Prévu pour le 23 juin sur PS5, Xbox Series, PC et Nintendo Switch, Deer & Boy est le premier titre du studio français LifeLine Games. On l’a terminé, voici notre test du jeu.
S’il y a bien une chose à retenir de la rentrée 2026 qui se prépare, c’est que le marché du jeu vidéo se retrouve de plus en plus saturé par les nouvelles sorties constantes dont il bénéficie. Et cela s’applique d’autant plus aux productions indépendantes qui, au-delà même de l’inévitable confrontation qui les oppose aux AAA, se retrouvent désormais à devoir se battre les unes les autres pour espérer obtenir un minimum de visibilité au beau milieu d’un flux quasi permanent de nouveautés. Heureusement pour LifeLine Games, petit studio français fondé en 2021, un joli coup de projecteur lors du Summer Game Fest 2024 aura suffit à faire entrer Deer & Boy dans le radar de certains joueurs. Et c’est tant mieux.
Un récit prévisible mais touchant
L’histoire de Deer & Boy est aussi simple que touchante. Dans la peau d’un jeune garçon en pleine fugue, l’on croise soudainement la route d’un adorable faon, avec lequel des liens ne tardent pas à se créer. Bien sûr, loin de vouloir se contenter de nous attendrir avec un énième récit portant sur l’amour qui peut naître entre l’homme et l’animal, LifeLine Games profite alors de cette belle opportunité pour nous transmettre un émouvant message dont on saisit toutefois très vite les tenants et les aboutissants. Dès la première demi-heure de jeu, à vrai dire, car il s’avère que la subtilité n’est pas forcément l’élément que l’on retiendra le plus de ce titre. Mais on vous rassure : cela ne rend pas le voyage moins beau et percutant pour autant.

Au contraire, même, puisque la force de Deer & Boy réside finalement dans sa capacité à nous faire vivre une grande aventure marquée par un fort minimalisme à tous les niveaux. Dans sa narration, d’abord, puisque nous avons affaire à un jeu d’environ trois heures dénué de la moindre ligne de dialogue. Puis dans son concept, ensuite, qui n’est pas sans rappeler des jeux comme Limbo et Inside dans sa manière d’aborder les choses. Le côté cryptique mis à part, tout du moins, ce qui n’est pas un mal dans le cas présent. Surtout que cela n’empêche pas LifeLine Games de laisser une petite place à l’interprétation dans sa manière de mettre en scène certains événements, avec un juste milieu que d’autres titres ont parfois eu du mal à trouver.
Le plus important, c’est le voyage
Dans la forme, Deer & Boy s’apparente donc à ce que l’on pourrait appeler un « cinematic platformer » en 2.5D, dont l’objectif reste toutefois d’offrir aux joueurs une expérience davantage portée sur le voyage et l’émotion que la difficulté. Durant sa première moitié, le titre enchaîne les séquences plutôt classiques mêlant progression, infiltration et courses poursuites ; tandis que notre compagnon développe petit à petit de nouvelles capacités au fil de son évolution en cerf. De vulnérable faon que l’on transporte et protège de tous les dangers à bord de notre sac à dos, l’adorable animal devient progressivement de plus en plus indépendant, au point de pouvoir nous aider dans notre progression à la manière de Mui dans Planet of Lana.

D’une simple pression de touche, il est par exemple possible de l'envoyer à des endroits inaccessibles pour notre personnage, de sorte à activer des mécanismes ou déclencher des actions indispensables pour pouvoir avancer. De même, ce dernier se découvre rapidement d’étranges pouvoirs qui lui permettent de faire disparaître une dangereuse substance susceptible de ralentir notre progression. Et pourtant, même malgré tout cela – et d’autres surprises que l’on se gardera toutefois d’évoquer ici, Deer & Boy reste un jeu marqué par sa volonté de proposer une expérience aussi accessible que possible. Oui, les mécaniques se complexifient au fil de l’aventure, mais non, jamais le titre n’en devient complexe pour autant.
Ce qui ne l’empêche pas, heureusement, de se renouveler avec brio chapitre après chapitre, de sorte à faire de ce voyage une véritable épopée placée sous le signe de la diversité ; avec des mécaniques parfois introduites à la volée par LifeLine Games, mais de manière parfaitement instinctive pour le joueur. Car le studio n’a peut-être pas souhaité inclure d’éléments textuels destinés à nous expliquer quoi faire dans telle ou telle situation, mais il a tout de même su nous faire comprendre avec une certaine ingéniosité ce que le jeu attend de nous à des moments bien précis. Et cela passe alors notamment beaucoup par les visuels, Deer & Boy étant également un jeu capable de se raconter à travers tout ce que l’on a sous les yeux.

Deer & Boy, un jeu de toute beauté
Doté d’une magnifique direction artistique, le titre de LifeLine Games se présente à nous comme un véritable film d'animation où tableaux colorés et compositions envoûtantes s’entremêlent pour agrémenter ce voyage placé sous le signe des émotions. Des émotions tantôt positives, qui se traduisent alors par des couleurs vives, éclatantes, et des morceaux à l’allure presque féérique ; et tantôt négatives, qui se traduisent à l’inverse par des couleurs plus sombres, plus ternes, tandis que la musique arbore quant à elle une dimension plus mélancolique. Et c’est assurément ce qui contribue à faire de Deer & Boy une expérience plus mémorable qu’il n’y paraît, même derrière toute la simplicité qui le caractérise.
