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Test de Monster of the Deep : Final Fantasy XV (PlayStation VR)

TEST de Monster of the Deep : How Deep is Your Love ?

Par Thomas Pillon - publié le

Il y a certains concepts que l'on imagine issus de longues soirées arrosées, où tout part d'une blague pour finalement transcender ce statut originel, parce que personne ne souhaite être le dégonflé de service. Et quand Hajime Tabata s'est pris à rêver d'un jeu de pêche en réalité virtuelle se déroulant dans l'univers de Final Fantasy XV, il faut croire que tout le monde a joué le jeu. Jusqu'au bout.

L'histoire est désormais bien connue, en plus d'être un éternel recommencement : pour tenter de rentabiliser ses développements à rallonge, le mastodonte du J-RPG Square Enix a depuis longtemps cédé aux sirènes de l'univers étendu, celui-là même qui vous permet de voir un nouveau stéréotype bodybuildé chaque semaine au cinéma du coin. 

Le monde s'écroule, mais qu'importe : Noctis préfère la pêche.

Na na na na na na na na fishing 

Après une décennie entière de péripéties, le jeu sortait à peine que le médiatique réalisateur nous parlait d'avenir, bien que nous soyons alors loin, très loin d'imaginer ce qui allait nous tomber sur le coin de la tronche. La probabilité de revivre le road trip emo de Noctis et ses potos en réalité virtuelle se sera transformée peu à peu en jeu de pêche. Cela fait toujours du bien de le lire à voix haute : nous voici prêts à partir pour attraper du poisson avec le prince déchu, un casque de réalité virtuelle vissé sur la tête, le tout dans l'univers en perdition de Final Fantasy XV. 

Vous êtes encore là ? Aaaah, vous me faites plaisir. On embarque ?

Aussi improbable que cela puisse paraître, Monster of The Deep : Final Fantasy XV (si l'on utilise son nom complet) se réclame donc des mythiques SEGA Bass Fishing dont certains membres de cette rédaction citent encore avec plaisir et autres Pro Fishing Challenge plutôt que de la fine fleur du RPG oriental. Soit. Pour autant, les fans de jeux de pêche feront à juste titre remarquer que le genre tend à se raréfier, et que la perspective d'une version fantasy n'est pas à balayer du revers de la main. Du moins, a priori.

Oh la belle prise !

Ils m'ont mis la mièvre

Vous voici donc propulsés aux commandes d'un avatar mâle ou femelle que vous aurez au préalable customisé comme il se doit : #LeJapon oblige, les fashionistas passeront plus de temps à accorder leurs nippes en tenant compte la sacro-sainte trichromie qu'à plancher sur la morphologie de leur créature, mais il faut reconnaître que l'outil a fourni quelques efforts durant le trimestre. La panoplie se dévoilera au fur et à mesure de votre progression via une boutique dédiée, mais au vu des améliorations essentielles à la progression (appâts et autres fils plus résistants), il faudra sacrément grinder pour obtenir en jeu son look IRL. Ma chemise blanche et mon éternel chino marron clair coûtent en jeu la bagatelle de 4500 Gils. Fichtre diou.

Sapé comme jamais, vous voici prêts à affronter les plus terribles bestioles que l'introduction vous tease depuis un poste de radio dans l'habitacle d'une voiture. Anti-climax garanti. Et quoi de mieux pour entrer dans le vif du sujet qu'un bon vieil évanouissement ? Les scénaristes ayant a priori tout donné pour affiner le gruyère suisse qu'était Final Fantasy XV, il faudra faire avec. Votre avatar se réveille donc pour être secouru par Cindy, qui entame un défilé printemps-été de fan service et de clins en cascade.

Les séquences de fan service sont au final peu nombreuses.

A la pêche aux moules, n'y envoyez pas vos enfants

Car bien entendu, même le petit monde de la pêche en eau douce vous amènera à rencontrer le prince tourmenté et son trio de sidekicks itinérants. Et si l'on était légitimement en droit de réclamer un peu de fan service digne de ce nom, il faut se contenter d'un minimum que l'on qualifiera largement de strict, voir de syndical (à jour de cotisation). Si Cindy se donne la plus grande peine du monde d'Eos pour laisser apparaître tantôt son décolleté plongeant, tantôt son postérieur rebondi, les quatre garçons dans le Zeph donnent quant à eux l'impression d'avoir simplement eu envie de toucher leur cachet.

Rencontrés un à un, les beaux gosses font clairement office de potiches de luxe essayant tant bien que mal de venir rompre la quiétude des bassins visités. Fidèle à eux-mêmes, Noctis jouera l'adolescent tourmenté qui se lamente du peu d'intérêt que ses bros accordent à la discipline, Prompto profitera de l'occasion pour vous mitrailler dans toutes les poses, alors qu'Ignis sera touché par la grâce pour évidemment pondre une nouvelle recette dont il a le secret. Heureusement, les musiques de la divine Yoko Shimomura viennent habiller chaque scène, bien que des ajouts de Testuya Shibata (Devil May Cry, Vampire...) et Yoshino Aoki (Megaman Battle Network) ne déméritent pas pour autant.

