À chaque fois que The Blood of Dawnwalker a montré ses crocs, Rebel Wolves ne cachait clairement pas les liens du sang qu’il partage avec The Witcher 3, et en jouait même pour attirer un public déjà acquis à sa cause. Restait cependant à voir si ce nouveau studio était aussi capable de voler de ses propres ailes de chauve souris afin d’offrir une expérience suffisamment à part pour ne pas non plus entièrement dépendre de l’ombre de Geralt. Si ce premier aperçu clavier/souris et manette en main flirte beaucoup avec la nostalgie de The Wild Hunt, on a aussi pu apercevoir, quoique pas aussi longtemps qu’on l’aurait souhaité, le potentiel de la face nocturne de cette aventure originale. Voici donc nos impressions sur ces premières heures en compagnie de Coen.

Un prologue de The Blood of Dawnwalker qui donne très soif

Pour ce premier contact avec The Blood of Dawnwalker, Rebel Wolves a donc choisi de nous faire découvrir son prologue, qui se place peu après les événements du trailer cinématique de l’année dernière. À savoir quand un groupe de vampires (ou Vrahkhiri dans cet univers) deviennent les nouveaux seigneurs de la région où résident Coen et sa famille, dont sa petite sœur atteinte d’une peste et soignée par le sang de l’un d’entre eux. Depuis, les habitants vivent sous le joug de ces créatures, et les adultes payent chaque dimanche à la messe un tribut sanglant en échange de leur protection. 

The Blood of Dawnwalker Brencis
Notre ennemi le plus mortel est clairement Brencis et sa clique... selon le point de vue. © Rebel Wolves

D’entrée de jeu, l’univers de The Blood of Dawnwalker plante son univers sombre de manière crédible, en ancrant de plus son récit dans une forme de réalité historique de ce qu’était la Pologne dans le Moyen-Âge du 13ème ou 14ème siècle, mais évidemment avec une surcouche dark fantasy. Malgré cette ambiance sinistre, le titre profite des technologies modernes pour nous offrir une belle direction artistique et des graphismes certes pas à la pointe, mais tout de même solides. Dans le cadre de cette preview, nous avions de plus accès à une version PC très stable, mais sur une configuration ultra puissante. On attend donc de voir ce qu’il en sera sur notre machine un peu moins bien équipée, et sur d’autres plus modestes, mais également sur consoles. 

The Blood of Dawnwalker DA Dark Fantasy
Le titre se permet parfois de superbes fulgurances artistiques et graphiques. © Rebel Wolves

Toujours est-il que, après une introduction de The Blood of Dawnwalker plus que compétente mélangeant cinématiques savamment mises en scène pour poser le décor et didacticiels pour prendre en main le jeu, on se retrouve donc un matin ensoleillé de dimanche dans le village natal de Coen. Son père lui confie plusieurs tâches, qui nous encouragent habilement à explorer cette première zone du monde ouvert du jeu, qui rappelle à s’y méprendre grandement Blanchefeur, le point de départ de The Witcher 3. Via différentes quêtes principales et secondaires, on a en effet droit à un premier aperçu des différentes mécaniques du titre.

On découvre ainsi notamment un système de dialogues à choix multiples avec une écriture globalement compétente, qui reprend pratiquement à l’identique celui de The Wild Hunt ; on se déplace dans le monde un peu comme un jeune Geralt (mais fatalement moins charismatique, sans doute du fait de sa jeunesse et de son inexpérience) ; ou encore aider des villageois à retrouver un animal perdu ou traquer du gibier, à l’instar d’un sorceleur ; on ramasse des ingrédients pour faire des concoctions, comme… vous avez sûrement saisi l’idée. 

