1. Jeux Vidéo Gameblog
  2. >
  3. Tests de jeux vidéo
  4. >
    Test de Crusader Kings III (PC)

TEST de Crusader Kings III : Le mélange parfait entre Wargame et RPG

Par Camille Allard - publié le
×

Crusader Kings II est considéré à juste titre comme la pièce-maîtresse du catalogue du studio/éditeur Paradox Interactive et forcément le nouvel opus Crusader Kings III était attendu au tournant par de nombreux fans et amateurs en tout genre de stratégie et de wargame. C'est donc avec une certaine excitation que nous avons foncé tête baissée dans le test de ce qui s'annonce déjà comme un véritable tournant dans l'histoire de la saga.

Pour ceux qui ne sont pas familiers avec Crusader Kings, le principe est en fait assez simple : il faut faire prospérer votre Dynastie durant le Moyen-Age d'une période A à une période B. Deux dates de départ s'offrent ainsi à vous dans ce nouvel épisode : 867 et 1066. Deux dates qui ne sont évidemment pas choisies au hasard puisqu'elles représentent des périodes importantes dans la chronologie médiévale. 867 étant l'Age d'Or des conquêtes Vikings, période où la féodalité prend tout son sens en Europe puisqu'elle est l'ultime rempart contre les invasions impies du Nord. C'est aussi une date-clé pour l'Europe Occidentale avec le Traité de Compiègne qui marque une paix de "longue durée" entre le Royaume de Bretagne alors indépendant et le Royaume de Francie Occidentale sous le règne de Charles le Chauve.

Dans le reste du Monde, les différents royaumes musulmans prospèrent et continuent leurs conquêtes. L'autre date de 1066 marque elle aussi un tournant en Europe, puisqu'elle voit naître le Royaume d'Angleterre avec la victoire décisive de Guillaume le Conquérant lors de la Bataille d'Hastings. La carte du jeu inclut évidemment l'Europe mais elle s'étend cette fois jusqu'aux confins de l'Asie, aux portes de la Chine à l'Est. Au Sud, celle-ci s'arrête à la corne de l'Afrique à l'Est et quasiment jusqu'au Cameroun à l'Ouest. Vous avez donc un terrain de jeu très large avec de très nombreuses cultures différentes.

"Pesez, Louis, pesez ce que c'est que d'être roi de France" (Philippe IV le Bel)

Pour le bien du test nous avons commencé avec la date de 1066 et le choix du Duc de Toulouse qui à l'époque est un puissant vassal du Roi de France. Cette région inclut non seulement une belle partie du Sud Ouest mais aussi toute la région du Languedoc, ce qui en fait le représentant ultime de la culture Occitane. Selon vos ambitions vous avez la possibilité de commencer "petit" en jouant un Comte, pour ensuite espérer devenir Duc et pourquoi pas un jour Roi ou Empereur. Ou alors comme nous, vous pouvez directement commencer en tant que Duc ce qui représente un bon compromis entre la difficulté de se faire une place en tant que Comte et la difficulté de gérer un Royaume et ses nombreux vassaux. Plus qu'un simple wargame, Crusader Kings III est aussi un RPG, bien plus encore que Crusader Kings II. Car en gérant votre Dynastie vous gérez votre personnage (en l'occurrence ici, pour nous le Duc de Toulouse) et toute sa famille. Vous devez trouver une épouse, gérer les jalousies de vos frères et soeurs et l'éducation de vos enfants.

"Vous, hommes d'Angleterre, qui n'avez aucun droit en ce Royaume, le roi des Cieux vous mande et ordonne par moi, Jehanne la Pucelle, que vous quittiez vos bastilles et retourniez en votre pays, ou sinon, je ferai de vous un tel dommage qu'il y en aura éternelle mémoire." (Jeanne d'Arc)

