Le 27 août prochain, Asobo Studio sera de retour avec Resonance A Plague Tale Legacy, qui fera office de préquel à sa franchise phare. On a pu y jouer en avant-première, voici nos premières impressions.
En 2022, soit trois ans seulement après la sortie d’A Plague Tale: Innocence, Asobo Studio prenait tout le monde de court avec A Plague Tale: Requiem, suite et fin des déchirantes mais incroyablement émouvantes aventures d’Amicia et Hugo. Dès lors, une grande question s’est forcément posée : fallait-il s’attendre à voir l’équipe bordelaise continuer la série avec de nouveaux personnages, ou au contraire se consacrer à une nouvelle franchise ? Et la réponse, aussi paradoxale puisse-t-elle paraître, est sans doute un peu les deux. Car si A Plague Tale va bientôt pouvoir reprendre du service avec Resonance A Plague Tale Legacy, le fait est que nous aurons ici affaire à un préquel voué à réinventer les fondamentaux de la série.
Les débuts d’une voleuse
Un lieu isolé en plein cœur d’une montagne, des environnements gigantesques qui affichent rapidement une incroyable majestuosité, de magnifiques statues qui trouveraient tout à fait leur place dans un musée, et enfin deux aventurières à la recherche d’une mystérieuse épreuve… Non, nous ne parlons pas d’un nouveau Uncharted ni même du prochain Tomb Raider, mais bien du futur A Plague Tale, qui délaisse ici sa dangereuse Provence française au profit des tons chauds et chaleureux de l’île de Crète. Dès nos premières minutes aux commandes de Sophia, dont les joueurs d’A Plague Tale: Requiem se souviendront assurément, le ton est donné par Asobo, qui nous dévoile ici les prémices d’un changement d’ambiance radical.

Oubliez les séances de cache-cache avec l’Inquisition entre deux courses poursuites avec de terrifiantes nuées de rats, et découvrez plutôt ce qui s’annonce comme une vaste et exaltante chasse aux trésors avec la contrebandière, dont les aventures se déroulent quinze ans avant celles d’Amicia et Hugo. Et autant vous le dire tout de suite : le terme « aventure » n’est ici pas utilisé à la légère. Pas plus que ne l’a été la comparaison avec des licences comme Uncharted et Tomb Raider, qui ont servi de principales sources d’inspiration à Asobo pour Resonance A Plague Tale Legacy. « Beaucoup de gens dans l’équipe sont assez fans du travail de Naughty Dog », nous notamment confié Valérian Robert, lead designer sur le projet.
Resonance A Plague Tale Legacy est une aventure
Et cela se ressent profondément manette en mains. Car tout au long de notre preview, qui se déroulait au cours du chapitre 4, le rythme tendu et effréné des précédents A Plague Tale laissait ici davantage de place à l’exploration, à la découverte et surtout à la réflexion, avec une succession d’énigmes à résoudre pour pouvoir progresser au sein de ce que Sophia et son acolyte, Leni, qualifiaient de « première épreuve ». L’occasion alors, pour ce nouvel opus, de lorgner davantage du côté de la mythologie, en témoigne justement ce gigantesque lieu que l’on arpente et qui est réputé pour être la dernière demeure du légendaire Minotaure. Ce qui explique d’ailleurs pourquoi énigmes comme pièges mortels sont ici à l’honneur.

Oui, salle après salle, alors que l’on s’enfonce toujours plus dans les profondeurs secrètes de l’île, le danger se veut de plus en plus présent. À l’aide de son journal d’aventurière rempli de notes et d’une sphère lumineuse capable de révéler des éléments cachés dans l’environnement, Sophia résout des puzzles à base de symboles, de miroirs lumineux et de mécanismes antiques qui auraient de quoi faire rêver n’importe quelle Lara Croft, Nathan Drake et Indiana Jones. Des puzzles qui, parfois, ne laissent aucune place à l’erreur, sous peine de voir la contrebandière être violemment embrochée par des piques sortant du sol comme des murs. Car sans pour autant devenir frustrant, Resonance A Plague Tale Legacy se veut être un jeu exigeant.

