MotorStorm : Pacific Rift sur PlayStation 3, le test de BlackLabel

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BlackLabel PS3

Exigeant et gratifiant

En faisant un tour dans ma liste des trophées, j'ai pu remarquer que je n'en avais que 14% sur Motorstorm Pacific Rift. Aujourd'hui, le premier venu qui découvrirait mon statut PS3 se dirait que je n'y ai pas beaucoup joué, alors que c'est tout le contraire, j'étais probablement au rang 6 ou 7 du mode Festival quand je me suis tourné vers un autre jeu, ce qui représente environ les 2/3 du jeu solo. Et pour en arriver jusque-là, j'ai bien sué.

Quelque part elle est me fait rire, la nouvelle Lara Croft badass qui saigne et se recoud elle-même alors que son jeu sera probablement un immense QTE automatisé qu'on finira les doigts dans le nez. Durant tout le jeu, on va chercher à nous faire croire qu'elle souffre le martyr. Dans Motorstorm PR, pas besoin de mise en scène empathique et emphatique ; personne ne souffre à notre place, c'est nous qui souffrons directement dans la boue, la végétation poisseuse et la poussière. En m'y remettant deux ans plus tard, j'avais perdu tout le doigté nécessaire pour manier les différentes classes de véhicules, j'avais oublié les bosses assassines des circuits accidentés, les passages où il ne faut surtout pas booster si on ne veut pas se retrouver dans le mur ou pire, dans le vide. En résumé, je me crashais toutes les trente secondes.

Jeu de course purement arcade et brutal, Motorstorm n'a rien à voir avec un BurnOut où il suffit de foncer sur des circuits larges comme des autoroutes qui défilent à une vitesse insensée. Le jeu est lent, lourd, et n'ira pas plus vite vers la fin. Le fun immédiat à la Electronic Arts où on s'extasie pendant deux heures avant que le soufflet retombe et que le jeu finisse au placard n'est pas de mise. Motorstorm, au contraire, c'est une tatane dans la tronche dès le premier circuit pour nous décourager direct. On ne comprend rien à la... route ? C'est une route, ça ? On booste tout le temps pour mieux se crasher partout, et lorsqu'on parvient à tenir quelques secondes au milieu du peloton, l'IA nous bouscule, nous pousse sur des rochers, nous déséquilibre dangereusement jusqu'au tonneau. Tous les mauvais acquis hérités des jeux accessibles et funs nous trahissent.

Alors on roule moins vite, ou disons plutôt qu'on utilise le boost avec méfiance. Malgré la grosseur du véhicule choisi, on y pense à deux fois avant de rouler sur un quad qu'on va forcément écrabouiller, mais à nos risques et périls car il peut nous faire dévier, voire provoquer un tonneau. On apprend à connaître le circuit, les passages les plus adaptés à notre véhicule, les pièges sournois, la bonne trajectoire à prendre sur un tremplin pour éviter de se retrouver dans un arbre. Puis on finit troisième. Et cette première victoire est extrêmement gratifiante, car on la mérite pleinement. Cette première victoire procure un plaisir infiniment supérieur à toutes les médailles d'or qu'on empile bovinement dans un Blur.

Et cet apprentissage, il va falloir le recommencer sur chaque circuit, et même parfois un circuit connu sera totalement nouveau selon le véhicule, pas tant à cause des différentes trajectoires que des réactions dudit véhicule. La marge de progression est énorme. Le fun est là, puissant, mais il se mérite, et c'est pour cela qu'il est si bon. Peu de véhicules, peu de modèles différents dans chaque catégorie. Là aussi, le jeu nous gratifie au compte-goutte. Il n'y aura pas d'avalanches de trophées, le plaisir de Motorstorm ne se calcule pas au nombre des titres absurdes à débloquer, mais au temps que l'on passe dessus à approfondir notre connaissance du titre.

Je préfère l'univers Mad Maxien de son aîné. Pacific Rift est plus varié, mais aussi moins cohérent, un peu fourre-tout. Il arrive aussi que certains circuits (assez peu) comportent des passages brouillons à cause de trop de végétations. Je ne parvenais pas à placer des repères, ce qui m'avait découragé à l'époque. D'ailleurs le premier demandait une connaissance plus intime des circuits qui permettait de faire une course parfaite, là où celui-là est un peu plus permissif, mais plus traître aussi, de façon parfois capricieuse. L'IA cheate comme sur les Mario Kart. En contre-partie du premier, il offre un mode photo dont je ne me lasse pas, la possibilité de jouer à plusieurs sur écran splitté, une variété d'épreuves dont le premier manquait cruellement : Éliminator, contre-la-montre, vitesse, etc. C'est également un très beau jeu qui arrive, rien qu'en changeant l'heure de la journée (donc l'inclinaison du soleil), à donner à un même circuit des atmosphères très différentes, parfois même suffocantes.

 

Motorstorm a une identité forte, une ambiance bien à lui, dès le départ. J'adore, comme pour le premier, l'intro hollywoodienne façon années 80 (pas dans le sens beauf et péjoratif du terme, mais dans le sens du savoir-faire à la John McTiernan), cette grosse musique basse qui annonce le film d'action comme le calme avant les orages, les images qui installent doucement le jeu comme celles de Predator installent solidement le film, avec le clair/obscur, les contrastes, leur menace sourde, et cette voix profonde et virile de bande-annonce qui débite des phrases certes creuses, mais en parfaite adéquation avec les paysages torturés. Bienvenue... à Motorstorm.

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