Hotline Miami sur PS Vita, le test de sopor

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Bloody Miami...

Hotline Miami, c’est d’abord un son, celui d’une déflagration suivie d’une explosion de pixels rouges sur l’écran. Bloody Miami. Rarement le son d’un fusil à pompe aura aussi bien collé à la peau sale d’un JV. Hotline Miami trimballe sa violence hypnotique jusqu’à l’abstraction. A la fin, il ne reste plus que des tâches rouges sur la toile, une œuvre d’art qui fait saigner les pixels.

Avec sa vue de dessus, façon maison achetée sur plan, ses pixels gros comme le poing, Hotline Miami est moche. Un jeu 8 bits dans la tête d’un tueur. La musique vrille la tête et chaque beat ressemble à un coup de feu. Hotline Miami fuit la représentation et ça marche, mieux que n’importe quel shooter qui drague la réalité.

Je suis ce tueur aux masques ridicules (chien, poisson, poulet…). Je me lève, j’écoute un répondeur lynchien, je suis des conversations derrière le rideau rouge et je file au volant de ma DeLorean, palmiers violacés en fond, mué par l’envie de tuer. Ce qui ressemble à une porte assomme un type en costard que je termine au sol, je prends son arme, me décale en pas chassés sur la droite pour éliminer un type qui patrouillait. Le bruit de l’arme attire d’autres types en costard ; je meurs. Je recommence jusqu’au tableau parfait, contempler enfin mon Jackson Pollock vidéoludique fait de tâches rouges et de pixels arrachés.

Die & Retry d’une puissance phénoménale, Hotline Miami ressemble à un duel de l’Ouest, le premier qui tire et touche reste debout, le second tapisse sols et murs avec sa cervelle. Un coup de feu à côté et c’est la mort. Nettoyer nécessite une précision chirurgicale, pas de droit à l’erreur ou à l’approximation.

Rocco Siffredi raconte que sur les tournages, quand il est en action, c’est Nine Inch Nails que son cerveau crache. L’OST de Hotline Miami c’est celle que joue le cerveau d’un tueur, féroce, hypnotique, lente ou accélérée, shoot d’adrénaline ou longue descente. Prolongement du Drive de Refn, sonorités eighties synthétiques proches du label Italians do it better (Chromatics, Glass Candy…) ou des virées sanglantes de Suicide, la musique d’Hotline Miami donne le rythme du jeu, sa pulsation inquiète et morbide.

Sous ses dehors de série B eighties, confuse et manipulatrice juste ce qu’il faut, avec ses personnages dégueulés façon Crumb, Hotline Miami renvoie le joueur à sa fonction primaire : tué ou être tué. Pour rien, pour la beauté du geste, pour la violence gratuite. Il n’y a pas de sang, juste des pixels.

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