The Blood of Dawnwalker Vibe The Witcher 3
L'ambiance de ce prologue rappelle définitivement celle de The Witcher 3, et ce n'est pas du tout un reproche. © Rebel Wolves

Cette première journée de The Blood of Dawnwalker montre donc des liens de sang plus qu’évidents avec le magnum opus de CD Projekt RED. Mais est-ce un mal que le petit cousin s’inspire de son vénérable aîné ? D’autant qu’on sent que les développeurs ont gagné en compétences depuis pour nous proposer une expérience encore plus aboutie et fine, en tout cas dans ce qu’on a pu observer. J’avais en effet personnellement l’impression de replonger 11 ans en arrière, quand je découvrais The Witcher 3 pour la première fois. Et ce sentiment d’émerveillement est clairement un point en faveur de cette branche vampirique d’un si illustre arbre généalogique.  

Ce prologue de The Blood of Dawnwalker nous permet également, avec une certaine habileté, de nous familiariser avec un cycle jour/nuit qui lui est en revanche parfaitement original. Réaliser chaque quête fait en effet avancer d’une ou plusieurs unités de temps notre journée (qui en comporte sept). Il n’était donc pas possible de tout faire en un jour, et cela pose déjà de potentiels jalons pour l’énorme rejouabilité que promet le titre. Le soir venu, Coen et ses parents partent donc à la sanglante messe de leurs bienfaiteurs vampiriques. Et si on va passer sous silence ce qui s’y déroule, on peut au moins vous dire que Rebel Wolves a un sacré sens du spectacle et de la mise en scène. Et c’est aussi enfin à partir de là, sous le couvert de la nuit, que leur jeu s’émancipe de son illustre aîné, pour révéler son plein potentiel. 

Du sang frais à la formule RPG dark fantasy, et ça a l’air délicieux

C’est en effet pendant cette soirée sanglante que The Blood of Dawnwalker montre vraiment les crocs, à l’instar de Coen qui se transforme donc en demi-vampire. La nuit, il se comportera alors comme ces créatures mythiques et assoiffées de sang, avec les pouvoirs que cela implique, tandis que de jour il sera un humain « lambda », mais qui apprendra un peu plus tard à manier la magie du sang. On a ainsi une intelligente dualité entre ces deux gameplays. Dans sa forme humaine, on aura clairement l’impression de jouer à une version alternative de The Witcher 3, où notre héros pourra se mêler avec les autres êtres vivants, engager des conversations, et le cas échéant se battre.

En tant que vampire, il sera bien plus difficile d’interagir avec ses potentielles proies, la soif de sang risquant à tout instant de nous faire perdre le contrôle, mais on disposera de compétences uniques pour se téléporter, se métamorphoser, et donc aborder exactement un environnement ou une quête donnée de manière radicalement différente. C’est là un autre point très prometteur du jeu s’agissant de la liberté et du potentiel de rejouabilité qu’il proposera. Il devrait en être de même pour  les choix moraux cornéliens : Coen va-t-il conserver son humanité, ou embrasser sa part vampirique pour arriver à ses fins, quitte à ce que la corruption pave de sang ses bonnes intentions ? J’ai personnellement très hâte de voir où le titre va nous emmener sur cette thématique que je trouve passionnante.

The Blood of Dawnwalker Coen Demi-Vampire
Doit-on combattre ou embrasser sa part vampirique ? Cela dépendra de vos choix... © Rebel Wolves

Il en va d’ailleurs de même dans le système de combat de The Blood of Dawnwalker. Dans sa forme humaine, Coen utilisera donc une épée et la magie de sang pour se battre, et pourra consommer des potions et autres consommables pour se soigner et obtenir divers bonus. En vampire, il sera en mesure de se battre avec ses griffes, troquera la sorcellerie humaine pour des pouvoirs vampiriques, et pourra récupérer de la santé exclusivement en buvant du sang. De notre expérience dans la preview, cette forme manquait clairement de puissance au début et était plus délicate à jouer.

