CARIBOU: Scholarship Edition

CARIBOU: Scholarship Edition

Par seblecaribou Blog créé le 05/02/10 Mis à jour le 22/11/13 à 06h02

Le quotidien d'un gamer, nanardeur, cinéphile, blondophile...

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Silence, Moteur, Action!

World War Z était le film que j'attendais le plus cette année. C'était la conjonction de trois choses : mon block-buster de l'été, un nouveau film avec Brad Pitt (oui j'aime Brad Pitt d'amour) et surtout un nouveau film de zombies. Profitant, comme beaucoup d'autres pauvres, du crépuscule de la fête du cinéma pour tenter de voir le film le jour de sa sortie, je me suis retrouvé avec mes compères de mésaventure à aller le voir à une séance tardive (de laquelle je rentre à peine) au lieu de celle du début de soirée. Cela valait-il le coup ? Oui et non. Pour éclairer cette réponse de normand, je dirais que World War Z est ce qu'il est censé être, sans être ce qu'il est censé être.

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C'est un block-buster d'action, ça ne fait aucun doute, mais il montre une sorte de dichotomie face à son autre place dans le genre horreur et le sous-genre zombie. Le genre zombie, instauré depuis des années par Romero et son Night of the Living Dead, est un genre qui repose sur une certaine forme d'intimisme propre au post-apocalyptique et qui y ajoute un effroi visuel provoqué par la présence de gore. Toute les déclinaisons qu'il a subit, les variations de zombies (les fameux infectés), restent avec ces bases plutôt solides pour départ. Autre détail, mais qui a son importance dans mon jugement de ce World War Z, ce ne sont pas des films très grand public. Il y a quelques représentants célèbres qui ont connu un certain succès et la présence continue des zombies dans le domaine vidéoludique ou des série comme Walking Dead nous prouve que la mode du mort-vivant n'est pas prête de s'essouffler. Cependant un film de zombies reste un film qui ne s'adresse à l'audience du block-buster classique. Ce n'est pas le film qui passe le dimanche soir sur TF1 en somme...

Pas vraiment un genre qui sied à tous les publics.

Clairement, c'est là que se situera la déception pour tout amateur de film de zombie. Alors que l'on s'attendait à un potentiel concurrent au fabuleux 28 Days Later de Danny Boyle, ce que nous propose ici Marc Forster, c'est un film de zombies capable de passer sur TF1 le dimanche soir. Ce n'est pas forcément de manière péjorative que je le dis, mais World War Z est probablement le premier film de zombies réellement grand public. Ou plutôt, c'est le premier film grand public, à gros budget, qui parle de zombies.

Car le premier choc pour tout amateur de zombie, c'est la pudeur de la réalisation quant à la violence graphique. Alors que le genre nous habitue à de la tripaille et de la chaire mâchée même pour ses représentants comiques comme Shaun of the Dead ou Zombieland, World War Z prend le partie de ne pas montrer ce qui aurait été potentiellement choquant visuellement. Une amputation de main ou un pied de biche qui atterrit dans un crâne ? Cela se passe hors champ. Plus que de l'horreur au sens slasher ou torture porn du terme, le film s'oriente vers de l'épouvante de temps à autre et du stress quand la situation vire à l'action tambour battant. La musique est d'ailleurs de bonne facture mais singe énormément les dernières prestations de Hans Zimmer (les cors sont irrémédiablement à la mode).

Autre signe d'un film orienté vers un public large, la réalisation de Forster fait montre d'invraisemblances, ou d'improbabilités pour être plus exact, assez régulières. Sans trop en dévoilé, je dirais simplement qu'on craint rarement pour la vie du héros, même si son intégrité physique est souvent mise à mal. On est loin de la cruauté que ce genre peut parfois montrer. Le film ajoute même par moment certains plans étranges qui distillent une forme d'humour dans des situations par ailleurs graves. Le tout est saupoudré de poncifs assez reconnaissables, comme l'altruisme surréaliste de certains personnages prêts à donner leur vie, tel Bruce Willis dans un film de Michael Bay.

 

Ça a ses avantages d'avoir beaucoup d'argent pour faire un film.

