Limbo sur PC, le test de Zinzolin

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Ruminer ses pensées suicidaires

 Limbo est un jeu d'Arnt Jensen. Il l'a développé avec l'aide de son équipe et studio indépendant PlayDead. Ils ont récemment sorti leur nouveau titre Inside qui partage des caractéristiques similaires avec Limbo. Limbo est un d'Arnt Jensen sorti en 2010. Limbo. Limbo. Limbo. Limbo est un jeu qui bénéficia d'un immense succès pour un titre indépendant. Honnêtement, je ne sais pas pourquoi.

 

On commence directement dans la peau d'un petit garçon noir aux yeux blancs lumineux. Il semble se réveiller dans une forêt et sous le contrôle du joueur, habitué à un genre plus vieux que lui, il se met à marcher vers la droite mécaniquement. On comprend à l'absence totale de préambule que Limbo est moins porté sur son histoire ou sa narration que sur son ambiance. Une ambiance réellement travaillée par ailleurs et très cinégénique. Une absence radicale de musique et de couleur, pour un jeu entièrement représenté avec des nuances de noirs et de blancs et des sons d'ambiances. La lumière en arrière plan sature l'écran parfois. Un grain est présent à l'image évoquant le début du cinéma et de la photographie. La caméra n'hésite pas à se rapprocher et à reculer selon les situations sans jamais nuire aux joueurs, ce qui finit pas renforcer définitivement l'aspect cinégénique du jeu. Le travail esthétique est indéniable, même les animations du personnage sont plaisantes à voir, mais tout ce travail parfaitement effectué ne sert rien.

 

Si vous suivez une thérapie pour vivre avec votre dépression chronique ou dépasser vos idées noires suicidaires, je vous déconseille ce jeu. Est-ce que vous vous imaginez souvent seul ou entouré mourir dans d'atroces souffrances, avec le brouhaha sourd de vos regrets et de vos ruminations, pour fermer vos yeux et ainsi laisser place à un vide serein et paisible ? Éthiquement, je ne vous conseillerais pas Limbo. Ce sentiment que je viens de décrire, c'est la mauvaise description de chaque mort glauque du personnage, quand celui-ci ferme les yeux et qu'on enchaîne lentement avec un fondu au noir et un silence total. Et des morts, il y en aura. On est face à un jeu de réflexion et de plate-forme où les puzzles sont à l'échelle du personnage. Des puzzles où la moindre erreur de jugement ou d'adresse sera sanctionné par la mort du personnage, des morts inévitables dans la mesure où les règles changent. La progression par l'échec, de nature injuste, où le joueur ignore toujours ce qu'on attend de lui avant de mourir. C'est comme jouer avec quelqu'un qui vient d'inventer un jeu et qui pendant la partie change les règles de celui-ci soit parce qu'il ne veut pas perdre, soit parce qu'il se rend compte que son jeu n'est pas intéressant. En soi, je n'ai rien contre les énigmes ou les puzzles qui ne possèdent qu'une seule solution et où l'exercice des possibles est amoindri, mais les puzzles de Limbo ne sont pas intelligents et on se permet d'infliger aux joueurs des séquences de torture-porn sur un enfant répété à l'infini. Soyons sérieux deux minutes. Limbo est tout au plus un jeu abrutissant et moralement douteux, il n'y a rien de gratifiant à comprendre ses problèmes illogiques en incarnant un gamin qui se fait charcuter.

 

La violence, l'esthétique et le gameplay de Limbo ne servent absolument rien. L'histoire n'existe pas, elle n'est pas présentée alors que des jeux comme Journey ou même Double Dragon en faisaient l'effort. La forêt laisse place à un décor industriel, plus froid, plus géométrique. Des cadavres d'enfant peuplent l'univers du jeu. D'autres enfants cherchent à nous tuer. Et c'est tout. Mais les gens y voient un message, ils y voient une révolution artistique et narrative. On passe de la forêt aux usines car cela symbolise l'évolution de l'humanité qui a dompté la nature. L'affrontement magnifiquement orchestré contre l'araignée est une métaphore d'un dépassement de ses peurs infantiles et de la mère castratrice pour devenir un homme. Limbo est un voyage initiatique de la naissance à la mort... Des interprétations bas-du-front, simplistes et capillotractées qui n'évoquent que des choses évidentes et largement partagées à travers des procédés simplistes.

 

Ces mêmes personnes iront même utiliser ce texte pour dire que Limbo est une œuvre d'art à part entière parce qu'elle suscite des avis extrêmes et contradictoires et nous oblige à tous de redéfinir la définition et les limites du jeu vidéo. Bon sang.

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