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Je ne suis pas qu'un numero

Par numeroVI Blog créé le 12/12/09 Mis à jour le 09/12/13 à 14h46

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Monsieur David Cage aime beaucoup parler et réfléchir (je crains parfois que ce soit dans cet ordre là).

Je tiens à dire en préambule que j'aime le travail de David Cage. Je n'aime pas forcément tous ses jeux, mais ils sont à tout le moins intéressants (mais pas forcément plus que d'autres jeux de beaucoup d'autres studios). J'ai également un souvenir extraordinaire de Nomad Soul. C'est donc avec respect, mais liberté, que je me permets d'écrire ces quelques lignes.

Cette envie irrépressible de m'exprimer vient certainement du fait que j'ai tendance à être souvent hérissé par son propos. Tout a commencé avec un podcast de Gameblog auquel il participait, qui m'amenait à revoir mon avis sur Heavy Rain (j'en ai écrit un post de blog tout à fait passionnant qui est ici). L'entendre expliquer qu'il y en avait assez du Pa-ta-poum et des GTA m'a beaucoup déçu, tant le propos m'a paru digne des raccourcis habituels qui nous énervent tant dans la bouche des profanes qui caricaturent à longueur de temps le jeu vidéo.

J'avoue aussi que je n'ai pas pu m'empêcher de penser que compte tenu de la pauvreté du scénario d'Heavy Rain, il eut mieux valu faire preuve d'un peu plus de modestie et respecter le travail extraordinaire de Rockstar (notamment) en terme d'écriture et de dialogues.

La dernière goutte d'eau provient de la proclamation des 9 "commandements", qui, au delà du ridicule du concept, me semble une nouvelle fois venir discréditer le travail de David Cage, par un propos un brin prétentieux et, pour moi, totalement à côté de la plaque.

Et puisqu'après tout personne n'est plus légitime qu'un autre grâce à la magie des internets, je proclame moi même mes anti-commandements, parce que le jeu vidéo avance tout seul et n'a pas forcément de leçon à recevoir.

Voici les 9 anti-commandements, pour déclarer son amour du jeu vidéo :

 

1. Constater qu'il existe déjà des jeux pour tous, qui inventent des expériences interactives pour les adultes.

Il serait étonnant de prétendre le contraire, à une époque où on peut avoir joué à :

- The Walking Dead, comic adulte interractif remarquablement écrit,

- Assassin's Creed, épopée d'aventure complexe, à tirroirs, mêlant évênements, personnages historiques et fiction, présentant une vraie réflexion sur le temps, la transmission et le destin,

- Portal 2, casse-tête, jeu de plateformes et d'aventure, baigné d'humour et d'inventivité,

- Journey, voyage philosophique contemplatif,

Et tant d'autres. Je ne parle en outre que des derniers mois, étant loin d'avoir une culture ludique très étendue, et reconnaissant humblement que je ne joue quasiment qu'aux jeux les plus mainstream.

 

2.  Voir les multiples paradigmes qui sont sous nos yeux.

Dire que « si le personnage principal n'a pas de revolver, les designers ne savent pas quoi faire », c'est aussi absurde que de prétendre que le cinéma ne serait constitué que de films d'action violents.

Comment occulter les dizaines de jeux Nintendo qui se refusent obstinément, depuis des dizaines d'années, à l'utilisation des armes et de la violence ?

Comment sérieusement faire comme si les jeux cités ci-dessus, et tant d'autres, n'existaient pas ?

Résumer l'industrie du jeu vidéo aux FPS, n'est-ce pas faire preuve d'une méconnaissance et d'une mauvaise foi totale ? (rayer la mention inutile)

Certes, j'ai choisi mes exemples. Il ne s'agit pas de nier que Call of Duty est un des plus gros vendeurs. Mais pourquoi en faire autre chose qu'un arbre qui cache la forêt ? Pourquoi oublier volontairement FIFA, également énorme best-seller annuel, les Pokémon, les Mario, Zelda et tous ces univers variés qui composent le monde du jeu vidéo ?

