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Warp Zone

Par Poisan Blog créé le 03/02/10 Mis à jour le 19/04/11 à 15h51

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Impressions

Lors de l'évènement magique et merveilleux qui m'a permis de toucher la 3DS, la quantité de titres disponibles à l'essai dépassait largement le line-up de sortie, que je trouve personnellement très léger. Il semblerait que Nintendo tente de rattraper le coup en nous promettant un catalogue riche et complet qui devrait se constituer très vite. S'il manque un « grand hit Nintendo » au lancement de la console, The Legend of Zelda: Ocarina of Time 3D et Kid Icarus Uprising devraient sortir juste derrière. À tel point qu'aucune date de sortie n'était précisée concernant les jeux, laissant croire à tous ceux qui voulaient bien le gober que tous ces titres seraient Day One. Deux catégories de démos étaient disponibles : d'un côté les démos jouables, assez nombreuses et oscillant entre 5 et 10 minutes, de l'autre les démos non jouables, petits films d'une trentaine de secondes qui, à défaut de donner une idée du jeu, nous renseignaient très bien sur la qualité de la 3D. Voici ce que j'ai vu.

The Legend of Zelda: Ocarina of Time 3D (jouable)

Sans conteste, il s'agit du seul jeu susceptible de me faire acheter la console. En plus d'avoir bénéficié d'un joli lifting qui saute aux yeux, cette épopée légendaire semble profiter à plein régime des possibilités de la 3D. Le grand point fort est la capacité d'immersion du relief : les décors en 3D jouent sur la profondeur, l'espace paraissant ainsi plus clair et plus réel. La distance parcourue prend une valeur intuitive, quasi-naturelle, et l'on a vraiment l'impression d'y être. Avec la 3D, la forêt Kokiri devient un vrai village de lutins miniatures et l'intérieur de l'arbre Deku est un petit donjon minutieux qui tient dans le creux de la main, comparable aux jouets Mighty Max de notre enfance. Il faut ajouter à cela quelques inventions qui tiennent la route, comme le fait de devoir bouger la console pour viser au lance-pierre, la détection subtile des mouvements permet une approche naturelle de la chose - autrement dit, pas besoin de faire le poirier dans le métro pour réussir à tirer sur les araignées. De manière générale, la prise en main paraît bonne. Enfin, le brouillard de la Nintendo 64 a complètement disparu, ce qui permet de mieux apprécier la profondeur de champ. De toute façon, le jeu est tellement grandiose que quelques pas de nouveau dans le monde de Zelda nous donnent envie de tout refaire. Qu'importe que ce soit un remake, l'aventure est intacte et cette version, avec l'apport de nouveautés intelligentes, est flambant neuve !

Kid Icarus Uprising (jouable)

Certes ce n'est pas le grand jeu estampillé Nintendo ni le porte-étendard de la 3DS que l'on pouvait attendre, mais il faut reconnaître que ce sympathique shooter, à l'essence très arcade, est parfaitement huilé. Une fois de plus, la 3D est fine et sert une profondeur de champ époustouflante. Les décors volent à toute vitesse : des nuages, on plonge vers de grandes étendues d'herbe, au loin point la silhouette d'une ville en ruines qui se rapproche avec beauté. La 3D est encore mise au service des rapports d'échelle : les décors et les monstres peuvent être énormes, à l'image du boss Méduse qui ferait pâlir de ridicule les plus grands colosses de God of War. Et, chose essentielle, la 3D ne heurte jamais la fluidité ni le dynamisme de l'action. Côté prise en main, on est dans du super intuitif : sur la démo, deux ou trois touches seulement servaient à jouer. On vise avec l'écran du bas, ce qui marche pas mal. À une séquence hyper pêchue de shooter sur rail (on est dans les airs) succède un passage plus libre en déplacement total (on est au sol). Là, quelques couloirs et textures semblent moins réussis graphiquement, mais globalement ça reste très bon (mieux que de la DS, en tout cas). Très enfantins, les monstres renforcent l'aspect « jouet » dont je parlais dans le précédent post. En somme, un jeu très plaisant. Mais à 60 euros...

