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League of Legends : Quel bilan pour la première saison de l'Open Tour ?

League of Legends : Quel bilan pour la première saison de l'Open Tour ?

Par Eva Martinello - publié le
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Dimanche 25 novembre dernier a marqué la fin de la toute première saison de la ligue française de League of Legends, appelée l'Open Tour. La rédaction s'y est rendue et a pu discuter avec la communauté et l'éditeur. Quel est le bilan de la toute première saison de la ligue française ? Qu'attendre de l'année 2019 pour la scène française ? Tant de questions...

Finale à Disney

Le dimanche 25 novembre s'est déroulé le tout dernier jour de la première saison de l'Open Tour, qui a réuni la communauté compétitive française toute l'année. La finale a été organisée dans un lieu original : le Convention Center de l'hôtel New-York, dans le parc Disneyland Paris. Et le lieu a été bien choisi : le cadre est original et la salle peut accueillir plus d'un millier de spectateurs. 

Avant de lancer le tout dernier match de la saison, dès 17 heures, un showmatch est prévu : le Match des Légendes. Il voit s'affronter GG Call Nash à Sparta, deux équipes spécialement reformées pour l'occasion. Damien Ricci, responsable esport de Riot Games France, est satisfait de ce tout nouveau format : « On a vu que les gens étaient nostalgiques de leur époque... il y avait plus de 13 000 spectateurs sur la chaîne donc la communauté a vraiment suivi. » De leur côté, les visiteurs en sont aussi satisfaits, même si certains n'ont suivi que de loin les streamers comme Shaunz ou Narkuss :

Aux Etats-Unis, ils font beaucoup de showmatchs, comme le Tyler1 Championship Series... mais en Europe, ça ne se fait pas trop et c'est dommage. Je trouve que le Match des Légendes est une très bonne idée,

estime Jonathan, 26 ans. D'ailleurs, Riot Games compte bien réitérer l'événement... et il n'y en aurait pas que pour Paris, puisque l'équipe pense à amener l'événement dans d'autres villes.

À 18h30, les choses sérieuses commencent avec la grande finale de l'Open Tour, qui oppose GamersOrigin à Vitality Academy. Deux équipes qui ont dominé le classement tout au long de la saison, bien que Vitality ait eu des débuts difficiles. Dans la salle, les visiteurs que l'on rencontre sont des grands habitués de League of Legends, des joueurs qui ont découvert le jeu dès sa première saison compétitive, en 2011. Floriane, 28 ans, n'y joue plus que rarement mais elle suit régulièrement la ligue européenne (LCS EU) :

Même si je n'ai pas suivi l'Open Tour avec attention, c'est un bon événement en France qui est organisé par Riot Games, et il est accessible à tous.

Ils sont nombreux à privilégier les compétitions de haut niveau, mais ils n'hésitent pas à se rendre aux événements qui rassemblent la communauté française.

Dans cette finale, les underdogs ne l'emporteront pas. Malgré une première partie gagnée haut la main par GamersOrigin, Vitality Academy adapte sa stratégie et prend trois points d'affilée, en s'imposant comme la championne de France (tous les détails dans notre news). À la sortie, les spectateurs forment une file d'attente pour obtenir des autographes des tous nouveaux champions du monde. Pour eux, le titre devra être conservé l'année prochaine.

Quel bilan ? 

Cette année, le paysage de la scène compétitive européenne a entamé des changements importants, avec l'annonce des franchises en LCS EU, qui prendront désormais le nom d'European Championship (LEC). Ces changements ont résonné jusqu'en France, avec la disparition du système de relégations qui permettait aux équipes de se qualifier en LCS rien que par leur niveau. 

Avec le Challenge France, il n'y avait que deux tournois par an. Avec l'Open Tour, entre les étapes en ligne et offline, les équipes jouaient tous les 15 jours !

Ce dernier a été remplacé par la toute première ligue française officielle : l'Open Tour, annoncé en janvier dernier. Il accueillait toutes les équipes composées de joueurs classés en Platine V et plus. Il y avait 7 étapes offline, organisées au sein des LAN qui animent la scène compétitive française chaque année, comme la Gamers Assembly et la Lyon e-Sport. Le but : développer la scène compétitive et apporter plus de régularité.

