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Test de Sword Art Online : Fatal Bullet (PS4)

TEST de Sword Art Online Fatal Bullet : Adaptation daubesque ou bon J-RPG ?

Par Jonathan Bushle - publié le

Si vous êtes fans de l'oeuvre de Reki Kawahara, réjouissez-vous : votre nouvelle dose de concentré de fan service Sword Art Online est disponible depuis peu sur PS4, Xbox One et PC. Nous avons pu nous pencher longuement dessus et en tirer les conclusions qui s'imposent... Alors sommes-nous en présence d'un jeu opportuniste prêt à bondir sur le porte monnaie des fans, ou l'adaptation est-elle réussie ?

Cette question prend encore plus de sens lorsque l'on fait la constatation suivante : Dimps et Bandai Namco sont aux commandes d'un projet issu d'une licence "manga". Voilà un combo qui a de quoi faire frissonner beaucoup de joueurs traumatisés par des adaptations vidéoludiques complètement ratées, et ce même encore très récemment avec le calamiteux Saint Seiya Soldier's Soul. Cette fois-ci, c'est donc Sword Art Online qui passe à la moulinette pour sa cinquième mouture jouable (voire même sixième si l'on prend en compte le cross-over avec Accel World sorti l'an dernier), et c'est la première de Dimps avec cette licence. On va donc pour l'instant laisser le bénéfice du doute à ce Fatal Bullet, qui pourrait peut-être agréablement nous surprendre ? La réponse tout de suite.

On croise de vilaines têtes connues...

SAOception

Le jeu prend donc place dans le troisième gros arc narratif du manga, bien après les tragiques incidents de Sword Art Online, un MMORPG en réalité virtuelle dans lequel moult joueurs s'étaient fait piéger par son créateur, retrouvés coincés dans le jeu sans possibilité de se déconnecter, avec une mort qui devenait réelle si elle arrivait en cours de partie. Traumatisant. Mais cela n'a pas empêché notre bande de héros d'arpenter les couloirs d'un second jeu, ALfheim Online, pour sauver certains de leurs amis encore en détresse dans SAO, et d'ensuite en découvrir un troisième, qui sera notre hôte pour les aventures décrites ici. Après la capacité de voler des épisodes précédents, ce sont cette fois les armes à feu qui vont venir apporter une touche d'originalité aux combats de Gun Gale Online (à ne confondre avec les petites culottes de Gal*Gun), dans un univers où les meilleurs joueurs sont riches puisque les bons loots peuvent se monnayer contre de l'argent véritable - même si, après avoir fini le jeu, je n'ai bien évidemment pas eu cette possibilité...

Contrairement aux précédents épisodes, ici nous jouons l'histoire de notre propre avatar, découvrant son premier VRMMO et n'ayant donc pas vécu les dramatiques évènements de Sword Art Online. Si le mystérieux Death Gun sera bel et bien de la partie et qu'il nous fera des misères, nous aurons également droit à notre propre pan de scénario inédit, à suivre en parallèle. En effet, après un passage dans un éditeur de personnage qui se montre assez complet, avec beaucoup de possibilités de customisation et même des éléments unisexes si l'envie vous prenait de créer un alter-ego androgyne comme celui de Kirito, on se retrouve directement propulsé sur le SBC Glocken pour y retrouver notre amie d'enfance Kureha. C'est elle qui nous a incité à la rejoindre dans le jeu. Au cours d'une des toutes premières quêtes, petit chanceux que vous êtes, vous récupérez non pas un, mais deux items ultra rares dans l'univers GGO : un grappin tout d'abord, qui pourrait apporter de la verticalité au gameplay, mais aussi un Arfa-Sys, sorte d'androïde de soutien qui va vous suivre partout et pour lequel vous repasserez une seconde fois par l'éditeur de personnages.

... et de jolies petites nouvelles !

Le jeu dans le jeu

En plus d'avoir une IA et une personnalité hautes en couleurs, qui en font un héros du jeu à part entière, votre nouvel acolyte sera aussi le seul moyen de réussir à pénétrer dans le SBC Flügel, nouveau donjon de la dernière mise à jour. L'occasion de croiser, bien sûr, la route de Kirito et tout ses amis, mais aussi de faire la connaissance de deux autres nouveaux alliés, Itsuki et Zeliska, pour avancer sur les deux pans du scénario en même temps. Le tout bénéficie d'une narration sous forme de roman visuel (voix japonaises et textes français) agrémenté de quelques réponses à choix multiples qui n'auront que peu d'incidence sur le déroulement de l'histoire. Et si quelques cinématiques ou passages de l'animé seront aussi de la partie, certains pans de l'histoire comme les batailles ne sont que "racontés", ce qui casse malheureusement pas mal l'immersion.

Aussi, soyez-y préparés, le jeu est extrêmement bavard ! Entre deux missions, les discutions entre les différents protagonistes sont légion, avec bien souvent une touche d'humour (parfois porté sur la chose) à base de quiproquos et autres calembours qui fonctionnent plutôt bien. Le fan service, aux doux relents d'amourettes shonen, est lui aussi bien présent et saura plaire aux otakus. Petite cerise sur le gâteau pour les fans (attention léger spoiler) : en fin de partie, il sera même possible d'incarner Kirito. Malheureusement, cette séquence peut se boucler en une petite heure et servira au final uniquement à farmer les socials links avec vos petits camarades pour obtenir la vraie fin et quelques scènes de fan service en plus. Car oui, l'une des deux autres fins, que vous aurez sans doute pour votre première partie, se montrera un poil amère... De quoi bien gonfler la durée de vie, qui se montre raisonnable si l'on s'en tient au contenu du jeu de base sans viser le 100%. Vous l'aurez donc compris, Sword Art Online : Fatal Bullet possède une histoire assez agréable à suivre, mais pas exempte de défauts et de raccourcis un peu trop faciles.