Je tiens cependant à mettre un holà sur les potentielles, et sans doute justifiées, critiques sur la qualité du film, rapport à cet aspect très grand public ; une contrepartie existe. L'aspect technique impressionnant et les présences d'un réalisateur talentueux derrière la caméra et d'un acteur célèbre et non moins talentueux devant restent des arguments en la faveur de WWZ. On aurait tort de dire que Brad Pitt livre ici sa plus belle performance, mais de la même manière que Gary Oldman dans l'exécrable The Unborn, il s'avère que le mec joue juste quoi qu'il arrive au niveau de la direction d'acteur. Quand bien même le film aurait été sabré de ce point de vue (ce qui n'est pas le cas) son nom est toujours un gage de qualité en ce qui me concerne.

Quant à la réalisation, elle souffre effectivement du script et de ces scènes tellement grosses qu'on a du mal à les gober, mais en attendant, Marc Forster ne manque de nous rappeler que malgré son échec cuisant à reprendre la suite de Casino Royal, il a quand même à son actif de beaux films comme Les Cerf-Volants de Kaboul, Finding Neverland ou Monster's Ball (À l'Ombre de la Haine). Certains plans sont splendides et choisis avec énormément de goût et l'esthétique globale du film est assez impressionnante et ce principalement grâce aux zombies qui abandonnent le concept de horde pour adopter littéralement celui de la vague. Le tout joui en plus d'une colorimétrie magnifique et si je ne dis pas de bêtise, on doit cela au directeur de la photographie Robert Richardson ayant oeuvré sur Inglorious Basterds, Django Unchained ou encore l'ennuyeux mais magnifique Hugo Cabret.

 

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Si je devais le prendre comme le fan de zombies que je suis (tous supports confondus) je dirais que World War Z ne rempli pas son office, voire qu'il est un affront personnel. Le gore est aux abonnés absents, la claustrophobie ou l'intimisme sont réduits à quelques scènes et tout manque cruellement de ce mélange étrange entre désespoir et fun que peuvent produire les films du genre. Pris comme un film de zombie, c'est indéniablement une déception. En revanche, l'apport financier très block-buster de l'été, d'habitude réservé aux robots géants et aux super-héros qui détruisent des grattes-ciel donnent irrémédiablement un cachet particulier pour le genre zombie à ce WWZ. L'image est plus spectaculaire ; les zombies ne courent pas, ils sprintent ; ils ne montent pas, ils escaladent. La réalisation gagne en beauté esthétique avec des plans soigneusement étudiés et une photographie splendide. On regrettera que le réalisateur retombe quelques fois dans le travers de Quantum of Solace et de sa shaky-cam un peu illisible sur quelques séquences mais globalement l'action apporte de bonnes sensations. Au global donc, c'est un film sympathique et finalement relativement unique pour cette croisée des chemins improbable. Un film de zombie grand public...pourquoi pas ?

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Commentaires

Trojan
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Trojan
Comment ne pas aimer le Trône de Fer?
Faut vraiment avoir perdu l'envie de se laisser happer par une histoire où l'on perd facilement ses repères :-{.
ladanettedu94
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ladanettedu94
Bon je vois que ça parle de films de Zombies, donc je dirais ceci : après avoir des maquillages de zombies plus vrais que nature, ça fait un peu pitié de revenir au zombie en CG dans WWZ.

Et puisque je vois que ça parle de Victor Hugo, je dirais ceci : Le Dernier Jour d'un Condamné ça déboîte sa maman de son frère de son chien. Un jour je l'adapterai en film. Un jour.
Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees
L'épée de vérité.


MOUHAHAHAHAHAHAHA.

Best parodie de livre EVER (à égalité avec 50 shades of grey).
Même Twilight, c'est mieux. :ninja:

Une fois de plus, je rejoins Celim à 100%.
MajorBob
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MajorBob
J'en attendais un peu à l'annonce, mais c'est retombé très vite, à la vue des BA qui annonçaient la couleur: faut pas que ce soit effrayant, sanglant ou même ressemblant au bouquin.

http://www.legorafi....sible-au-livre/
Dopamine
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Dopamine
Pareil que beaucoup... Je n'en attendais rien. Par contre, je me suis pris l'intégrale à lire sur iPad :)
NakedVince
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NakedVince
Pour moi c'est bien simple, ce n'est pas un film de zombies. C'est un film catastrophe avec des infectés. Et je suis d'accord avec toi, il manque cruellement de tripes, ce qui pour moi est un énorme problème dans un film censé traiter de "zombies".
Sharn
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Sharn
T'as pas suivi le débat sur le statut de MrFurieux. Vu que Liehd n'a pas lu en entier L'épée de vérité j'ai fait une tite comparaison avec Les Misérables de Victor Hugo.
Celimbrimbor
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Celimbrimbor
Ahahahahahahahahah !
La série de L'épée de vérité qualifiée de bons livres !
Nan, soyons clairs. Dans les étrons et les douves de la fantaisie, nous trouvons bien entendu des choses telles qu'Eragon ou L'assassin royal, mais L'épée de vérité est bien pire que tout ceci. Pour filer la métaphore des douves et des étrons, si des bouses comme L'assassin royal ou Game of Thrones flottent et se dissolvent doucement, L'épée de vérité correspond à l'eau des douves, une sorte de bouillie primitive, horrible et dont la simple odeur suffit à retourner les trippes plusieurs fois.

