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Test de The Missing : J.J. Macfield and the Island of Memories (PS4)

Test de The Missing : La géniale rencontre entre Limbo et Deadly Premonition

Par Jonathan Bushle - publié le

The Missing : J.J. Macfield and the Island of Memories, ou plutôt "Le Manquant", comme on se plaît déjà à l'appeler en France à cause de problèmes de localisation sur les boutiques online, vient de débarquer sur vos machines de jeu préférées, en attendant une éventuelle version Limited Run hors de prix. Nous, c'est sur PS4 qu'on y a joué, et on vous dit tout maintenant.

Décidément, notre petit Hidetaka "Swery" Sueshiro préféré n'est pas verni ces dernières années. Fort du succès d'estime de Deadly Premonition, il nous proposait en 2014 D4 : Dark Dreams Don't Die, une exclusivité Xbox One aussi saugrenue que les aventures de l'Agent York et de Zach, un projet au format épisodique qui, tel l'oiseau tiré en plein vol, n'a jamais eu droit à son deuxième chapitre, nous laissant en plein cliffhanger scénaristique. Peu après, le sympathique game designer était contraint de se mettre lui même sur la touche, la faute à des soucis de santé.

Depuis rétabli, son retour ne s'est pas déroulé sous les meilleurs auspices : En effet, The Good Life, un projet de jeu au ton et à l'ambiance assez différente de ce que le créateur à l'habitude de proposer dans ses oeuvres, s'est cassé les dents avec un projet de crowfunding raté, qui a du revenir une seconde fois pour finalement être validé in extremis. De plus, selon la loi de l'emmerdement maximum, comme les galères ne doivent jamais cesser de s'enchaîner, pour le jeu qui nous intéresse aujourd'hui, The Missing, la série noire continue.

Tout commençait pourtant si bien...

A nos actes manqués

En effet, The Missing : J.J. Macfield and the Island of Memories a subi un traitement un peu particulier de la part de son éditeur, Arc System Works, peu au fait des us et des coutumes de l'édition (probablement) et plus doués dans la création de jeu de baston (certainement). En effet, le titre du jeu à été traduit dans toutes les langues des territoires sur lesquels il est sorti ! Sûrement une boulette d'un commercial de l'entreprise de Yokohama... Mais grâce à elle, nous avons eu droit à ce titre magnifique et tellement charmant "Le Manquant : J.J. Macfield et l'île des souvenirs" disponible sur le Playstation Store français le jour de la sortie du jeu. Et encore, on peut s'estimer heureux, on a échappé au champ de macintosh.

Cet incident a eu eu pour effet de faire parler du jeu et lui faire bénéficier d'une publicité gratuite inattendue. Mais auparavant, les joueurs désireux d'acquérir The Missing se sont heurtés à un mur d'incompréhension une fois dans leur boutique, ce qui est arrivé à votre serviteur, qui est totalement passé à côté de la sortie alors qu'il vérifie les nouveautés du PSN toutes les semaines et qu'il attendait le jeu avec impatience. Il a fallu que cette erreur fasse l'actualité pour que je me penche sur son cas. Tout ceci a malheureusement du freiner quelques achats au passage, et au vu de la détresse de notre cher Swery sur Twitter, on a du mal à croire au coup de pub foireux. D'ailleurs, on vous file le lien, on sait jamais, au cas où. 

Le test d'aujourd'hui aura donc son petit credo : redonner à The Missing un peu de la lumière qu'il mérite. Mais avec tout ça, on en oublierait presque l'essentiel. Cette lumière, Le Manquant la mérite-t-il vraiment ? C'est ce que nous allons voir.

Attention chérie, ça va trancher.

Il faut mourir pour être belle

Les aventures de J.J. Macfield prennent place sur Memoria Island, dans le Maine, avec une ambiance d'Amérique profonde que Swery à l'habitude de proposer des ses oeuvres. L'île a le pouvoir de faire se remémorer de vieux souvenirs, et c'est sur ses berges que l'on retrouve J.J. et Emily, au coin du feu, la tente montée, pour une petite soirée romantique. Sauf qu'au réveil, Emily a disparu, et The Missing nous rejoue la scène du centre commercial de Heavy Rain, puisque J.J. commence par courir à travers champs en criant pour retrouver son amie disparue. Mais très vite, les dangers de l'île commencent à montrer le bout de leur nez, et c'est un orage terrible qui aura raison de notre héroïne la première fois, en l'électrocutant de toute la puissance de la foudre dans un parterre de fleurs détrempé.

Oui, pour la première fois. Car sur Memoria Island. J.J. ne peut pas pas mourir à proprement parler. Souffrir tout au plus, à chaque fois qu'elle décédera. Porter une paire de talons hauts pour faire des l'escalade ne doit pas être une sinécure, mais J.J. va vraiment endurer bien pire pendant son chemin initiatique vécu dans The Missing. En effet, tout au long de l'aventure, on va en apprendre plus sur sa vie via des conversations par texto qui semblent tout droit sorties du passé, un peu sous forme de clin d'oeil aux discussions cinématographiques de Deadly Premonition, du moins au début. Car ces messages montrent bien qu'un malaise est présent dans la vie de notre protagoniste. Pesant, sournois, et prêt à frapper là ou à ça fait le plus mal. Tout cela mènera vers un final étonnant et déroutant, où la lumière sera faite sur tous les mystères entourant J.J., et qui amène même à se poser quelques questions et réfléchir un peu sur la condition humaine, ou tout un chacun pourra en tirer ses propres conclusions. Assurément, le voyage de J.J. sur cette maudite île ne vous laissera pas indifférent, et devrait vous rester en tête pour un bon petit moment...

