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Test de Starlink : Battle for Atlas (Xbox One, Nintendo Switch, PS4)

TEST de Starlink : Space Opera avec ou sans joujoux

Par Julien Hubert - publié le
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C'est donc avec ce Starlink qu'Ubisoft se lance dans la danse des "jouets-vidéo"... un peu après la guerre, noterez-vous, surtout que le champ de bataille a semble-t-il déjà été déserté par les précédents acteurs de la catégorie... Mais qu'à cela ne tienne, les choses ont été faites un peu différemment ici, et l'éditeur français a trouvé une formule qui, à vrai dire, réserve pas mal de (bonnes) surprises.

Starlink est un véritable Space Opera en monde ouvert, dans lequel on visite moult planètes, passant de l'une à l'autre en transitant par l'espace et les champs d'astéroïdes, de manière totalement seamless, c'est-à-dire sans aucune transition ou temps de chargement. Il se veut destiné aux enfants bien sûr, mais pas que. Ses personnages et son scénario se veulent clairement grand public, rappelant l'ambiance de certains dessins animés un peu random, mais son background et son atmosphère ont quelque chose de très travaillé, de fouillé et de "sérieux", qui a de quoi séduire aussi les joueurs plus âgés comme vous et moi. Idem concernant le gameplay, qui propose une base somme toute assez simple, mais ajoute de multiples couches de systèmes et de spécificités intéressantes. Il surprend même dans sa pure dimension "jouet-vidéo", puisqu'aussi surprenant que cela puisse paraître, quand on sait ce qui a été fait par les Skylanders, Disney Infinity ou autres LEGO Dimensions, les jouets en question ici sont totalement... optionnels ! Vous avez bien lu.

Un "jouet-vidéo" jouable... avec ou sans jouets

Il nous paraissait important de commencer par là. Starlink est en effet, à notre humble avis, le plus "honnête" des jouets-vidéo. C'est malgré tout un peu compliqué à expliquer, alors accrochez-vous deux minutes pour lire ce qui suit. Tout d'abord, quelle que soit la console, il existe deux options d'achat pour Starlink : en boîte ou en dématérialisé. Première option : vous récupérez bien sûr le jeu en disque/cartouche (si vous avez du bol) ainsi que le lot de jouets qui va avec (1 vaisseau, 1 pilote et 3 armes sur PS4/Xbox One, ou 1 vaisseau Arwing, 2 pilotes dont Fox McCloud et 2 armes sur Switch). Dans cette configuration, le fait de poser tel ou tel personnage ou telle ou telle arme sur le support manette fait apparaître ledit personnage ou ladite arme dans le jeu. Acheter d'autres jouets séparément vous permettra ainsi d'avoir de nouveaux vaisseaux, personnages et armes. Jusqu'ici, rien à signaler : ça fonctionne exactement comme tous les autres jouets-vidéo.

Sauf qu'une deuxième option est possible : la version dématérialisée du jeu. Si vous optez pour cette dernière, vous pourrez jouer sans jouets, ces derniers étant inclus directement dans le jeu (on passe de l'un à l'autre via les menus du jeu). Cette version dématérialisée étant vendue au même prix que la version physique, l'absence de jouets réels est compensée par la présence de vaisseaux/personnages/armes dématérialisés en plus grand nombre, ce qui représente donc un avantage dans la progressions. Je ne vais pas tout passer en revue, mais le détail des différents contenus spécifiques des versions démat' sont indiqués ici si vous voulez creuser. Bref, il est donc tout à fait possible, pour quelqu'un qui voudrait jouer à un shoot spatial mais n'en aurait rien à faire de collectionner des jouets, de profiter de Starlink comme il le souhaite, sans contraintes. Il aurait même plus de contenu de base à sa disposition.

Vous suivez toujours ?

