Dragon Ball Kai Ultimate Butôden sur DS, le test de Nakano

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Nakano
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Nakano DS

Comme elle est forte ma DS ! Je suis ému !

Avant de se faire très discret sur la scène vidéoludique au point de plier bagages et de « 404er » son site officiel il y a de cela quelques mois, Game Republic avait rendu en février dernier sa dernière copie sur Nintendo DS, sous le nom très percutant de Dragon Ball Kai : Ultimate Butôden. On notera au passage que l’expérience du développeur nippon sur cette machine ne se résume pratiquement qu’à des adaptations (réussies) du chef d’œuvre d’Akira Toriyama (Dragon Ball : Origins 1 et 2). La différence, c’est qu’avec cet Ultimate Butôden, Game Republic s’est attaqué à la partie Z de l’animé et a en plus choisi de nous livrer un soft de baston. Quoi de plus sensé finalement pour le chant du cygne de la saga Butôden ?

                                    

Avec un peu de chance, la plupart d’entre vous connaissent les seuls jeux DBZ sortis en Europe sur Super Nintendo, j’ai nommé les trois premiers Butôden et l’opus Hyper Dimension. Et avec beaucoup de bol, quelques uns de mes lecteurs sont au courant de l’existence de Dragon Ball Z Shin Butôden, lancé en 1995 sur Saturn et qui reprenait le gameplay des itérations SNES tout en faisant appel à une partie des personnages d’Ultimate Battle 22, le vilain pas beau. Ultimate Butôden est donc logiquement l’opus qui conclut cette série, et à cet effet, Game Republic a vu les choses en grand en nous proposant de revivre l’intégralité de la saga Z par l’intermédiaire d’une armada de combattants. Certes, on reste ici relativement loin de la surenchère de casting des derniers Budokai Tenkaichi, mais il y a néanmoins de quoi faire. Officiellement cinquante-et-un guerriers répondent à l’appel (dont l’improbable Maître Kaio), ce qui est donc beaucoup, mais après examen minutieux des paires d’yeux que vous débloquerez progressivement, vous constaterez qu’il y a quelque peu eu tromperie sur la marchandise.

Tromperie qui se traduira par une première déception : les personnages de sang saiyen ne peuvent en effet pas se transformer en super guerrier pendant un combat, ce qui fait par exemple que Goku « normal » et Goku super guerrier 3 sont comptabilisés comme deux personnages. Mais le meilleur est à venir. Vous aurez en effet à disposition tous les stades de super guerrier de Goku, Gohan et Vegeta dans leur période DBZ (SSJ 1, 2 et 3 pour Goku, SSJ 1, 2 pour Gohan enfant et SSJ 1, 2 et Majin pour Vegeta). Au niveau exhaustivité, c’est l’éclate, là n’est pas le souci. On notera juste que sans compter leurs formes au repos, cela nous fait ainsi déjà sept personnages alors que nous partions à la base avec seulement trois bonshommes. Et qui parmi vous jouera avec la version faible de Gohan saiyen (sans sa cape blanche qui plus est) ? Puisque selon le combattant sélectionné, il est possible de lui choisir différentes tenues, pourquoi ne pas avoir épuré l’écran de sélection des personnages en incluant dans ces choix de look les transformations saiyen ? Incompréhensible étant donné que Gohan adolescent peut revêtir sa tenue de Guerrier Intergalactique en troisième costume et que la forme originelle de Freezer est elle aussi considérée comme une tenue alternative.