 

3. L'importance du sens : tout ce que dit déjà le jeu vidéo.

David Cage invite les créateurs à oser aborder dans leurs jeux des sujets de société, des sujets qui touchent les joueurs directement dans leurs vies.

Il est réjouissant de voir que tellement de jeux le font déjà. Et bizarrement, je ne citerais pas forcément Heavy Rain en exemple... Plonger un enfant dans un compte à rebours mortel, est-ce vraiment parler d'amour filial ? J'y ai personnellement vu un moyen un peu trop facile de jouer sur l'empathie de tout être humain normalement constitué. Alan Wake et son tourbillon de noirceur n'évoque-t-il pas beaucoup mieux le peur de perdre son amour ?

D'autres pourraient parler bien mieux que moi de la profondeur et de la multiplicité des sujets abordés par la saga Mass Effect. Les GTA, bien ancrés dans notre quotidien, dénoncent avec intelligence les travers de nos sociétés et de nos contemporains, et sont une critique souvent aussi acerbe que fine. Là encore, on pourrait multiplier les exemples.

 

4. "Maintenir le challenge, vive les pouces !"

La dextérité, c'est l'essence même du jeu vidéo. Son ADN, son noyau, ce qui était là l'origine. Certes, le gameplay et les expériences proposées se sont étoffées, et c'est tant mieux. Mais renoncer au challenge, c'est s'éloigner de ce qui en fait un des intérêts majeur d'un jeu. Cela peut être une dextérité physique ou mentale, mais l'enjeu doit exister. Car sinon, je préfèrerais toujours regarder un film ou lire un livre.

A l'heure où on confond souvent immersion avec gesticulation, et où le joueur devient de plus en plus assisté, il me paraît au contraire essentiel de préserver cet aspect de notre jeu vidéo adoré.

 

 

5. Remercier les nombreux talents.

Il est magnifique de constater que les talents sont partout. A chaque coin du globe, on trouve des studios talentueux, travaillant parfois avec des bouts de ficelles. Les cultures sont souvent différentes, mais toujours attentives les unes aux autres.

 

6. Poursuivre les liens avec Hollywood.

Depuis plusieurs années, les liens se tissent et se font plus forts avec l'industrie du cinéma. On se souviendra que dès ses débuts, la PS3 nous servait un Heaventy Sword très imparfait mais marqué par la performance incroyable d'Andrew Serkis. Le même qui reproduira l'exploit quelques années plus tard avec l'injustement mal aimé Enslaved...

On ne compte plus désormais les acteurs de renom qui prêtent leur corps ou leur voix à un jeu, ni les compositeurs qui nous livrent de mémorables partitions, digne des plus grands films.

 

 7. Savoir trouver les limites et n'avoir pas besoin de censure.

« Parfois nous allons trop loin et nous comportons comme des adolescents stupides. Nous devrions arrêter cela »

Ah bon ? Mais sérieusement, est-ce bien différent du cinéma, qui osera rarement montrer la nudité du héros filmé quelques scènes auparavant en train de tuer à tour de bras ? Montrer l'héroïne qui prend sa douche, n'est ce pas précisément beaucoup plus adolescent qu'une élipse intelligence et pudique?

Le jeu, le divertissement, c'est l'essence partagée par le cinéma et le jeu vidéo. On s'amuse à jouer à la guerre ou au cow boy. On peut aussi réfléchir, ce n'est pas antinomique. Il s'agit simplement de trouver les limites du divertissement, et ça vaut pour tout le monde.

 

8. Préserver et encourager le rôle de la presse, des testeurs aux critiques.

Il existe deux types de presse, et c'est très bien. Les consommateurs ont souvent besoin de savoir comment est reçu un jeu d'un point de vue technique, pour éclairer son choix et l'aider à se décider rapidement parmi le foisonnement de la demande. L'analyse concerne un public beaucoup plus réduit. Elle est tout aussi essentielle. La plupart des sites proposent les deux aspects. La valeur ajoutée du journaliste apparaît plus dans la seconde catégorie. Mais à l'heure de l'info en continue et du zapping, y a-t-il vraiment un marché ? Nous avons vu que « Le jeu vidéo autrement » restait souvent une gageure difficile à tenir...