Et ce d'autant que le design global proposé par The Missing reste extrêmement envoûtant. Que ce soit au niveau des visuels, avec quelques passages de vidéo complètement barrés, ou une mise en scène super originale à de nombreux moments, et qui sait saisir aux tripes et ce malgré une technique aux fraises - nous en reparlerons plus tard - ou bien même de la partie sonore. Cette dernière propose des doublages en Anglais uniquement - tout comme les textes - qui donne le ton dès le début avec un jeu d'acteur et un mixage sonore kitsch à souhaits. Tout cela contribue à créer une ambiance familière, avec des compositions qui donnent vie à l'univers, et des effets dont on jurerait qu'ils proviennent directement de notre cher Deadly Premonition.

La petite tête qui roule, qui roule !

La mort vous va si bien

De l'originalité dans son univers, vous l'aurez compris, The Missing va en proposer des tonnes. Et ce bien que le principe général de jouabilité face écho à un autre titre, qui a quand à lui fait ses preuves, Limbo. On retrouve même le même trophée débile au début du jeu - à ce propos, dans la vraie vie, la première épreuve de Ready Player One n'aurait pas tenu plus de 10 minutes. Le Manquant est donc un jeu de plateforme en 2D qui devra faire appel à vos méninges pour progresser, en résolvant les différentes énigmes qui vont joncher votre passage, basées sur les possibilités de gameplay pour être résolues. Quelques passages de plate-forme de précision sont aussi du voyage. Mais là ou c'est très fort avec Le Manquant, c'est qu'il faudra parfois (très souvent) s'auto-mutiler pour résoudre une partie de casse tête ! En effet, certains chocs inversent la gravité, au prix de sévère fractures, mais ouvrent de nouvelles voies en marchant, pardon, en clopinant, au plafond. Il faudra parfois sacrifier un bras pour déclencher un mécanisme à distance. On pourra aussi se brûler vif pour transmettre un feu du point A au point B, ou tout simplement pour éclairer une pièce. Attention alors à ne pas se soigner en tombant dans l'eau ! Et si on ne craint pas la hauteur lorsque l'on est en bonne santé, après un passage sur le bûcher ou avec des membres en moins, c'est une autre histoire...

Les casse-tête de The Missing ne sont pas ultra corsés, parfois longuets, mais tirent leur originalité du fait qu'ils nous prennent à contre pied avec la nécessité de mourir ou de se mutiler pour passer à l'étape suivante ! Cette mécanique est délicieusement gore, audacieuse et irrévérencieuse ! Lorsque l'on perd ses membres, une petite icône apparaît sur le HUD, avec un fort design de Vault Boy de Fallout, clin d'oeil à peine déguisé, pour nous indiquer quel(s) membre(s) a(ont) été(s) séparé(s) du reste du corps de J.J. . On tombera aussi dans quelques pièges lors de la découverte des énigmes, on pestera contre certains longs passages de marche forcée, mais on cherchera malgré tout à récolter tous les donuts semés sur notre chemin, et qui vont pouvoir permettre de déverrouiller quelques petits bonus bien sympas, comme des conversations en plus, des nouveaux costumes, ou même une marche rapide pour le NG+, avec là encore de nouveau objets à ramasser et collectionner.

Cours J.J. !

Le manquement

Vous l'aurez compris, avec son ambiance démentielle et son scénario obscur, accrocheur, avec son final marquant, et sa jouabilité certes basique et un peu plagiée, mais irrévérencieuse et originale, The Missing permet clairement de passer un bon moment. L'aspect technique ne viendra par contre pas améliorer le tableau avec une réalisation digne d'un Horizon Zero Dawn. En effet, le tout, développé sous Unity, se présente sous une 3D ultra basique et anguleuse, qui pourrait probablement très bien tourner sur certaines de nos vieilles machines qui prennent la poussière au grenier.

Notons aussi la présence d'un bug bloquant à la toute fin du jeu sur PS4, qui a failli me faire devenir fou, mais que j'ai contourné en passant la langue de ma PS4 de Français à Anglais... Vous êtes prévenus. Néanmoins, à n'en pas douter, si vous avez réussi à passer outre ces mêmes défauts et à apprécier Deadly Premonition, ce sera aussi le cas ici, et nous vous recommandons donc fortement de jouer à The Missing : J.J. Macfield and the Island of Memories.

Indispensable Gameblog
Bon
7
The Missing : J.J. Macfield and the Island of Memories est la dernière oeuvre du génial Swery. Et encore une fois, la folie à frappé juste, et là ou il faut. The Missing propose un scénario obscur mais profond, à la narration souvent minimaliste, et au final mémorable. L'ambiance est aussi réussie, envoûtante, avec des rappels qui feront plaisir aux fans, qu'ils soient visuels ou sonores. Et si la jouabilité n'est pas des plus originales, s'engouffrant dans la brèche ouverte par Limbo il y a quelques années, avec des énigmes un peu trop faciles ou longuettes, et de la plateforme parfois frustrante, il faut mourir ou se mutiler pour les résoudre, et bien souvent, on est décontenancés, pris par surprise par les mécaniques qu'il va falloir utiliser pour triompher du jeu. Et si la technique reste extrêmement perfectible, on prend tout de même plaisir à se plonger dans cet univers si particulier, et nous vous conseillons fortement de vous pencher sur l'affaire The Missing.
par
+ On aime
  • Une histoire qui laisse des traces.
  • La partie sonore qui nous emmène là ou elle le veut.
  • Il faut mourir pour réussir, c'est très surprenant.
- On n'aime pas
  • La technique est clairement perfectible.
  • Les énigmes sont trop faciles et/ou longuettes.
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Tout commençait pourtant si bien... Attention chérie, ça va trancher. La petite tête qui roule, qui roule ! Cours J.J. !

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