Tant que nous y sommes, nous pouvons évoquer quelques regrettables absences dans ce roaster qui semblait d’apparence complet. « Ultimate Gohan » (dans la tunique de son père) n’est par exemple pas présent de même que Goku dans sa tenue offerte par le peuple de la planète Yardrat. Des oublis surprenants et regrettables surtout en regard du soin apporté au reste. Détaillons maintenant les principales activités proposées par le jeu avant de passer au plat de résistance, le gameplay. Outre donc l’indispensable mode histoire et le classique versus contre l’ordinateur (seul ou bien en équipe de deux ou trois), vous pourrez prendre part au Challenge Mode qui consistera à affronter plusieurs séries d’ennemis à la suite, et plus vous avancerez dans la compétition, plus les combats vous demanderont de combattre deux voire trois adversaires avec une unique barre d’énergie. Des épreuves sympas et divertissantes une fois que le mode histoire aura été complété, sauf que la difficulté devient affreusement affolante dans les derniers niveaux, avec des personnages comme Yamcha ou Ten Shin Han qui vous spammeront de leurs attaques-combos. Dégoûtés par tant d’injustice, vous en viendrez finalement à faire de même avec C17, LE personnage le plus fort du jeu contre le CPU, ne cherchez pas plus loin. Mais retenez qu’en agissant de la sorte, le gameplay du jeu en perdra tout son intérêt puisque vous ne ferez que répéter ad nauseam l’attaque « balles infinies » tout en invoquant votre bulle d’énergie protectrice lorsque l’ennemi se montrera très collant. Vraiment, sauf si vous désirez à tout prix récupérer 100% des goodies du jeu, le passage dans ce mode est ultra facultatif, encore une fois dans son dernier quart.

Cette faiblesse mise à part, notons la présence d’un mode customisation où vous pourrez acheter accessoires et répliques pour vos personnages. Dans la liste des objets accessibles contre un certain nombre de points (à accumuler en gagnant des combats), vous trouverez par exemple les ailes d’ange portées par Goku dans le générique de fin japonais de DBZ, des carapaces de tortue de différentes couleurs ou encore le masque d’Akira Toriyama tel qu’il se représente dans ses mangas. Quant aux répliques, elles confèreront au personnage qui s’en équipera des effets divers (voire indésirables pour les non-japonisants). Toutes ces options de personnalisation ne pourront que vous donner envie de montrer votre bunny Piccolo au monde entier, mais à moins d’habiter au Japon, il vous sera malheureusement impossible de jouer en ligne via Wi-Fi (local only).


Le dessin animé dans la poche de mon bermuda

Le Story Mode se découpe en sept chapitres, le dernier étant consacré à quelques OAV tels que Le Père de Son Goku et L’Histoire de Trunks. On se passera d’une carte du monde souvent gadget pour se concentrer uniquement sur des combats piochés parmi les plus représentatifs de Dragon Ball Z. Cinq combats principaux vous attendront dans chaque chapitre, auxquels vous ajouterez des batailles alternatives vous faisant incarner les méchants lorsque la victoire de ces derniers est évidente dans le dessin animé (Perfect Cell contre Trunks par exemple). N’oublions également pas les scénarios « Et si ? » qui ne manqueront pas de vous faire marrer la plupart du temps même sans rien comprendre aux dialogues. Si vous comptiez sur un éventuel doublage pour saisir le ton des cinématiques, vous serez bien malheureux car celles-ci seront muettes la plupart du temps (sauf pour quelques rares scènes cultes comme la première transformation de Goku en super guerrier), vous laissant vous débrouiller avec des textes bourrés d'hiraganas, de katakanas et de kanjis du futur.

Bien que Dragon Ball Kai se soit arrêté à l’arc Cell sur l’archipel nippon, Ultimate Butôden englobe l’intégralité de la série, saga Boo comprise. Et quel bonheur impur d’affronter Freezer sous sa dernière forme avec un Goku à la chevelure quasi-identique à celle qu’il arbore dans le dessin animé. Parce que oui, cette teinte jaune pâle caractérisant l’état de super guerrier 1 n’a jamais été aussi bien retranscrite que dans Dragon Ball Kai : Ultimate Butôden, et on pourrait même faire pareil constat pour le combat se déroulant sur une planète Namek pendant ses dernières (longues) minutes d’existence. Ultimate Butôden a beau tourner sur Nintendo DS, la licence a sans doute trouvé là son meilleur berceau, avec des graphismes certes pixellisés mais incroyablement justes, vivants et respectueux de l’animé. On s’en rend compte par une multitude de détails comme un dinosaure se baladant juste à côté des combattants ou encore le vaisseau de Freezer sur le point de sombrer en arrière-plan. A l’heure où des Raging Blast et autre Ultimate Tenkaichi peinent toujours à imiter visuellement l’adaptation de la Toei (mais le veulent-ils ?), on peut se demander si le fait d’avoir des consoles de plus en plus puissantes incite davantage à développer des DBZ de plus en plus « beaux » et lisses au lieu de s’attacher à créer des adaptations douées d’une âme et surtout, fidèles à l’œuvre originale d’un point de vue graphisme. Certes, les personnages sont ici en semi-SD, mais ce rendu n’échoue pas à nous imaginer jouer le dessin animé. C’est ce que l’on souhaite tous, non ?