 

9. Acheter des jeux.

 « Acheter des titres médiocres, et vous en aurez encore plus. Acheter des jeux excitants et ambitieux, et vous en aurez plus ».

Il y a simplement un tout petit problème : qui décide quels jeux sont médiocres et quels jeux sont excitants et ambitieux ?

Il y a donc plus simple : que chacun achète les jeux qui lui plaisent, le divertissent, le touchent, et en fin de comptes, nous verrons bien qui survit. J'ai du mal à croire qu'un jeu objectivement médiocre (si tant est qu'on puisse le déterminer) se vende beaucoup. Ça s'appelle la sélection naturelle. Et ça évite de choisir pour les autres ce qu'ils devraient aimer.

 

 

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Commentaires

angryanonymous2
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angryanonymous2
Juste un mot : merci.
Akinen
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Akinen
j'aime heavy rain et nomad soul, et castlevania et bioshock et far cry 3, et okami etc etc etc.... Faut-il choisir un camp?
Strife
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Strife
Ça m'a fait penser à ça: http://www.edge-onli...of-game-design/

Bizzarement il n'y a que Cage pour transformer toute profession de foi en troll virulent :/
Martinman
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Martinman
Magnifique article, je suis entièrement d'accord !
Clemenza
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Clemenza
En très grande partie d'accord avec JLG. Et même si la forme peut gêner, David Cage, ses productions et ses déclarations sont nécessaires.
Resh
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Resh
JLG je t'aime.
airben1989
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airben1989
Je suis d'accord avec toi et le numero 4 devrait etre predilection a l'heure ou la challenge est quasi inexistant.
max97110
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max97110
Je suis globalement d'accord avec JLG ( sans doute parce que je fais partie de la deuxieme génération)

Je dois avouer que plus les années passent, et plus les jeux vidéos m'ennuient ( bizarre pour un mec qui passe quand meme 2h minimum de son temps par jour sur ce truc ).

Le jeu vidéo a 2 serieux problèmes :

- La limitation des interractions possibles ( qui sont quand meme la raison principale du manque d'innovation de gameplay dans le jeu vidéo) , et qui je pense reste le principal frein à une certaine évolution, qui n'est ,pour l'instant pas dépassable ( hormis peut etre par kinect, ce qui me filerait un énorme frisson dans l'échine )

- Une propension à ne flirter qu'avec les films pop corn d'Hollywood qui n'ont pas besoin de s'embarrasser du creux du scenario ou de la manière d'interragir.

Franchement, il faut l'avouer, meme si la plupart des gens vont me huer : la plupart des jeux sont creux, surtout scenaristiquement ( et la dedans, je mets Dragon Age, Mass Effect, Dishonored, Deus Ex 3 et un paquet de jeux " matures avec une vraie réflexion'). En fait, la seule chose qui sauve la plupart de ces jeux, c'est l'interractivité qui entraine un certain attachement aux personnages et la mise en scene.

Mais sinon, dans le genre creux au possible, c'est pas difficile de trouver. On prends Dragon Age ou Mass Effect ( ou Heavy Rain, soit dit en passant), on prends une partie lambda, on le fait en film, il sera rangé entre le nanard et la série B. Pratiquement à chaque fois. Non pas que les histoires ne sont pas bonnes. Juste que dans la majorité des cas, elles manquent de cohérence, de liant, de maturité. Traiter un sujet, ca n'empeche pas de le bacler ( impression constante avec les jeux Bioware )

Et les gameplay manquent de cohérence et de renouveau.
Serieusement, Angry Birds, puisqu'il a été cité ( mauvais, tres mauvais exemple) , ca reste une catapulte avec un elastique. Un type de jeu flash apparu à peu près en meme temps que le net. C'est encore plus vieux que les Xiao Xiao. En fait, l'App Store est vraiment un TRES mauvais exemple, lieu de recyclage ultime de gameplay moisi vu et cent fois vu et joué gratuitement sur une page internet free et codée par un étudiant en informatique ( parce que grosso modo , généralement, c'est quand meme ce qui s'est passé, ne révez pas) .

