Le nid du Zhibou

Le nid du Zhibou

Par zhibou Blog créé le 13/05/10 Mis à jour le 13/02/17 à 20h04

Le blog d'un animal nocturne qui se nourrit de cinéma, de jeux vidéos et d'autres aliments de la pop culture.

Ajouter aux favoris
Signaler
Cinéma (Cinéma)

 

La Planète de Singes : Les Origines était un belle surprise. Après l’échec cuisant de Tim Burton et son remake du film original de 1968, il était difficile de croire qu'une relecture pertinente du roman de Pierre Boule pouvait surgir alors que sévit actuellement une vague de remakes rarement convaincants. Pourtant, le film s'est posé comme un idéal de reboot. Il s'était approprié la base du récit de La Conquête de la Planète des Singes pour réactualiser son argument de science-fiction dans un contexte moderne. L'éveil et le parcours de Caesar dans ce premier film était un vecteur d'émotions passionnant, seulement gâché par un climax maladroit et dont l'ampleur spectaculaire jurait avec les ambitions plus intimistes précédant l'assaut de San Francisco. Reste que ce prémisse laissait attendre une suite qui se doit de transformer l’essai et d'imposer l'identité de cette nouvelle continuité.

 

Les Origines avait délaissé le discours nucléaire de l'original pour orienter son propos sur l'éthique des recherches médicales et les craintes de contaminations virales. Ce qui est rappelé brièvement dans la séquence générique de L'Affrontement pour établir son contexte post-apocalyptique. Mais suite à ces images d'archives télévisées, les nouvelles ambitions de cet épisode seront vite révélées. Le film va en effet réinterpréter le concept même à l'origine de La Planète des Singes. Dans le roman et le film original, l'inversion des rôles entre hommes et primates était là pour mieux surligner les absurdités de la société humaine. Mais ici, en faisant évoluer parallèlement deux sociétés distinctes dans un environnement où le confort moderne n'est plus, le film permet de s’interroger sur le sens même de ce qui fait une civilisation. Le titre original (Dawn of the Planet of the Apes) est dans cette optique fort bien choisi, puisque l'on assiste à l'aube d'une société simiesque qui se découvre. Les premières scènes sont à ce sens aussi audacieuses que payantes. Avant que les humains n'entrent en jeu (au bout de pas loin d'un quart d'heure de film), pas un seul mot à l'oral ne sera prononcé par les singes. Autant par choix que de par leur mode de vie, ils préfèrent user du langage des signes plutôt que la parole. Ce qui réinstaure le langage comme un outil de communication purement fonctionnel, qui porte ses fruits notamment dans l'excellente séquence de chasse. Outre ceci et les visions d'une cité embryonnaire, de prémices de maisons, d'école, ou encore des débuts d'ornements et d’apparats chez certains individus, l'on vit pendant ces précieux instants le quotidien d'une communauté qui a réussi à s'adapter pendant le déclin de l'humanité. Mais la réussite de Dawn pour présenter de manière crédible un tel groupe ne serait pas complète sans le soin accordé à ses interprètes numériques.

 

 

 

Andy Serkis et The Imaginarium font sans conteste parti des artistes les plus influents à l'heure actuelle dans le domaine de la performance capture, et ont permis de remporter le pari lancé par cette nouvelle saga des singes. Le travail effectué par les acteurs et animateurs pour obtenir un langage corporel en adéquation avec le récit est prodigieux. Il trouve dans le film, encore plus que dans le précédant, un parfait équilibre pour décrire un comportement animalier teinté d'humanité. Le langage des signes mentionné plus haut s'impose d'autant plus pertinent. Voir un singe monter un cheval ou tenir une arme à feu ne paraît pas maladroit ou étrange dans le cadre du film. La droiture de Caesar et l'abandon progressif des postures à quatre pattes des autres protagonistes donnent une transition crédible aux singes quasiment humains qu'il sont censés devenir dans le futur tel que dicté par le film original. Devant les performances des personnages, ajouté à la photographie naturaliste du film, la technologie devient complètement transparente au profit de l'histoire. Comme se devrait être tout effet spécial de cinéma qui se respecte. En terme de pure caractérisation, on est donc aux antipodes du film de Tim Burton qui accolait des mouvements purement simiesques au designs fantastiques de Rick Baker, ce qui créait un décalage malvenu entre background visuel et gestuaire.

 

De part ces partis pris, le film est donc très solide rien que dans ses parties entièrement centrées sur les singes. Quand il finit par les mettre en corrélation avec les humains, il va permettre de surtout opposer des philosophies communautaires radicalement différentes, l'une prônant la famille, et l'autre des besoins plus matérialistes (avec par exemple le retour de l'électricité comme principal enjeu). Mais cette dualité, en dehors du second de Caesar qui joue le rôle de rival, ne verse pas dans un manichéisme lambda. Les figures fortes de chaque camps, notamment le leader humain campé par Gary Oldman, prennent des décisions pour le bien de leurs communautés respectives. Jamais injustes, mais pas forcément des plus judicieuses. Le jeu de tensions qui s'instaure alors marche à double sens, ce qui amène le spectateur à ne pas souhaiter assister à l'inévitable confrontation des deux factions. Quant cela arrive, le réalisateur Matt Reeves abandonne les tremblements de caméras invivables de son Cloverfield pour une mise en scène bien plus lisible qui a son lot d'images intenses et parfois directement inspiré du film de guerre. Grâce au build-up entrepris jusque là, et par l’anticipation du futur de la série tel que connu par le public, l'affrontement promis par le titre français prend alors un parfum aigre-doux qui laissent sur des résolutions bien amères.