Attaquons-nous maintenant aux combats à proprement parler. Sont-ils jouables, amusants, restituent-ils au mieux la fougue des affrontements de l’animé ? Sur ce dernier point, Ultimate Butôden n’est pas irréprochable, mais il gagne en jouabilité ce qui lui manque pour impressionner totalement. Pour commencer, il n’y a plus d’écran splitté et c’est une excellente chose. Les belligérants partagent le même espace et lorsque l’un d’entre eux si ce n’est les deux changent de plan (sol/air), la caméra passe en mode grand angle sans ralentir l’action. Se déplacer dans les airs ne pose au passage aucun problème (tu entends ça Final Bout ?), comme tout le reste d’ailleurs car Ultimate Butôden est incroyablement accessible. Les coups rapides se donnent avec Y, l’on distribue de lourdes mandales avec X et la touche A vous servira pour les projections. Un enchaînement de plusieurs coups faibles aboutira sur une possibilité de « comboiser » encore plus l’adversaire (précisons que tous les coups peuvent être chargés). Quid du bouton B ? Vous l’utiliserez pour esquiver les attaques adverses, dans la mesure du possible et si votre niveau de Ki le permet.

 
Le DBZ ultime ?

Comme aimait à le dire Steve Emplois, « ceci… est une révolution ». Le Ki ne se recharge plus en appuyant sur un ou deux boutons, mais il vous en faudra toutefois pour balancer vos rafales d’énergie, comme d’habitude. Voici comment fonctionne ce nouveau système : chaque personnage dispose de plusieurs niveaux de Ki, la plupart en ayant trois. On peut soi-même décider du niveau que l’on souhaite afficher (par Select + Haut/Bas ou l’écran tactile), en sachant que plus celui-ci est élevé, et moins le Ki augmentera rapidement (voire pas du tout au niveau 3 et plus). Pour lancer la grosse attaque à boule rouge le plus vite possible, il faudra donc opter pour un niveau 1 de Ki le temps que sa barre se remplisse en un rien de temps, avec la contrepartie de porter des coups relativement peu puissants durant cette période. Un renouveau bien plaisant ma foi.

Bémol toutefois, si votre avatar bloque automatiquement les coups faibles si vous ne touchez à rien, il sera en revanche bien difficile dans le feu de l'action de rester impassible dans ces circonstances. Quant à l'écran tactile, il vous permettra de lancer directement les attaques spéciales de votre personnage sans passer par une manipulation à base de quarts de cercle ou de « gauche-droite-X ». Pour la note esthétique, les portraits des combattants affichés ici sont très classe. A signaler également la mise en scène des attaques ultimes faisant clairement honneur au dessin animé, avec des manipulations spéciales (et différentes selon le personnage) à réaliser qu’on soit lanceur ou receveur. Vous aurez ainsi soit à appuyer sur un bouton quand les boules d’énergie atteindront le centre d’un cercle, soit à entrer des commandes le plus rapidement possible, soit à récupérer des boules bleues et rouges en évitant les grises, ou soit à diriger avec succès ces boulettes dans une sorte de cocotte-minute. Étant donné que le gameplay du jeu n’incite pas à faire usage de ce genre d’attaques à tout bout de champ (au contraire des premiers opus Butôden), ces séquences ne se montreront pas tant répétitives que cela.

 

S’il est de plus en plus probable que Dragon Ball Kai : Ultimate Butôden reste à tout jamais confiné sur sa terre natale, il était cependant de notre devoir de reconnaître sa grande qualité autant visuelle que ludique. La Nintendo DS s’offre ainsi l’un des jeux vidéo DBZ les plus fidèles à la série animée que celle-ci ait jamais connue, même si les affrontements restent plus « sages » que dans un Tenkaichi et que le support ait contraint les intervenants à grandement limiter leur temps de parole. Un indispensable pour les fans courageux.

 

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