Trois ans après le premier opus, Wishfully est de retour avec Planet of Lana 2 Children of the Leaf, dont la sortie est attendue pour le 5 mars 2026. Voici notre test.
Dans le paysage des jeux d’aventure en 2D, Planet of Lana est sans aucun doute de ceux qui ont su marquer l’esprit du public ces dernières années. Fort de sa merveilleuse direction artistique et de son ambiance bourrée de charme, il avait en effet séduit de nombreux joueurs, malgré son approche relativement simpliste et répétitive du genre. Cela n’augurait toutefois que le meilleur pour la petite équipe de Wishfully, qui signait alors son premier titre. Forcément, c’est donc avec une certaine impatience que nous attendions de pouvoir découvrir Planet of Lana 2, sous-titré Children of the Leaf, depuis son annonce en juin 2025. Et on ne peut pas dire que l’on ait été déçu du voyage, même si quelques faiblesses persistent encore.
Un récit teinté d’émotions
L’histoire de Planet of Lana 2 se déroule deux ans après les événements du premier jeu – qui vous sont d’ailleurs rappelés en préambule de l’aventure pour ceux qui auraient besoin d'un petit rafraîchissement de la mémoire. Lana et son adorable compagnon, Mui, continuent tranquillement de vivre leur amitié sur la planète Novo, désormais accoutumée à la présence des nouvelles technologies. Car c’est bien là le cœur du sujet de ce nouvel opus : la façon dont, après avoir été craintes, celles-ci ont fini par s’imposer de différentes manières au sein des tribus, puis par devenir la source de conflits. Et c’est précisément le point de départ de cette suite qui, en nous envoyant sur les traces d’un remède pour aider un proche, nous amène à mettre au jour de nouveaux secrets.

Bien sûr, à l’instar du premier volet, Planet of Lana 2 n’est pas un jeu qui se raconte par les mots. Si les personnages sont bel et bien doués de parole, ils discutent constamment dans un dialecte qui nous est inconnu, et que Wishfully se garde volontairement de nous traduire pour laisser davantage de place à l’interprétation. Une approche parfois risquée – des jeux comme Somerville nous l’ont prouvé –, mais qui fonctionne néanmoins très bien ici. Il faut dire aussi que le studio ne cherche pas non plus à s’embourber dans une inutile complexité, et privilégie plutôt une histoire assez simple, mais terriblement touchante. Tellement que nous aurions d’ailleurs aimé pouvoir en profiter davantage manette en mains.
Vous aviez trouvé la durée de vie de Planet of Lana beaucoup trop courte ? N’espérez guère plus de cette suite, qui se boucle en l’espace de six heures montre en main. Et autant cela nous paraissait plutôt légitime dans le cadre du premier opus, qui durait juste ce qu’il fallait, autant nous aurions aimé que Planet of Lana 2 prenne davantage de temps pour raconter son histoire, en sachant qu’il est assurément plus généreux en la matière que son prédécesseur. En effet, Wishfully étend ici l’univers de la franchise avec beaucoup de talent, et parvient à nous tenir en haleine jusqu’à la dernière minute grâce à une aventure dans l’ensemble plus captivante, mais aussi beaucoup mieux rythmée.

Planet of Lana 2 perfectionne sa copie
Insistons néanmoins sur le « dans l’ensemble » car malheureusement, Planet of Lana 2 n’échappe pas non plus à un léger ventre mou lors de son dernier tiers. Ce qui est plutôt dommage, d’ailleurs, car au vu de la qualité des premières heures, il est évident que Wishfully a tenu compte de certaines des critiques émises à l’encontre du premier opus. Par exemple, les énigmes nous apparaissent tout de suite plus complexes et élaborées, avec des mécaniques plus poussées qu’auparavant. De même, l’ajout de nouvelles possibilités de gameplay, telles que le sprint, la glissade ou encore les phases d’exploration sous-marine, offrent une diversité plus que bienvenue à l’expérience.
Une diversité que l’on retrouve aussi dans la façon dont Lana et Mui sont capables de collaborer, les capacités de notre fidèle partenaire ayant été étendues de plusieurs façons par le studio. Entre autres notamment : en nous offrant l’opportunité de prendre le contrôle de certaines créatures, qui peuvent ensuite aider Mui à camoufler Lana des dangers de l’océan, à ouvrir de nouveaux passages à l’aide du feu, ou enfin à faire pousser des plantes grimpantes pour atteindre de nouvelles hauteurs. Et c’est sans oublier non plus la façon dont il est désormais possible de faire de certaines machines nos alliées pour progresser, tandis que des éléments comme la poudreuse, le vent ou l’électricité peuvent impacter notre gameplay.
Autant de nouvelles et sympathiques idées, donc, qui viennent enrichir le gameplay du premier opus comme il se doit, en nous laissant au passage caresser l’idée que nous ayons affaire à une montée en puissance progressive au fil de l’aventure. Le problème, c’est que cela n’arrive finalement jamais. Oui, certaines séquences sont très réussies. Oui, les (trop) rares fois où Planet of Lana 2 se laisse aller à un peu d’action, le résultat est assurément chouette et nous donne envie de voir davantage de scènes de cet acabit. Mais tout cela n’en aurait été que plus impactant si le dernier gros chapitre du jeu ne faisait pas retomber toute la tension, en renouant d’une certaine manière avec le côté plus simpliste et traditionnel de son prédécesseur.
Un véritable tableau virtuel
Heureusement, précisons-le tout de même : cela n’enlève absolument rien à la qualité globale de Planet of Lana 2, qui s’impose comme une version améliorée du premier volet à tous les niveaux. Y compris pour tout ce qui touche aux visuels, qui gardent la même approche faite main qu’auparavant, mais avec de nouveaux environnements de toute beauté. Le village de Lana, les profondeurs de l’océan, la montagne enneigée, la forêt tropicale… Ce nouvel opus, au-delà d’être une vraie ode au voyage et à la découverte, reste une claque artistique absolue, et peut d’ailleurs compter sur des animations d’une grande finesse pour parfaire le tableau. Et impossible de ne pas conclure avec une mention spéciale à la bande-son, qui vient alors sublimer le tout avec beaucoup de douceur.