 

 

 

On ne peut que supposer pour le moment ce que la suite réservera au sort de Caesar et des siens, et il reste à voir comment la série va sortir de l'impasse de devoir ultimement se rattacher aux événements du film de 68. Mais en l'état, Dawn of the Planet of the Apes s'avère être un habile film de transition. Se démarquant des différentes versions de cette saga mythique, la continuité instaurée en 2011 par Rise of the Planet of the Apes aborde de passionnantes nouvelles thématiques et réflexions sur son concept de base, et c'est en soit une belle marque de respect de l’½uvre originale.

 

Cet article a été originellemnt publié sur Chronics Syndrome :

http://chronicssyndrome.wordpress.com/2014/07/30/la-planete-des-singes-laffrontement/

Ajouter à mes favoris Commenter (11)

Commentaires

niico
Signaler
niico
l'univers du film ressemble beaucoup à un "the last of us", mais en même temps, "the last of u"s ressemble à tellement d'autres films.
Pour ce qui es de "the dawn", j'en attendait tellement que j'ai quand même été décu. Tout es superbe, mais il me manque ce coté épique que l'on retrouve dans les grands films.
De plus, pour moi, il y a une incohérence dans la scène de naissance du fils de cesar, alors que l'on a des singes primaires/ primates/ parfois violents, on assiste à un accouchement avec 3 sages femmes (singes) ...un peu trop civilisé.
Sinon je l'ai pas vu en 3d (le cote + sombre des lunettes me dérange), et l'image est magnifique.

@AMSNK, tu veux dire "Marc Walberg", pas "Matt damon"
Mingo-May
Signaler
Mingo-May
"pareille en plus de ça trop de similitude avec the last of us, un monde post apocalyptique, un virus qui à décimé une partie de l'humanité, une centrale électrique qu'il faut re mettre en marche du copie collé on viens à ce demandé si le réalisateur n'est pas un fan, pour moi aucun intérêt une grosse merde, le meilleur reste celui avec mat damon'

Ouah t'es sérieux ? J'veux dire t'as vraiment pensé que TLOU était l'inspiration première à cause de ce genre de faits ? Y a des milliers de film avec ce background (et autres livres, jv et tous les supports ludiques en général), bcp trop pour faire un rapprochement aussi direct et violent.

Quoiqu'il en soit l'article est pas mal et m'a donné envie. Le souci c'est que j'ai pas vu le premier, et je me tâte à aller voir celui-là. J'ai juste vu la bande annonce du premier, et j'ai eu l'impression d'avoir vu le film, donc j'ai pas dépensé mes brouzoufs surtout au prix du ciné à l'heure actuelle...
Djcode3460
Signaler
Djcode3460
Un super film. Alors oui on ressent bien les influences, mais elles sont tellement bien intégrés que ça passe. Par contre contre carton rouge à la 3D inutile et invisible.
Donald87
Signaler
Donald87
Vu hier soir, un excellent film, j'ai aimé.
AMSNK
Signaler
AMSNK
pareille en plus de ça trop de similitude avec the last of us, un monde post apocalyptique, un virus qui à décimé une partie de l'humanité, une centrale électrique qu'il faut re mettre en marche du copie collé on viens à ce demandé si le réalisateur n'est pas un fan, pour moi aucun intérêt une grosse merde, le meilleur reste celui avec mat damon
masterblizzard
Signaler
masterblizzard
On avance pas du tout dans l'histoire... Ce film n'as aucun intéret.
Nazman
Signaler
Nazman
L'image des personnes masquées fait très club échangiste, élitiste à la limite.
3 Nuances 2 Geeks
Signaler
3 Nuances 2 Geeks
Il manque tout de même à ce film ce soupçon d'émotion qui amènerait de l'empathie envers les humains.Ces derniers sont des personnages trop peu développés et/ ou mal écrits,ce qui déséquilibre le récit,mettant d'autant plus en avant les défauts de la partie simiesque ultra-manichéenne à mon goût.Mais le film comporte pas mal de scènes intéressantes malgré tout.Dommage de ne pas totalement transformer l'essai...
MAD
Signaler
MAD
Perso, j'ai adoré, excellente suite.
Sauvadj
Signaler
Sauvadj
Je suis d'accord avec toi , j'ai trouver le film très pertinent dans ces propos , j'avais peur au départ de se retrouver devant un sénario du genre : gentil singes attaquer par méchant humains , mais pas du tout , seul bémol pour moi la 3D qui est ici inutile :)
REB1RTH
Signaler
REB1RTH
J en sort et j ai bien aimé. J ai pense à mgs 3 pendant le film .

Édito

Vous êtes ici sur le blog "conpagnon" de Chronics Syndrome.

 

Vous aurez en effet droit aux articles écrit par mes soins, publiés en intégralité sur Gameblog. Je ferais de la pub racoleuse seulement pour les articles de mon collègue de blog. Cela me semble plus juste ainsi.

Donc, des critiques d'un coté (cinéma, jeux, etc...) mais aussi quelques rares bonus qui n'ont pas leurs place sur les Chroniques. Un cru spécial pour la comunauté Gameblog.

 

N'hésiter pas à venir jeter un coup d'oeil, aimer, partager, vous abonner sur Chronics Syndrome, les chroniques de la Pop Culture :

 

Archives

Favoris