Henry Hatsworth : l'incroyable Expédition sur DS, le test de Tim l'enchanteur

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Tim l'enchanteur
8
Tim l'enchanteur DS

So british !

On peut reprocher plein de choses aux Anglais : un mauvais goût assez prononcé quand il s’agit de bouffe ou de fringue, conduire du côté gauche de la route, et un désintérêt complet pour le système métrique. Heureusement pour nous, Henry Hatsworth et l’incroyable Expédition ne parle ni de Jelly, ni de Yards, et encore moins de pudding, mais d’un sujet autrement plus classe : la quête du légendaire costume en or.

Un peu comme un Indiana Jones anglais et vieux, Henry Hatsworth passe son temps dans la jungle impénétrable et les temples millénaires pour dégoter toutes sortes de trésors. Moustache au vent, monocle vissé sur l’œil et tasse de thé à la main, l’aventurier ne tardera pas à dénicher le premier élément du costume légendaire : le chapeau melon d’or. Un couvre-chef un peu spécial qui ouvrira une faille vers le « Royaume Enigme », mais qui permettra surtout de manipuler les blocs de ce royaume.

Chapeau melon et durs à cuire…

Le jeu est clairement divisé  en deux parties : action plateforme sur l’écran du haut de la DS, puzzle-game sur l’écran du bas. La partie plateforme vous permet de contrôler Henry à travers des mondes très, voir trop classiques (jungle, temple, volcan, sous-marin,…) subdivisés en courts niveaux. Au programme : sauts, plateformes mobiles, pièges, et passages secrets. La présence de nombreux ennemis et de sortes d’arènes qu’il faut vider pour pouvoir continuer l’exploration viendront également interrompre votre avancée. Henry est heureusement bien équipé côté baston, entre sa cane qu’il utilise pour envoyer les ennemis en l’air et réaliser des combos, et son tromblon lançant des balles, des bombes ou des sortes de « boomerangs violets super bizarres » selon le dernier bonus récupéré. Une certaine répétitivité pourra s’installer lors de ces phases de combats, que de rares boss viendront chambouler lors de rencontres mémorables.

…éparpillés par petits bouts : Façon puzzle

L’autre écran de la DS sera entièrement consacré au « Royaume énigme », un puzzle-game assez simple dans lequel des blocs montent indéfiniment vers l’écran supérieur. En permutant des blocs, il vous faudra réaliser des alignements de trois couleurs identiques pour les faire disparaitre et remplir petit à petit une jauge d’énergie. Et comme chaque ennemi tué en mode plateforme se retrouve sous forme de bloc ennemi en mode puzzle, il faudra régulièrement nettoyer l’écran du bas avant que ceux-ci ne reviennent dans l’écran supérieur vous hanter à nouveau. Pour vous obliger à passer du temps dans les deux modes, les développeurs ont pensé à intégrer tout un tas d’interactions entre les deux écrans : les bonus récupérés en plateforme devront par exemple être activés en puzzle, et les attaques de Henry se verront boostées temporairement quand vous détruisez des blocs et remplissez la jauge d’énergie.

Migraines et robot géant

Loin d’être anecdotiques, ces interactions entre le mode plateforme et le mode puzzle s’avéreront de plus en plus indispensables au fil de l’aventure. En remplissant la jauge d’énergie à fond, Henry pourra même contrôler un robot géant, devenant invincible et surpuissant l’espace de quelques secondes. Amenée par une petite animation débile, cette courte invincibilité sera souvent la bienvenue tant les ennemis peuvent être coriaces… et nombreux.

Ne vous fiez pas au nom de l’éditeur (EA Casual Entertainment), Henry Hatsworth est difficile. Si les premiers niveaux s’enchainent assez vite, ce sera moins le cas dans les derniers mondes. Quand on en arrive à se battre contre des ennemis tout en réalisant des sauts millimétrés, sans oublier de surveiller l’écran puzzle et de gérer les bonus avec parcimonie, laisse-moi te dire qu’on se prépare des nuits blanches... des migraines... des "nervous breakdown", comme on dit de nos jours. Les morts vont d’ailleurs devenir de plus en plus fréquentes, jusqu’à un boss final irritant de difficulté. Ces problèmes ne sont heureusement jamais insurmontables, sans oublier qu’une boutique vous permettra d’acheter des améliorations salvatrices (cœurs supplémentaires, coups spéciaux, attaque augmentée, durée en mode puzzle plus longue, etc).

Malgré des petites défaillances, ce cross-over sympathique des genres plate-forme et puzzle-game  saura vous séduire en exhibant sans honte son univers foutraque, son humour décalé, ses boss débiles mais retors et ses nombreux passages secrets.  Parfois frustrant, un peu redondant à la longue, l’incroyable Expédition d’Henry Hatsworth reste une valeur sûre de la DS. Le pari fait par les développeurs d’EA Tiburon de mélanger deux styles de jeux si différents n’était pas gagné d’avance, force est de constater qu’il est réussi. Alors en guise de conclusion, je leur tire mon chapeau (melon bien sûr). 

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