À cet intéressant principe de départ s'ajoutent deux autres choses que nous précisons ici pour être tout à fait exhaustifs. D'abord, pour compléter votre collection de vaisseaux/armes/personnages, vous pourrez acheter des versions dématérialisées des jouets (en packs ou à l'unité), et ce même si vous possédez la version physique du jeu. Deuxième chose : si vous avez opté pour la collection de jouets bien réels, sachez que chaque fois que vous reliez l'un de vos jouets à votre support manette, il se débloque en version dématérialisée pendant 7 jours, ce qui permet aux possesseurs de Switch de continuer leur partie dans le métro sans avoir à emmener tout l'attirail avec eux, ou encore aux possesseurs de PS4/Xbox One de passer rapidement d'un jouet à l'autre via le menu in-game, tout en laissant les versions physiques des vaisseaux trôner fièrement sur la cheminée du salon. Cette opération est évidemment renouvelable à volonté : chaque fois que vous branchez physiquement un jouet, il sera disponible en mode dématérialisé les 7 jours suivants dans votre console.

Intéressant n'est-il pas ? Vous avez tout pigé au moins ? Bien ! Alors parlons enfin du jeu... Il était temps.

Vers l'infini et au delà

Vous incarnez donc l'un des membres de l'initiative Starlink, mission pacifiste qui, en quête de réponses au sujet d'une certaine forme de vie extra-terrestre, explore à bord de l'Equinox un vaste système solaire inconnu, Atlas. Dès votre arrivée, l'armée belliqueuse de "La Légion" vous attaque sans crier gare. Le leader de Starlink, Victor St Grand, se fait alors enlever par l'ennemi, tandis que tous les pilotes de l'initiative, qui étaient sortis pour repousser l'offensive, s'écrasent sur une planète inconnue. Vous prenez alors les commandes de votre vaisseau, et l'aventure commence... Voilà pour le pitch rapide. Une fois en jeu, vous devrez commencer par récupérer un peu de cette énergie appelée Nova, histoire de permettre à votre vaisseau, cloué au sol depuis le crash, de re-décoller vers l'espace pour rejoindre l'Equinox.

C'est donc au ras des pâquerettes que vous commencerez à explorer la première des 7 planètes du système Atlas, et ce sera l'occasion pour vous de noter quelques similitudes avec un certain No Man's Sky. Vous ne pourrez que penser à lui dans les premières minutes de jeu, car la patte esthétique et les couleurs très vives qu'on découvre à la surface de la planète, les bêtes géantes qu'on doit scanner, les minerais qu'on doit extraire ou les avant-postes qu'on doit créer et entretenir font inévitablement sonner comme un air de déjà-vu. Ce n'est peut-être pas très original, nous sommes d'accord, mais en revanche c'est très réussi visuellement.

Space beauty

Le jeu est franchement joli à regarder et offre une telle variété d'une planète à l'autre que le plaisir de la découverte est permanent. Saluons notamment les effets de lumière, la diversité de la faune et de la flore, et n'oublions pas de préciser que techniquement, qu'on s'attarde sur la qualité graphique comme sur l'animation, ça tient parfaitement la route sur PS4, sur Xbox One et même sur Switch. Une très bonne surprise donc, qui ne se dément pas une seconde tout au long de l'aventure.

Car petit à petit, on prend pleinement possession de cet univers et on y prend du plaisir. Faire décoller pour la première fois son vaisseau nous permet de voir la terre ferme d'un peu plus haut, et on ne manque pas de profiter du paysage, mais bien vite on pointe le nez de son appareil vers les nuages, pour passer au travers d'un coup de boost avant de traverser la couche atmosphérique dans le bruit et les flammes. On débouche alors dans le silence et la noirceur de l'espace, et ce simple passage (sans aucun temps de chargement) est un pur enchantement dont on ne se lasse pas, dans un sens comme dans l'autre, alors qu'on le répète évidemment très souvent. À noter que les effets visuels et sonores y sont particulièrement travaillés, à l'image du reste du jeu d'ailleurs, qui est globalement très soigné et bénéficie d'un excellent niveau de finition.