Chaque boss doit être abattu avant d'être ferré.

Tel Guillaume

Avec un tel univers et ce cast pourtant réduit, il y avait tellement de possibilités pour faire de Monster of the Deep tellement plus qu'un jeu de pêche rébarbatif. Malheureusement, l'aventure patauge bien trop vite pour se tenir sur la durée : il suffira de quelques dizaines de minutes pour se rendre compte que le cheminement se résume systématiquement à prendre la route pour une nouvelle zone, rencontrer un guest en échangeant avec lui les plus plates des banalités, pour ensuite pêcher suffisamment de petits poissons pour faire venir le boss local, et tout recommencer... Si l'utilisation du sonar s'avère sympathique en début de jeu, l'item se révèle rébarbatif et pas toujours ultra accessible, en plus d'être particulièrement limité.

De temps à autre, un tournoi viendra timidement pimenter le rythme, mais le jeu ne propose pas suffisamment de variété pour meubler avec intelligence les quelques heures nécessaires à son accomplissement. Dirigiste dans ses débuts, la quête principale s'ouvre un peu passées les deux heures de jeu, mais il se contentera de vous faire acheter du matériel plus performant pour reproduire les mêmes gestes ad vitam eternam ou ad nauseam, je vous laisse le choix de la locution latine. Dommage, car avec les phases de tir à l'arbalète qui ponctuent chaque zone, il y avait sans doute matière à proposer quelques sympathiques moments de rail shooter qui auraient pu casser la routine. Mais non. La maniabilité tient la route, et c'est tant mieux au vu du très faible nombre d'interactions possibles, la courbe de progression se résumant à viser de plus en plus précisément en ayant pris soin d'équiper le bon matos du sardinier vétéran. 

Les environnements sont tous chatoyants et colorés.

All eels on me

Monster of the Deep ne fait en revanche pas dans le menu fretin en ce qui concerne sa partie technique : dépaysants, lumineux et luxuriants, les bassins empruntés à Final Fantasy XV offrent une véritable bouffée d'oxygène qui donnerait parfois presque à elle seule l'envie d'y retourner. Chaque zone conquise peut ainsi être rejouée librement à l'infini, ce qui permettra également d'en faire le tour avec plus de précaution, histoire d'aller gratouiller le cou d'un Chocobo où de glaner quelques bonus laissés de côté lors du premier passage.

En revanche, on cherche encore à comprendre pourquoi on passe par moments de ces superbes environnements que l'on embrasse entièrement du regard à des cinématiques simplement placardées sur un écran simulé par le PS VR. La coupure est bien franche et casse parfois complètement l'immersion, un gros point noir alors que le tout tient véritablement la route à 360°. Ces quelques pérégrinations en terre fantaisiste laisseront en tous cas franchement rêveurs les mordus de grandes épopées quant à ce que la série pourrait nous proposer dans un futur pas si lointain...

Insuffisant
4
Il y avait tant à espérer de Monster of the Deep : son univers chatoyant est plutôt bien rendu une fois le Playstation VR visé sur la tête, et la perspective de déambuler à la première personne dans les paysages d'Eos avait de quoi attirer les amateurs d'expériences quelque peu différentes. Malheureusement, le premier jeu en réalité virtuelle de Square Enix sombre dans la routine dès son ouverture, et ne parvient jamais à proposer autre chose qu'une succession trop mécanique de phases répétitives et finalement ennuyeuses. Les fans hardcore de la quinzième Fantaisie Finale devront se contenter de dialogues plats et insipides, même si Cindy se donne du mal pour satisfaire ces messieurs. Reste la satisfaction de ferrer un boss affaibli à coups de carreaux pour pimenter un peu une balade décidément trop prévisible, mais on ne peut que pester devant tout ce potentiel qui s'offrait à nous, pour finalement le voir se noyer... dans un verre d'eau.
par
+ On aime
  • Une véritable plongée au coeur d'Eos en réalité virtuelle.
  • Visuellement solide et coloré.
  • Combattre les boss à l'arbalète.
  • Les musiques de Shimomura sont toujours là.
- On n'aime pas
  • Des temps de chargement monstrueusement longs.
  • Très vite répétitif.
  • Histoire OSEF.
  • Une quête principale assez brève, mais qui oblige à grinder.
  • Du fan service qui ne se montre pas à la hauteur.
  • Les cinématiques en écran géant qui cassent l'immersion.
  • Un nanar premier degré.
  • En anglais ou japonais uniquement.
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Le monde s'écroule, mais qu'importe : Noctis préfère la pêche. Oh la belle prise ! Les séquences de fan service sont au final peu nombreuses. Chaque boss doit être abattu avant d'être ferré. Les environnements sont tous chatoyants et colorés.

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