En 1066 le Duc de Toulouse est encore bien jeune, puisqu'il n'a que 19 ans et est célibataire. Si vous voulez que votre Dynastie prospère il va être nécessaire de trouver une épouse en Europe (ou plus loin) de religion chrétienne et si possible un très bon parti pour vos futures ambitions. Ainsi, lors de la recherche d'une épouse (ou d'un époux si votre personnage est une femme) vous avez la possibilité de classer les potentiels prétendants selon plusieurs critères : Prestige, Alliance, Age, etc. Le prestige de votre Dynastie s'acquiert par plusieurs biais (actions diplomatiques, guerres...) et le mariage est l'un d'entre eux. Il est évident qu'épouser la fille d'un roi, ou mieux d'un Empereur vous fera gagner beaucoup plus de prestige qu'une simple fille de noble d'une obscure Dynastie d'Europe. Mais attention, les Dynasties rivales ont aussi des prétentions et ne comptez par sur le Roi de Castille (simple exemple) pour vous accorder la main de sa fille si vous êtes vous-même issu d'une petite dynastie sans prétention.

"Les corps sont au Roi de France, mais les âmes sont à Dieu !" (mise en garde des Templiers)

Chaque personnage possède des traits (de caractère, de santé...)  qui peuvent être héréditaires ou non. Si une prétendante est issue d'une grande dynastie mais qu'elle a un pied bot, vos enfants pourront aussi hériter de ce problème génétique. Forcément, chaque trait apporte son lot de bonus et de malus. Par exemple un trait de bravoure vous apportera de nombreux bonus pour le combat et le fameux trait pied bot (ou bossu entre autres) apportera des malus de prestige et autres. En plus des traits de naissance et d'éducation (qui peuvent varier selon le tuteur choisi pour vos enfants) il faut ajouter à cela les traits de situation. C'est comme ça que notre brave Duc de Toulouse a perdu l'usage d'un oeil lors d'une bataille en recevant des malus en conséquence. Les traits physiques sont pour la plupart visibles du premier coup d'oeil sur les portraits des personnages (Le Duc de Toulouse porte ainsi un bandeau sur le visage). Il existe aussi de nombreuses "anomalies" génétiques en jeu : le nanisme, l'albinisme, le gigantisme... ainsi que de nombreuses maladies comme la Peste Noire, la syphilis ou encore le choléra qui peuvent venir s'ajouter au fil du jeu selon les événements et les situations.

Un jeu d'une profondeur insondable ?

De nombreux événements avec choix peuvent intervenir en jeu. Dans notre partie, au bout de quelques années, le Duc de Toulouse a fait connaissance avec la cuisinière du château de Toulouse, une charmante jeune femme qui depuis peu avait pour vice de préparer les soupes avec des morceaux de viande humaine. Dès lors, deux choix s'offrent à nous : continuer à savourer ce type de "mets" et gagner le trait cannibale ou dénoncer la femme et la mettre dans une geôle. En gagnant le trait cannibale vous gagnez aussi un nouveau secret. Certains personnages avec des secrets (particulièrement lourds comme le cannibalisme) s'exposent à du chantage, ou pire en cas de découverte par un autre personnage. Il faut donc toujours veiller à ne pas accumuler trop de secrets (enfant illégitime, maladie, fétichisme, etc) pour ne pas risquer de vous exposer à vos ennemis. Car ces derniers sont nombreux et la moindre faiblesse sera exploitée.

Trahison !

Ainsi, dès l'an de grâce 1069, le frère du Duc de Toulouse, ivrogne notoire (toujours via ce système de trait) fomente un complot contre le Duc et forme une faction. Il réussit contre toute attente à rallier certains comtes vassaux et finit par lui déclarer la guerre. Fort heureusement, le mariage d'alliance avec la fille du Roi d'Aragon a permis de lever une armée suffisamment puissante pour venir au secours du Duché de Toulouse. Se retrouvant dans une geôle sombre et humide, le frère du Duc a fini par devenir fou après des décennies d'enfermement. Chaque événement fait monter votre barre de stress. La perte tragique d'un enfant par exemple est une terrible épreuve pour votre personnage et la barre de stress qui s'étend sur 3 niveaux monte alors de manière exponentielle. Si cette barre en question est trop élevée, votre personnage peut finir par tomber en dépression, devenir fou et même succomber à un arrêt cardiaque. Il faut donc aussi veiller à ne pas aller trop contre la nature de votre personnage. S'il est timide, il serait judicieux de ne pas trop organiser de banquet. S'il est peureux, on évitera par exemple de l'envoyer au casse-pipe sur les champs de bataille.