« On essaye de faire en sorte que ce soit le plus juste possible, mais en gardant quand même un peu d’exigence par rapport à ça », m’a notamment répondu Robert lorsque je l’ai remercié d’avoir rendu certains pièges mortels… mortels. Ce qui peut paraître absurde dit comme ça, mais qui ne l’est pas tellement quand on sait que des jeux comme Uncharted: The Lost Legacy ou les derniers Tomb Raider avaient parfois tendance à aseptiser cet aspect du gameplay pour ne pas se montrer trop punitifs. « Le thème du niveau c’est aussi un peu ça. Si ce sont des pièges mortels, ça veut dire qu’il y a une conséquence pour le joueur ». Une belle réussite sur ce point, donc, qui ravira sans aucun doute tous les amateurs d’action-aventure.
Sophia entre en action
Mais qui dit action-aventure dit également « action » et sur ce point, Resonance A Plague Tale Legacy a de quoi surprendre. Loin de la fragilité d’Amicia, forcée de privilégier l’infiltration sous peine de périr sous les coups de l’Inquisition, Sophia se présente à nous comme une véritable battante. Elle est forte, agile, et cela se ressent dans les combats, qui prennent ici une tournure très différente. Armée d’une épée, la contrebandière attaque, contre-attaque et pare les coups des adversaires qui se dressent sur son chemin avec une grande fluidité, en plus d’utiliser tous les outils à sa disposition pour prendre l’avantage. À l’instar du grappin, par exemple, qui permet de les attirer à soi ou de les faire tomber des hauteurs où ils se cachent pour mieux nous tirer dessus.

Elle peut aussi leur donner des coups de pied pour les déstabiliser ou encore leur jeter des objets issus de l’environnement pour les sonner, afin de mieux pouvoir les achever ensuite via des exécutions viscérales. Oui, Asobo a fait de sacrés progrès pour tout ce qui touche aux combats, qui demeuraient alors l’un des plus gros points faibles d’A Plague Tale jusqu’à présent. Et même si des petits problèmes de caméra étaient malheureusement de la partie, cela ne rendait pas moins les choses satisfaisantes pour autant. D’autant plus que dans l’ensemble, Resonance A Plague Tale Legacy semble déjà disposer d’une prise en main aussi souple qu’agréable, et que la présence d’un arbre de compétences fait que nous sommes loin d’avoir tout expérimenté.
Un récit humain bardé de mystères
D’ailleurs, preview oblige, il est pour l’instant encore assez difficile de comprendre où le titre souhaite nous emmener avec ce préquel, qui semble pour l’heure n’avoir aucun lien concret avec les événements contés dans les deux premiers volets. Pourtant, cela a déjà été confirmé par Asobo, il sera bel et bien question pour lui de tisser des liens entre l’histoire de Sophia et la Prima Macula. À confirmer, donc. Ce qui est sûr, en revanche, c’est que Resonance A Plague Tale Legacy semble très bien parti pour garder la puissance d’écriture de ses prédécesseurs, quand bien même il n’est plus question ici de mettre en scène une relation fraternelle. Et les nombreuses interactions entre Sophia et Leni ont pu nous le prouver.

Une petite heure passée en leur compagnie a en effet suffi à rendre les deux héroïnes attachantes, et surtout à confirmer que, malgré le changement d’ambiance opéré dans ce nouvel opus, le récit gardera tout de même un côté profondément humain. Les deux femmes échangent, se taquinent, se confient, s’inquiètent l’une pour l’autre, et gagnent ainsi rapidement en relief. Ce qui, parfois, sera aussi contrebalancé par une dimension plus mythologique, qui nous amènera notamment à incarner un gladiateur du passé, dans des séquences s’apparentant à des visions. Qui est-il ? Et quel est son lien avec Sophia ? Voilà l’un des nombreux mystères qu’il faudra percer dans Resonance A Plague Tale Legacy, à venir sur PS5, Xbox Series et PC.
On attend le futur A Plague Tale… comme un chasseur de trésors attend sa prochaine grande aventure
Avec Resonance A Plague Tale Legacy, Asobo Studio ne semble pas vouloir se contenter d’offrir un simple troisième opus à sa franchise : il semble aussi et surtout vouloir en bousculer les codes. Après avoir fait des premiers jeux une sorte de The Last of Us à la française, l’équipe bordelaise se tourne cette fois-ci vers les codes de l’action-aventure à la Uncharted et Tomb Raider pour ce préquel, dont nous avons adoré et savouré chaque minute lors de cette preview. Et nous sommes loin d’avoir tout vu. « Ce que t’as pu voir dans le niveau n’est pas forcément représentatif de toute l’aventure », nous a promis le lead designer du jeu « Il y a d’autres gameplay, d’autres teintes, qui feront que ce n’est pas juste le Uncharted d’Asobo ». De quoi décupler notre curiosité.