout, mais c'est déjà pas mal du tout. Chaque arme a en prime une prise et une physique qui lui sont propres, en plus d'offrir des sensations uniques. C'est très réussi, ça donne énormément de peps aux affrontements qui gagnent aussi en brutalité. L'ajout d'un nombre incalculable de particules lors de l'impact des balles, des souffles d'explosion qui nous jettent au sol en soulevant la poussière et le déluge d'effets audio très soignés qui vont avec assurent le spectacle par-dessus. Qu'est-ce que c'est prenant et intense, ça faisait longtemps.

Call of Duty MW4 n'oublie pas ce qui fait son succès
Système de classe, atouts, arsenal varié, killstreaks… évidemment, Modern Warfare 4 n'oublie pas ses habitudes et nous propose tout ce qu'il faut pour varier les plaisirs. Il va même à l'essentiel, il n'y a pas de fioriture ou d'abus que ce soit du côté des atouts ou même des killstreaks et des armes disponibles. C'est plutôt terre-à-terre avec des killstreaks allant du drone au bombardement en passant par l'assaut aérien avec tirs contrôlés. Quelques petites nouveautés viennent pimenter le tout, comme le missile de croisière capable de pénétrer dans les bâtiments. On pourra aussi personnaliser nos armes avec un Gunsmith revisité, bien plus aéré et agréable à prendre en main, même s'il propose toujours autant d'accessoires. Les atouts quant à eux feront plaisir aux vétérans avec un retour aux sources et à la simplicité que l'on avait perdue dans les précédents Black Ops. Certains sont plus ou moins stratégiques, comme Ninja pour étouffer ses bruits de pas, ou Régénération pour lancer la récupération des points de vie lors d'un kill ou d'une prise d'objectif, tandis que d'autres sont aussi faits pour que l'on puisse profiter pleinement du système de mouvement entièrement revisité en nous donnant des boosts d'endurance. On peut ainsi plus facilement utiliser le sprint tactique ou grimper à droite et à gauche.
Un nouveau système de mouvement qui fonctionne à merveille
Modern Warfare 4 n'est pas aussi vif que les derniers Black Ops et l'omnimouvement est déjà passé à la trappe. Ici, les mouvements sont plus naturels et plus crédibles. On peut plonger et glisser, mais plus aussi facilement dans tous les sens. La vraie nouveauté vient surtout du fait qu'il est possible de faire un semblant de parkour en sautant sur les murets avec aisance, mais aussi en grimpant les échelles et les tuyaux avec facilité, tout en se suspendant à des rebords, une fenêtre ou un mur. Cela profite au level design qui devient par essence plus vertical et ouvre surtout de nouveaux cheminements, mais ça permet aussi et surtout au gameplay de trouver un juste milieu entre le dynamisme dont les fans raffolent et un certain naturel et réalisme dont la licence avait cruellement besoin.
Des cartes qui s'annoncent intéressantes
La poignée de cartes présentées tire parti du nouveau gameplay de Call of Duty Modern Warfare 4 et synthétise par ailleurs déjà plusieurs schémas de level design intéressants. On retrouvera par exemple les fameuses petites cartes cubiques à la Shipment et autre Nuketown avec Transit, un dépôt de bus qui se transforme en un véritable festival d'explosions. L'action est immédiate, il ne faut pas être trop regardant sur les spawns qui tirent toujours autant la langue et les kills s'enchaîneront à une vitesse folle.
Les moins téméraires préféreront certainement Rooftop et ???, deux cartes plus classiques. La première redessine les toits new-yorkais à sa sauce, propose plusieurs couloirs étranglés et des zones dégagées. Certainement la carte la plus classique de la sélection, mais non moins efficace. ???, qui nous emmène en Corée est quant à elle bien au-dessus du reste. Elle propose bien plus de cheminements, de ruelles étriquées qui contournent de grandes allées citadines bardées de véhicules qui viendront casser les grandes lignes de tir. Une conception intéressante, qui offre de nombreuses opportunités et d'une taille relativement bonne pour éparpiller les affrontements et permettre aux spawns de respirer.

Kill Block, la nouveauté au potentiel fou, mais qui va nécessiter des finitions
Et puis il y a la fameuse Kill Block, la nouvelle carte évolutive de ce Call of Duty Modern Warfare 4 qui change de configuration à chaque manche. Une carte compétitive divisée en trois secteurs qui seront choisis aléatoirement à chaque round, tandis que deux équipes jusqu'à 10 joueurs s'affrontent en face à face avec des bardas eux aussi aléatoires et identiques pour tous. C'est une véritable épreuve de force, intéressante tant que la carte est bien conçue et là-dessus il y a déjà des problèmes apparents. Certaines configurations laissent en effet apparaître des lignes de tir démesurées et surtout que d'un seul côté. Les déséquilibres sont nombreux, c'est certainement pour cela que chaque manche est divisée en deux rounds et que l'on change de côté à chacun d'eux.
Toujours est-il qu'il suffit d'avoir un ou deux joueurs vifs en face pour ne pas avoir le temps de sortir de la zone d'apparition et de devoir attendre la manche suivante pour rejouer. On a connu plus amusant. Kill Block et le mode escarmouche à 10 contre 10 ont assurément un bel avenir et un potentiel monstre, mais il va falloir les retravailler d'ici la sortie.
Le multi de Call of Duty Modern Warfare 4 s'annonce tout bonnement excellent
Call of Duty Modern Warfare 4 ne réinvente pas la série mais il se la réapproprie. Quelques heures en sa compagnie ont suffi pour nous faire retrouver des sensations de tir et une intensité dans les affrontements que l'on avait perdues et que l'on imaginait difficilement revenir. Pourtant, c'est bien là. Le gunplay a pris du galon, le gameplay a mûri et le jeu revient à l'essentiel en tirant un trait sur le superflu. Quelques nouveautés sont également de la partie, comme le nouveau système de déplacement à la fois fluide et naturel qui offre de nouvelles approches intéressantes et amusantes. Il y a aussi l'ambitieux mode Escarmouche à 10 joueurs sur la carte évolutive Kill Block qui mériterait juste un coup de polish pour développer son plein potentiel. Les efforts sont là, ils sont palpables, il faudrait être de mauvaise foi pour dire qu'Infinity Ward s'est reposé sur ses lauriers. Maintenant, on n'attend plus que le jeu final, voir si toutes ses promesses sont bien concrétisées et tiennent sur la longueur. Avec un tel gameplay, je brûle également d'impatience de découvrir le mode DMZ et la campagne, qui pourrait bien nous surprendre.