Il y a un manque réel d'inovation , qui court depuis presque 10 ans, maintenant.
Les trois quarts des perles qui sont sortis récemment et dont je suis fan , sont quand meme des redites, ou des modifications de jeu inventés il y a dix ans et plus ( qui n'a pas reconnu GTA en jouant à Hotline Miami ?). Les inovations réelles de gameplay se comptent sur les doigts de la main depuis ...... Aller, on va dire 2002, 2003. C'est dommage.

Bon ,je ne dis pas que tous les jeux vidéo sont moisis. En fait, je ne dis meme pas que les jeux vidéo sont moisis. J'ai bien aimé Mass Effect et Dragon Age. Des perles cohérentes et adultes existent ( Notamment Kojima). Mais la raison principale de la claque des Walking Dead, ce n'est ni une question de gameplay ( les point & click, ca existe ca fait un bail, non ? ) , ni une question de thématiques, ni une question de qualité graphique, ni meme une question de scenario ( il est franchement pas si bon que ca).
C'est juste qu'ils se sont basés sur une bande dessinée qui est TOUJOURS cohérente , suivant des codes simples et bien définis, et ou les actes ne sont ni gratuits ni enfantins.

La violence est toujours magnifiée quand elle est plausible, intelligement menée et correctement inscrite, meme en mode popcorn.


BOn, après, quoique David Cage dira, ca passera toujours mal (hep, c'est normal, c'est un gros c........... ) , mais quelque fois, en réfléchissant et en prenant ses idées dans leurs globalités, on se rends compte qu'il ne dit pas que des conneries
shri
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shri
Cage à volontairement forcer le trais pour marquer les esprits, cet article aussi! Sur la plupart des points, je pense que la vérité ce trouve quelque part entre les deux.

mais pour le dernier point :"J’ai du mal à croire qu’un jeu objectivement médiocre (si tant est qu’on puisse le déterminer) se vende beaucoup"... c'est ce qu'on appel la magie du marketing!!! (+ une grosse pincée de "mes potes ont déjà le jeu, donc si je veux m'amuser avec eux il me le faut aussi!"). Pour être précis, c'est vrai que ça ne parviendra jamais à transformer une bouse en chef d’œuvre (on parle de jeux vidéo ici, pas de galerie d'art contemporain), par contre ça suffit largement à transformer un jeu objectivement moyen et n'apportant rien ou pas grand chose de neuf aux jeux vidéo, en un best-seller mondial, engrangeant un sucées que d'autre jeux moins mis en avant aurait tout autant mérité!
JLG
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JLG

JLG, je suis quasiment entièrement d'accord avec toi (à ceci près que j'ai aimé Heavy Rain et Fahrenheit pour ce qu'ils étaient). Je ne ressens guère le besoin d'argumenter car tu as à peu près tout dit de ce que j'ai ressenti à la lecture de cet article. Merci d'être passé avant =)

Fahrenheit, j'avais beaucoup aimé, c'est un jeu qui m'a beaucoup fait réfléchir sur sa forme et son fond. Heavy Rain, avec les moyens qu'il avait derrière, fut par contre une régression et m'a grandement déçu. J'irais jusqu'à dire que c'est un jeu ultra-marketé, et super vide dans le fond comme dans la forme. Les interactions sont bien plus limité qu'un grand jeu Sega datant de 2000, le meta-scenario et son arborescence sont très peu profonds. Le jeu est ultra-linéaire, et on a très peu de contrôle finalement, contrairement à la promesse. C'est un jeu qui devrait pouvoir se boucler en 1H30 ou 12H selon nos choix, mais ce n'est pas le cas. Pour être "méchant", je pense que c'est une escroquerie, une posture de jeu pseudo-adulte, pseudo-innovant. En fait c'est comme une toile blanche, où l'on te pond un discours à coté pour expliquer que c'est du génie. Une oeuvre qui sans sa communication externe n'est rien.

Après Heavy Rain n'est pas plus mauvais que la majorité de la production, mais lui ment.