"Un jeu Ubisoft"

Mais qu'est-ce qu'on fait dans ce vaste monde ouvert contenant 7 planètes et les milliers d'années lumières d'espace et d'astéroïdes qui les entourent ? Eh bien, sans surprise, on fait du Ubisoft ! Comprenez par là qu'il va falloir, sur chaque planète (dont on peut afficher une map 3D pleine à craquer de petites icônes indiquant les objectifs), enchaîner des tonnes de missions dont la complétion vous offrira de plus en plus de visibilité et fera basculer, petit à petit, l'influence du camp des vilains vers celui des gentils. En d'autres termes, vous libérerez chaque planète du joug de La Légion et passerez très souvent de l'une à l'autre en traversant l'espace, les ennemis pouvant être partout et vous incitant à utiliser vos armes élémentaires interchangeables et vos talents de pilote. Ajoutez la couche économique, avec des matière premières à récolter pour gagner de l'argent, des raffineries à améliorer avec de l'argent pour maximiser encore plus les profits, etc., et vous aurez vite fait de passer sans cesse d'un objectif à l'autre.

Il y a évidemment un fil rouge, celui des missions scénarisées, qui vous obligera à passer régulièrement d'une planète à l'autre, ou encore à aller dans l'espace affronter de gigantesque cuirassés, mais globalement vous passerez le plus clair de votre temps à enchaîner à gogo des objectifs pas hyper variés (mettre en place des avant-postes, affronter des boss, supprimer des forages ennemis, pirater des épaves, libérer une zone infestée de monstres, etc.), qui installent forcément une certaine redondance, clairement le principal défaut du titre. Mais on se prend malgré tout au jeu, poussé par une envie de "tout nettoyer". À ce compte il faut noter la possibilité de passer à souhait de la campagne principale aux missions annexes, en appuyant sur gauche ou droite via la croix de direction, ce qui fait évidemment évoluer les marqueurs d'objectifs à l'écran. Simple et efficace. Appuyer vers le haut permet même de demander à ce qu'on nous propose de nouvelles missions proches de notre position, histoire d'optimiser. Alors oui c'est redondant, mais il y a malgré tout toujours quelque chose à faire, et chaque action permet de monter progressivement en puissance, puisque Starlink offre également au joueur un système de jeu qui fait la part belle à l'expérience et à la customisation.

La combine des combos

Comme vous l'avez certainement déjà compris, jouer à Starlink implique de choisir tout d'abord un personnage (premier élément qu'on relie à la manette lorsqu'on utilise les jouets physiques). On peut potentiellement incarner tous les membres de l'équipage (à condition de les posséder), mais à quoi bon, me direz-vous, étant donné qu'il n'y a qu'une seule campagne principale ? Eh bien d'abord parce que le jeu est une fois encore très soigné, et que l'histoire s'adapte et change les situations et dialogues en fonction du personnage que vous incarnez, ce qui est assez bien vu, mais aussi et surtout parce que chaque pilote a ses spécificités et son propre arbre de compétences. Utiliser un pilote et boucler des objectifs et missions, c'est engranger de l'XP que vous pourrez dépenser dans cet arbre pour améliorer votre personnage. En plus de cela, chacun d'entre eux a une capacité spéciale unique, utilisable quand on le souhaite mais qui met un certain temps à se recharger. Mason peut par exemple commander une frappe laser surpuissante de l'Equinox, qui va tout détruire autour de lui, tandis que Fox McCloud (exclusivité Switch, on y revient plus bas) peut pour sa part appeler les autres membres de l'équipe StarFox qui viendront l'épauler pendant un petit moment.

Cette capacité spéciale n'est pas à négliger, tout comme les autres spécificités du système de jeu d'ailleurs. Par dessus le personnage, on installe ainsi le vaisseau, qui se compose de 3 parties : le corps, les ailes et les armes. Tout cela est totalement interchangeable et combinable, c'est-à-dire que vous pouvez mélanger le corps d'un vaisseau avec l'aile droite d'un autre et l'aile gauche d'un autre encore. Tous les délires sont permis : vous pouvez même poser en enfilade trois ailes les unes sur les autres avant d'y attacher finalement l'arme de votre choix. Dans le seul but de créer des vaisseaux classieux ou étranges ? Pas du tout, puisque chaque corps et chaque aile a un poids, une résistance et autres particularités qui auront au final un impact sur les statistiques de votre engin. Il pourra être lourd, lent et puissant, mais aussi léger, rapide et fragile... Il est ainsi possible de se créer un ensemble sur mesure, en fonction de ses goûts et de ses besoins, et l'on voit bien sûr changer les statistiques en temps réel au moment où l'on fait les échanges de pièces..

