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Test de Blue Reflection (PS4)

TEST de Blue Reflection : Un J-RPG pour jeunes filles en fleurs ?

Par Jonathan Bushle - publié le

Blue Reflection vient de faire une petite entrée remarquée - ou remarquable - dans le monde du jeu vidéo, avec sa commercialisation fin septembre sur PS4 et PC, et ce seulement six mois après sa sortie au Japon. Même si cette version occidentale fait l'impasse sur la mouture PS Vita, elle ne m'a pas du tout laissé indifférent, bien que je ne fasse pas partie du coeur de cible. Ou pas, en fait ?

Depuis sa fondation en 1993 à Nagano, et désormais sous tutelle partielle de son actionnaire Tecmo Koei, le studio Gust nous aura offert de bonnes sensations J-RPG ces 25 dernières années, avec notamment deux séries massivement exportées en Occident, Ar bidule-truc et Atelier machin-chose, ce qui permet à l'équipe de jouir d'une certaine notoriété sous nos belles latitudes. Et après nous avoir proposé une nouvelle franchise assez séduisante l'an dernier, Nights of Azure - dont la suite arrive à la fin du mois - Gust récidive et nous offre encore une licence inédite à la plastique aguicheuse : Blue Reflection. Le studio japonais capitalise-t-il sur son expérience pour nous proposer une aventure hors normes, ou se repose-t-il un peu trop sur ses lauriers et sa notoriété ? Et bien, pour tout vous dire, c'est un peu des deux. Voyons donc pourquoi.

Qu'il est beau mon nouveau costume !

PAR LE POUVOIR DE L'AMITIÉ !

Blue Reflection nous narre le quotidien d'Hinako Shirai, une jeune lycéenne déjà en retraite forcée de son statut de danseuse étoile après s'être gravement blessée à un genou. De retour à l'école, qui semble exclusivement réservée aux femmes - les hommes ne seront qu'évoqués - après des mois d'absence, une de vos petites camarades vient s'enquérir de votre santé, tout en jouant à la fangirl hystérique, et alors qu'elle commence à devenir vraiment folle, un événement des plus surprenants vient interrompre ce moment de malaise. Grâce à votre bague magique (de pureté ?), vous vous retrouvez téléporté dans un autre monde, le "common", aux décors séduisants et enchanteurs, se trouvant à mi-chemin entre science-fiction et fantastique, et habillée avec une magnifique tenue de magical girl brillant de mille paillettes, ainsi qu'une nouvelle coloration blonde du plus bel effet.

Et tous ces changements s'accompagnent bien évidemment de compétences de combat dévastatrices, mais aussi d'une liberté de mouvement retrouvée pour notre héroïne, puisque dans ce monde, sa jambe ne la fait plus souffrir... A partir de là se monte tout un scénario, ou vos comparses Lime et Yuzu - les deux seuls autres personnages "vraiment" jouables en combat - vont vous suivre partout dans vos explorations de ce monde parallèle, afin de récolter des fragments, représentant les doutes et les problèmes de toutes vos camarades de classe, afin d'exorciser leurs démons et leur rendre joie de vivre et allégresse ! Et tout ceci se fera, au rythme d'une nouvelle fille par chapitre, avec une narration au format épisodique, tout en suivant le fil rouge de l'enquête sur le Sephirot (il fallait l'inventer celui-là !) qui semble être à l'origine de l'apparition soudaine de tous ces incidents survenant désormais dans votre école, et qui, s'il est vaincu, pourra accorder n'importe quel voeu à son bourreau...

Le tout se montre assez agréable à suivre, et c'est aussi grâce à de somptueuses, planantes et mélancoliques compositions musicales qui viennent souligner le tout. Mais il faut bien le dire, les problématiques et les thèmes (très variés, et plus ou moins graves) abordés dans ce Blue Reflection ne seront clairement pas du goût de tout le monde. En revanche, si vous êtes un peu fleur bleue, vous devriez être conquis ! D'autant plus que la narration tient bien la route, et que si les animations ne sont clairement pas au niveau d'un Heavy Rain en termes de moyens, on sort du cadre pur et dur du roman visuel pour une expérience hybride à base de cinématiques, un peu comme ce que l'on a pu connaitre sur le troisième volet de la série Zero Escape récemment. Le seul véritable reproche que l'on pourrait faire au jeu sur ce point serait l'absence totale de doublages, même par le biais d'interjections, dès que l'on sort du chemin de la quête principale. Ce qui arrive assez souvent...