Hollywood est une machine destinée à faire des films bêtes, violents, formatés et calibré par des marketeux pour plaire à la masse.
C'est pas le genre d'avenir que je reserve au jeu vidéo…

Connais-tu Hollywood sérieusement ? Parce que là ça me semble être une caricature. Hollywood est une industrie grand public, oui, mais qui a pondu des chefs d'oeuvre, beaucoup. Une industrie tellement intelligente qu'elle est capable de se moquer d'elle même, avec par exemple le très bon Expandables. Mais Hollywood c'est aussi des oeuvres intimistes comme Tree of Life, et hier des Hitchcock, ou encore une merveille comme Citizen Kane.

Et Hollywood n'a pas le monopole du cinéma bête, ni du formatage, bien plus présent dans notre pays avec la centralisation des moyens qu'est le CNC.

Les joueurs en général et les joueurs sur les forums en particuliers ne sont-ils pas massivement dans la première partie de leur vie ou le spectacle visuel et les pulsions mis en scène et (où ils sont mis à contribution, engagé virtuellement à leurs apparitions)ne sont pas leur centre d'intérêt principal?
La quête du sens s'ajoute à la quête de sensationnel dans un deuxième temps de la vie... Je me demande donc si cette résistance à la critique du manque de richesse en général des jeux vidéo n'est pas pour finir insupportable pour beaucoup de joueurs. En effet le jeu vidéo sonne encore pas mal creu, surtout avec l'âge et à la longue, quand on a beaucoup d'heures au compteur et qu'on a joué à outrance. Ne tente-t-on pas d'anoblir le jeu vidéo en exagérant ses mérites et en portant au nues des qualité trop rarement présentes et souvent sous-exploitées, comme un cache misère? Car le temps passé à jouer,s'il est (trop) important, doit être justifiable aux yeux des non-joueurs (assidus), ou à ses propres yeux. Les forums constitueraient ainsi des groupes solidaires face à la critique d'un jeu invasif, largement améliorable et surinvesti, masquant possiblement une addiction ou des carences dans l'existence des individus qui s'y expriment: socialisation, créativité, activité physique, être dans la nature, lecture, écriture, cinéma, réflexion, méditation, contemplation du monde réel, sortie, jeux autre que vidéo...bref investir des autres aspect de la vie dans son temps libre.


Cette quête du sens est liée à la maturité du média, et résulte de plusieurs phénomènes sociaux internes au cycle de vie du jeu vidéo. Si le bruit est plus fort aujourd'hui, c'est la résultante d'une friction générationnelle entre la première génération de joueur qui est aux commandes, dans le développement, la presse, et qui a grandit avec le média au travers de ses évolutions techniques, donc formelles. Ce qui constitue le référent pour ces gens là, et le prisme par lequel ils observent le jeu vidéo.
Pour la deuxième génération de joueur, dont je pense faire partie, c'est à dire des joueurs aux portes de la trentaine aujourd'hui, la technique est perçue comme un acquis, et on se rend compte qu'on joue aux mêmes jeux depuis 15 ans. Alors si des formules sont immuables car elles font sens dans leurs états (Mario Bros, Street Fighter...), d'autres on tendance à plutôt régresser. Dans le grand bazar qu'est le jeu d'aventure, la dernière grande ambition hors cosmétique, date de Shenmue. Je précise que je ne fais pas parti des fanatiques de ce jeu, et que vu la déception qu'était le 2, je n'ai jamais attendu le 3, mais plutôt une réponse de la concurrence.

Enfin, la 3ème génération de joueurs, élevée de mon point de vue au "spectacle visuel" clairement. La 2ème génération c'est les oubliés, ils sont pris en étau entre la 1ère qui tient les commandes, et la 3ème qui constitue en volume la majorité des joueurs. Et si on devait faire un sondage, j'en suis persuadé, on verrait assez nettement que c'est de cette deuxième gen de joueurs que la quête du sens, les volontés d'un jeu protéïforme... prend racine. C'est l'aboutissement d'un processus cognitif qui s'est déroulé à travers leurs vies de joueur, et qui aujourd'hui les amènent à vouloir réinventer un média qui ne leur ressemble plus.