Une fenêtre ouverte sur l'Histoire

À cela s'ajoute de nombreuses mécaniques comme un système complet d'intrigues permettant de rechercher des secrets sur n'importe quel personnage, ourdir des meurtres ou des complots en tout genre. Aussi, pour vous aider dans l'administration de votre royaume (ou Duché ou Comté), vous pouvez... compter sur votre conseil et des personnages ayant des postes-clés comme Maréchal pour l'armée, Archevêque pour la religion, etc. Qui dit Moyen-Age, dit forcément religion et donc un système de piété, particulièrement important en Europe à cette époque. Le Pape veille ainsi au grain et si vous ne prouvez pas votre foi inébranlable pour le Catholicisme, vous pouvez vous retrouver au banc de la diplomatie européenne et même pire, être carrément excommunié. Dans notre partie, nous avons découvert que le Pape en personne avait des moeurs proscrites par la religion Catholique et nous avons ainsi pu faire du chantage au très Saint-Père pour rester dans ses bonnes grâces...

Il serait difficile de dresser une liste exhaustive de toutes les possibilités que le jeu offre. C'est à l'heure actuelle le jeu Paradox (format release) le plus complet à ce jour. En fouillant un peu on trouvera bien quelques défauts comme une IA parfois pas très finaude durant les guerres. Mais rien qui vient en vérité handicaper votre partie et surtout mettre un frein à cette formidable expérience vidéo-ludique. Si l'on ajoute à cela une bande son orchestrale particulièrement exceptionnelle, on frôle dans Crusader Kings III la perfection. Tout simplement.


 

         
    CONFIGURATION PC UTILISEE POUR LE TEST    
   

 

  • Carte Mère : ASUS Z490-A Serie Prime
  • Processeur : INTEL Core I9 10900K
  • Carte graphique : ASUS RTX 2080 Super
  • RAM : CORSAIR Dominator Platinum RGB 32 Go DDR4
  • Stockage : CORSAIR SSD NVMe 2 960 Go
  • Refroidissement : CORSAIR Hydro H100I Platinium
  • Alimentation : CORSAIR HX 850 Watts
  • Boitier : CORSAIR ICUE RGB 220T

   
Indispensable Gameblog
Fantastique
9
Crusader Kings III est tout simplement hors catégorie. C'est un bijou de bout en bout qui vous promet des centaines d'heures de plaisir et de surprises en tout genre. Si vous êtes à la recherche d'un jeu unique mêlant Stratégie et RPG alors difficile de faire mieux à l'heure actuelle. Si en plus vous êtes amateur d'Histoire et surtout de la période Médiévale c'est tout simplement du pain béni. Paradox Interactive vient de frapper très fort et si Crusader Kings II (et sa quantité astronomique de DLC) ne pourra jamais être oublié, il est éclipsé de la plus belle des manières par ce nouveau volet. Le couperet de la qualité est tombé et la sentence est irrévocable : Le roi est mort, Vive le Roi !
par
+ On aime
  • Une mine d'or Historique sur le Moyen-Age.
  • Un nouveau système de portraits 3D qui apporte de la chaleur à l'ensemble.
  • Une refonte graphique qui fait du bien.
  • Des mécaniques de DLC provenant de CKII.
  • Une gestion dynastique profonde.
  • Une gestion du stress qui apporte une nouvelle dose de challenges.
  • Un aspect RPG des plus plaisant permettant d'avoir un vrai jeu dans le jeu.
  • Un plaisir de chaque instant.
  • Une direction artistique et musicale de toute beauté.
- On n'aime pas
  • Une gestion de l'IA parfois un peu chaotique.
Donnez votre note
note
--

Ce jeu n'a pas encore été noté

Ma collection sur PC
Je l'ai 0
J'y joue 0
Je le vends 0
Je le cherche 0
Vos tests
Pas de test de lecteur pour ce jeu.
Soyez le premier à en rédiger un !

Galerie photo Crusader Kings III - 10 images (cliquez pour zoomer)

La rédaction vous recommande

7 commentaires
  • Les plus récents
  • Les plus anciens
Tous les commentaires (7)