La plupart des jeux en monde ouvert d'aujourd'hui ont fait le choix de faire l'impasse sur un élément qui rendait pourtant les titres si uniques et populaires à leur âge d'or.
Aujourd'hui, de nombreux jeux en monde ouvert ont perdu tout ce qui faisait la saveur des titres adoptant cette dynamique qui écœure de plus en plus de joueurs. Mais la raison de cet écœurement généralisé n'a réalité pas tant à voir avec l'utilisation à outrance de cette manière de présenter un univers que la manière de s'en servir. Dans un souci de rendre tout de plus en plus accessible au plus grand public, les jeux open world modernes en ont oublié ce qui en constituait toute la beauté.
Des jeux en monde ouvert modernes qui ont perdu ce qui faisait la grandeur du genre
Il y a une certaine satisfaction à explorer un monde ouvert virtuel sans guide. Ce sentiment qui nous accompagne alors qu'on s'aventure hors des sentiers battus, qu'on découvre une grotte cachée ou qu'on tombe sur un sanctuaire secret. Les jeux en open world étaient autrefois synonymes de liberté, de curiosité et de frisson de l'inconnu. Pourtant, avec l'évolution des jeux, la manière dont ils guident les joueurs à travers leurs environnements a elle aussi changé. De nombreux titres en monde ouvert ressemblent moins à de vastes terrains de jeu à explorer qu'à des tutoriels interactifs, nous guidant d'un point A à un point B grâce à des marqueurs précis.
Au début des années 2 000, l'expérience était bien différente. Les jeux exigeaient de l'attention, de la patience et une exploration approfondie. La réussite reposait le plus souvent sur la capacité à lire des cartes, à se souvenir des points de repère et à résoudre des énigmes sans assistance constante. Aujourd'hui, les jeux en monde ouvert sont bien trop prompts à indiquer aux joueurs où aller et quoi faire.
Malheureusement pour eux, on retrouve souvent ce syndrome dans les jeux Ubisoft, par exemple, qui inondent les joueurs d'icônes de carte, de marqueurs de quête et d'objets à collectionner qui indiquent clairement la direction à suivre. Si cette approche qu'on appelle aujourd'hui péjorativement le « monde ouvert à la Ubisoft » peut sembler efficace, elle gâche en grande partie le plaisir de l'exploration libre. Plus besoin de prêter attention aux contours du terrain, de repérer un point de repère au loin ou de se souvenir du chemin parcouru. Le jeu nous guide sans effort. Le défi et la satisfaction de se repérer seul sont largement remplacés par des indications visuelles telles que des points d'intérêt, des boussoles et des traces lumineuses.

Des irréductibles demeurent heureusement
Par voie de conséquence, la capacité à s'orienter dans un monde ouvert complexe se perd en grande partie dans les jeux modernes. Les joueurs ont désormais l'habitude qu'on les prenne par la main avec des flèches et des points de repère plutôt que d'explorer le monde en profondeur.
Ce compromis est compréhensible. Les développeurs modernes souhaitent que les jeux soient accessibles, réduisent la frustration et permettent aux joueurs de toujours savoir où aller. Les systèmes de fil d'Ariane, les marqueurs de quête et les mini-cartes détaillées sont utiles, surtout dans un monde ouvert immense, riche en quêtes annexes et regorgeant d'objets à collectionner. Mais ce faisant, ils suppriment un élément qui définissait autrefois le genre. L'exploration perd de sa magie au profit d'une sensation de vide.
Retrouver cet aspect n'est pas qu'une question de nostalgie. Les jeux qui incitent les joueurs à être attentifs, à mémoriser le terrain et à repérer les points de repère peuvent être plus immersifs et gratifiants. Chaque voyage devient une énigme, chaque chemin une découverte. Les jeux qui encouragent la navigation manuelle, comme Breath of the Wild/Tears of the Kingdom, Dragon's Dogma 2, Elden Ring ou encore Hell is Us, où la lecture de cartes et l'observation sont importantes, transforment le jeu en monde ouvert en quelque chose de plus significatif qu'une simple série d'objectifs à atteindre.
Croisons les doigts pour que les futurs jeux en monde ouvert s'inspirent davantage de ces exemples prestigieux de la manière de rendre de tels univers fascinants à explorer, plutôt que via des GPS géants qui enlèvent tout plaisir d'exploration.