Gun Art Online

Pour ce qui est de la jouabilité, avec l'orientation gunfight de GGO, si vous vous attendiez à retrouver un TPS nerveux et violent à la Vanquish, vous êtes au mauvais endroit. En vérité, Fatal Bullet se joue comme un hack'n'slash. S'il est possible de viser et tirer avec les deux gâchettes, auxquelles s'ajoutent un stick pour choisir un point faible comme dans n'importe quel jeu de tir, la plupart du temps on privilégie le mode automatique grâce auquel, du moment ou votre adversaire se trouve dans la grande fenêtre située au milieu de l'écran, d'une simple pression sur le bouton de tir vous ferez mouche. Simple mais efficace. L'arsenal présent est constitué de grands classiques de l'action, du pistolet au fusil à pompe, en passant par le lance-roquettes et même un minigun, mais tous se jouent un peu de la même façon, seul le DPS compte. Des épées sont aussi de la partie, mais leur utilisation reste très risquée. Un système de compétence spécifique à chaque arme, allant du buff temporaire à l'attaque spéciale, est disponible. Il vient un peu casser la monotonie des affrontements qui sont, il faut l'avouer, assez répétitifs. Quand au grappin "exclusif" que vous récupérez au début du jeu, son utilisation tient finalement du gadget dans des combats, qui vous mettront aux prises avec un bestiaire constitué de monstres mécaniques et de robots, et bien sûr de certains boss, véritables sacs à PV, qui semblent tout droit sortis de Duke Nukem 3D (les commentaires graveleux en moins). Vous croiserez aussi d'autres "joueurs" de GGO, ici contrôlés par une IA rarement pertinente dans ses choix.

Le tout est bien évidemment saupoudré de composantes RPG, comme la possibilité de crafter des améliorations d'armes ou des tenues, celle d'entretenir des relations privilégiées avec nos compagnons, ou encore celle de choisir, un peu à la Dark Souls, d'investir nos points de compétence où bon nous semble. Mais contrairement à la saga de From Software, ici la mort n'est pas très punitive : on devra juste recommencer au dernier point de passage, en revenant plus fort avec l'expérience accumulée juste avant son échec ! Et si certains passages peuvent se montrer récalcitrants dans les difficultés supérieures, il suffira donc d'insister...

Les environnements post-apocalyptiques de GGO possèdent tous un certain cachet, malgré des modélisations 3D assez pauvres, mais on ne pourra pas s'empêcher d'avoir un petit sentiment de déjà-vu en arpentant les plaines de SAOFB, et ce sentiment ne sera qu'exacerbé par les donjons, véritables successions de couloirs sans âme. Pour ce qui est du hub, il est trop grand et on a droit de longs temps de chargements entre les différentes pièces qui le composent... Les fonctionnalités en ligne proposées ne sont pas non plus parmi les plus enthousiasmantes qu'il nous ait été donné de voir... Sword Art Online : Fatal Bullet est avant tout un A-RPG solo, et les possibilités sont donc très limitées et sentent l'ajout de dernière minute. Il est possible d'affronter les boss du jeu avec 3 autres internautes, dans des combats déséquilibrés quand vous êtes avec des vétérans de GGO, et qui ne serviront qu'à farmer les matériaux rares sans gain d'expérience. Le seul autre mode disponible fait office de PVP et permet de se mettre joyeusement sur la figure entre amis, dans des affrontements où un boss est présent et l'équipe qui lui fera le plus de dégâts l'emportera. Malheureusement, cette partie compétitive est désertée et j'ai eu bien du mal à trouver des parties... Comme pour l'histoire du jeu, le bilan est donc mitigé côté gameplaySAO : Fatal Bullet restant agréable à jouer tout en possédant son lot de petites caractéristiques bien agaçantes.

Satisfaisant
6
Sword Art Online : Fatal Bullet est un A-RPG où les combats se déroulent à l'arme à feu. On y suit l'histoire de notre propre avatar dans le jeu Gun Gale Online, qui devra faire face à ses propres démons, mais aussi aider Kirito et sa clique à mettre Death Gun hors d'état de nuire. Un scénario plaisant à suivre, avec du fan service à la pelle, mais très bavard et qui se permet pas mal de raccourcis et de facilités. Côté jouabilité, on se trouve plus en présence d'un hack'n'slash que d'un vrai jeu de tir : on peut toucher sans viser, du moment que son adversaire est sur l'écran. Le level design n'est pas des plus inspirés, les combats sont dynamiques mais parfois très longs, et si les armes se jouent un peu toutes de la même façon et que l'ensemble se montre répétitif, on prend tout de même du plaisir à venir au bout du jeu. Un mode en ligne est présent, mais il tient plus du bonus et reste très peu profond. Dommage. Le bilan est donc mitigé pour ce Sword Art Online : Fatal Bullet qui, s'il saura séduire les fans, fait tout de même preuve d'une certaine maladresse dans son exécution.
par
+ On aime
  • Le fan service ultra présent.
  • L'histoire de notre propre alter-ego dans SWO.
  • Les combats sont prenants.
- On n'aime pas
  • Un jeu très, très bavard.
  • Des maladresses dans la narration.
  • Le level design peu inspiré.
  • Le mode Kirito et le mode en ligne, anecdotiques.
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