Effet de Mods

En plus de ce principe, une couche de customisation supplémentaire vient d'ajouter : le Mods. Il s'agit de petites pièces que vous pourrez installer sur chacune des différentes parties de votre vaisseau, histoire leur offrir encore des bonus supplémentaires. Résistance à l'élément glace, ajoute de 20% de vitesse ou de puissance de feu en plus... Ces Mods sont ultra nombreux, et vous pourrez les récupérer après chaque mission ou petit objectif. Il sont classés en fonction de leur rareté, avec le fameux système de couleurs pour s'y retrouver, et pourront même, être fusionnés pour en créer de plus puissant. On gère ces Mods de plus en plus attentivement lorsqu'on avance dans le jeu, car ils deviendront vite essentiel au succès de vos missions, et ils ajoutent donc encore une profondeur supplémentaire à un gameplay finalement surprenant de profondeur pour un jouet-vidéo. Ils participent en tout cas, au même titre que tout ce que nous avons expliqué plus haut, à nous accrocher au jeu malgré ses défauts évidents de répétitivité et de platitude, sans lesquels on aurait eu un jeu vraiment très complet et solide.

Préférence à la version Switch

Si vous optez pour la version Switch, vous aurez droit évidemment à un personnage et un vaisseau inédits, ce qui ravira les fans de la série, d'autant que le Arwing comme les autres jouets est d'une finition tout à fait correcte, mais pas seulement. Sur la console de Nintendo, ils viennent en effet accompagnés d'une véritable campagne supplémentaire, une histoire dans l'histoire qui, pour le coup, réussit plutôt bien là où le reste du jeu échoue, en termes d'histoire et de variété. La campagne de Fox n'est pas bien longue certes, pas extraordinaire non plus, mais elle laisse tout de même l'impression de jouer à un StarFox parfois, ce qui est tout à fait satisfaisant. De plus, en termes techniques, si la version Switch est évidemment un cran au dessus des autres, le gap est relativement réduit, voire quasi-inexistant en mode portable (et ce même dans le mode 2 joueurs en écran partagé, qui tourne très bien). Tout cela l'un dans l'autre, on recommande donc chaudement ce choix, si tant est que vous ayez par exemple une PS4 et une Switch à la maison.

XB1
Switch
PS4
Bon
7

Avec Starlink, Ubisoft Toronto a réussi à nous surprendre des plus agréablement. Derrière ce jouet vidéo - qui a l'avantage de pouvoir être joué... sans jouet, si cette dimension matérialiste ne vous intéresse pas ! - on trouve un vrai petit Space Opera en monde ouvert, qui est à la fois très soigné dans sa réalisation mais aussi dans son gameplay et son système de jeu, plus complexe qu'il n'y paraît. On prend en tout cas pas mal de plaisir à "nettoyer" tous les objectifs de ces 7 planètes, dans la plus pure tradition des jeux Ubisoft... mais la lassitude pointe tout de même assez vite le bout de son nez, car les objectifs manquent finalement de variété et se répètent, tandis que l'histoire, somme toute très plate, et les personnages, clichés, peinent vraiment à nous porter. Petite exception avec le scénario StarFox sur Switch, définitivement la meilleure des trois versions malgré le (petit) downgrade qu'elle impose.

par
+ On aime
  • Jouabilité de très bonne facture.
  • Le jeu est très joli, sur PS4 et Xbox One mais aussi sur Switch.
  • Un monde ouvert vaste où l'on passe de planète en planète sans chargement.
  • Gameplay plus profond et complet que n'importe quel autre jouet-vidéo.
  • De nombreux systèmes de customisation.
  • La possibilité de se passer totalement des jouets pour ceux qui le désirent.
  • On peut tout jouer à deux en coop' et écran partagé.
  • Les ajouts StarFox, pour ceux qui ont la version Switch, une vraie plus-value.
- On n'aime pas
  • Personnages clichés et histoire un peu "plate".
  • Les missions sont très vite redondantes.
  • On se perd un peu dans les menus.
  • Le personnage doublé par Norman, mal joué et irritant au possible.
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