Ici ou ailleurs...

Ici ou ailleurs...

Par FuckinGaulois Blog créé le 16/07/10 Mis à jour le 09/06/11 à 21h22

Un blog de plus ou un de moins, qu'il parle de ça ou qu'il parle d'autre chose, une envie de partager ou une envie de dénoncer, que ce soit intéressant ou carrément chiant, venez y jeter un œil.
De toute façon, ici ou ailleurs...

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{ Les livres (avec ou sans images) }

Voyez notre planète, notre civilisation, nos populations. Ces milliards d'êtres humains qui vont et qui viennent comme des fourmis travaillant inexorablement de la même façon de la vie jusqu'à la mort, répétant les mêmes gestes encore et encore et creusant de plus en plus la tombe de notre mère la Terre. Imaginez qu'une vengeance s'abatte sur ces êtres, une épée de Damoclès qui ne tenait que par un bien fragile bout de ficelle depuis déjà des siècles. Imaginez que tout s'arrête, en un instant dérisoire, à peine le temps de se rendre compte que tous les gens autour de nous crachent et vomissent leurs poumons jusqu'à en crever, pour finalement laisser la place à tout le reste. Aux autres. La faune, la flore, et un soupçon d'espoir.

Si vous êtes de ceux qui êtes touchés par ce genre de scénario, vous êtes tombés sur le bon bouquin. On a tous rêvé, un jour ou l'autre, durant notre enfance (ou même encore aujourd'hui, mais peut-être suis-je le seul ?) que l'on était seul sur Terre. Vraiment seul. Je ne parle pas du Dernier Homme sur Terre entouré de milliards de zombies, vampires ou autres saloperies, non, je parle d'une véritable solitude. Un monde qui nous appartiendrait, du moins en apparence tant la végétation et la faune auraient repris leur droit, faisant fi du joug de l'homme pour conquérir de nouveaux territoires. Territoires que l'on pensait acquis, il n'y avait encore que quelques années.
Moi j'en ai rêvé, c'est pourquoi ce livre m'a énormément touché.

Il m'a touché car les héros n'en sont pas, ils sont vous, moi, lui. Ils sont elle, ils sont humains, ils sont faibles, minoritaires et, surtout, ils sont en voie de disparition. Après une épidémie foudroyante ayant laissé en vie environ une personne sur 1200 et quelques, la civilisation n'est plus. Nous suivrons, durant les longs chapitres du livre, ce qu'une dizaine de ces personnages deviendront. Tantôt dans les rues désertées d'un Paris retourné a l'état sauvage, envahi par des bêtes de tous poils, tantôt dans la campagne française à suivre un vieux cavalier solitaire ayant pour but de revoir la mer avant sa mort, rencontrant ça et là de rares survivants aussi vieux que lui, tantôt dans une arche créée par l'armée américaine dont le dernier survivant sortira 45 ans après la grande extinction, tantôt dans l'espace, ou un équipage d'une navette se retrouve coincée et sans aucun contact avec la Terre, tantôt avec une femme essayant tant bien que mal de mettre un enfant au monde, malgré la stérilité générale, conséquence du terrible virus.

Ne cherchez donc pas d'intrigue, il n'y en a point. Du moins, elle ne relie pas vraiment tous ces personnages, mais ne concerne à chaque fois que l'un d'eux, tandis qu'il tente de survivre dans cet environnement devenu hostile. Par contre, vous serez véritablement happé par l'ambiance qui se dégage de chacun des mots de Jean-Pierre Andrevon*. C'est simple, c'est de la poésie, ni plus ni moins. Vous vous retrouverez littéralement transporté dans cette France (lieu principal du récit) retournée à la verdure. Et c'est là la grande force du livre. Au delà du message, au delà de l'attachement à ces personnages condamnés à la solitude, il y a ce rêve de gosse, celui d'être seul au monde, sans personne bien sûr, mais également sans tout ce qui fait de notre monde aujourd'hui un endroit parfois horrible. Faites le test vous verrez. Lisez quelque pages, le soir avant de dormir. Si, entre le moment ou vous placez le marque page et celui ou vous vous endormez vous ne vous êtes pas imaginés dans un monde vide d'humains, c'est que vous n'avez plus d'âme d'enfant, et j'en suis triste pour vous...

Je vous l'ai dit plus haut, ce livre est un véritable poème. Dans le fond. Un poème sur ce que nous sommes, sur ce que nous vivons, ce que nous avons vécu, une histoire d'amour également. Ou plutôt quatre, les survivants, au fur et à mesure, se retrouvant avec leur âme soeur, comme si quelque chose les liait depuis toujours. Et quand bien même, malgré ces couples, l'espoir de voir d'autres êtres humains ne serait pas envisageable, la métaphore est là. Puissante. C'est aussi pourquoi nous nous attachons aux personnages, car ils se trouvent, arrivent à vivre dans ce nouveau monde tout en sachant pertinemment qu'ils seront les derniers, que rien ne pourra jamais rien y changer. Après eux, l'être humain ne sera plus qu'un souvenir, lointain, dont les vestiges sont étouffés sous une nature devenue plus abondante que jamais.

Bon, je vous accorde que ma petite critique est un peu confuse. C'est du au fait que c'est complètement spontané et non relu, car je pense que c'est de cette façon que les émotions passent le mieux, la plupart du temps. Quoiqu'il en soit, je vous conseille fortement ce livre qui, je n'ai pas pu m'empêcher d'y penser tout au long de ma lecture, m'a vraiment fait penser aux meilleurs écrits de René Barjavel. Un gage de qualité. Un énorme gage d'une qualité irréprochable, même. Un auteur à suivre. J'en relirai d'autres, sans aucun doute, et je vous en reparlerai.

Sans aucun doute.

Gaulois (encore dans ses nuages virevoltant au dessus d'un monde vide d'hommes)

* Non content d'être un écrivain maniant les mots comme un véritable poète, le bougre est aussi peintre, dessinateur, cinéaste, auteur-compositeur-interpète... Je ne connais pour l'instant de lui que l'écrivain, mais je vais voir ce qu'il peut faire dans les autres domaines.

 

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Commentaires

FuckinGaulois
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FuckinGaulois
Alors fonce ! je pense pas que tu seras déçu ;-)
chocapicmaniac
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chocapicmaniac
Un jour il sera mien. Oh oui: un jour il sera mien.
Tu m'as donné envie. C'est vraiment le genre d'histoire qui me touche.

Édito

Faut faire un édito en plus ? Bordel, mais ça n'en finit pas...

Ouais, bah pour ça je me lancerai plus tard, parce que là, je vais juste vous dire que ce blog parlera de tout ce dont ma bulle est constituée, a savoir les histoires sous toutes leurs formes : jeux bien sûr, mais aussi les films, la musique, les livres, et, plus précieux que tout autre chose, mon imagination, que je garde fraiche comme celle d'un enfant.

Pour le reste, les articles parleront d'eux-même. Et peut-être que ça ne durera pas plus d'une semaine, mais j'aurai au moins essayé. Wait & see...

Merci.

Gaulois

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