Bon c'est brouillon, mais on est samedi je n'allais pas y passer l'après-midi.
J'emploi le terme de génération, mais plus au sens de mouvement pour préciser ma pensée.
iLUZi0N
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iLUZi0N
Joli billet de JLG, qui m'a donné envie de participer.
Les joueurs en général et les joueurs sur les forums en particuliers ne sont-ils pas massivement dans la première partie de leur vie ou le spectacle visuel et les pulsions mis en scène et (où ils sont mis à contribution, engagé virtuellement à leurs apparitions)ne sont pas leur centre d'intérêt principal?
La quête du sens s'ajoute à la quête de sensationnel dans un deuxième temps de la vie... Je me demande donc si cette résistance à la critique du manque de richesse en général des jeux vidéo n'est pas pour finir insupportable pour beaucoup de joueurs. En effet le jeu vidéo sonne encore pas mal creu, surtout avec l'âge et à la longue, quand on a beaucoup d'heures au compteur et qu'on a joué à outrance. Ne tente-t-on pas d'anoblir le jeu vidéo en exagérant ses mérites et en portant au nues des qualité trop rarement présentes et souvent sous-exploitées, comme un cache misère? Car le temps passé à jouer,s'il est (trop) important, doit être justifiable aux yeux des non-joueurs (assidus), ou à ses propres yeux. Les forums constitueraient ainsi des groupes solidaires face à la critique d'un jeu invasif, largement améliorable et surinvesti, masquant possiblement une addiction ou des carences dans l'existence des individus qui s'y expriment: socialisation, créativité, activité physique, être dans la nature, lecture, écriture, cinéma, réflexion, méditation, contemplation du monde réel, sortie, jeux autre que vidéo...bref investir des autres aspect de la vie dans son temps libre.

Donc mon dixième commandement est: Maitriser son temps de jeu, ne pas devenir (trop) dépendant ni trop attendre du jeu vidéo. (Chose difficile pour moi, j'en conviens).

Et un onzième tiens, rêvons un peu...pour les journalistes qui traitent du jeu vidéo (je salue au passage les efforts de ceux de gameblog dans ce sens, qui laisse une place plus importante que la concurrence selon moi à la réflexion et au débat), créer et mettre en avant de nouveaux critères d'appréciation du jeu vidéo pour une approche plus innovante, riche pour le joueurs/lecteurs.... (qualité de l'écriture, richesse et profondeur des thème abordés....quelles sont d'ailleurs les qualité qui manque au jeux vidéo en général que l'on pourrait attendre et mettre sous forme de critères?)
diccy
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diccy
-- 6. Poursuivre les liens avec Hollywood. --

Nan mais au secours quoi. Comme si film = Hollywood. Pourquoi irait-on faire bouffer du Hollywood à des jeux japonais, par exemple? Tu fais un raccourci au moins aussi débile que ceux que tu tentes de pourfendre.

S'inspirer du chemin parcouru par l'art cinématographique en terme d'image, de narration, d'émotions... je te suis totalement. Le jeu vidéo n'a d'ailleurs pas attendu la 3D pour le faire.
Mais le cinéma n'est lui-même qu'un amas de références faites à d'autres arts plus anciens, comme la littérature, la peinture, la musique... S'en inspirer directement est tout aussi important. Des codes particuliers sont nés pour le cinéma, et sont venus se greffer par dessus, lesquels codes sont utiles pour le jeu vidéo.
Hollywood a établit certains codes, mais ceux-ci ne sont pas universels, ils sont purement culturels, quoi que l'on puisse dire. Ta remarque ne vaut ainsi que pour les productions américaines. Et si les codes Hollywoodiens sont ceux qui nous touchent le plus, c'est uniquement parce que nous avons été élevés avec. Mais cela ne constitue pas une référence unique.