Super Street Fighter IV: 3D Edition (jouable)

Un Street en 3D, c'est un peu comme jouer à Ken contre Barbie. Un personnage à gauche, l'autre à droite, vus en entier : plus figurine, tu meurs. Le jeu n'étant pas particulièrement immersif, je dirais que la 3D fait plus gadget qu'autre chose. Les développeurs ont bien intégré une vue spéciale, de trois-quarts de dos, plus impressionnante au niveau de la profondeur de champ mais totalement injouable. Ceci dit, la façon dont les combattants se détachent du reste est amusante. Les décors, eux, sont moins réussis et affichent clairement les limites graphiques de la console. L'horizon ressemble à une toile de fond, et le décor est composé de deux ou trois couches plates, les figurants ressemblant aux spectateurs sommaires et faxables des bons vieux ISS. Malgré tout, le titre est très jouable, la maniabilité optimale (pour une console portable, s'entend) et cette version semble très complète. Pour les nazes, des raccourcis s'affichent sur l'écran tactile, permettant de sortir les coups spéciaux tout seuls. Pour les pros, on retournera jouer sur console de salon avec un stick arcade. Néanmoins, cette version 3D, plutôt réussie, est sans conteste bien au-dessus des autres versions nomades du jeu. De quoi s'occuper, mais à 60 euros...

nintendogs + cats (jouable)

Caresser des chats en 3D sans ressentir la sensation du poil sous la main c'est comme faire baver un chien sans sentir son haleine dégueulasse. C'est drôle 5 minutes, mais la vie est trop courte. Sinon, la 3D marche très bien, les animaux sont mimis tout plein et on rigole beaucoup mais assez vite, pour les plus tortionnaires d'entre nous, l'absence d'une fonction « finish him » se fait sentir. Que les fans me pardonnent... Grosso modo, c'est la même chose qu'avant, mais en 3D. À 60 euros ?

Resident Evil: The Mercenaries 3D (jouable)

On avait le choix entre une carte inspirée du village de Resident Evil 4 et une autre adaptée du bidonville de Resident Evil 5. Entièrement consacré au multijoueurs, ce titre ressemble à une arnaque totale. Non seulement le mode de jeu est très limité, mais en plus il conserve la jouabilité archaïque qui a tant sali la réputation du titre. Réputation et chiffre de ventes n'étant pas liés, il n'est pas étonnant que Capcom tire à fond sur le filon. Eh bien, sans moi les gars. De toute façon, votre jeu est moche en plus. Sans aucun intérêt. Beurk. Même à 10 euros j'en veux pas. Alors à 60, vous savez où vous pouvez vous l'injecter le T-Virus ?

Resident Evil: Revelations (non-jouable)

Contrairement à son hideux frère jumeau fini à l'urine de Tyrant, ce Resident Evil-là semble plutôt réussi. Nettement plus beau, il donne notamment à voir de somptueux effets de lumière. L'action se déroulant sur un cargo glauque, on retrouve les couloirs étroits des premiers épisodes de la série avec une gameplay qui semble calqué sur les derniers. La 3D, en tout cas, est très intéressante. Un bon épisode parallèle en vue ?

Metal Gear Solid: Snake Eater 3D (non-jouable)

Avec Ocarina of Time, Snake Eater est l'autre légende qui débarque sur 3DS. Le petit film de présentation laissait voir de jolies choses : l'herbe, les pétales de fleurs, le bandana de Snake qui flotte au vent, le tout avec un rendu très satisfaisant et sans différence majeure, me semble-t-il, avec ce qu'on a connu sur PS2. La 3D apporte une texture supplémentaire à l'espace, cette dimension palpable de la lumière et de l'environnement qu'on retrouve dans le jeu. Il faut espérer que les développeurs ont trouvé une façon de rendre le titre agréable à manier. Autre point de doute, en ce qui me concerne : par rapport à ce que j'ai vu, l'écran de la 3DS me paraît un peu petit pour afficher toute la finesse et le détail de la jungle. L'aventure de Snake serait-elle trop grande pour cette petite console ? Je le crains et je crois que je préfère y jouer en 2D, mais dans mon salon, et à moins de 60 euros.