Du nu totalement gratuit et injustifié.

Moi... Lolita

Il faut savoir que le scénario ne sera pas le seul point ayant vocation à diviser les joueurs. L'autre aspect sera visuel. Gust a en effet pris le parti de nous proposer des graphismes entre cel-shading et réalisme, le tout avec des couleurs alternant entre le pastel et le chatoyant. Là encore, on aime ou on n'aime pas, mais le style graphique ne laisse clairement pas indifférent et Blue Reflection possède une identité qui lui est propre, assez puissante et originale. Autre élément clivant : l'hyper-sexualisation des personnages. T-shirts mouillés par la pluie, scènes de bain et de douches, transformations à la Sailor Moon, pantsu-shots, ainsi que moult plans serrés sur l'anatomie de nos protagonistes sont légion et savamment distillés. Problème : les personnages mis en scène ont une apparence juvénile. On frôle vraiment l'otome yuri, et comme je l'évoquais en préambule, si le jeu pourrait bien évidemment, de par son scénario et sa direction artistique plaire à de nombreuses jeunes (ou moins jeunes) femmes, je me verrais par exemple mal l'offrir à ma petite cousine pour le caler sous le sapin à Noël... C'est dommage, car avec ce choix, Gust se coupe d'une partie de son auditoire, qu'il soit masculin ou féminin, et ce quel que soit son age. Il aurait été bien plus judicieux de rester plus raisonnable à ce niveau là.

D'autant plus que dans ses mécaniques RPG, assez simplistes, le jeu fait preuve d'une accessibilité idéale pour un (ou une) néophyte en la matière, tout en restant assez complet pour plaire à l'amateur : C'est dans le hub que représente l'école, qui manque un peu de vie au passage, que vous allez pouvoir trouver toutes les quêtes principales et secondaires qui vont vous permettre de vous téléporter dans le "common". Une fois dans la zone, le jeu prend la forme d'un dungeon crawler, ou les combats se déclenchent quand vous touchez un ennemi, et ou vos objectifs sont souvent très simples : tuer un monstre ou ramasser des objets. Les aires dans lesquelles vous évoluez sont généralement très petites, et peu nombreuses. A la manière du premier Mass Effect, vous revisiterez très souvent des endroits identiques ! Et alors, les combats au tour par tour s'enchaînent, avec tout vos MP et HP rechargés, avec une mécanique basée sur le temps. Selon l'action choisie, vous aurez un temps de récupération plus ou moins important, il faudra donc faire des choix judicieux pour tenter de balayer ses adversaires, les faire reculer, avant qu'ils aient pu répliquer. Mais la difficulté n'est clairement pas au rendez-vous, et ce même en mode difficile, ou seul un des cinq bosses du jeu - tout droit sortis du livre des anges de Bayonetta - m'a confronté au game over, et son brutal retour au menu principal et à la dernière sauvegarde. Quelques subtilités sont tout de même au programme, avec une jauge de spécial permettant de comboter, deux, trois ou quatre attaques et de terminer sur un coup coopératif surpuissant avec Lime et Yuzu. Les autres naïades rencontrées ne seront là qu'en support, uniquement contre les bosses, avec une seule compétence, telle qu'un ace pour la tenniswoman, ou de la motivation pour l'animatrice radio. La jauge pourra aussi servir à se soigner, passer en garde ou faire accélérer le temps ! Bien que répétitifs (un reproche que l'on pourra faire à presque tout les aspect du jeu), ces combats sont malgré tout plutôt plaisants, bénéficient de la "chatoyance" de la direction artistique, et d'animations d'attaques spectaculaires.

