Second Sight sur GameCube, le test de BlackLabel

Publiez votre test
Signaler
BlackLabel
4
BlackLabel GC

Sorti une gen trop tôt

C'est vrai que les jeux d'aujourd'hui sont mieux finis. Je me faisais la réflexion avec Second Sight. Second Sight est le contraire d'un jeu PS360 ; il a un bon potentiel, mais pas la finition pour lui. C'est un jeu moyen gamme, donc des graphismes ternes qui ne donnent pas très envie (cela dit rattrapés en partie par la modélisation, mais j'y reviendrai), un scénario sympa mais qui, à cause de la réalisation technique peu engageante, ne décolle jamais, et un gameplay très varié mais un peu pénible à prendre en mains.

Second Sight mélange pas mal de genre ; TPS, exploration, infiltration, mais aussi jeu de super-héros (ici à pouvoirs psychiques), un mélange qu'on sent sur le fond pertinent et réussi, mais moins sur la forme. On incarne John Vattic, héros assez sympathique de prime abord, parce qu'il n'a rien d'un héros. Il a une tête de geek frustré, le visage un peu grimaçant, des lunettes derrière lesquelles de petits s'animent yeux venimeux habitués aux ordinateurs. Ça, c'est quand il est en forme. On l'incarnera également chauve, le corps endolori plein de cicatrices, la face ravagée. Bref ce n'est pas le héros habituel, et ça change agréablement la donne.

L'histoire de Second Sight est double ; on suit John Vattic en entraînement militaire avant de rejoindre une escouade spécialisée dans les opérations spéciales (le passé), et John Vattic en hôpital psychiatrique et à moitié amnésique qui essaye de comprendre comment il en est arrivé là (le présent). Le passé nous permet de nous familiariser avec le côté TPS et infiltration du jeu, tandis que le présent se spécialise avec le côté pouvoirs psychiques, avant que les deux fusionnent au milieu de l'aventure.

Les personnages sont bien modélisés, même si certains ont des faces de lézards à cause d'yeux trop écartés. Les quelques femmes qu'on croise ont des visages féminins, ce qui est encore rare aujourd'hui. Le visuel à un côté BD, un peu à la manière de Beyond Good and Evil. C'est ce qui sauve le jeu et le rend sympathique, car sur le reste, c'est beaucoup moins bon. Pas de jeux d'ombres et de lumières, souvent des décors ternes et vides où le level-design a tendance à se limiter à des caisses de bois ou des salles de bureaux copiées/collées. Ainsi, même si l'histoire du jeu semble plutôt sympa, je n'ai jamais vraiment eu envie de la suivre, la faute à une réalisation technique plutôt chiche, et une mise en scène trop sommaire. En somme le jeu n'est pas laid, c'est surtout qu'il ne donne pas envie.

Même constat avec le gameplay. La proposition est alléchante. D'abord varier le jeu en offrant un chapitre sur deux du TPS, et un chapitre sur deux de l'infiltration/exploration et des pouvoirs, c'est déjà une bonne idée. Puis les pouvoirs sont potentiellement séducteurs. Invisibilité, possession des ennemis (en gros vous prenez possession d'un ennemi pour buter tous les autres, la classe ! ), télékinésie avec possibilité de faire tourner un vilain en l'air et de le cogner contre les murs, tout cela donne envie, d'autant plus que le moteur physique est plus que correct pour le genre. Mais à côté de cela, animation rigide des personnages, jouabilité qui manque de souplesse, level-design paresseux, respawn des gardes infini en cas d'alerte. Deux caméras possibles, et aucune de satisfaisante. La première à la Metal Gear que je n'ai jamais utilisé, la seconde libre mais capricieuse. Le système de visée automatique lors des gunfights rend ces phases-là sans fun et sans envergure.

Tout est là, en puissance, pour donner un grand jeu à tous les niveaux, mais rien n'est convaincant, et au final j'ai abandonné trois chapitres avant la fin (il y en a dix-sept). Malgré de nombreux points forts, le jeu ne m'a fourni qu'un piètre plaisir. Le jeu est presque en demi-teinte, avec ses personnages à bonnes gueules, certains décors au-dessus du lot, mais au bout de tout ça, pour moi, ce sont les défauts qui ont pris le dessus. Aujourd'hui, le jeu pourrait s'en sortir. Même avec le moteur Unreal Engine qui a tendance à rendre les jeux assez bofs visuellement, il resterait la direction artistique, la mise en scène cinématographique. Le gameplay serait mieux calibré aujourd'hui, plus intuitif, le level-design un poil plus inspiré avec des décors plus fournis en détails. Il nous manque des jeux comme ça sur PS360, à la place on a Batman et Assassin's Creed... :/

Ajouter à mes favoris Commenter (4)

Vos tests de Second Sight

tous les tests