Et effectivement, la nouvelle a été bien accueillie par les organisations. Au niveau semi-professionnel et amateur, les équipes changent de visage tous les trimestres, voire tous les mois. Avec la perspective d'une ligue organisée sur plus de six mois, certaines équipes ont pu tenir en gardant la majorité de leurs joueurs. D'un autre côté, des équipes de streamers comme Solary ont pu continuer à offrir du fun, mais aussi de la compétition à sa communauté avec les matchs en LAN. Enfin, pour les organisations professionnelles en haut du classement, elles ont obtenu un calendrier précis à suivre. Mais cela restait la première année de compétition, le saut dans l'inconnu. Et il y a aussi eu des couacs.

On le sait, avec les LAN en France, on peut s'attendre à tout. Cette année en a été un exemple parfait : les organisateurs se sont arrachés les cheveux en intégrant des jeux battle-royale (avec plus de 70 joueurs dans une même partie) dans leurs événements, et cette année s'est avérée plus chaotique encore que les autres. D'ailleurs Riot Games en a pâti en intégrant des étapes de son circuit officiel dans ces événements locaux. Résultat : en plus d'une expérience de spectateur mitigée, les changements et problèmes de dernière minute ont aussi eu un impact sur les performances des joueurs.

Mais du côté de Riot Games aussi, la première saison était expérimentale. Cinna « Perecastor » Bazrafkan, coach de GameWard, énonce des problèmes d'organisation des étapes en LAN du circuit, et le fait de n'avoir que peu affronté certaines équipes. Au-delà de cela, il est très satisfait de cette ligue entièrement française. Le manager de l'équipe, Nicolas "ChyPriotE" Temenides, est également satisfait et optimiste pour l'année prochaine :

C'est très bien que la LFL soit homogène, et l'Open Tour sera encore mieux en étant complètement en ligne, car les structures qui ont peu d'argent ne seront plus obligées de faire toutes les LAN.

Plus d'ambition pour 2019

Riot Games a d'ailleurs annoncé passer à la vitesse supérieure en 2019 avec l'introduction d'une ligue professionnelle au-dessus de l'Open Tour : la Ligue Française de LoL (LFL). Selon Damien Ricci, "L'Open Tour va continuer mais il sera recentré sur sa vocation première, qui est la détection de talents. Les équipes de la LFL ne joueront pas dans l'Open Tour et ça permettra à de nouvelles équipes d'émerger". Le but est donc d'avoir un format plus adapté aux équipes professionnelles, avec des étapes physiques qui resteront en place, mais qui seront séparées des LAN, pour prendre place à l'eSport Arena de Webedia. "Quelques matchs pourront être joués dans l'arène, mais ce sera plus dans une logique de création de contenu et de mise en relation des équipes".

Le mauvais côté est certainement que l'Open Tour perdra en visibilité puisqu'il n'aura plus d'étapes offline, qui étaient les seuls matchs suivis par une partie de la communauté. Mais les équipes de tous niveaux pourront continuer à se réunir dans les tournois séparés organisés par les LAN ; en revanche, les résultats n'offriront pas de points aux équipes dans un quelconque circuit.

Qui va rejoindre la ligue professionnelle ? Les équipes seront choisies par Riot Games sur candidatures. Les critères pour les sélectionner reposeront sur le sérieux du projet et l'encadrement des joueurs proposé par l'organisation. Selon Damien Ricci on pourrait même y retrouver des équipes académie de l'European Championship (le futur circuit LCS EU) : "Vitality est en France, et ça ne veut pas dire qu'il n'y en aura pas d'autres. On serait ravis d'avoir plus d'équipes académies en France". 

Si l'on pense automatiquement au top 4 de l'Open Tour de cette année, à savoir Vitality Academy, GamersOrigin, LDLC et Gentside, on pourrait imaginer qu'une ou plusieurs nouvelles structures françaises y soient en 2019, mais aussi une équipe académie d'une organisation présente en LEC (comme Vitality)... à suivre en janvier 2019 !

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