Des attaques super spectaculaires !

Blue Repetition

Outre cette certaine redondance, on pourra aussi noter que Blue Reflection souffrira aussi d'un rythme assez lent, et ce bien que le jeu soit assez court au final. Comptez une petite trentaine d'heures pour en faire le tour. Et alors, le seul intérêt du New Game + sera de pouvoir créer un build de personnage différent. L'accumulation d'expérience est totalement absente du jeu, et seul votre avancement dans le scénario et le développement de vos social link avec vos petites camarades vont pouvoir vous fournir des points de compétence, à partager entre attaque, défense, soutien et tactique. Et c'est le niveau de ces caractéristiques qui va déterminer les nouvelles attaques que vous allez déverrouiller ! Pas d'armes différentes, ni d'accessoires ou d'armures. Et vu qu'il est impossible de mettre à fond toutes ces statistiques, une de vos héroïnes pourrait très bien avoir un rôle différent d'une partie à l'autre. Et donc, outre l'enchaînement de missions secondaires et principales, dans lesquelles vous ne serez donc pas forcément obligés de combattre puisque cela ne vous fera pas évoluer, il faudra faire évoluer vos liens avec vos petites camarades afin de pouvoir atteindre le niveau maximum. Cela se fait un peu à la manière d'un dating sim du pauvre, ou seules quelques questions à choix multiple pourront vous faire gagner du temps de grind, puisque le challenge est totalement absent de cet aspect du jeu : vous aurez autant de jour que vous voulez avant de passer d'un chapitre à l'autre !

Ne me reste plus qu'à vous parler de l'aspect technique du titre, et le moins que l'on puisse dire, c'est que Blue Reflection n'a pas été gâté par ses développeurs ! Si tout est plutôt joli à regarder, il sera malheureusement impossible de lever la caméra pour vraiment profiter des paysages. Aussi, sur la version PS4 que j'ai pu tester, si les modèles 3D se montraient plutôt fins mais avec un peu de crénelage, le jeu souffre malheureusement d'un framerate aux fraises, qui chutait lourdement à la moindre occasion. On pourrait presque croire que le jeu à été développé en premier sur Vita, puis porté sur PS4 et PC... Un bilan bien mitigé que celui de ce Blue Reflection donc, qui possède autant d'arguments positifs que négatifs.

Moyen
5
Où acheter :
Que ce Blue Reflection est difficile à noter ! À qui s'adresse-t-il vraiment ? À des otakus un poil libidineux, ou à un public féminin plus fleur bleue ? Probablement un peu aux deux, et ce grand écart pourrait malheureusement faire peur à pas mal de joueurs. Le titre reste néanmoins une bonne porte d'entrée vers le RPG pour un néophyte, et un bon divertissement pour l'otaku. Sans être le J-RPG de l'année, Blue Reflection fourmille de petits détails originaux, d'une jouabilité simple et prenante malgré une faible difficulté, mais aussi d'une direction artistique de haute volée, avec des graphismes originaux et une musique somptueuse. À vous de voir dans quel camp vous vous situez, et d'adapter la note que Blue Reflection récolte ici à votre propre sensibilité : un point dans un sens ou dans l'autre, mais pas plus !
par
+ On aime
  • Une jouabilité originale...
  • Le fan service omniprésent...
  • Les musiques mélancoliques et prenantes.
  • Une direction artistique globale très travaillée.
  • Une bonne porte d'entrée vers le J-RPG.
- On n'aime pas
  • ... mais un peu simpliste sur certains points.
  • ... mais qui hyper-sexualise des personnages trop jeunes pour tenir ce rôle.
  • Pas mal de répétivité et de lenteurs.
  • Une durée de vie minimale pour le genre.
  • Le Season Pass à 80 euros, avec 60 costumes, soit environ 3 par personnage.
  • Techniquement à la ramasse.
  • En Anglais seulement.
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Qu'il est beau mon nouveau costume ! Du nu totalement gratuit et injustifié. Des attaques super spectaculaires ! Wait... What ???!!!

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