Certes, la page de Violet Evergarden soit tournée depuis 6 ans. Pourtant, la délicatesse douce-amère de Kana Akatsuki continue de se délier dans sa nouvelle œuvre : Agents of the Four Seasons. Autre light novel remarqué de l’autrice, l’histoire des agents chargés d’assurer la continuité du cycle des saisons vient de débarquer sur nos écrans grâce à l’adaptation de Wit Studio (L’Attaque des Titans). L’épisode 1, “La Danse du printemps”, est disponible depuis le 28 mars sur Crunchyroll. Une mise en bouche qui pourrait bien vous donner envie d’attendre la sortie des prochains chaque samedi.

Agents of the Four Seasons réveille une saison éteinte

L’entrée en matière in medias res d’Agents of the Four Seasons tranche sensiblement avec toute la suite de ce premier épisode. Un drame inexpliqué, un appel à l’aide. Le nouvel anime de Wit Studio crée une tension qui va sous-tendre le voyage entrepris par nos héroïnes, Lady Hinagiku, membre de l’Agence des Quatre Saisons, et Sakura, sa protectrice. Un secret les pèse, un incident survenu 10 ans plus tôt et lié à la disparition du printemps.

Nous oublierions presque cette tension latente en suivant le voyage de Sakura et Hinagiku. L’épisode 1 d’Agents of the Four Seasons nous entraîne hors des villes, aux confins d’un village perdu dans les montagnes. Les deux jeunes femmes s’éloignent du monde moderne. Elles doivent remplir une mission qui les attend depuis 10 ans : faire revenir le printemps. On découvre alors un monde entre modernité et interventions magiques, entre les ambitions du présent et le besoin de préserver les rituels secrets. Les premiers enjeux de la série se mettent doucement en place au travers des contradictions qui semblent se muer entre notre duo et l’agence à laquelle elles appartiennent.

Mais plutôt que de nous embarquer tout de suite dans une intrigue trop dense, “La Danse du printemps” prend le temps d’installer son atmosphère contemplative. La rencontre inattendue qui attend Sakura et Hinagiku donne le ton. Tout comme Violet Evergarden, Agents of the Four Seasons promet de nous toucher en plein cœur par des portraits de personnages sincères et meurtris. Par le regard naïf et pourtant déjà mature de la petite Nazuna, ce premier épisode redonne espoir. Or, c'est tout ce que cherchait Hinagiku. Après cette absence elle se demande si son existence est encore utile en ce monde.

Agents of the Four Seasons voit le retour du printemps avec Hinagiku.
© Crunchyroll / Wit Studio.

Loin de la grandiloquence artistique de L’Attaque des Titans et de Vinland Saga, Wit montre ici une autre facette de son talent. Se concentrant sur les personnages et moins sur les paysages, il adapte avec soin l’œuvre de Kana Akatsuki. Avec un trait élégant qui sied parfaitement à Agents of the Four Seasons, il pourrait d’ailleurs nous offrir là un petit avant-goût de ce à quoi ressemblera le remake The One Piece dont il est aussi en charge. Mais au-delà de l’animation, c’est la musique qui nous embarque par ses mélodies au piano qui composent avec des sonorités plus traditionnelles. La bande-son s’accorde même toute une symphonie de bruits de la nature, faisant sonner le retour du printemps jusqu’à nos oreilles.

L'“après-Violet Evergarden” fait ses premiers pas avec douceur

Agents of the Four Seasons se présente dès ce premier épisode comme une œuvre délicate, qui fait passer l’émotion avant la démonstration. Portée par une direction artistique tout en retenue, cette nouvelle production de Wit offre un récit intime qui risque d’être rattrapé par des enjeux qui le dépassent. Si la lenteur du rythme peut détonner des habituelles séries du studio d’animation, celui-ci s’en sort tout de même très bien pour une entrée en matière qui laisse espérer une œuvre aussi poignante que Violet Evergarden.