Allez, soyons sérieux deux secondes, voulez-vous ?

Celim.
KingTeDdY
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KingTeDdY

(le guide de survie en territoire zombie pour ne pas le citer)


Même auteur d'ailleurs mais clairement pas écrit avec le même état d'esprit effectivement. Le Guide est plus "léger" dans son approche.
Sirtank
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Sirtank
Critique instructive, merci Seb. Il ne sera clairement pas dans mes priorités des vacances.

Et pour WWZ le livre, je rejoint Celim sur le fait que il est quand même plutôt surcoté et présente des faiblesses de style et une idéologie discutable. Pas forcément mauvais pour autant mais pas un chef d’œuvre, surtout quand le genre compte des références capable de présenter cela de manière bien plus cohérente et/ou divertissante (le guide de survie en territoire zombie pour ne pas le citer)
Sharn
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Sharn
BL=>Asimov sur Fondation est particulièrement mauvais sur la fin. Au début ça passe très bien mais plus on avance dans le récit plus on va le n'importe quoi et plus l'écriture fait également n'importe quoi.

Donc L'épée de vérité est potentiellement un bon bouquin.
Pedrof
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Pedrof

@Pedrof :

En conclues-tu que Les Misérables est un mauvais bouquin ?


Non. Mais Hugo a intérêt à revoir ses intros s'il veut que je le lise :P
Yeah
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Yeah
On part de WWZ pour arriver sur les Misérables :) Internet :)
Je vais aller voir le film ce soir, même si c'est le genre de film que je vois venir de loin: des zombis, des flingues, des explosions et Brad Pitt qui sauve l'humanité, au moins par son jeu d'acteur toujours au top. Bref il ne faut pas en attendre beaucoup j'imagine, mais ça se laisse voir.
Celimbrimbor
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Celimbrimbor
@Sharn : j'adore lire, je lis tout, tout le temps, dès que je le peux.

Celim.
Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees
@Pedrof :

En conclues-tu que Les Misérables est un mauvais bouquin ?
fremen73
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fremen73
"Je suis tout à fait d'accord, d'ailleurs j'aime pas du tout la hard SF"

ça c'est parce que tu n'as pas lu de bons bouquins (oui je sais c'est un poil subjectif) à même de te faire apprécier le genre. Tu ne crois pas?
Pedrof
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Pedrof

@Pedrof :

Quand tu lis Victor Hugo, tu te fais ch*er ou pas ? ;)


Oui. Ma mère m'a offert Les misérables en deux tomes mais j'ai pas dépassé la centaine de pages, la description du village et de la baraque au début, j'en pouvais plus.

Et pourtant j'ai rien contre les récits du genre "intimiste". Y'a un livre japonais que j'ai beaucoup aimé, c'est un récit plus ou moins auto-biographique d'une lycéenne. C'était passionnant à chaque page. Appel du pied.
BlackLabel
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BlackLabel

Façon de raconter ok mais si c'est pour lourder du texte afin d'être obscur ça n'a que peu d'intérêt. Les enfants de Dune sont un bon exemple. Ça va se percher trop loin en philo, en métaphysique en questionnement et au final c'est le plus chiant de la série.


Je suis tout à fait d'accord, d'ailleurs j'aime pas du tout la hard SF, je préfère de loin les Silverberg ou Asimov qui partent dans des concepts très originaux sans perdre le lecteur.