C’est somme toute logique, compte tenu du fait que Coen est alors un « nouveau né ». Toujours est-il que cette forme offre, comme peu d’autres jeux, la fantaisie d’incarner un vampire, et le fait de manière fort alléchante. Pour autant, le gameplay humain « à la The Witcher » n’est clairement pas inintéressant non plus. On aurait même tendance à dire que Rebel Wolves a pu encore peaufiner cette formule, pour, quelque part, en proposer l’évolution naturelle. Pour revenir sur les combats, ceux-ci utilisent un système de direction des coups, qui s’inspire de celui de Kingdom Come Deliverance. Cela ajoute une dimension tactique et de rythme fort bienvenue par rapport aux affrontements qui n’étaient clairement pas le point fort de The Witcher 3.

The Blood of Dawnwalker Combat Tuto
Les combats mélangent ceux de The Witcher 3 et Kingdom Come Deliverance, pour un résultat convaincant. © Rebel Wolves

Compte tenu des 4 heures qui nous étaient imparties pour cette preview de The Blood of Dawnwalker, le prologue nous a pris les trois quarts de notre temps de jeu. Nous n’avons donc pas pu passer beaucoup de temps dans le monde ouvert en tant que tel. Tout au plus avons-nous pu essayer deux ou trois types de contenus annexes ou quêtes secondaires. Il est donc encore trop tôt pour juger de la qualité de cette composante essentielle du titre. La carte avait en tout cas l’air assez massive, sans être toutefois trop étourdissante ni surchargée de choses à faire. Il ne s’agissait cependant que d’une partie d’un plus large ensemble, qu’on est curieux de découvrir dans la version finale du jeu.

De même, nous n’avons pas eu assez de temps pour pleinement juger du système de progression de The Blood of Dawnwalker. Celui-ci semble toutefois aussi complet que complexe. D’une part, Coen va gagner en expérience, monter en niveau et donc obtenir des points à distribuer entre trois arbres extrêmement touffus, l’un pour sa forme humaine, l’autre pour son pendant vampirique et le dernier qui est commun aux deux. Ensuite, certaines compétences requièrent de trouver un livre pour les débloquer et les apprendre. Enfin, évoluer dans ces trois arbres nécessitera de prier auprès d’un sanctuaire qui fait également office de point de voyage rapide (pas question donc de pouvoir se téléporter n’importe où, il va falloir forcément faire fonctionner ses écrase-boue). Sauf qu’apprendre une compétence fait obligatoirement passer une unité de temps du jour ou de la nuit. 

The Blood of Dawnwalker Compétences Vampire
Le système de progression à trois arbres promet d'être touffu et chronophage à plus d'un titre. © Rebel Wolves

Reste donc à voir si cela ne sera pas trop pénalisant dans la progression de la quête principale du jeu. Rappelons en effet qu’une fois le prologue terminé, Coen a 30 jours (et donc 30 nuits) pour avancer dans l’histoire et ultimement sauver sa famille (ou pas d’ailleurs, selon ses choix). Rebel Wolves nous a assuré qu’il ne s’agit pas là d’une obligation, et que la liberté des joueurs est au cœur de l’expérience. On aurait tendance à les croire sur parole, mais on attend tout de même d’en juger pleinement quand The Blood of Dawnwalker sortira.

On attend The Blood of Dawnwalker… comme un vampire qui a mortellement besoin de sa dose

Cette preview de 4 heures de The Blood of Dawnwalker était à la fois riche d’enseignements, et trop courte à notre goût. À la fin de la session, on est toutefois parti avec l’envie de continuer l’aventure en compagnie de ce demi-vampire plein d’alléchantes promesses et de voir où nos choix cornéliens vont emmener son histoire. Un signe comme un autre d’un potentiel certain pour cet univers qui semble être à la croisée idéale des mondes entre The Witcher et une sorte de Vampire La Mascarade médiéval. Pour son premier jeu, Rebel Wolves pourrait ainsi bien nous proposer un RPG dark fantasy capable de dépasser sa propre création, sortie une décennie plus tôt. Vivement le 3 septembre 2026 pour se forger un avis plus définitif en mordant ce titre « entre tradition et modernité » à pleines dents.