Si l'on prône la diversité, il faut faire attention à ce genre d'erreur. Tout est relatif, comme dirait Einstein, tout.
tenkai01
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tenkai01
merci pour ce superbe article, je suis entièrement d'accord avec toi !
roly
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roly
Superbe article, entièrement d'accord avec toi !
Sevadamska
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Sevadamska
Comme je l'ai déjà dit de nombreuses fois : si tu crois que la variété dans le jeu vidéo est connue et reconnue, que ces petits jeux variés aux expériences uniques pèsent quelque chose dans le marché du jeu vidéo et son image, tu n'y connais strictement rien.

Dans les FAITS, le jeu vidéo c'est mario, assassin's creed, cod, gta et fifa/pes.
C'est comme ça.

FTL, Hotline, Meat Boy, Don't Starve, Journey, même Walking Dead ce sont des jeux que seuls les passionnés connaissent.
SolidSnake
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SolidSnake
Maychant hater, par ta faute Gameblog va être blacklisté par Mr Cage.

Très bon article en tout cas :)
tihroflan
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tihroflan
Autant je suis d'accord avec le rédacteur de l'article, autant je trouve le commentaire de JLG pompeux, moralisateur et inutilement élitiste. Bizarre de se poser en "position dominante" avec un commentaire somme toute un peu branli-branlo au niveau des arguments... Et rappelez vous que l'objectivité n'existe pas, surtout en matière d'art.
Miles.
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Miles.
je suis pas d'accord avec l'article 6.

Hollywood est une machine destinée à faire des films bêtes, violents, formatés et calibré par des marketeux pour plaire à la masse.
C'est pas le genre d'avenir que je reserve au jeu vidéo…
mr patate
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mr patate
Effectivement, il faut avoir une vision limitée de ce qu'est le jeu vidéo aujourd'hui, pour tenir les propos que Cage peut tenir, même si j'aime bien le monsieur et globalement son travail (malgré ses défauts).
Il n'y a qu'à faire un tour sur l'app store ou le play market (car oui, il s'agit d'un, si ce n'est le plus important marché en terme de ventes de jeux vidéos) pour se rendre compte de la diversité du jeu vidéo, loin de se cantonner au "poum-poum".
Tu as des shooters, certes, mais tellement plus : Angry Bird ne te met pas un pistolet dans la main, ni même Tiny Wings, ou Cut the Rope, pour ne reprendre que quelques uns des plus grands succès populaires.
Tu peux rajouter à la liste tous les les jeux de sports, de réflexions, d'aventure, ou de voiture par exemple.
Bref, le jeu vidéo est extrêmement multiple, varié, et je rejoints complètement n6 sur ce point.
Ta Grand-mere
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Ta Grand-mere
Art
Moussif
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Moussif
Article.
Tiris
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Tiris
Très bon article ^^.
Gariel
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Gariel
Eh bien NumeroVI, j'ai tenu exactement les mêmes propos dans une news vendredi a propos d'Eric Viennot !

C'est la reemergence de la French TOuch apparemment, des créateurs frustrés parce qu'ils pensaient réinventer le jeu vidéo, alors qu'ils se sont simplement trompés de média et qu'ils oublient que le mur porteur du jeu vidéo c'est prendre un plaisir actif devant son écran.
Ce n'est pas le cas des autres médias..
Mellorine
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Mellorine
JLG, je suis quasiment entièrement d'accord avec toi (à ceci près que j'ai aimé Heavy Rain et Fahrenheit pour ce qu'ils étaient). Je ne ressens guère le besoin d'argumenter car tu as à peu près tout dit de ce que j'ai ressenti à la lecture de cet article. Merci d'être passé avant =)
ferio
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ferio
Excellent article et intéressent aussi le commentaire de JLG

Édito

J'ai longtemps hésité avant de me lancer dans la rédaction d'un blog. Je ne sais pas si j'aurais quoi que ce soit d'intéressant à dire! Finalement, on verra bien.

Il y aura, je pense, toutes mes facettes, l'avocat, le gamer qui n'a jamais eu la PS2, le cinéphile, le vieux connard et toutes mes lacunes et partis pris. Quelques blagues aussi. Enfin, c'est pas garanti non plus.

 

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