Moi tout ce que je dis, c'est qu'avant d'écrire une histoire, faut savoir écrire tout court. Juste mettre des mots les uns derrière les autres comme font plein d'écrivains d'aujourd'hui, et certains renommés, moi ça m'endort, c'est poussif et fastidieux. Faut que le plaisir de lecture, avant d'être celui de suivre une histoire, naisse de l'alchimie des mots. Ce que veut dire un écrivain, ça s'exprime autant par l'idée que par la formulation. Si tu as juste l'idée avec un style journalistique informatif, c'est super plat à lire, et souvent bourré de détails inutiles dans lesquels tu embourbes le lecteur.
Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees
@Sharn :

Si tu le sais, pourquoi tu m'obliges à l'écrire, alors ? :D


@Pedrof :

Quand tu lis Victor Hugo, tu te fais ch*er ou pas ? ;)


@Zinzolin :

Merci. C'est gentil, ça ! :blush:
Zinzolin
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Zinzolin
Je clique sur "J'aime" pour les commentaires de Celim et Liehd.
Pedrof
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Pedrof
Je sais pas ce que vous appelez "divertissement". Perso mes attentes sont hautes en matière de fiction, mais je peux très bien les résumer à "qu'on me raconte quelque chose".

Si je me fais chier ça va pas, ça c'est sûr. Mais y'a des films où sans pour autant me faire chier, ça me raconte rien, genre un Cowboys et Envahisseurs. Y'a des films (et des jeux) qui sont vraiment faits pour être "faciles à parcourir", du coup tu pourrais tu pourrais te faire chier mais t'as pas le temps parce que c'est un putain de déluge de trucs (explosions, rebondissements, que sais-je).
Sharn
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Sharn
Liehd=>Sans rire. Tu me prendrais pas pour un demeuré complet aussi? ^^
BL=>Façon de raconter ok mais si c'est pour lourder du texte afin d'être obscur ça n'a que peu d'intérêt. Les enfants de Dune sont un bon exemple. Ça va se percher trop loin en philo, en métaphysique en questionnement et au final c'est le plus chiant de la série.
Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees
@Sharn :

Entre les deux extrêmes, il y a fort heureusement une infinité de nuances.
Des mecs comme Bradbury ou Simmons l'ont plu que démontré.

Qui plus est, ce n'est pas parce qu'un bouquin est écrit de manière littéraire, et qu'il ne traite pas de combats de vaisseaux spatiaux ou de monstres mythologiques, qu'il est forcément "chi*nt".
BlackLabel
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BlackLabel

Clair qu'on préfère se triturer la nouille avec des récits qui ne sont pas divertissement. Lire un livre et apprécier vaut moins que lire un lire et se faire chier devant. Je retiens. ;)


Perso un livre qui est pas écrit avec un certain savoir-faire, je trouve ça super chiant, c'est l'équivalent d'un film plan-plan, ou d'un jeu où y'a pas de mise en scène, juste des bulles de dialogues à rallonge (comme pas mal de J-RPGs fût une époque).

Bref une histoire ça se résume pas à une suite d'événements, la façon de raconter est tout aussi importante, et l'excuse du divertissement pour écrire platement comme l'avait évoqué Werber c'est pour moi de la connerie.
narukedag
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narukedag
J'ai vraiment eu du mal avec World War Z. Déjà parce que j'ai du repayer ma place deux fois (j'avais réservé pour une séance, chose que mes amis auraient du faire quand une fois arrivé au cinéma on a vu "complet"...) mais surtout parce que la réalisation était horrible.

Les scènes d'actions sont illisibles, la caméra bouge dans tous les sens, parfois c'est dans le noir et la 3D n'aide pas. Pour comparer à un film sorti dans le même temps, Man of Steel même si sa caméra est continuellement en mouvement ne perds jamais en lisibilité de l'action là où WWZ si. C'est simple je ne savais pas ce que je voyais à l'écran : un zombie ? un soldat ? Brad Pitt ?
Il aurait pu arriver n'importe quoi au personnage à ce moment là je m'en foutais.

De plus les bandes annonces gâche TOUT le suspense. C'est simple à chaque nouvelle scène on savait exactement ce qui allait se passer. Tout du long je me suis dis "Ha ça va finir comme ça. Tiens cette scène aussi".
Ajoutez à ça le peu de tension crée par la réa en elle et les scène "humoristique" qui n'ont rien à faire là celle a vraiment gâché mon expérience.

Surtout que lors d'une scène vers la fin (que je ne vais pas spoiler) je ne sais pas si c'est mon expérience des zombies qui m'a gâché cette scène mais j'ai en tout cas trouvé qu'ils faisaient tout pour prendre un maximum de risque inconsidéré alors qu'il y avait moyen d'en prendre très peu (voir aucun).

Bref ça a été une grosse douche froide pour moi. Film sympa sans plus, qui se laissera mieux regarder si on a vu aucun trailer.
J'hésite vraiment entre la note de 6/10 et 5/10.

Édito

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