Mario Kart 3DS (non-jouable)

Très courte, la vidéo laissait présager quelque chose de très bon. Ce qui saute aux yeux, principalement, c'est la réussite de l'effet de vitesse. Comme dans Kid Icarus, aucune saccade ni réaction physique gênante : tout est fluide et enivrant. Le reste, c'est du Mario Kart pur et dur. Les graphismes fonctionnent parfaitement. Connaissant la durée de vie, en multi, d'un tel jeu, on peut se dire qu'à 60 euros, allez bon, pourquoi pas ?

Animal Crossing 3DS (non-jouable)

Encore une fois, l'impression laissée par la démo me fait penser que la 3D sur ce petit écran rend beaucoup mieux quand les graphismes sont simples et enfantins, comme ici. Contrairement à Metal Gear Solid, un peu fouillis, cet Animal Crossing est limpide, avec un bel effet de rouleau sur la surface sur laquelle évoluent les personnages. Pour le reste, on a exactement la même chose que dans les épisodes précédents. Je ne suis pas fan, donc ce n'est pas moi qui mettrais 60 euros là-dedans.

Le plus : la réalité augmentée

Cette autre grande nouveauté de la console (et qui, elle, sera disponible directement avec l'achat de la console) est tout à fait surprenante et prometteuse. Je ne vais pas vous raconter à nouveau de quoi il s'agit (allez voir ici). En tout cas, les effets fonctionnent à merveille comme autant de petites trouvailles servant à nous faire douter du monde qui nous entoure. L'approche est très déconcertante au départ : on a tendance à chercher en vain le stick permettant de diriger la caméra, puis on se rend compte très vite que la caméra c'est nous ! Il faut tourner autour des monstres et chercher leurs points faibles, naviguer dans l'espace à la recherche de failles spatiales que seule notre 3DS peut révéler, un peu à la manière des instruments bizarroïdes de Ghostbusters ! Si le défi ludique est très limité pour l'instant (aucune vraie difficulté, ni même beaucoup d'intérêt de gameplay dans les jeux proposés), l'expérience est assez renversante. Mettez-nous quelques créateurs géniaux, ressuscitez Gunpei Yokoi, et je suis certain qu'il y aura beaucoup de belles trouvailles à tirer de cette réalité augmentée qui, en plus, est gratuite !

Pour conclure, si vous me demandez ce que je pense de la console, je dirais que je suis assez séduit par les possibilités entrouvertes par la 3D et la réalité augmentée. Si vous me demandez si je compte l'acheter, je dirais que non, pas dans l'immédiat. Comme vous avez pu le constater, le prix de la console et celui des jeux me paraît largement abusif. Je ne mettrais pas beaucoup plus de 150 euros pour une telle machine, et entre 35 et 40 euros pour les jeux, en tout cas à ce stade-là de la chose. Seul Zelda justifierait, à mes yeux, l'achat de la console. Mais à plus de 300 euros, autant se faire plaisir avec de gros jeux sur console de salon (je dois avouer que je n'ai jamais été un grand joueur de consoles portables, sauf à l'époque de la première Game Boy). Exploitant à fond le savoir faire de Nintendo en matière de jeux casuals, la 3DS devra aussi passer le cap des jeux gamers si elle veut réussir son coup. De ce point de vue, je ne suis pas sûr que de simples remakes suffisent à faire venir beaucoup de gamers vers la console. Donc, en Day One, certainement pas. Pour dans un an ou en occasion, peut-être. Wait and see...


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